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Édit de Milan

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L'édit de Milan ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius en avril 313, est un édit de tolérance par lequel chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l'empereur comme un dieu.

Ce qui est couramment appelé édit de Milan est en fait une lettre circulaire attribuée à Constantin et publié par Licinus à Nicomédie par un rescrit le 13 juin 313[1].

Sommaire

Incidence sur les différents cultes

Aujourd’hui l’ampleur de la christianisation de l’Empire à cette époque est remise en question, entre autres par Alan Cameron et Robin Lane Fox aux États-Unis, ainsi que par Pierre Chuvin et Claude Lepelley en France. Robin Lane Fox pense que le paganisme est toujours très bien implanté au début du IVe siècle et que le christianisme est encore un phénomène très minoritaire. Selon lui, les chrétiens ne représentent en 312, que 4 à 5 % de la population totale de l’Empire[2]. Le débat est d’autant plus délicat que, derrière les chiffres, il y a un enjeu idéologique fort.

Certains points semblent néanmoins établis. L’inégalité de la christianisation selon les régions et le retard de la Gaule en particulier sont admis par tous. À un moindre degré, la situation est la même en Espagne et en Italie, mais avec en plus de fortes différences régionales. On pense qu’à Rome, la ville la plus christianisée d’Italie, peut-être un peu moins de 10 % des habitants sont chrétiens en 312. L’étude des papyrus égyptiens permet d'évaluer à 20 % le pourcentage de chrétiens à la même période en Égypte[3]. En Asie Mineure, une proportion d’1/3 de chrétiens est envisageable, 10 à 20 % en Afrique. En 312, les chrétiens ne sont donc qu’une minorité dans l’Empire[4].

Les cultes anciens

Durant l'apogée de l'empire, la religion polythéiste est très étendue en son sein. Cette religion est très pratique dans le sens où, à chaque conquête, de nouveaux cultes s'ajoutent à ceux déjà existant — celui de Toutatis (Gaules), celui d'Isis (Égypte), etc. —, lesquels en général ne sont ouverts qu'aux initiés. Ce système religieux protège les empereurs et leur assure l'autorité, en les plaçant au-dessus des dieux du polythéisme. Ils instaurent un culte à l'empereur, tels les pharaons, dieux vivants d'Égypte.

Les cultes émergents

Au Ier siècle (Auguste voit naître J-C) les croyances changent, la population cherche un salut spirituel, tout ceci est transporté par les voies du commerce, étendues dans tout l'empire. Les armées adorent le dieu Mithra (ce qui ne pose pas de problème aux empereurs). Mais des religions monothéistes apparaissent en Orient, chez les Perses. Le Manichéisme qui fait beaucoup d'adeptes puis le Christianisme avec sa venue du "sauveur" qui dérange l'empereur. De plus ces religions séparent la religion de la politique. Le dieu unique et au-dessus de toute autorité (même impériale) est perçu comme une violation du pouvoir, les persécutions commencent. Le christianisme en effet se propage très vite car cette religion prêche la bonne parole, le salut spirituel (promesse d'un paradis après la mort) et ses adeptes profitent de rites qui les satisfont pleinement.[réf. nécessaire] Cette religion se veut universelle, tout le monde peut se faire baptiser, de plus il y a un désintéressement des richesses qui attire tous les horizons. Les persécutions font connaître ce mouvement religieux, les martyrs (Ste-Blandine, St-Potin à Lugdunum en Gaule) font grandir la mystique autour de cette religion qui devient de plus en plus présente dans l'empire surtout vers le début du IIIe siècle où les persécutions atteignent des sommets (sous Dioclétien et Maxime). Constantin fait barrière au carnage avec son édit de Milan et acquiert l'appui chrétien pour son règne (surtout l'Orient, l'Afrique, l'Égypte, les Gaules), peu après sa proclamation d'empereur il fonde Constantinople (ex Byzance grecque) qui devient la capitale chrétienne de l'empire. Le règne de Constantin dura 31 ans de 306 à 337 après J.-C.

Le christianisme

À l'époque de l'édit de Milan, les chrétiens constituent en Orient de petites communautés, plus ou moins indépendantes les unes des autres, surtout situées dans les cités. Chaque cité a son évêque, désigné par le peuple chrétien (en fait par le clergé et les notables), son clergé majeur (prêtres, diacres, sous-diacres) et mineur (lecteur, portiers, fossoyeurs), ses femmes consacrées (diaconesses). En Égypte le christianisme a déjà profondément pénétré dans les villages.

Pour les communautés chrétiennes de Dacie, cet édit a une moindre importance, cette région vivant de façon très libre le christianisme depuis la retraite romaine de 256.

Autres cultes

Articles détaillés : Mithra, Sol Invictus et Isis.

Notes et références

  1. Maurice Sachot, Quand le christianisme a changé le monde : La subversion chrétienne du monde antique, Odile Jacob, 2007 (ISBN 9782738118783) [présentation en ligne] 
  2. Robin Lane Fox, Païens et chrétiens : La religion et la vie religieuse dans l’Empire romain de la mort de Commode au Concile de Nicée, Presses Universitaires du Mirail, 1997
  3. Roger S. Bagnall, Egypt in Late Antiquity, Princeton, Princeton University Press, 1993.
  4. Yves Modéran, La conversion de Constantin et la christianisation de l’Empire romain, conférence pour la Régionale de l’APHG en juin 2001.

Voir aussi

Liens internes

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