Études odontologiques en France

En France, la formation du chirurgien-dentiste (odontologie) se fait en six ans au minimum après le baccalauréat dans une université (une UFR d’odontologie).

Sommaire

Historique

Déroulement des études

Les études odontologiques se composent de trois cycles dont le dernier peut être « court », d’une durée d’un an, ou « long », d'une durée de trois ans et correspondant à l'internat.

Diplôme de formation générale en sciences odontologiques

les études odontologiques parmi les études supérieures

Le diplôme de formation générale en sciences odontologiques sanctionne la première partie des études en vue du diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire; il comprend six semestres de formation validés par l'obtention de 180 crédits européens, correspondant au niveau licence[1].

Cette formation a pour objectifs :

  1. l'acquisition d'un socle de connaissances scientifiques indispensables à la maîtrise ultérieure des savoirs et des savoir-faire nécessaires à l'exercice de la profession de chirurgien dentiste. Cette base scientifique englobe la biologie, certains aspects des sciences exactes et plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales ;
  2. l'acquisition de connaissances dans les domaines de la séméiologie médicale, de la pharmacologie et des disciplines odontologiques ;
  3. l'apprentissage du travail en équipe et des techniques de communication, nécessaires à l'exercice professionnel.

L'accent est mis sur l'acquisition des concepts indispensables à acquérir de manière à rendre possible la formation tout au long de la vie.

L'enseignement comprend un tronc commun permettant l'acquisition de compétences et de connaissances :

  1. communiquer ;
  2. apprendre à établir un diagnostic ;
  3. concevoir une proposition thérapeutique ;
  4. comprendre une démarche de soins coordonnés ;
  5. apprendre à assurer les gestes de première urgence ;
  6. appréhender les objectifs de santé publique ;
  7. connaître les règles juridiques, déontologiques et éthiques.

Quatre principes régissent l'acquisition de ces connaissances :

  • Le rejet de l'exhaustivité : l'enjeu est d'acquérir des concepts qui permettront à l'étudiant au cours de ses études ultérieures et de sa vie professionnelle de disposer des outils pour faire évoluer ses savoirs et ses savoir-faire. La progression très rapide des connaissances impose des choix et conduit à rejeter toute idée d'exhaustivité. Elle rend aussi nécessaire une initiation à la recherche dans le champ de la santé.
  • La participation active de l'étudiant : afin de favoriser l'efficience de la formation, il convient de privilégier, chaque fois que cela est possible, l'acquisition des connaissances à travers la participation active de l'étudiant sous forme de travaux dirigés, d'exposés, de résolution de cas, de stages pour lesquels un contrôle des connaissances adapté est mis en place.
  • La pluridisciplinarité : les métiers de la santé, au service de l'Homme, s'appuient sur de nombreuses disciplines et l'apprentissage de la pluridisciplinarité est nécessaire. Cet apprentissage se fait par la mise en place d'unités d'enseignement faisant appel à des spécialistes de disciplines différentes autour de l'étude d'un organe, d'une grande fonction, d'une problématique de santé publique.
  • L'ouverture : les métiers de la santé sont nombreux et variés de même que les pratiques professionnelles. Il convient de préparer, dès le niveau licence, les différentes orientations professionnelles. Dans ce but, la formation comprend, outre un tronc commun, des unités d'enseignement librement choisies ou libres. Elles permettent un approfondissement des connaissances acquises dans le cadre du tronc commun. Elles peuvent également correspondre à une initiation à la recherche à travers des parcours de masters. Elles peuvent enfin concerner des disciplines non strictement odontologiques. Elles permettent ainsi aux étudiants d'acquérir des spécificités et de s'engager éventuellement dans des doubles cursus qu'ils pourront développer au cours de la formation correspondant au niveau master.

Il n’y a pas de programme national mais une liste d’items constituant la « trame destinée à faciliter la réflexion des enseignants ainsi qu'une certaine harmonisation des programmes entre les universités »[1].

Première année

Depuis 2010, la première année commune aux études de santé est commune aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de sage-femme[2].

Pour être admis à s’inscrire en première année des études de santé, les candidats doivent justifier :

  • soit du baccalauréat ;
  • soit du diplôme d'accès aux études universitaires ;
  • soit d’un diplôme français ou étranger admis en dispense ou équivalence du baccalauréat en application de la réglementation nationale ;
  • soit d’une qualification ou d’une expérience jugées suffisantes[3].

Comme pour toute formation du système LMD, l’année est découpée en deux semestres et en « unités d’enseignement » (UE) qui se voient attribuer un certain nombre de crédits ECTS.

Au premier semestre, les enseignements sont communs à toutes les fillières[4]. Des épreuves sont organisées à la fin de celui-ci ; les étudiants mal classés peuvent être réorientés dans d’autres fillières de l’université[5].

Au second semestre, les étudiants choisissent une ou des UE spécifique(s) à une filière, en plus de la formation commune. Les étudiants passent un concours à la fin de l’année débouchant sur quatre classements[6].

Deuxième et troisième années

Ces années permettent de compléter la formation des étudiants pour qu'ils obtiennent le diplôme de formation générale en sciences médicales. Les étudiants doivent suivre une formation pratique et des stages cliniques d'initiation aux fonctions hospitalières devant permettre aux étudiants l'acquisition des compétences nécessaires à la bonne appréhension de leur futur rôle d'étudiant hospitalier. Ces stages s'effectuent dans des structures hospitalières d'odontologie[1].

Les étudiants ayant validé deux années de médecine, de maïeutique ou de pharmacie peuvent, dans certaines conditions, faire valoir leur « droit au remords », et être admis en deuxième année d’odontologie[7].

Les titulaires de certains diplômes, les élèves et anciens élèves des écoles normales supérieures et certains enseignants-chercheurs peuvent demander une entrée directe en troisième année[8].

Deuxième cycle

Le deuxième cycle dure Trois ans.

Première année : les étudiants gagnent le statut d’externe en odontologie, et se retrouvent donc dans des centres de soins dentaires et participent aux fonctions hospitalières. Les cours théoriques sont orientés vers la clinique.

Deuxième année : les étudiants continuent à effectuer des stages cliniques et des cours théoriques cliniques.

À la fin de la troisieme année, les étudiants passent le certificat de synthèse clinique et thérapeutique[9]. Ce certificat permet à l’étudiant de prescrire de sa main des médicaments et produits de santé, d’effectuer des remplacements de chirurgiens-dentistes lors de leurs vacances ou d’être collaborateur d’un chirurgien-dentiste en tant qu’étudiant adjoint.

Troisième cycle court

Le cycle court qui dure un an avec des stages cliniques de participation aux fonctions hospitalières. L’année validée l’étudiant peut soutenir sa thèse.

Depuis l’année 2007/2008, les étudiants en sixième année doivent également effectuer un stage d’initiation professionnel actif, chez un chirurgien-dentiste, et ceci durant 200 à 250 heures sur l’ensemble de l’année. L’étudiant soigne les patients sous l’égide du chirurgien-dentiste maître de stage, puis en autonomie contrôlée[10].

Le diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire est délivré aux étudiants ayant validé l'ensemble des enseignements des trois cycles de formation et ayant soutenu leur thèse avec succès[11].

Troisième cycle long

Le troisième cycle long appelé aussi « internat en odontologie » est accessible suite à un concours national[12]. Avant 2011, à l’issue des trois années de cycle, les étudiants obtenaient l’attestation d’études approfondies en chirurgie dentaire et, après soutenance d’une thèse, le diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire et le titre d’ancien interne en odontologie[13].

Depuis 2011, avec la mise en place de l'internat qualifiant, il existe désormais 3 spécialités, toutes enseignées en 3 ans :

  • Chirurgie orale : afin de réaliser des actes de chirurgie orale et maxillo-faciale plus lourds. Cette spécialité prépare à l'obtention du DESCO (Diplôme d'Études Spécialisées en Chirurgie Orale) et est également accessible aux internes en médecine par l'intermédiaire des ECN. À la fin de l'internat, les chirurgiens qu'ils soient issus d'odontologie ou de médecine ont le même diplôme et les mêmes compétences.
  • Médecine bucco-dentaire : afin de prendre en charge des patients à risque, porteurs d'une ou plusieurs pathologie(s) lourde(s), de diagnostiquer des pathologies bucco-dentaires et de gérer les conséquences de pathologies générales sur la sphère oro-faciale. Cette spécialité prépare à l'obtention du DESMB (Diplôme d'Études Spécialisées en Médecine Buccale).
  • Orthopédie dento-faciale : afin de corriger les dysharmonies dento-maxillo-faciales, les problèmes de positionnement dento-maxillaires et les problèmes d'occlusions. Cette spécialité prépare à l'obtention du DESODF (Diplôme d'Études Spécialisées en Orthopédie Dento-Faciale).

Le Certificat d'Études Cliniques Spéciales Mention Orthodontie qui permettait jusqu'à présent d'accéder à la spécialité en orthopédie dento-faciale et le Diplôme d'Études Supérieures en Chirurgie Buccale sont supprimés en 2012. Des commissions de qualification entre le DESCB et l'internat qualifiant en chirurgie orale existent désormais.

Le choix d'une de ses spécialités implique le remords de l'exercice en tant qu'omnipraticien.

Statistiques

En 2009, il y avait 201 078 étudiants en formation de santé, ce qui représentent 27,4 % des étudiants en formation scientifique. À titre de comparaison, il y avait l’année 2009-10 2 316 103 étudiants dans l’ensemble des formations dont 1 444 583 dans les universités[14].

Évolution des effectifs d'étudiants dans les formations de santé(France métropolitaine + DOM)
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Évolution 2002/2009
Médecine, odontologie 120 930 130 356 138 532 146 589 154 076 158 995 161 933 170 228 40,8 %
Pharmacie 25 349 26 281 27 788 29 624 31 296 31 871 31 221 30 850 21,7 %

Notes et références

  1. a, b et c Arrêté du 22 mars 2011 relatif au régime des études en vue du diplôme de formation générale en sciences odontologiques, sur www.enseignementsup-recherche.gouv.fr
  2. Code de l’éducation, article L631-1
  3. Arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé, article 2
  4. Arrêté du 28 octobre 2009, article 3
  5. Arrêté du 28 octobre 2009, article 5
  6. Arrêté du 28 octobre 2009, article 8
  7. Arrêté du 26 juillet 2010 relatif aux modalités d'admission en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de sage-femme des étudiants qui souhaitent exercer leur droit au remords
  8. Arrêté du 26 juillet 2010 relatif aux modalités d'admission en troisième année des études médicales, odontologiques, maïeutiques ou pharmaceutiques
  9. Arrêté du 27 septembre 1994 relatif aux études en vue du diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, article 22
  10. Arrêté du 27 septembre 1994 relatif aux études en vue du diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, article 28
  11. Arrêté du 27 septembre 1994 relatif aux études en vue du diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, article 30
  12. Code de l'éducation, article L634-1
  13. Décret n°94-735 du 19 août 1994 relatif au concours et au programme pédagogique de l’internat en odontologie, article 1
  14. Repères et références statistiques 2010, DEPP, septembre 2010, 425 p. (ISBN 978-2-11-097819-6) [lire en ligne (page consultée le 15 mai 2011)], p. 6.1 Les effectifs du supérieur : évolution et 6.3 Les effectifs dans les formations scientifiques 

Voir aussi

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