Will Smith s'explique sur ''l'affaire'' du baiser
Non, rien de rien... Non, Will Smith ne regrette rien ! Lors de l'avant-première du film Men In Black III à Moscou il y a quelques jours, le comédien avait eu la (mauvaise) surprise de recevoir les avances un peu poussées d'un journaliste ukrainien. L'homme, nommé Vitalii Sediuk, a essayé...
21 avril (expression politique)
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En France, dans le domaine politique, l'expression « 21 avril » est utilisée pour évoquer le dimanche 21 avril 2002, date du premier tour de l'élection présidentielle française de 2002 mettant en lice seize candidats (nombre record favorisant un éparpillement des votes), qui avait vu l'accession au second tour du candidat Jean-Marie Le Pen (16,86 % des suffrages exprimés), président et chef du FN, et l'élimination du Premier ministre socialiste sortant, Lionel Jospin, placé juste derrière (16,18 % des suffrages exprimés) ; le Président de la République sortant, Jacques Chirac, arrivait premier avec 19,88 % des suffrages exprimés[1],[2]. Cet événement avait provoqué un véritable « séisme »[3] politique en France, les sondages n'ayant jamais prévu ni même laissé entrevoir un tel résultat[4]. C'était la première fois depuis l'élection du Président au suffrage universel qu'un candidat d'extrême droite se qualifiait pour le second tour. De même, c'était la première fois que la gauche était éliminée dès le premier tour depuis 1969[5].
Dès l'annonce des résultats, des manifestations débutèrent à Paris et dans d'autres grandes villes françaises. Elles se poursuivirent pendant deux semaines. Elles atteignirent leur apogée le 1er mai, traditionnellement jour de manifestation syndicale, qui s'était transformée en mobilisation « anti-FN » rassemblant environ 1 500 000 personnes[6],[7], manifestant dans près de 400 cortèges à travers la France[8]. Les principales forces politiques françaises de gauche comme de droite appelèrent à voter pour Jacques Chirac, représentant du RPR (ancêtre de l'UMP), à l'exception de Lutte Ouvrière, parti mené par la candidate Arlette Laguiller (5,72 % des voix), qui recommanda à ses électeurs de voter « blanc ou nul », et du Mouvement National Républicain, conduit par le candidat Bruno Mégret (2,34 % des voix), qui appela à voter pour Le Pen[8]. Au second tour, Jacques Chirac fut réélu avec plus de 82 % des suffrages, résultat considéré par certains comme singulier dans une démocratie moderne[5].
Considérée par beaucoup comme une « claque » ou un « coup de tonnerre », le 21 avril 2002 marque pour certains, notamment à gauche, la naissance de la conscience politique d'une partie de la génération née dans les années 1980 et 1990[9]. Le 21 avril 2002 est parfois mis en parallèle avec le 10 mai 1981[9], date primordiale pour la gauche des générations précédentes.
À l'élection présidentielle de 2007, par peur d'un nouveau « 21 avril », de nombreux électeurs ont préféré voter « utile », c'est-à-dire pour le principal candidat de leur camp politique. En conséquence, les « petits candidats » ont tous réalisé des scores très faibles (inférieurs à 3 %) à l'exception d'Olivier Besancenot[10].
Reprise de l'expression
En 2005, la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne fut qualifiée par certains journalistes et hommes politiques de « réplique du 21 avril » ou de « 21 avril bis ». Elle fut, en effet, elle aussi marquée par la défaite des deux grands partis de gouvernement — l'UMP et le PS — face au FN et à la gauche antilibérale notamment. Mais pour Pierre Tevanian, il s'agissait au contraire d'un « anti-21 avril » pour trois raisons majeures : cette campagne était basée non pas sur l'insécurité mais contre le libéralisme ; la participation fut, contrairement à 2002 plutôt bonne pour ce type de scrutin ; enfin les sondages prédisaient ce résultat[11].
L'expression « 21 avril à l'envers » a été utilisée par François Fillon, après les élections régionales de 2004[12], lorsque la gauche remporta 20 des 22 régions métropolitaines. Six ans plus tard, les socialistes et leurs alliés gagnèrent 21 des 22 régions, ce qui fit dire au sénateur UMP Josselin de Rohan : « Ce n'est pas un 21 avril à l'envers, c'est un 11 septembre »[12].
Début mars 2011, un sondage Harris Interactive plaça Marine Le Pen (fille de Jean-Marie Le Pen et nouvelle présidente du FN) en tête des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle française de 2012 à 24 %, devant Dominique Strauss-Kahn (PS) à 23 %, le Président sortant (UMP) Nicolas Sarkozy, étant, avec 20 %, éliminé dès le premier tour. D'autres sondages, à la fin du mois, placèrent à nouveau Nicolas Sarkozy en troisième position derrière Dominique Strauss-Khan et Marine Le Pen[13]. Depuis, l'expression « 21 avril à l'envers » est souvent employée par les médias ou les hommes politiques pour évoquer un hypothétique duel entre le candidat socialiste et Marine Le Pen au second tour[14],[15]. Elle est cependant utilisée à tort, car un véritable « 21 avril à l'envers » opposerait en effet un candidat d'extrême gauche à un candidat de la gauche, à l'inverse du 21 avril 2002 qui avait opposé un candidat d'extrême droite à un candidat de la droite[16].
Notes et références
- Déclaration du 24 avril 2002 relative aux résultats du premier tour de scrutin sur site du Conseil constitutionnel. Consulté le 17 janvier 2012
- Résultat des deux tours de la présidentielle de 2002 sur CEVIPOF. Consulté le 17 janvier 2012
- Michel Winock, « Radiographie de l'élection présidentielle de 2002 », dans L'Histoire, avril 2003 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Clarisse Vernhes, « Les instituts de sondages mis en cause », dans RFI, 23 avril 2002 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Pierre Martin, « Les élections de 2002 constituent-elles un « moment de rupture » dans la vie politique française ? », dans Revue française de science politique, vol. 52, mai 2002, p. 593-606 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 17 janvier 2012)]
- Francine Quentin, « 21 avril-5 mai : deux semaines de bouleversements », dans RFI, 4 mai 2002 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Fiche média : Manifestation à Paris le 1er mai 2002 contre Jean-Marie Le Pen sur INA. Mis en ligne le 1er mai 2002, consulté le 17 janvier 2012
- Claude Dargent, François Platone et Martine Jouneau, « L'éphéméride : Chronologie de l'élection présidentielle » sur CEVIPOF. Consulté le 17 janvier 2012
- L.EQ., « Chacun ses souvenirs politiques: pour certains, le 10 mai 1981, nous c’est le 21 avril », dans Libération, 21 avril 2011 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Nonna Mayer, Les votes Le Pen du 21 avril 2002 au 22 Avril 2007, CEVIPOF, coll. « Le Panel Électoral Français 2007 : 1re vague – 29 mars - 21 avril 2007 » [lire en ligne (page consultée le 17 janvier 2012)], p. 2
- Pierre Tevanian, « « Le 21 avril » : Usages et mésusages », dans Le Monde, juin 2005 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Éric Mandonnet, « Les régionales, « ce n'est pas un 21 avril à l'envers, c'est un 11 septembre » », dans L'Express, 23 mars 2010 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Sondages Présidentielle 2012 publiés en Mars 2011 sur Sondages-election.com. Mis en ligne le 5 avril 2011, consulté le 17 janvier 2012
- Arnaud Leparmentier, « 21 avril à l’envers pour Sarkozy face à DSK et Marine Le Pen, selon Harris Interactive », dans Le Monde, 7 mars 2011 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- « Copé à Borloo : « La menace du 21 avril à l'envers est réelle » », dans L'Express, 26 mai 2011 [texte intégral (page consultée le 17 janvier 2012)]
- Le vrai « 21 avril à l'envers », en 2012, ce ne serait donc pas Marine Le Pen contre François Hollande mais, par exemple, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou contre François Hollande.
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