Alexandre Litvinenko

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Alexandre Valtérovich Litvinenko (russe : Александр Вальтерович Литвиненко), né le 4 décembre 1962 et mort le 23 novembre 2006, est décrit selon les médias comme un ancien agent des services secrets russes, ex-lieutenant-colonel du FSB, service de contre-espionnage de Russie. Néanmoins, La veuve d’Alexandre Litvinenko a fait une prestation très surprenante dans le Talk-Show de Charlie Rose, affirmant que son mari n’avait non seulement jamais été un espion russe mais qu’il travaillait pour les services secrets britanniques [1].

Sommaire

Opposition à Vladimir Poutine

Il a travaillé pour le KGB puis pour son successeur à partir de 1986.

Opposant à Vladimir Poutine depuis 2000, date à laquelle il accuse publiquement le président russe de négliger la lutte contre la corruption, il quitte son pays pour s'établir à Londres où il se lie d'amitié avec le représentant des séparatistes tchétchènes Akhmed Zakaïev ainsi qu'avec Boris Berezovsky, un ancien oligarque russe lui aussi lié avec les djihaddistes tchétchènes comme Chamil Bassaïev. Ce dernier l'héberge et lui donne du travail, tous les deux étant recherchés par le parquet russe qui demande leur extradition. Litvinenko publie deux ans plus tard un livre dans lequel il accuse les services secrets russes d'avoir organisé eux-mêmes la vague d'attentats en Russie en 1999 attribuée aux Tchétchènes. Litvinenko fut mortellement empoisonné fin 2006 dans des circonstances encore non élucidées, quelques jours après s'être, selon son père, converti à l'islam[2].

L'empoisonnement

Début novembre 2006, il tombe gravement malade après avoir dîné dans un restaurant de sushis à Londres avec un contact, l'italien Mario Scaramella, prétendant détenir des preuves reliant le gouvernement de Vladimir Poutine à l'assassinat de la journaliste et opposante russe Anna Politkovskaïa.

Il décède le 23 novembre, à 21h21 à l'University College Hospital de Londres.

De « hautes quantités de radiations, probablement dues à une substance appelée polonium 210 », une matière hautement radioactive, ont été détectées dans les urines de l'ancien espion selon les autorités sanitaires britanniques. Après avoir cru que l'empoisonnement avait eu lieu dans un restaurant à sushi, les autorités confirment que l'empoisonnement s'est en fait produit au bar d'un grand hôtel londonien[citation nécessaire].

Le 24 novembre 2006, la police entreprend des fouilles dans le domicile et le jardin de Litvinenko. Selon le quotidien londonien The Independent, toutes les hypothèses de mort sont alors en examen par la police britannique, y compris celle du suicide, qui aurait pu être commis afin de discréditer le président Poutine[3]. En effet, plusieurs spéculations circulent sur les commanditaires de la mort de Litvinenko, mais aucune piste n'est encore privilégiée par les enquêteurs du Scotland Yard.

Le 6 décembre 2006, Scotland Yard considère désormais la mort d'Alexandre Litvinenko comme un meurtre.

L'homme d'affaire russe Andreï Lougovoï, soupçonné par les autorités judiciaires anglaises d'être mêlé à l'empoisonnement, nie son implication et rejette l'accusation sur les services secrets britanniques du MI6, qui auraient voulu se débarrasser d'un enquêteur encombrant. Selon l'édition du 27 octobre 2007 du Daily Mail, Litvinenko aurait effectivement été employé par le MI6[4]. Par ailleurs, en avril 2012, Andreï Lougovoï a été soumis au détecteur de mensonges par des spécialistes britanniques qui ont conclu à son innocence [5].

La déclaration posthume de Litvinenko

Tombe d'Alexandre Litvinenko enterré selon ses dernières volontés d'après le rite musulman[6]

Selon les déclarations de l'entourage de Litvinenko, trois jours avant sa mort, celui-ci aurait dicté une déclaration posthume à son ami, Alex Goldfarb (aussi le président de la « fondation de libertés civiques » de Boris Abramovitch Berezovski). Il mettait directement en cause le président Poutine dans son empoisonnement.

« Je veux remercier plusieurs personnes. Mes médecins, infirmières et le personnel de l'hôpital qui font tout ce qu'ils peuvent pour moi, la police britannique qui approfondit mon affaire avec vigueur et professionnalisme et me protège, moi et ma famille. Je veux remercier le gouvernement britannique pour son attention à mon égard. Je suis honoré d'être un citoyen britannique. Je veux remercier le public britannique pour ses messages de soutien et pour l'intérêt qu'il a montré envers ma condition critique. Je remercie mon épouse Marina, qui m'a soutenu. Mon amour pour elle et notre fils ne connaît aucune limite. Je peux entendre nettement le battement des ailes de l'ange de la Mort. Peut-être puis-je lui fausser compagnie, mais je dois dire que mes jambes ne courent pas aussi rapidement que je l'aimerais. Je pense donc qu'il est temps de parler un peu des responsables de ma condition présente. Vous pouvez réussir à me faire taire, mais ce silence a un prix. Vous vous êtes montré aussi barbares et impitoyables que vos critiques les plus hostiles le prétendent. Vous avez montré que vous n'aviez pas de respect pour la vie, la liberté et les valeurs de la civilisation. Vous vous êtes montré indignes de vos fonctions, de la confiance des hommes et femmes civilisés. Vous pouvez réussir à faire taire un homme mais les hurlements de protestation du monde entier retentiront à vos oreilles pendant le reste de votre vie, M. Poutine. Que Dieu vous pardonne pour ce que vous avez fait, non seulement à moi mais encore à la Russie et à son peuple. »

Interrogé lors d'une conférence de presse sur cette lettre, Vladimir Poutine a répondu que « Si cette lettre existe vraiment, je me demande pourquoi elle n'a pas été publiée de son vivant »[7].

Il convient néanmoins de se montrer circonspect par rapport à l'authenticité de cette lettre. Le père d'Alexandre Litvinenko, Aleksandr, veillant son fils le jour de sa mort, affirme qu’aucune lettre posthume n'a été écrire dans sa chambre d’hôpital et que la fameuse lettre "J’accuse Poutine" de son fils était un faux, probablement écrit par Boris Berezovski ou Alex Goldfrap.

Réactions des autorités russes

Le Service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie (SVR) a rejeté les accusations sur son éventuelle implication dans l'empoisonnement de l'ancien officier du FSB russe Alexandre Litvinenko à Londres.

« Le SVR n'a rien à voir avec le mauvais état de santé d'Alexandre Litvinenko », a déclaré le chef du bureau de presse du SVR Sergueï Ivanov. Les informations diffusées par certains médias sur l'implication du Service dans cet incident sont « purement fausses et infondées », a-t-il ajouté.

Sergueï Iastrjembski, représentant spécial du président russe, a qualifié de « coïncidence inquiétante » les décès d'opposants au régime russe en place avec la tenue de forums internationaux où le président de la Fédération de Russie participe (la journaliste Anna Politkovskaïa avait trouvé la mort le 7 octobre 2006).

« Un nombre manifestement excessif de coïncidences de morts retentissantes de personnes qui, de leur vivant, se sont positionnées en opposant au pouvoir russe en place, avec les manifestations internationales auxquelles participe le président de la Fédération de Russie est pour le moins inquiétant », a notamment déclaré le représentant spécial du président russe pour les relations avec l'Union européenne, intervenant vendredi devant les journalistes à Helsinki à l'issue du sommet Russie-UE.

Sergueï Iastrjembski a dit ne pas être partisan de la théorie des complots. « Quoi qu'il en soit, on a bien l'impression d'être en présence d'une campagne bien orchestrée ou même de tout un plan de dénigrement continu de la Russie et de sa direction », a-t-il ajouté[8].

L'agence russe ITAR-TASS accuse l'agence britannique des relations publiques Bell Pottinger, proche de Bérézovski, d'être derrière la campagne de dénigrement du président russe. Les analystes russes, et même le président des affaires extérieures de la Douma Konstantin Kosatchev, accusent les milieux proches des séparatistes tchétchènes (dont l'émissaire de l'Itchkérie Akhmad Zakhaev recherché pour meurtres par la Russie et réfugié à Londres, ainsi que son sympathisant Bérézovski, avec lesquels Litvinenko avait de multiples contacts) d'être impliqués dans cet assassinat, pour effectivement discréditer le président russe[9]. Selon le quotidien londonien The Independent, des traces de polonium 210 auraient été trouvées dans les bureaux de Boris Berezovsky[10].

Le polonium 210

Le polonium 210 est un poison très puissant produit en très faibles quantités - 100 grammes par an par irradiation prolongée du bismuth dans le cœur d'un réacteur nucléaire. Il suffit d'une quantité infime (inférieure au microgramme) pour provoquer l'empoisonnement. Cependant, l'ingestion de polonium 210, bien que mortelle, est réputée pour provoquer une mort lente, laisser des traces radioactives facilement repérables (ce qui a permis à Scotland Yard de retracer rapidement le parcours de Litvinenko), et de fait, est rarement utilisé par les services, ce qui semble légitimer la thèse de la manipulation[11].

Ouvrages

  • A. Litvinenko et A. Goldfarb. Gang from Lubyanka, Grani, New York, 2002. (ISBN 0-9723878-0-3)
  • Y. Felshtinsky, A Litvinenko, et G. Andrews, Blowing up Russia: Terror from within. 2002. (ISBN 1-56171-938-2) (auto-édition)
  • Marina Litvinenko et A. Goldfarb, Meurtre d'un dissident, Robert Laffont

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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