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Allemand standard
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L'allemand standard (Standarddeutsch) est la variété de la langue allemande qui est codifiée dans des manuels, qui sert de langue véhiculaire suprarégionale, qui est enseignée à l'école, qui jouit généralement du plus haut prestige social et qui est souvent considérée comme « le bon allemand ».
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Terminologie : Standarddeutsch versus Hochdeutsch
Le terme linguistique Standarddeutsch est rarement utilisé par les germanophones ; ils désignent la variété standard de leur langue plutôt comme Hochdeutsch ou Schriftdeutsch (allemand écrit). Cet usage du mot Hochdeutsch dérive du fait que l'allemand standard est issu des variétés méridionales, qu'on appelle en linguistique le haut allemand. Celui-ci regroupe l'allemand supérieur du sud (Oberdeutsch) et le moyen allemand du centre du pays (Mitteldeutsch ou Zentraldeutsch) et s'oppose au bas allemand du nord, « haut » et « bas » se référant à l'élévation du terrain, comme dans le nom « Pays-Bas ».
Aujourd'hui, l'allemand standard a largement délogé les dialectes du nord de l'Allemagne et on y parle une langue assez proche du standard, tandis que dans le sud, la langue standard coexiste avec des dialectes qui en divergent considérablement. Ce déplacement géographique du Hochdeutsch s'explique précisément par le fait qu'il a été appris comme une langue étrangère au nord ; pour cela, la prononciation y suit fidèlement l'orthographe, tandis qu'au sud l'orthographe n'a jamais décrit les différentes prononciations régionales que de manière approximative. La ville de Hanovre a la réputation d'être celle où l'on parle « le meilleur allemand » ; le bas allemand y est presque complètement éliminé depuis très longtemps.
Histoire, codifications
L'histoire de l'allemand standard est beaucoup plus complexe que celle du français standard, qui est issu de la langue parlée à la cour de France et qui a peu à peu étendu son territoire à la France entière.
Il n'y a pas d'institution comparable à l'Académie française en Allemagne, et il n'y en a jamais eu. La normalisation de la langue standard est largement due à des écrivains, des éditeurs, des grammairiens, puis à des décisions gouvernementales. À nommer :
- la traduction de la Bible par Luther au XVIe siècle, basée sur l'allemand des chancelleries saxonnes, donnant au moyen-allemand un avantage qui s'avéra décisif dans la suite,
- les sociétés savantes (académies) du XVIIe siècle,
- Gottsched, grammairien du XVIIIe siècle,
- la scolarité obligatoire à partir du XVIIIe siècle, le début d'une bureaucratie, la décision de l'impératrice Marie-Thérèse d'abandonner le standard haut allemand[pas clair] en faveur du moyen allemand,
- l'unification de l'orthographe par Konrad Duden et les règles du ministère de l’éducation prussien vers 1880,
- le manuel de prononciation de Theodor Siebs en 1898,
- la réforme de l'orthographe de 1900,
- la stagnation imposée par la division de l'Allemagne entre 1945 et 1990 et le monopole du dictionnaire Duden,
- la réforme de l'orthographe de 1996, retouchée en 2006.
Diglossie en Suisse et au Luxembourg
En Suisse et au Luxembourg, même dans les occasions les plus formelles, on parle en dialecte. Le dialecte luxembourgeois, une variété de moyen allemand, a été élevé en 1984 au rang de langue nationale. Dans ces deux pays, l'allemand standard n'est plus standard sauf comme langue écrite.
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