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Antoine Louis Albitte
Antoine Louis Albitte, né à Dieppe, le 30 décembre 1761, mort à Rossiénié, (Pologne), le 23 décembre 1812, est un député de la Seine-Inférieure à la Convention nationale.
Homme de loi à Dieppe, issu d’une famille de négociants, en 1791 Louis Antoine Albitte fut élu député à l’Assemblée législative. Il fut chargé notamment des questions militaires.
En septembre 1792, il fut élu député de la Seine-Inférieure à la Convention nationale, où il siégea sur les bancs Montagnards. Il fit souvent office de conciliateur entre Montagnards et Girondins. Il devint membre du Comité de la guerre
Lors du procès du roi Louis XVI, il vota pour la culpabilité du roi, contre la ratification du jugement du peuple, contre le sursis et pour la peine de mort. Le 13 avril 1793, il vota contre la mise en accusation de Marat. Étant en mission à l’armée des Alpes, il ne participa pas au scrutin relatif au rapport du décret qui avait cassé la Commission des Douze ni, plus tard, à la mise en accusation des Girondins.
Rentré à Paris, le 17 octobre 1793, il fut aussitôt envoyé en mission, dès le 21 octobre, par le Comité de salut public à Lyon, puis à Toulon. Dès le 19 nivôse an II, il fut en mission dans les départements de l’Ain et du Mont-Blanc. Il reçut le surnom de « Robespierre savoyard » et de « Tigre de l’Ain » pour la politique antireligieuse qu’il mit en œuvre. Il imposa aux prêtres constitutionnels la signature de la déclaration d’apostasie dit « Serment d’Albitte ». À l’occasion de l’application du décret du 26 janvier 1794, dans l'Ain, près de 800 clochers sont détruits et 1 500 à 1 600 cloches portées à la fonderie.
Il fut de nouveau à l’armée des Alpes, dès prairial an II, et à l’armée d'Italie, lors de la journée du 9 Thermidor an II, qui amena la chute de Robespierre.
Après le 9 Thermidor an II, il siégea à la Convention thermidorienne où il resta fidèle à ses convictions montagnardes. Il fut décrété d’arrestation et d’accusation les 1er et 2 prairial an III et ensuite amnistié. En 1796, il fut élu maire de Dieppe.
Sous le Consulat et l’Empire, Albitte servit dans l’armée sous le grade d’adjudant général et sous-inspecteur aux revues. Il trouva la mort lors de la retraite de Russie, en 1812.
Sources
- Jean Tulard, J.F. Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, « Bouquins », Robert Laffont 1998, p. 513
- Michel Vovelle, La Révolution contre L'Église. De la Raison à l'Être Suprême, Éditions Complexe, 1998.
- Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF 1989
- Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tome LXXI.
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