Aristide Bergès

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Aristide Bergès

Aristide Bergès, (Lorp 4 septembre 1833 - Villard-Bonnot 28 février 1904), est un industriel papetier et ingénieur hydraulicien français du XIXe siècle.

Sommaire

Biographie

Aristide Bergès est né en Ariège en 1833 dans une famille de papetiers[1]; son père, Pierre Bergès, est fabricant de papier à Lorp-Sentaraille (Ariège), lui-même issu d'une famille qui a démarré l'exploitation papetière pendant la Révolution, il est reconnu comme l'un des premiers introducteurs en France de la machine à papier de Louis Nicolas Robert.

Diplômé de l'École Centrale des Arts et Manufactures en 1852[1], Aristide (son nom de baptême et d'état-civil est Laurent), réalise la même année le prototype d'un circuit de râperie de bois qu'il installe à Mazères-sur-Salat (Haute-Garonne).

En 1869, Aristide Bergès installe, une râperie de bois à Lancey en Isère où il utilise l'énergie hydraulique pour faire fonctionner ses défibreurs (appareils râpant le bois afin d'en faire de la pâte à papier). Il établit à cet effet une conduite forcée de 200 mètres de dénivelé, dont l'eau captée fait tourner une turbine, entraînant les défibreurs[1].

En 1882, Aristide Bergès souhaitant ajouter, une unité de papeterie à sa râperie met en place une conduite forcée de 500 mètres de dénivelé et adjoint une dynamo Gramme à ses turbines pour produire du courant électrique[1].

Il est enterré à Toulouse, avec sa femme Marie Gardaillac.

La turbine hydraulique

Dans la mesure où l’on pouvait disposer désormais d’un matériau doté de propriétés physiques améliorées, l’acier, puis des aciers spéciaux, il devenait possible d’utiliser la turbine hydraulique dans des conditions différentes. Avant 1848, avec Uriah Boyden et James Bichens Francis, on avait songé à installer des chutes hautes, à grande puissance et à grand débit. Il semble que les premiers essais aient été faits pour actionner des défibreurs de papèterie qui exigeaient de grandes puissances. Amable Matussière à Domène (1870), Alfred Frédet à Brignoud (1871), J.Horteur à Saint-Rémy-de-Maurienne (1878) furent les précurseurs[2].

En 1864, Aristide Bergès déposa le brevet d'un défibreur à pression hydraulique qui allait remplacer rapidement l'appareil de Voelter. Il décida de s'installer en Isère dans le Grésivaudan en 1867 en association avec son ancien condisciple, le papetier Amable Matussière. Il y crée pour son compte une usine de pâte à papier avec l'appui financier d'un notable local et de sa famille. Il choisit le site de La Gorge (ou Combe) de Lancey où coule un ruisseau de faible débit. C'est en raison de ce handicap géographique, qu'il va rechercher la puissance motrice qui lui manque. Il invente ce qu'il appellera plus tard la houille blanche en faisant fonctionner pour la première fois une turbine par la seule force de l'eau (500 ch) obtenue grâce à une chute de 200 m.

En 1882, il réussit à passer à 1 200 ch sous 480 m[2]. La Gorge est un lieudit limitrophe des communes de Sainte-Agnès et de Saint-Mury-Monteymond, situé au pied du Pic de Belledonne. En raison du fort dénivelé le reliant au Lac Blanc, où coule le torrent du Vorz, furent installées les premières conduites forcées. Ayant bénéficié des travaux d'Aristide Bergès, Saint-Mury-Monteymond fut, de source locale, le premier village de France à avoir été éclairé par la lumière électrique.

La houille blanche

Bergès est aussi un excellent communicateur : la formule de « houille blanche » développée à Grenoble à partir de 1878 au cours de réunions locales, puis à la foire de Lyon en 1887, est définitivement popularisée lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889, où Bergès en fait l'expression populaire pour caractériser la puissance hydraulique sous toutes ses formes :

« Les glaciers des montagnes peuvent, étant exploités en forces motrices, être pour leur région et pour l'État des richesses aussi précieuses que la houille des profondeurs. Lorsqu'on regarde la source des milliers de chevaux ainsi obtenus et leur puissant service, les glaciers ne sont plus des glaciers ; c'est la mine de la houille blanche à laquelle on puise, et combien préférable à l'autre. »

Et il annonce

« cinq millions de chevaux pour les Alpes seules »

. Il reçoit à cette occasion un troisième prix international et sera fait chevalier de la Légion d'honneur.

Un esprit progressiste

Esprit positiviste, il considère que le progrès technique doit servir au progrès social. Il fait installer l'électricité dans les maisons du hameau de Lancey ; puis pousse la municipalité de Grenoble à une expérience d'éclairage public à l'occasion du 14 juillet 1882. En 1896, il fonde la Société d'éclairage électrique du Grésivaudan. Non content de fournir de l'électricité à bas prix à toute la vallée, il alimente la ligne de tramway de Grenoble à Chapareillan[3].

Patron progressiste, il organise tout un ensemble de services pour les ouvriers de son usine et leurs familles. Lors de sa création, le syndicat des ouvriers papetiers de Lancey saluera « la part qu'il a prise dans l'émancipation ouvrière ».

En butte à des conflits avec des propriétaires riverains des ruisseaux de montagne, les dernières années de sa vie seront assombries par des procès à répétition. Malade et affecté par ces procès, il meurt le 28 février 1904 et sera enterré à Toulouse au cimetière de Terre-Cabade. Ses papèteries créées à Lancey (commune de Villard-Bonnot) seront développées par ses enfants Achille, Georges et Maurice. Ce dernier s'est aussi fait connaître comme homme politique et comme peintre en Savoie.

Hommages et postérité

L'un des bâtiments de l'ENSE3 (École nationale supérieure de l'énergie, l'eau et l'environnement) porte le nom de Bergès en honneur du célèbre scientifique (anciens bâtiments de l'école d'hydraulique de Grenoble: ENSHMG).

Notes et références

  1. a, b, c et d Musée de la houlle blanche Sur le site musee-houille-blanche.fr
  2. a et b Bertrand Gille, Histoire des techniques, p. ?
  3. Christian Sadoux, p. ?

Voir aussi

Sources et bibliographie

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