Armée romaine

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L'armée romaine (latin : exercitus Romanorum ; Grec Ancien : στρατός/φοσσᾶτον Ῥωμαίων) est l'armée de la Rome antique. Elle permet aux Romains de dominer la Méditerranée du IIe siècle av. J.-C. au Ve siècle.

Articles détaillés : Armée romaine des origines à la fin de la République, Armée romaine sous le Haut Empire et Armée romaine tardive.
Évolution historique de l'acmé territoriale de la civilisation romaine.

Sommaire

L'armée romaine entre le. VIIIe siècle av. J.-C. et le Ve siècle après J.-C.

L'armée romaine des origines au IIe siècle av. J.-C.

L'armée de la Rome archaïque (VIIIeVIe siècles av. J.-C.)

Dessin moderne où l'on voit un grand nombre d'hoplites en rangs serrés : une phalange.
Une reconstitution moderne d'hoplites grecs en formation de phalange, proche de l'armée étrusco-romaine et de celle de la République primitive.

Les origines de Rome sont plongées dans les traditions et légendes, et l'armée archaïque des premiers rois traditionnels n'est assurément qu’un ensemble de milices privées au service de nobles qui se réunit autour d'un roi dans des cas exceptionnels.

La phalange hoplitique (VIeIVe siècles av. J.-C.)

Rome passe ensuite sous la domination des rois étrusques et la première véritable armée nationale peut être considérée comme étant une armée étrusco-romaine jusqu’à l'instauration de la République.

L'armée étrusco-romaine puis républicaine primitive reflète une société très aristocratique qui adopte d'abord un système proche de celui de la phalange hoplitique grecque : épaule contre épaule, les soldats romains offrent à l'ennemi une ligne continue et unie. Chacun doit payer son armement, les plus riches combattant à cheval ou constituant l'élite de l'infanterie, et les plus pauvres n'étant pas astreint au service, faute de moyens pour s'équiper.

Pierre Cosme souligne qu'au « début de la République romaine, les principes censitaires qui régissent la société et la vie politique romaines sont également à la base de toute l'organisation militaire de la cité[1] », ce que Claude Nicolet résume ainsi : « être un soldat, pour un Romain, c'est être un citoyen[2]. L'armée romaine d'époque républicaine a trois caractéristiques essentielles : elle est nationale, censitaire et non permanente ; c'est donc une armée de conscription, et non pas de métier[3] ».

Gravure d'un cavalier, avec bouclier, casque et lance.
Stèle trouvée sur le Forum Romanum, à proximité du Lacus Curtius, représentant un cavalier romain du IVe siècle av. J.-C.

L'apparition de la légion manipulaire (IVeIIIe siècles av. J.-C.)

Suite aux guerres incessantes auxquelles sont confrontés les Romains, l’armée se développe et évolue, et les besoins en effectif augmentent. Les hommes sont répartis en fonction de leurs revenus en classes censitaires puis la légion adopte l'organisation manipulaire, très moderne pour son époque, ce qui constitue une première révolution. Le corps de bataille éclate en une série de petites unités, les manipules, et gagne en souplesse. La solde est créée et les critères censitaires sont diminués : des hommes de plus en plus pauvres peuvent entrer dans l'armée, bien que légèrement équipés.

La vraie révolution intervient à la fin de la guerre contre les Latins. Au lieu de réduire en esclavage ses voisins qu'ils viennent de vaincre, les Romains, non seulement leur laissent la liberté, mais encore leur donnent leur propre citoyenneté. Cette mesure extraordinaire met à la disposition du commandement de nombreuses troupes alliées, qui représentent vite plus de la moitié de l’armée, au fur et à mesure de la conquête de l’Italie, puis pour la conquête de la Méditerranée.

Des guerres puniques à l'époque des Grecques (IIIeIIe siècles av. J.-C.)

La deuxième guerre punique va mettre à dure épreuve l'armée romaine qui en sort vainqueur malgré un lourd tribut en hommes, et cette guerre aura de grandes conséquences à long terme. L'organisation militaire s'adapte et innove pour que l'armée puisse intervenir en dehors de la péninsule italienne sur de longues périodes, ce qui lance la lente professionnalisation de l’armée romaine avec des temps de service plus continu tout au long du IIe siècle av. J.-C.

Longue frise sculptée. Nombreux figurants, dont plusieurs soldats en armes.
Scène de sacrifice pendant un recensement : partie droite d'une plaque de l'autel de Domitius Ahenobarbus, connue sous le nom de la « frise du recensement ». Marbre, œuvre romaine de la fin du IIe siècle av. J.-C. Provenance : Champ de Mars, Rome. Aujourd'hui au musée du Louvre, Paris.

La naissance d'une armée permanente au Ier siècle av. J.-C.

Au Ier siècle av. J.-C., les premières guerres civiles secouent Rome. La guerre sociale atteint les fondements de la République et de l’Italie romaine et a des conséquences très importantes dans l'organisation militaire romaine. Les anciens alliés italiens deviennent citoyens, les procédures de recrutement et de mobilisation sont décentralisés et se basent dorénavant sur le volontariat et non plus sur les classes censitaires.

La professionnalisation de l'armée prend de l'ampleur et les vétérans prennent une grande place dans la société. Les armées sont dorénavant enclines à servir les intérêts de leurs généraux aux ambitions démesurées qui partent à la conquête du pouvoir, ce qui mène la République romaine à son terme.

L'armée romaine impériale du Ier siècle au IIIe siècle

Articles détaillés : Armée romaine sous le Haut Empire et Garde prétorienne.
Funditores sur la colonne de Trajan.

Sous Hadrien, l’enrôlement des unités, légions et troupes auxiliaires de l’armée impériale se fait désormais strictement au niveau local, non seulement dans les provinces où ils tiennent garnison, mais au sein des agglomérations civiles annexées aux camps des frontières. Cette transformation entraîne la fixation des armées provinciales et la disparition de leur mobilité primitive[4].

L'armée romaine tardive du IIIe siècle au Ve siècle

Article détaillé : Armée romaine tardive.
Représentation d'une bataille entre Romains et Barbares au IIIe siècle sur le sarcophage de la collection Ludovisi.

En 262, la réforme de Gallien interdit aux sénateurs de rentrer dans l'armée qui reste aux seules mains de l'ordre équestre. Gallien, la réorganise afin de créer des unités plus mobiles. D'autre part il se préoccupe de mieux utiliser les effectifs disponibles. Il constitue ainsi une armée mobile, le comitatus, en prélevant sur les légions des vexillations formées des éléments les plus aguerris. Une réserve de cavalerie est constituée en regroupant les pelotons de cavalerie affectés à chaque légion.

Dioclétien augmente les effectifs de l’Armée romaine d’une vingtaine de légions, soit une augmentation d’environ 200 000 hommes avec les corps auxiliaires correspondants. Cette armée qui atteint jusqu'à 500 000 hommes sous Constantin coûte très cher[5]. La réforme financière de 297 permet les nouveaux recrutements : chaque propriétaire foncier ou groupe de propriétaires doit fournir un nombre fixe de recrues, proportionnel à l’étendue de leurs domaines. Une garde à cheval, uniquement composée de Germains, les scholae palatinae, est créée par et Constantin après la dissolution de la garde prétorienne (312) et intégrée à une des deux principales branches de l’armée, la comitatenses, intégrant l’infanterie mais dominée par la cavalerie. La seconde branche est l’armée des frontières composée de limitanei et recrutée uniquement parmi les citoyens romains[6].

Après 324, Constantin réorganise l’armée et augmente encore le nombre d'auxiliaires Germains. Le maître des offices (magister officiorum), commandant des scholae palatinae, devient la pièce maitresse de l’administration. Deux nouvelles fonctions sont créées, celles de maître de cavalerie (magister equitum) et de maître d’infanterie (magister peditum), destinées à diriger les réservistes[7].

L'empire est divisé en régions militaires, plus promptes à réagir aux menaces, et commandées par des comes rei militaris. La bataille d'Andrinople où meurt Valens en 378 marque l'avènement de la cavalerie, avènement militaire de l'époque médiévale. Lors de ce siècle dit des Grandes invasions (identifiable de 376 à 476, lire la chronologie), les autorités romaines passent graduellement d'une situation de domination liée à des victoires sur les lètes / laeti, sur le plan individuel, à une faiblesse du pouvoir devant des peuples entiers qui deviennent fédérés de Rome. La bataille des champs Catalauniques contre l'empire hunnique est la dernière où ces potentats, dotés d'un commandement propre, s'aligneront sur une direction des opérations émanant de Rome. Le roi ostrogoth Théodoric le Grand tombe sur les champs. Ensuite, les peuples germaniques joueront leur propre jeu dans une dynamique d'expansion de leur royaume.

Notes et références

  1. Pierre Cosme, L'armée romaine, VIIIe siècle av. J.-C. - Ve siècle ap. J.-C., Armand Colin, 2007, p. 20.
  2. Claude Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républicaine, Gallimard, 1989, p. 128.
  3. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen, 264-27, PUF, 2001, p. 303.
  4. Léon Pol Homo, Nouvelle histoire romaine, A. Fayard, 1941 [présentation en ligne] 
  5. Stephen Williams, Gerard Friell, John Gerard Paul Friell, Theodosius : the empire at bay, Routledge, 1994 (ISBN 9780713466911) [présentation en ligne] 
  6. William E. Dunstan, Ancient Rome, Rowman & Littlefield, 2010 (ISBN 9780742568334) [présentation en ligne] 
  7. Alan K. Bowman, Peter Garnsey, Averil Cameron, The Cambridge ancient history : The crisis of empire, A.D. 193-337, Cambridge University Press, 2005 (ISBN 9780521301992) [présentation en ligne] 

Voir aussi

Articles détaillés

Articles connexes

Bibliographie

Sur toute la période

Sur le VIIIe au IVe siècle av. J.-C.

  • Christiane Saulnier, L'armée et la guerre dans le monde étrusco-romain VIIIe - IVe siècle av. J.-C., De Boccard, 1980, 200 p. (OCLC 8431768) 
  • Anne-Marie Adam et Agnès Rouveret, Guerre et Sociétés en Italie au Ve et IVe siècles av. J.-C., les indices fournis par l'armement et les techniques de combat, Presses de l'ENS, 1988, 164 p. (ISBN 978-2-728-80135-0) 

Sur le IIIe au Ier siècle av. J.-C.

  • François Cadiou, Hibera in terra miles - Les armées romaines et la conquête de l'Hispanie sous la République (218 - 45 av. J.-C.), Casa de Velazquez, 2008, 700 p. (ISBN 978-8-496-82007-4) 
  • Claude Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républicaine, Gallimard, coll. « Tel », 2e éd. revue et corrigée, 1989, 543 p. (ISBN 978-2-070-71530-5) 
  • Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen, 264-27, t. 1 : Les structures de l'Italie romaine, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », 10e éd. mise à jour, 2001, 520 p. (ISBN 978-2-130-51964-5) 

Sur le Ier au IIIe siècle ap. J.-C.

Sur le IIIe au Ve siècle ap. J.-C.

  • Bishop M. C. et J. C. N. Coulston (1993) : Roman Military Equipment, Londres.
  • Carrié J. M. et Rouselle A. (1999) : L'Empire romain en mutation : des Sévères à Constantin, 192-337, Paris.
  • Erdkamp P. (2007) : A Companion to the Roman Army, Malden M.A.
  • Le Bohec Y. (2006) : L’armée romaine sous le Bas-Empire, Paris.
  • Liebeschuetz J. H. W. G. (1986) : “Generals, federates and buccelarii in Roman armies around AD 400”, in Freeman et Lightfoot 1986, 463-474.
  • MacDowall S. (1994) : Late Roman Infantryman, 236-565 AD, Osprey Warrior Series 9, Londres.
  • Nicasie M. J. (1998) : Twilight of Empire. The Roman Army from the reign of Diocletian until the battle of Andrinople, Amsterdam.
  • Richardot Ph. (1998) : La fin de l’armée romaine (284-476), Paris.
  • Seillier C. (1993) : « Les Germains dans l’armée romaine tardive en Gaule septentrionale. Le témoignage de l’archéologie », in Vallet et Kazanski, 187-194.
  • Stephenson I. P. (1999) : Roman Infantry Equipment. The Later Empire, Stroud.
  • Stephenson I. P. (2006) : Romano-Byzantine Infantry Equipment, Stroud.
  • Whitby M. (2003) : Rome at War AD 293 – 696, Oxford.
  • Notitia Dignitatum, document romain de la fin de l'Empire.

Bibliographies externes

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