Loana sera candidate des Anges de la Télé Réalité 5
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Assassinat de Louis d'Orléans
L'assassinat de Louis d'Orléans a eu lieu le 23 novembre 1407 à Paris.
Sommaire |
Contexte
La guerre de Cent Ans connaît une trêve. Les Anglais ont subi une patiente reconquête du territoire menée par de valeureux capitaines (comme Bertrand du Guesclin), sous le règne de Charles V de France, et font face à de graves troubles politiques.
Le roi de France Charles VI a sombré dans la folie depuis 1392 et la France est gouvernée par un conseil de régence, présidé par la reine Isabeau, mais piloté par les grands du royaume[1]. Le caractère intermittent de la folie du roi, qu'on appelait ses "absences", empêche qu'une régence stable soit mise en place. De fait, à partir de 1401, une profonde haine oppose Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et le frère du roi, Louis d'Orléans. Le premier est favorable à la trêve avec l'Angleterre, qui ménage les intérêts de ses sujets flamands ; le second, digne héritier de la politique de Charles V, se fait champion de la reprise de la lutte contre l'ennemi anglais.
Face aux manigances de Philippe le Hardi, qui cherche en parallèle à réunir ses terres bourguignonnes avec celles des Flandres pour former un nouvel État en cas d'une nouvelle défaite de la France, Louis d'Orléans forme peu à peu des alliances au sein de l'Empire pour contrer l'ambitieux bourguignon.[2]. Contrairement à son père auquel il succède en 1404, Jean sans Peur, le duc de Bourgogne a peu d'influence au conseil, d'autant plus que Louis d'Orléans, le jeune frère du roi, aurait une liaison avec la reine[1], depuis que celui-ci a fait évincer les Bourguignons du conseil, en réponse à l'enlèvement du roi fomenté par Jean sans Peur en 1405. Louis se taille la part du lion dans le trésor royal et manœuvre pour empêcher le duc de Bourgogne de réaliser une continuité territoriale entre ses possessions des Flandres et le duché de Bourgogne en acquérant le duché de Luxembourg en gagère avec les deniers de la Couronne.
Voyant le pouvoir lui échapper, Jean sans Peur décide de faire assassiner son rival.
Les faits
Le 23 novembre 1407, le duc d'Orléans va rendre visite à la reine Isabeau, qui a accouché peu de temps avant, à l'Hôtel Barbette, rue Vieille-du-Temple, à Paris[1],[3].
Thomas de Courteheuse lui fait savoir que le roi Charles VI l'attend de toute urgence à l'hôtel Saint-Paul.
Il est poignardé à sa sortie par une quinzaine de malfrats masqués[1] menés par Raoulet d'Anquetonville qui est un homme de main du duc de Bourgogne[3]. Les valets et les gardes qui l'escortent sont impuissants à le protéger. Le duc de Bourgogne a le soutien de la population parisienne et de l'Université, qu'il a su séduire en promettant l'établissement d'une ordonnance proche de celle de 1357[4]. Pouvant prendre le pouvoir, il peut donc avouer publiquement l'assassinat. Loin de s'en cacher, Jean sans Peur fait rédiger un éloge du tyrannicide par le théologien Jean Petit, universitaire de la Sorbonne[3].
Conséquences
Charles VI roi de France, pour apaiser les belligérants suite à cet assassinat, convoqua le duc de Bourgogne et les enfants du défunt, le 28 février 1409 (date nouv st.) à Chartres : il chargea également le comte Guillaume IV de Hainaut (beau-frère de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne) d’assurer, à la tête de 400 hommes d’armes et de 100 archers, la protection de chacune des délégations lors de ses déplacements et de s’engager à se ranger aux côtés du parti éventuellement agressé[5].
Le 15 avril 1410, à Gien, lors des noces de Charles d'Orléans (le fils du duc assassiné) et de Bonne d'Armagnac, les grands du royaume présents se liguent contre le duc de Bourgogne. La guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons qui s'ensuit ne se terminera que trente ans plus tard, avec la signature du traité d'Arras. Jean sans Peur sera lui-même assassiné par les Armagnacs en 1419.
Notes et références
- Alban Dignat, 23 novembre 1407: Assassinat dans la rue Vieille du Temple, herodote.net
- Jean Glenisson, La France de la Guerre de cent ans, éd. Culture, Art, Loisir, Paris, 1971, p. 54
- Laurent Theis, Histoire du Moyen Âge Français, Perrin 1992, p. 326-327
- Noël Coulet, « Le temps des malheurs (1348-1440) » tiré de Histoire de la France des origines à nos jours sous la direction de Georges Duby, Larousse, 2007, p. 418-419
- - Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing – Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s. », édition Geoffroy G. Sury, 2e éd., dép. lég., Bruxelles, 2010, p. 157. - Missive dressée à Tours le 21 janvier 1409 (date nouv. st.) de Charles (VI) roi de France au comte Guillaume (IV) de Hainaut. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1290, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 271. (Or. sur pch. ; sc. ébréché avec contre-sceau.)
Bibliographie
- Jacques d'Avout, La querelle des Armagnacs et des Bourguignons, Paris, Gallimard, 1943, 431 p. Lire un compte rendu de ce titre sur www.persee.fr
- Bernard Guenée, Un meurtre, une société. L'Assassinat du duc d'Orléans, 23 novembre 1407, Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque des histoires », 1992, 350 p.
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