Auschwitz

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Auschwitz Birkenau
Camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945) *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp
Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp
Coordonnées 50° 02′ 11.84″ Nord 19° 10′ 33.23″ Est / 50.0366222, 19.1758972 / 50.0366222; 19.175897250° 02′ 11.84″ N 19° 10′ 33.23″ E / 50.0366222, 19.1758972 / 50.0366222; 19.1758972  
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Type Culturel
Critères (vi)
Numéro
d’identification
31
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1979 (3e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Localisation des camps d'extermination nazis.

Auschwitz-Birkenau ou plus simplement Auschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz Prononciation du titre dans sa version originale Écouter : Camp de concentration d'Auschwitz) est le plus grand camp de concentration et d'extermination du Troisième Reich. Sa situation est partagée entre les localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich (province de Haute-Silésie) après l'invasion de la Pologne.

Ce camp de concentration, dirigé par les SS, a été créé le 27 avril 1940 par Heinrich Himmler[1]et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à la sortie des trains qui les y transportaient. 90 % de ces personnes étaient juives. Ces victimes de la solution finale furent tuées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.

En raison de sa taille, Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres de masse commis par les nazis et plus particulièrement comme celui de la Shoah, au cours duquel près de six millions d'entre eux furent assassinés.

Comme les autres camps de concentration nazis, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler et de la SS. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höss jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer.

Monument historique et culturel majeur qui contribue au « devoir de mémoire », Auschwitz est inscrit depuis 1979 (3e session du Comité du patrimoine mondial) au patrimoine mondial en Pologne de l'UNESCO.

Sommaire

Un vaste complexe

Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944

Auschwitz était principalement constitué de trois camps :

  1. Auschwitz I, ouvert le 20 mai 1940 — Le camp souche (principal) est un camp de concentration où périrent près de 70 000 personnes, au début des prisonniers de guerre et des opposants politiques polonais[2] et soviétiques ; ensuite des Juifs et des résistants de toutes nationalités.
  2. Auschwitz II (Birkenau), ouvert le 8 octobre 1941 pour les prisonniers de guerre soviétiques — À la fois camp de concentration et centre de mise à mort immédiate où périrent plus d'un million de personnes, juives dans leur immense majorité ainsi que des Tziganes.
  3. Auschwitz III (Monowitz), ouvert le 31 mai 1942 — Un camp de travail pour la société IG Farben.

Ces trois camps étaient complétés par une cinquantaine de petits camps dispersés dans la région et placés sous la même administration.

Auschwitz I

La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS en des camions dans lesquels les prisonniers seront chargés. Cette méthode est testée sur des prisonniers de guerre soviétiques.

Höss a tenu à reprendre la devise du camp de concentration de Dachau[10], Arbeit macht frei : « Le travail rend libre » qu'il inscrit en haut du portail d'entrée. Chaque jour, lorsque les prisonniers quittent le camp pour aller travailler, c'est au rythme d'une marche jouée par l'orchestre des femmes détenues, et il en est de même à chaque arrivée de déportés.

Pour surveiller les détenus, les SS utilisent des Kapo, recrutés parmi les prisonniers allemands de droit commun les plus violents. Les détenus sont catégorisés par un symbole cousu sur leur combinaison de bagnard : prisonnier politique, Juif, etc. Les détenus sont identifiés par un numéro tatoué sur le bras.

Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »).

Les prisonniers travaillent pendant six, voire sept jours par semaine. Le dimanche est en principe réservé à la « toilette personnelle ». Mais l'absence d'hygiène, la malnutrition, les mauvais traitements causent rapidement de nombreux décès.

Auschwitz est un camp de travail. Les prisonniers valides doivent travailler, ceux qui sont malades ou blessés sont fusillés. Des exécutions sont aussi le fait des médecins du service d'euthanasie du Reich : ceux qui sont chargés de tuer les handicapés mentaux et physiques. 575 prisonniers seront transférés dans des chambres à gaz en Allemagne pour y être éliminés[11].

Lorsque Adolf Hitler décide l'extermination systématique des Juifs à grande échelle, Rudolf Höss, alors responsable du camp, expérimente divers modes d'exécution. Le nombre de déportés augmente rapidement et il est chargé de « préparer à Auschwitz une installation destinée à l'extermination en masse »[12]. Son approche du problème est technique et pragmatique. Les exécutions sont jusqu'ici menées à l'arme à feu, les déportés fusillés au bord de fosses communes qu'ils ont eux-mêmes creusées. D'autres prisonniers recouvrent les corps de chaux. Cette méthode est décrite par lui, lors de son interrogatoire après sa capture, comme peu efficace, lente, et coûteuse en munitions. Prenant modèle sur le camp d'extermination de Treblinka, il fait construire deux petites chambres à l'extérieur du camp, où les déportés sont asphyxiés par les gaz d'échappement d'un camion. Höss raconte que cette opération prenait du temps, que les SS chargés de l'opération l'abrégeaient souvent, et qu'un nombre non négligeable des gazés reprenaient conscience alors que leurs bourreaux les enterraient.

C'est en observant les précautions importantes que nécessite l'emploi d'un pesticide utilisé pour nettoyer les baraquements que l'idée vient à l'assistant de Höss (Fritsch) d'employer le Zyklon B[13]. Il l'utilise d'abord dans la baraque 11. Höss satisfait de la méthode de Fritsch décide de généraliser la méthode[4]. Le Zyklon B était un pesticide connu et utilisé couramment dans l'armée allemande, le camp d'Auschwitz en possédait donc de grandes quantités en stock. Pour nettoyer un baraquement de la vermine qui l'infestait, il fallait en faire sortir tous les prisonniers, fermer hermétiquement toutes les ouvertures et répandre les cristaux de ce pesticide sur le sol. Après environ une demi-heure, un soldat pénétrait dans le baraquement, muni de gants et d'un masque à gaz, pour ouvrir et ventiler la pièce.

Testé en septembre 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques, le produit se révèle mortel même en très petite quantité. Les SS ajoutent des ventilateurs pour accélérer la ventilation après le gazage. Les corps des premières victimes recouvrant souvent les cristaux de Zyklon B qui réagissent à l'air, ils installent également des colonnes percées de trous, où le produit est versé depuis le toit par un soldat. Des fosses sont transformées en bûchers pour brûler les corps arrosés de gasoil.

La première chambre à gaz (partiellement reconstituée) située à Auschwitz I

Les SS utilisèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire composé de trois fours. Cette installation fut en service entre 1941 et 1942, avant d'être transformée en bunker de protection en cas d'attaque aérienne. Pour cette raison, le bâtiment n'a pas été détruit par les nazis. Le four crématoire actuellement visible y a été reconstruit après la guerre à partir du matériel original resté sur place.

En 1942, le camp vit également l'arrivée des premières femmes. Entre avril 1943 et mai 1944, les femmes juives servirent de cobayes pour des expériences de stérilisation pour le professeur Karl Clauberg. Le docteur Josef Mengele menait des expérimentations sur les détenus, s'intéressant particulièrement aux enfants jumeaux. Lorsque les prisonniers ne guérissaient pas assez rapidement, ils étaient tués par injection de phénol au cœur.

Sur les ordres de Heinrich Himmler, le Block 24 fut transformé en bordel pour récompenser les détenus méritants[14],[15],[16].

Auschwitz II (Birkenau)

En novembre 1943 on fractionne le camp en trois parties; tandis qu'Auschwitz I devient le Stammlager le camp-souche, Birkenau devient Auschwitz II; il comprend le centre d'extermination ainsi qu'un gigantesque camp de travail forcé. C'est là que périrent 1,1 million de personnes, principalement des Juifs et des Tziganes. À partir de 1943 Birkenau a son propre commandant (Lagerführer) sous l'autorité du Lagerkommandant : Friedrich Hartjenstein de 1943 à 1944, puis Josef Kramer de mai 1944 à décembre 1944[17].

Birkenau est à 3 kilomètres d'Auschwitz, dans des marécages[18], [19]; à l'emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand) détruit pour construire le camp.

D'une capacité théorique de 100 000[réf. nécessaire] détenus, il s'étend sur une superficie de 170 hectares. Il comprend, dans sa configuration finale, trois parties ou Lager : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée "Mexico". Chacun des Lager est entouré de murs de barbelés électrifiés à haute tension. Certains détenus désireux de se suicider se jetaient sur ces fils de fer (il y en a eu très peu en réalité)[réf. nécessaire]

Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp
La même entrée le 27 janvier 1945

Dans un premier temps, Himmler avait pensé Birkenau comme une extension d'Auschwitz destinée à accueillir des prisonniers de guerre soviétiques dans le cadre de l'invasion de l'Union soviétique[réf. nécessaire]. Ce sont d'ailleurs ces prisonniers soviétiques qui commencent à construire les baraquements en brique qui deviendront plus tard le camp des femmes. Le rôle principal de Birkenau, défini dès fin 1941, a ensuite été d'appliquer la solution finale de la question juive, c’est-à-dire la mise à mort systématique, et programmée des Juifs d'Europe, à l'échelle industrielle. Dans ce but, les nazis firent construire à Birkenau, quatre complexes de chambres à gaz-crématoires (K II, K III, K IV et K V). La construction débuta en 1942. Le K I est l'ensemble chambre à gaz-crématorium d'Auschwitz I. C'est d'abord dans deux anciennes fermes situées à proximité du camp et transformées en chambres à gaz, nommées la maison rouge et la maison blanche, (Bunker I et II) que sont morts une partie importante des Juifs déportés de France depuis principalement la gare du Bourget (1942-1943) et la gare de Bobigny (1943-1944).

Le parcours des déportés vers la chambre à gaz

Les détenus arrivaient de toute l'Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bétail. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore asphyxiés.

Pendant la plus grande partie du fonctionnement du camp, les déportés arrivaient au niveau de l'ancienne gare de marchandise d'Auschwitz (la Judenrampe) et marchaient environ un kilomètre jusqu'à Birkenau. La voie fut prolongée au printemps 1944 pour terminer son trajet à l'intérieur de Birkenau, au plus près des dispositifs de gazage juste avant l'arrivée des Hongrois. La traditionnelle photographie où l'on voit des rails qui aboutissent à l'entrée du camp de Birkenau tel qu'il se présente aujourd'hui correspond donc à la configuration ultime du camp. Elle laisse croire qu'il s'agit de la voie de chemin de fer qui rentre dans le camp mais en fait elle est prise depuis l'intérieur du camp.

À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « sélection ». D'un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l'autre, les adultes (en théorie à partir de 15 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Souvent, le docteur Josef Mengele opérait une sélection parmi les nouveaux venus pour conduire ses expériences.

Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu'on stockait dans des entrepôts appelés « Canada » dans le jargon du camp. Ces objets personnels étaient ensuite pour la plupart envoyés en Allemagne.

Les survivants à ce premier tri étaient répartis en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d'œuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l'intérieur du camp.

Les ruines d'une installation de traitement des eaux usées.

Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 1 440 personnes pour les plus grandes et 768 personnes à la fois pour les plus petites[20]. Une salle dotée d'une installation sanitaire factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d'où le zyklon B était jeté par des gardes. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoires contigus. C'était la mission du Sonderkommando choisi parmi les prisonniers. Vers la fin de la guerre, alors que les crématoires tournaient à plein régime, les nazis tuèrent encore plus et brûlèrent les corps dans des fosses.

À partir du 15 mai 1944, 440 000 Juifs hongrois sont déportés à Auschwitz-Birkenau après que la Wehrmacht a pris le contrôle de la Hongrie en mars. 250 000 d'entre eux furent assassinés, les autres envoyés dans des camps de travail.

Le 7 octobre 1944, des membres du Sonderkommando, 250 prisonniers responsables des corps des personnes après gazage, se soulèvent. Ils s'étaient procuré des explosifs subtilisés par un Kommando de jeunes femmes juives travaillant dans les usines d'armement de l'Union Werke. Ils réussirent à détruire partiellement le crématoire IV. Après l'explosion, ils coupèrent les barbelés électrifiés à l'aide de pinces d'électricien, et s'échappèrent dans la forêt. Mais leur fuite échoua et la plus grande partie du groupe fut liquidée ; peu survécurent.

La Judenrampe, où les prisonniers étaient débarqués jusqu'au 15 mai 1944.
  • Camp des familles, le camp des familles est un camp à l'intérieur d'Auschwitz, qui fut créé en 1943. Il regroupait des familles, principalement d'origine tchécoslovaque. Ce camp devait servir de justification face à l'opinion internationale et une partie de ses membres subirent les expériences du docteur Mengele[21].

Auschwitz III (Monowitz)

Article détaillé : Monowitz-Buna.

Le gouvernement nazi travaillait avec les industriels allemands (fonderie, industrie chimique, armement…). Décidée au début de l'année 1941, la construction de l'usine IG Farben de caoutchouc synthétique (Buna) à Monowitz, qui resta inachevée, fit appel de manière croissante à la main d'œuvre concentrationnaire. La sous-alimentation, les conditions de travail inhumaines et le renvoi des inaptes à la chambre à gaz, dont a témoigné notamment Primo Levi, y ont fait entre 25 000 et 35 000 victimes (23 000 décès relevés sur 35 000 détenus employés pour la période 1943-1944)[22].

Inaction des alliés

Vue aérienne du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à son extension maximale ; l'entrée se trouve en bas à droite, prolongée vers la gauche par les voies de chemin de fer et les quais de débarquement ; à gauche, de part et d'autre de ceux-ci, deux bâtiments abritant les fours crématoires (les deux formes noires en « T ») ; de bas en haut : camp des femmes et des prisonniers en régime dur, camp principal puis extension en construction. En haut à gauche, on remarque la fumée blanche, elle ne provient pas d'une cheminée du crématoire V, mais d'une crémation en plein air, en juin 1944, à côté du crématoire V. Le processus d'extermination avait atteint un rythme tellement élevé que les fours ne suivaient plus.
Intérieur des baraquements

La majorité des historiens s'accorde, au début du XXIe siècle, pour admettre que les forces alliées connaissaient l'existence des massacres à l'Est et qu'elles n'ont sauvé que quelques dizaines de milliers de Juifs par les voies diplomatiques, sans avoir recours aux moyens militaires.

Entre 1940 et 1942, les premières informations parviennent aux alliés. En particulier, celles concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’Est, premier mode d’extermination des Juifs par des Kommandos. Ils reçoivent également des rapports de Witold Pilecki, fondateur de l'armée secrète polonaise volontairement infiltré parmi les prisonniers du camp, dès mars 1941. Le télégramme Riegner[23] du 8 août 1942 leur confirme la politique d’extermination qui est menée par le Troisième Reich.

À l’automne 1942, des rescapés témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Franklin Delano Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Et le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant leurs auteurs de représailles. Peu de temps avant le débarquement de Normandie, deux prisonniers échappés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, font également un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort.

Le 4 février 1943, le Belge Victor Martin part, muni d'autorisations pour visiter des confrères universitaires à Francfort, Berlin et Breslau en mission de reconnaissance pour la résistance et revient en Belgique, avec des informations en mai 1943. Il a parlé à des ouvriers français du STO près de Katowice qui l'informent de ce qui se passe au camp d'Auschwitz. Arrêté à Breslau le 10 février 1943 il est incarcéré au camp de Radwitz dont il s'échappe le 15 mai 1943. Il fait un rapport à ses amis du Front de l'Indépendance et ses informations sont transmises à Londres. Sa mission incite la résistance à organiser la protection des enfants juifs de Belgique[24].

En 2003, la Royal Air Force (RAF) dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherche des installations militaires ne s'attarde pas sur les camps. L'information arrive pourtant jusqu'à Winston Churchill qui se décide pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par des opérations de bombardement aérien.

Les travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les alliés avaient connaissance de la solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et à moindre titre la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les nazis s’acharnaient à dissimuler.

L’inaction sur Auschwitz a été un choix. Deux angles servent généralement d’étude de la question : la stratégie militaire et les inerties politiques.

Les alliés attaquent Monowitz le 13 septembre 1944, usine de fabrication de caoutchouc synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz. Certaines bombes tombent même sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid montre qu’un assaut aérien sur Auschwitz était dans la capacité des alliés en 1944.

En 1942, Winston Churchill, sous la pression du Parlement et de l'Église anglicane, donne l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui est répondu que les cibles sont hors de portée d’action. C’est à partir de 1944, lorsque les forces américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps entrent dans le périmètre d'action des forces alliées à l'Ouest. La Luftwaffe est inopérante depuis bien longtemps, les alliés ont le contrôle total de l'espace aérien.

Les preuves de l’ampleur des atrocités sont connues des dirigeants politiques. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leurs colonnes de la solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz.

Le ministre adjoint à la Guerre John McCloy refuse d'exécuter un bombardement sur les camps de concentration, car les cibles ne sont pas militaires.

Évacuation et libération du camp

Une des allées du camp Auschwitz I.
Ruines d'Auschwitz II. Seules restent les cheminées en maçonnerie, les baraquements en bois ont disparu
Vue d'Auschwitz II. Entrée à l'avant-plan, baraquements reconstitués à droite, ruines de baraquements à l'arrière-plan

À partir d'août 1944, l'armée rouge est à 200 km d'Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, ainsi que cela avait déjà été fait pour les autres centres d'extermination situés plus à l'Est.

Aussi longtemps que cela a été possible, les nazis ont continué l'extermination dans les chambres à gaz. Les nazis ne mettent fin aux travaux d'agrandissement d'Auschwitz (camp souche et Birkenau) qu'à la fin de l'année 1944. Les travaux d'extension de certains des camps auxiliaires continuent pratiquement jusqu'à la libération.

Ce n'est qu'en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité (le crématoire IV est inutilisable depuis octobre à la suite d'une révolte du Sonderkommando) sont dynamités.

Avant cela, les nazis entreprennent de détruire et d'effacer les traces des crimes commis. Ils prennent soin d'assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement ceux des Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation, en deux temps : d'abord entre juillet et septembre 1944 pour les listes de transport (Zuganglisten-FP) conservées au bureau de la direction politique, puis en janvier 1945 avant l'évacuation du camp. Cette destruction fut partielle : une commission spéciale soviétique a pu retrouver et réunir, après la libération du camp, un important volume de documents épargnés, notamment 90 000 actes de décès émis d'août à décembre 1943 ainsi que les archives de la Bauleitung, l'administration centrale chargée de la construction (ces archives ont été restituées au Musée d'Auschwitz en 1991-1992). Mais les documents manquants sont nombreux  : ce sont en particulier les listes de transport des convois d'Europe occidentale, les registres (Totenbücher) à l'exception de ceux du camp des Tziganes, les listes marquées « SB » (pour SonderBehandlung, « traitement spécial »[25]) des personnes sélectionnées pour les chambres à gaz, les rapports sur les arrivées et les sélections, les listes de transferts, la plupart des rapports des blocs ainsi que les archives des sous-camps et des entreprises employant les déportés[26],[27].

Après l'été 1944, le camp se dépeuple progressivement. Les détenus évacués sont soit employés dans des usines d'armement situées plus à l'intérieur du Reich (principalement des Polonais et Soviétiques), soit, dans le cadre des marches et des transports de la mort, conduits vers d'autres camps de concentration. Les marches de la mort, endurées par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents 67 000 déportés dont 31 800 à Auschwitz I et II et 35 100 dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz.

Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.

Le camp souche d'Auschwitz I et Auschwitz II - Birkenau sont libérés par les soldats de la soixantième armée du front ukrainien dans le cadre d'une offensive sur la rive gauche de la Vistule. Ceux-ci y pénètrent vers 15 h à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. 7 000 déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu'à la libération. Les soldats soviétiques ont découvert sur place environ 600 corps de détenus, exécutés par les SS pendant l'évacuation du camp ou morts d'épuisement.

Bilan estimé en 1998

Vue du camp Auschwitz I en hiver.

Selon les estimations datant de 1998 de Franciszek Piper (en), historien du musée national Auschwitz-Birkenau, le bilan d'Auschwitz s'établit ainsi[28] :

  • 1,3 million de personnes ont été déportées dans le camp d'Auschwitz
  • 1,1 million de déportés y sont morts dont :
    • 960 000 Juifs
    • 70 000 à 75 000 Polonais non juifs
    • 21 000 Tsiganes
    • 15 000 prisonniers de guerre soviétiques
    • 10 000 à 15 000 détenus d'autres nationalités (Soviétiques, Tchèques, Yougoslaves, Français, Allemands, Autrichiens, Belges, Hollandais)

Il s'y ajoute un nombre incertain, mais semble-t-il réduit, d'homosexuels qui y furent déportés en tant que tels : seuls 48 noms de déportés à ce titre y ont été répertoriés pour l'ensemble de la période avril 1940-janvier 1945 ; un comptage des effectifs de janvier 1944 fait état de 22 détenus au titre du paragraphe 175 sur 53 000 hommes[29]. Un seul survivant homosexuel d'Auschwitz est connu, Karl B[30].

Un programme de réadaptation des survivants du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz fut mis en place, avec la participation du psychiatre Antoni Kępiński, lui-même ancien déporté.

Lieu de mémoire

Chaussures de déportés juifs de Birkenau

Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décide en 1947 de faire d'Auschwitz un musée à la mémoire des victimes.

Le musée s'étend sur 191 hectares : 20 à Auschwitz I et 171 à Auschwitz II-Birkenau. Il ne reste rien aujourd'hui de l'usine IG Farben de Monowitz, Auschwitz III. Auschwitz-Birkenau fait partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le camp souche, Auschwitz I, a été restauré et ses blocks 4 et 5 utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui veut présenter les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d'objet récupérés dans les restes du camps de Birkenau à la libération du camp. S'y trouvent notamment des effets personnels de déportés : vaisselle, lunettes, chaussures etc., exposés dans des vitrines. L'une d'elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes, devait resservir et profiter au Reich. Depuis les années 1960, certains blocks hébergent des « expositions nationales » réalisées par les divers pays d'où les Juifs furent déportés à Auschwitz. Au rez-de-chaussée du block 20 se trouve l'exposition française, inaugurée en janvier 2005, d'une grande qualité muséographique.

En 1948, des travaux sont effectués dans le bâtiment de l'ancien Crématoire I, transformé par les nazis en abri anti-aérien en 1943, afin de restaurer, selon les informations disponibles alors, le crématoire et la chambre à gaz dans leur état supposé d'origine : des fours sont réinstallés, la cheminée est reconstruite, les murs qui divisaient l'ancienne chambre à gaz sont abattus, la porte et une partie des orifices d'introduction du Zyklon B sont réouvertes[31].

Auschwitz II a volontairement été laissé en l'état comme témoin de l'ampleur du crime. Seule une rangée des baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. C’est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l'histoire de l'humanité.

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais pour l'humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz - Birkenau 1940 - 1945 ». Ce texte est inscrit sur 21 dalles fixées sur le sol du monument, toutes traduites dans des langues différentes.

L'emplacement de la « maison rouge » (le bunker I), totalement détruit par les nazis, n'est précisément identifié qu'à la fin des années 1990. Il est aménagé en lieu de mémoire, marqué par une stèle. De même, il ne demeure que l'emplacement des murs de la « maison blanche » (le bunker II), marqué par quelques lignes de briques. Les grands Krema II, III, IV et V apparaissent en revanche plus visiblement, sous forme de ruines pour les deux premiers[32].

Une des 22 dalles commémoratives

Depuis peu des espaces en périphérie des deux camps principaux et en dehors de l'espace du musée sont mis en valeur. C'est le cas de la rampe ferroviaire (Judenrampe) située à 1,5 km de Birkenau, où sont arrivés les trains convoyant les déportés de mars 1942 à avril 1944. Ce n'est qu'à partir de la fin du printemps 1944 que la prolongation de la voie ferrée, décidée par les nazis pour accélérer l'extermination des Juifs hongrois, arrive à proximité immédiate des chambres à gaz, à l'intérieur du camp.

Pendant la Guerre froide, les chiffres furent gonflés par le gouvernement communiste polonais. Le caractère essentiellement juif des victimes, dans un climat d'antisémitisme persistant, tendant à être nié ou du moins minimisé.

L'installation d'un carmel dans l'enceinte du camp d'Auschwitz, dans les années 1980, a provoqué une longue controverse, les organisations juives dénonçant une tentative de gommer la spécificité juive du lieu au profit d'une « christianisation » et d'une récupération de la Shoah. Jean-Paul II trancha la question en 1993 en ordonnant le départ des carmélites[33], mais la polémique sur la « christianisation de la Shoah » fut relancée en 1998 lors de la canonisation d’Edith Stein[34], puis de l’érection d’une nouvelle croix haute de huit mètres[35],[36].

2005 est marquée par la célébration solennelle du 60e anniversaire de la libération du camp en présence des derniers survivants et de nombreuses personnalités du monde entier. Depuis septembre 2006, Piotr Cywiński est le directeur du musée.

Chaque année se déroule à la synagogue Charles Liché à Paris une commémoration en souvenir de la libération des camps d’Auschwitz.

Le site est visité par environ un million de personnes par an. Son entretien est principalement financé par l’État polonais. En décembre 2011, l'Autriche effectue un don de 6 millions d'euros pour la sauvegarde d'Auschwitz[37].

Principaux déportés connus

Elie Wiesel en 2010.
Simone Veil a Paris, le 27 février 2008.
Rudolf Vrba en 1997.

Principaux membres du personnel connus

Les commandants et officiers supérieurs

  • SS Hauptsturmführer Karl Fritzsch : « Lagerführer » du Stammlager jusqu’à la fin de 1941. Tué au combat.
  • Hauptsturmführer Rudolf Höss : son nom est indissociablement lié à celui d'Auschwitz. Exécuté par les Polonais le 16 avril 1947.
  • Obersturmführer Arthur Liebehenschel : exécuté par les Polonais le 28 janvier 1948.
  • SS-Obersturmführer Karl-Friedrich Höcker : adjudant de Richard Baer (commandant d'Auschwitz I de mai 1944 à février 1945). Mort le 30 janvier 2000.

Les médecins SS et civils

Le SS-Brigadeführer, Generalmajor des Waffen-SS et médecin, le Dr Karl Gebhardt
  • Exécutés par les Alliés et les Polonais : SS Hauptsturmführer Dr Friedrich-Karl Entress ; SS Hauptsturmführer Dr Willy Jobst ; SS Obersturmführer Dr Bruno Kitt ; SS Hauptsturmführer Dr Fritz Klein ; SS Hauptsturmführer Dr Eduard Krebsbach ; SS Obersturmführer Dr Werner Rohde ; SS Hauptsturmführer Dr Alfred Trzebinski ; SS Hauptsturmführer Dr Helmuth Vetter ; SS Oberaufseherin Dr Maria Mandel.
  • Se sont suicidés en prison : SS Hauptsturmführer Dr Eduard Wirths ; SS Obersturmführer Dr Horst Thilo.
  • Prison à vie : SS Untersturmführer Dr Johannes Kremer.
  • Mort en prison : Dr Carl Clauberg.
  • 3 ans de prison : SS Obersturmführer Dr Franz Lukas.
  • En fuite à l’étranger : SS Sturmbannführer Dr Horst Schumann (il sacrifia au moins 2 000 "cobayes" humains) ; SS Hauptsturmführer Dr Josef Mengele (peut-être le plus connu. Mort par noyade en 1979).
  • Devenir inconnu : Dr Arnold Dohmen ; Dr Kurt Gutzeit ; SS Untersturmführer Dr Hans-Wilhelm König ; Dr Helmut Wirths.
  • Acquitté : SS Obersturmführer Dr Hans Munch.

Les gardes SS

  • Exécutés par les Alliés, les Polonais, Russes et Tchèques : SS Obersturmführer Hans Aumeier ; SS Obersturmführer Franz Hössler ; SS Hauptsturmführer Josef Kramer ; SS Unterscharführer Otto Möll ; SS Obersturmführer Vincenz Schöttl ; SS Obersturmführer Johann Schwarzhüber ; SS Oberaufseherinen Elisabeth Völkenrath ; SS Hauptscharführer Peter Weingartner ; SS Hauptsturmführer Heinrich Schwarz ; SS Unterscharführer August Bogusch ; SS Unterscharführer Fritz Buntrock ; SS Hauptscharführer Wilhelm Gehring ; SS Rottenführer Paul Gotze ; SS Oberscharführer Maximilian Grabner ; SS Hauptsturmführer Erwin von Helmersen ; SS Obersturmführer Heinrich Josten ; SS Unterscharführer Hermann Kirschner ; SS Obersturmführer Josef Kollmer ; SS Sturmbannführer Franz Kraus ; SS Unterscharführer Otto Latsch ; SS Oberscharführer Herbert Ludwig ; SS Obersturmbannführer Karl Mockel ; SS Oberscharführer Erich Mühsfeldt ; SS Unterscharführer Kurt Müller ; SS Oberscharführer Ludwig Plagge ; SS Oberscharführer Walter-Konrad Quakernack ; SS Unterscharführer Hans Schumacher ; SS Unterscharführer Paul Szczurek ; SS Hauptsturmführer Julius Jung ; SS Hauptsturmführer Fritz Seidler ; SS Hauptsturmführer Rudolf Wagner ; SS Hauptsturmführer Horst-Paul Fischer ; SS Unterscharführer Adolf Theuer ; SS Aufseherin Juana Bormann ; SS Aufseherin Irma Grese ; SS Aufseherin Therese Brandl.

Notes et références

  1. Saül Friedlander les années d'extermination 1939-1945 Points/Histoire Seuil 2008 p. 306
  2. « Aucun autre lieu de la destruction ne s'est jamais imposé à la mémoire avec la même universalité. D'abord parce qu'Auschwitz est sans doute le plus grand cimetière du monde : le plus grand cimetière de Juifs (près d'un million) mais aussi de polonais (70 000 à 75 000 morts), de Tsiganes du Grand Reich (environ 20 000) - un cimetière sans tombes puisque les corps ont été réduits en cendres ». Annette Wieviorka, l'heure d'exactitude ; histoire, mémoire, témoignage, Albin Michel, 2011, 256 p. (ISBN 978-2226208941) p. 207.
  3. Rees 2005 ép.1 14m à 15m
  4. a, b et c idem
  5. Rees 2005, 8m26s
  6. DocuTV Auschwitz de Rees, 4m40s.
  7. Rees 2005 ép. 1 11m28s
  8. Rees 2005 ép. 1 6m43s
  9. Rees 2005 ép.1 23m
  10. Rees 2005 ép. 1 6m28s
  11. Rees 2005 ép. 1 34-35m
  12. Rudolf Höss, Le Commandant d'Auschwitz parle, La Découverte, 2004, 268 p. (ISBN 9782707144997) p. 177.
  13. Rees 2005 &p. 1 40-41m
  14. Le bordel destiné au personnel du camp se trouvait en revanche à l'extérieur de celui-ci, dans le centre-ville d'Oświęcim. Voir Fabrice d'Almeida, Ressources inhumaines: Les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs, Fayard, 2011, 210 p. (ISBN 978-2213661780) [EPUB] (ISBN 9782213663999) emplacements 1026 et 1160 sur 3339, ainsi que Robert Sommer, Das KZ-Bordell: sexuelle Zwangsarbeit in nationalsozialistischen Konzentrationslagern, Schöningh, 2009, 445 p. (ISBN 9783506765246).
  15. « Dans les bordels des camps nazis », Libération, 10 septembre 2009.
  16. New Exhibition Documents Forced Prostitution in Concentration Camps, Spiegel Online, 15 janvier 2007.
  17. Raul Hilberg, la destruction des Juifs d'Europe, Folio Gallimard, p. 781
  18. L. Rees, Auschwitz et la solution finale, Paris, 2008, p. 118
  19. Eugen Kogon, Les chambres à gaz, secret d'état, Paris, 1984, p. 176
  20. les chambres à gaz, secret d'état, Eugene Kogon, Hermann Langbein, Seuil 1987, p. 197
  21. Sigmund Toman, Vous, vous savez, mais moi je ne sais pas. Questions à un survivant de la Shoah Interview de Michèle Honsberger et Martine Mouron, éd. Delibreo, 2008.
  22. Outre la disponibilité des matières premières, le site avait été choisi en raison de sa position géographique centrale au carrefour des voies de communication et suffisamment à l'Est pour être protégé des risques de bombardements alliés. L'IG Farben était initialement plus intéressée par l'emploi de main d'œuvre allemande issue des projets de germanisation que par la main d'œuvre concentrationnaire. Le site employa finalement environ 40 à 50 % de travailleurs étrangers, 20 à 30 % d'allemands et 30 % de détenus. Voir Peter Hayes, Industry and Ideology: I. G. Farben in the Nazi Era, Cambridge University Press, 2001, 411 p. (ISBN 9780521786386) p. 350 et suiv.
  23. Gerhart Riegner du congrès juif mondial envoie dès mars 1942 par télégramme un message sur l’extermination des Juifs au nonce à Berne, puis à Londres, Washington, et au Comité international de la Croix rouge, « Femmes et enfants exterminés. Hommes esclaves travaillant jusqu’à l’épuisement, ensuite supprimés. » mais il n'a pas eu d'écho.
  24. Bernard Krouck, Victor Martin, un résistant sorti de l'oubli, Les Eperonniers, 1995. Existe aussi en version filmée dans le style Docu-fiction réalisé par Didier Roten.
  25. Léon Poliakov, Auschwitz, réed. Gallimard, 2006, 330 p. (ISBN 9782070336937) p. 124
  26. Franciszek Piper, « Sources concernant l'histoire du camp de concentration d'Auschwitz » dans Les archives de la Shoah, CDJC-L'Harmattan, 1998, 362 pages (ISBN 9782296372177) p. 157-176
  27. Conan Eric et Peschanski Denis, « AUSCHWITZ: LA VERITE » , L'Express, édité le 23 septembre 1993, consulté le 9 mai 2013
  28. Franciszek Piper, 'Auschwitz Concentration Camp, dans Michael Berenbaum et Abraham J. Peck (éditeurs), 'The Holocaust and History. The Known, the Unknown, the Disputed and the Reexamined, Indiana University Press, 1998, p. 378.
  29. Régis Schlagdenhauffen, Triangle rose: La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire, Autrement, 2011, 314 p. (ISBN 9782746714854)  [EPUB] (ISBN 9782746720459) emplacements 1108-1120 sur 6260.
  30. Jörg Hutter, « Konzentrationslager Auschwitz: Die Häftlinge mit dem rosa Winkel », in Olaf Mussmann (dir.), Homosexuelle in Konzentrationslager, Westkreuz Verlag, 2000, 158 p. (ISBN 9783929592511).
  31. Jean-Claude Pressac, Auschwitz. Technique and operation of the gas chambers, The Beate Klarsfeld Foundation, 1989, 564 p. Lire en ligne p. 129, 131-133, 153-159. Les quelques erreurs commises à cette occasion sont par la suite exploitées par les négationnistes à la fin des années 1970. Voir à ce propos Gilles Karmasyn, La chambre à gaz du crématoire d’Auschwitz I, le Krema I et ses transformations, phdn.org, 2001.
  32. Annette Wieviorka, Auschwitz, la mémoire d'un lieu, Hachette, Paris, 2005, 286 p. (ISBN 2012793029) p. 120-123.
  33. L’affaire du Carmel d’Auschwitz
  34. Article de l’Arche citant le président du CRIF, intitulé « Juifs et catholiques : le malaise qui perdure » sur le site col.fr.
  35. La croix empoisonnée d’Auschwitz – Après le carmel, une nouvelle affaire envenime les rapports juifs-polonais Article de Libération
  36. « Geneviève Zubrzycki, The Crosses of Auschwitz. Nationalism and Religion in Post-Communist Poland », Bérengère Massignon, Archives de sciences sociales des religions octobre-décembre 2007, document 140-91. Mis en ligne le 2 juillet 2008.
  37. « L'Autriche débloque 6 millions d'euros pour l'entretien du site d'Auschwitz », Le Monde, 8 décembre 2011.
  38. Site : Le chef décorateur Willy Holt nous a quittés - Afcinema
  39. citée à l'ordre du jour et inscrite au livre des délibération du conseil communal de Taipana (province d'Udine, Italie) le 26 septembre 2012
  40. Anne-Lise Stern, Un lapsus de SS, in Le Savoir-Déporté, éd. du Seuil; 2004, p.225
  41. SOBOL (P.), Je me souviens d'Auschwitz. De l'étoile de shérif à la croix de vie, nouv. éd. revue et corrigée, Bruxelles, Racine, 2010. ISBN 978-2-87386-680-8

Annexes

Bibliographie

Mémoires et témoignages

Textes de déportés
Auschwitz I : « L'espoir après l'horreur ».
  • Charlotte Delbo, Auschwitz et après, Éditions de minuit, Paris, 1970, 2 vol.
  • Odette Elina, Sans fleurs ni couronnes, 1947
  • Lise Delbès-Lyon, Ma déportation, Drancy-Auschwitz-Hohenelbe, La cause des livres, 2006
  • Ruth Fayon, Patrick Vallélian, "Auschwitz en héritage". De Karlsbad à Auschwitz, itinéraire d'une jeune fille dans l'enfer de la Shoah, éd. Delibreo, 2009.
  • Ida Grinspan, J'ai pas pleuré, Poche, 2003
  • Willy Holt, "Femmes En Deuil Sur Un Camion", Nil édition
  • Imre Kertész, Être sans destin, 1975
  • Hermann Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, éd. 10/18.
  • Primo Levi, Si c'est un homme, 1947
  • Pelagia Lewinska, Vingt mois à Auschwitz, Éditions Nagel, première édition 1945
  • Louis J. Micheels, Docteur 117641, Belles Lett, 1990
  • Filip Müller, Trois ans dans une chambre à gaz d'Auschwitz, 1979
  • Ana Novac, J'avais 14 ans à Auschwitz, presses de la Renaissance, 1982
  • Ana Novac, Les Beaux Jours de ma jeunesse, Balland, Paris, 2006
  • Miklos Nyiszli, Médecin à Auschwitz, René Julliard 1961, Éditions J'ai lu Leur aventure (no A266), 1966
  • Fred Sedel, Habiter les ténèbres, La Palatine, 1963
  • Paul Steinberg, Chroniques d'ailleurs, Ramsay, 1996.
  • Anne-Lise Stern, Le Savoir déporté - camps, histoire, psychanalyse, éd. Seuil, 2004 (coll. La librairie du XXe siècle). (ISBN 9782020662529)
  • Sigmund Toman, Vous, vous savez, mais moi je ne sais pas. Questions à un survivant de la Shoah, Interview de Michèle Honsberger et Martine Mouron, éd. Delibreo, 2008.
  • Rudolf Vrba, Je me suis évadé d'Auschwitz, 1964
  • Simone Veil, Une vie, 2007
  • Shlomo Venezia, Sonderkommando, Dans l'enfer des chambres à gaz, 2007
  • Clara Weintraub, " A5564 - de Auschwitz à Bergen Belsen, la traversée de l'enfer" [Les éditions du net]
  • Elie Wiesel, La Nuit, 1958
  • Krystyna Zywulska, "J'ai survécu à Auschwitz" tCHu Varsovie et Panstwowe Muzeum Auschwitz-Birkenau, 2006


Textes de bourreaux
  • Rudolf Höss (commandant d'Auschwitz), Le Commandant d'Auschwitz parle, 1959

" Auschwitz vu par les SS" Höss, Broad, Kremer. 1974

Ouvrages historiques

Monographies sur Auschwitz
Ouvrages sur la Shoah
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, éd. Fayard, 1988 ; nouv. éd., Gallimard, 2006 (trois volumes).
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination. l'Allemagne et les juifs, 2 vol., 2e volume paru en 2008, traduit en français par Pierre-Emmanuel Dauzat, Seuil
  • Giorgo Agamben, Ce qui reste d'Auschwitz, édition Rivage poche.
Attitude des alliés
  • (en) M. Gilbert, Auschwitz and the Allies, New York, éd. Holt, Rinehart and Winston, 1981
  • (fr) Jan Karski, Mon témoignage devant le monde : Histoire d'un État secret, Paris, éd. Point de mire.
  • André Kaspi, « Fallait-il bombarder Auschwitz ? », dans la revue L'Histoire no 294, janvier 2005
  • W. Laqueur, La Terrifiante nouvelle', Paris, éd. Gallimard, 1981
  • (en) M. J. Neufeld et M. Berenbaum (dir.), The Bombing of Auschwitz. Should the Allies Have Attempted It?, éd. The University Press of Kansas et The United States Holocaust Memorial Museum, 2000 et 2003
  • (en) W. D. Rubenstein, The Myth of Rescue, Londres et New York, éd. Routledge, 1997
  • D. Wyman, L'Abandon des Juifs, Paris, éd. Flammarion, 1987
Transmission de la mémoire
  • Giorgo Agamben, Ce qui reste d'Auschwitz, Rivage poche.

Romans, bande dessinée

Iconographie

Album d'Auschwitz

Filmographie

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