Autremencourt

Autremencourt
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Laon
Canton Marle
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de la Serre
Maire
Mandat
Dominique Potart
2008-2014
Code postal 02250
Code commune 02039
Démographie
Population
municipale
185 hab. (2010)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 18″ N 3° 47′ 14″ E / 49.705, 3.7872222222249° 42′ 18″ Nord
       3° 47′ 14″ Est
/ 49.705, 3.78722222222
  
Altitude Min. 73 m — Max. 140 m
Superficie 9,15 km2
Localisation

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Autremencourt est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie.

Sommaire

Géographie

Dans le texte qu’il rédige en 1883 sur la commune d’Autremencourt, sous-titrée Réponse au questionnaire géographique, l’instituteur de l’époque, M. Dewatine, fidèle en cela aux consignes ministérielles, donne des informations précieuses sur la situation du village : astronomique, géographique et territoriale.
Nous apprenons en effet que « le territoire de la commune se trouve compris entre 49° 41' 10" et 49° 43' 30" de latitude nord et entre 1° 26' 10" et 1° 29' 30" de longitude est. Le village en lui-même occupe la partie centrale du territoire global et les différents points culminants, qui varient entre 78 m et 140 m d’altitude, sont les suivants : l’endroit le plus haut correspond aux plaines du Bois meurtri et aux Jardins de Certeau, compris entre la route n° 9 et le chemin rural dit de Certeau ; ensuite, on se trouve à 130 m, quand on atteint le lieu-dit Moulin des Halots, en direction du terroir de Cuirieux ; on est à 115 m, quand on suit la ligne d’intérêt commun, la voie ferrée de l’époque, entre Autremencourt et la ferme d’Éraulcourt ; et en empruntant le chemin qui va d’Autremencourt à Toulis, avant de descendre la côte, on grimpe jusqu’à 106 m ; enfin, « au milieu de la pointe du terroir d’Autremencourt située entre les fermes d’Attencourt et de Caumont », on est à 78 m de haut.
La superficie du territoire de la commune est de 897,27 hectares, qui se divisent alors de la manière suivante : 857,50 hectares de terres labourables, 98,49 hectares de jardins et de vergers, 93,50 hectares de bois, 5,22 de terrains bâtis, de routes et de chemins et 2,56 de savarts, carrières et abreuvoirs. Quant aux terroirs qui confinent à celui d’Autremencourt, il y a à l’est Voyenne et Marle, au nord-est Montigny-sous-Marle, à l’est La Neuville-Bosmont, au sud-est Cuirieux, au sud Vesles-et-Caumont et enfin à l’ouest Toulis et Attencourt.
Le terroir d’Autremencourt a dans l’ensemble l’aspect d’une plaine qui comporte des éminences et des dénivellations. Les eaux pluviales qu’il reçoit suivent les points de déclivité dans la direction sud-ouest de la rivière la Souche, à 3 km d’Autremencourt, sur les terroirs de Vesles, Brazicourt et Toulis. Déjà, à l’époque, on signalait des pluies très fréquentes. La partie nord-est, la plus élevée, a une pente très douce. Les terres autremencourtoises sont argileuses, « un peu froides, il est vrai, mais excellentes pour la production du froment ».

« La portion contiguë au terroir de La Neuville-Bosmont comprend également de très bonnes terres, poursuit M. Dewatine ; un peu moins argileuses que les précédentes, contenant plus de silice, peu ou pas de calcaire et propres à la culture de toutes les céréales. « Il n’en est plus de même de celles bordant les terroirs de Cuirieux, Vesles et Attencourt ; elles sont, pour majeure partie, légères ou calcaires ; c’est la partie la moins riche du terroir. « Vers l’ouest, confinant au terroir de Toulis, apparaissent encore quelques parcelles de qualité inférieure, mais c’est l’exception. Le sol redevient de plus en plus fécond en se rapprochant du village d’Autremencourt. « Au nord, bordant les terroirs de Voyenne et de Marle, le sol est sinon plus accidenté, du moins plus mouvementé. Il contient des terres argileuses et quelques calcaires. On peut donc conclure que le territoire de la commune d’Autremencourt peut se désigner sous le nom générique de argilo-calcaire. »

Histoire

Capitale de la monographie historique, le village d’Autremencourt est bien connu des curieux d’histoire locale de notre pays. À travers les ouvrages publiés dans la collection Monographies des villes et villages de France, son nom sonne haut et fort : il renvoie à une France profonde qui cultive ses traditions, sans pour autant bouder la modernité. Et c’est bien ainsi que la localité apparaît, en ce début du 3e millénaire, dans une cohabitation harmonieuse entre le présent et le passé. Il fallait donc que ce village-creuset de l’histoire locale eût, lui aussi, sa monographie. C’est chose faite aujourd’hui. Certes, et l’auteur le reconnaît lui-même, le sujet est loin d’être épuisé, mais des origines lointaines (Austremundi cortis ou Ultra montem cortis) à l’année 2002, des jalons historiques ont été posés : de la forêt sans miséricorde, qui recouvrait toute la région jadis, au Laonnois à prédominance agricole de notre XXIe siècle, que de chemin parcouru !
Des tessons de poteries, des tuiles romaines et des médailles à l’effigie des empereurs ont été découverts au lieu-dit des Jardins de Certeau sur le territoire d’Autremencourt, mais le nom de la localité (Ostremoncourt) n’est cité, pour la première fois, qu’en 1018, dans une charte d’Adalbéron et c’est au XIIe siècle que le premier seigneur des lieux, Renaud de Bidane, apparaît.
Lui succèderont Bernard, puis ses fils, Raoul, qui entrera en conflit avec les moines de l’abbaye de Saint-Martin et Thomas qui vivra une épopée guerrière, très loin de la Picardie, dans la forteresse grecque de Salona. C’est le pionnier d’une lignée seigneuriale autremencourtoise qui fera carrière dans le métier des armes, au service du roi de France : car si parfois Yvon de la Bôve (en 1593), compagnon de Balagny de Montluc, et Jehan de Perponcher, qui fortifie le cimetière (en 1613), sont présents sur leurs terres, les seigneurs des lieux opèrent souvent sur les champs de bataille (les Stoppa, par exemple), tandis que Beat de Saxer, lui, occupe sa seigneurie pendant la période révolutionnaire.
Quoi qu’il en soit, aux XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles (guerres de Cent Ans, de religion, de Trente Ans, de l’Espagne ou de Hollande...), le Laonnois est sans cesse aux avant-postes les plus dévastateurs de l’histoire et Autremencourt subit le sort commun (attaque dans la nuit du 5 au 6 juin 1652).
À partir du XVIIIe siècle, les archives sont beaucoup plus éloquentes sur la vie quotidienne des Autremencourtois ; sur les propriétés, les métiers, l’habitat, les procès et les faits divers.

En 1791, la commune d'Autremencourt absorbe la commune voisine d'Eraucourt par arrêté du directoire du département le 21 octobre 1791[1].

De même au XIXe et au XXe siècles, périodes pendant lesquelles les conflits de 1870, 1914-1918 et 1939-1945 frappent à nouveau de plein fouet Autremencourt et sa région ; les documents sont là et les hommes témoignent. Ensuite, depuis plus d’un demi-siècle, le village ressemble à ce qu’il aurait toujours dû être : actif et tranquille.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
an IV 1813 Jean-François Boutroy NC agriculteur
1813 1815 Georges Boutroy NC propriétaire
1815 1816 Augustin Boutroy NC propriétaire
1816 1848 M. Vieville NC propriétaire
1848 1882 François-Joseph Delval NC agriculteur
1882 1898 Ernest Delval NC agriculteur
1898 1910 Jules-Ernest Pasquier royaliste notaire
1910 191? Raoul de Vivès NC Ignorée
191? 1915 M. Forzy NC Ignorée
1915 191? Henri Richet NC Ignorée
1919 1925 M. Libert NC Ignorée
1925 1928 Albert Bréval NC propriétaire
1928 1935 Albert Bréval NC propriétaire
1935 1938 Albert Bréval NC propriétaire
1935 193? Stanislas Bréval NC propriétaire
1944 194? André Potart NC forgeron
1945 1965 Stanislas Bréval NC propriétaire
1971 1995 Abel Gerboux NC agriculteur
1995 réélu mars 2008 Dominique Potart[2] PS ouvrier électricien
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

En 2010, la commune comptait 185 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
309 276 334 306 387 374 374 400 396
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
375 362 380 405 463 428 412 390 425
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
366 369 344 251 294 270 297 256 296
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2010
191 193 152 149 125 162 166 166 185
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[3] puis Insee à partir de 1968[4].)

Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments

  • L'Église fortifiée au pied du château seigneurial.
  • Château d'Autremencourt, seigneurie datant du XIIe siècle. Bâtiments démolis par les guerres et régulièrement reconstruits jusqu'au milieu du XIXe siècle. Demeure de la famille Micberth.
  • Château du Vieux Gué, construit au XIXe siècle à l'emplacement du fief du même nom par les Meunier de Varlemont. Brigitte Ramolino de Coll Alto, descendante de la famille de Maria-Létizia Ramolino, mère de Napoléon Bonaparte, et propriétaire par son mari Stanislas Bréval, entreprit des travaux d'embellissement, mais hélas, disparut prématurément. Aujourd'hui, la propriété appartient aux Papillons blancs, fondation Savart.
  • Château du fief Lorisse, Folie, (dit aussi château Richard), élevé au XIXe siècle, ruiné par un incendie au siècle dernier.

Personnalités liées à la commune

  • Thomas d’Autremencourt (1188) prit part à la quatrième croisade en Grèce et fut prince de Romanie ou Roumélie (nom désignant l’empire de Constantinople). Il devint le premier seigneur de Salona ou la Sole (près de Delphes, entre le Parnasse et le golfe de Corinthe). Il s’était installé sur l’ancienne acropole d’Amphissa et avait établi sa demeure dans la forteresse byzantine dont il fit un puissant château occupant une position stratégique importante[5].
  • Louis-Alexandre Stoppa d’Autremencourt, fut nommé major du régiment des gardes, avec commission de capitaine, le 20 juillet 1695. On lui décerna la croix de Saint-Louis, le 20 février 1700 et trois ans plus tard, après la démission de Jean-Baptiste Stoppa, il reçut la moitié de la dixième compagnie. Son épouse était Élisabeth-Louise Lottin de Charny, fille cadette de Nicolas-Louis François Lottin, comte de Charny, président à la Cour des aides de Paris et de Louise Larcher, sa première femme. Il mourut le 6 septembre 1717[6].
  • Son fils cadet, Pierre-Alexandre Stoppa, chevalier, seigneur d’Autremencourt, Corneil, Rebais et autres lieux, fut capitaine au régiment des gardes suisses de Sa Majesté, comme son père. Il fit foi et hommage, en tant qu’héritier de son père, le 26 juillet 1731 et bailla son dénombrement, le 19 janvier 1733. Son épouse était Jeanne-Marguerite Gloutz, fille de Jean-Victor Gloutz, chevalier de Saint-Louis et lui-même capitaine-lieutenant au régiment des gardes suisses, membre du grand conseil de Soleure, une ville de la Confédération située sur l’Aar. Ils eurent deux filles, Agnès-Marguerite et Angélique-Madeleine Stoppa, qui furent demoiselles d’Autremencourt.
  • Augustin-Gabriel, comte d'Aboville, pair de France, né le 20 mars 1774, à La Fère, de la branche picarde de la famille, est un soldat émérite et à l’instar de nombre de ses prédécesseurs, comme les Stoppa, plus souvent en campagne, à la tête de ses troupes, que sur ses terres autremencourtoises : « Entré dans l’artillerie comme lieutenant en 1789, précise-t-on en effet dans le Nobiliaire universel, il y gagna, tous ses grades par de brillants services en Allemagne, en Italie, en Hollande, au Portugal et en Espagne, en 1813. Nommé maréchal de camp en 1809, officier de la Légion d’honneur à l’institution de cet ordre, il fut fait commandeur, le 23 juin 1810, chevalier de la Couronne de fer en 1807 et chevalier de Saint-Louis en 1814. De son mariage contracté, le 25 juillet 1816, avec Mlle Caroline-Nathalie de Drouin de Rocheplatte, fille de M. le comte de Rocheplatte, officier de la Légion d’honneur, maire d’Orléans et député du Loiret sous la Restauration, décédée elle-même à Pau, le 15 octobre 1832, il eut deux fils et transmit prématurément à l’aîné l’héritage de la pairie, le 15 août 1820 ». Son second fils, Auguste-Ernest, vicomte d’Aboville, né à Paris, le 4 décembre 1819, d’Augustin-Gabriel et de Caroline-Nathalie de Drouin de Rocheplatte, lieutenant d’artillerie démissionnaire, maire de Glux (1858-1861), député du Loiret à l’Assemblée nationale (1871), mourut au début du XXe siècle. Il hérita du château d’Autremencourt, à la mort de son père, et le vendit en 1844 à des gens[évasif][Qui ?] de Crécy-sur-Serre
  • Jules-Ernest Pasquier, ancien député de l’Aisne, maire d’Autremencourt (1898-1910), fut élu le 22 septembre 1889, député sous l’étiquette de conservateur révisionniste, dans « l’union des droites » cimentée par Georges Boulanger. Mort le 11 mars 1928 et inhumé dans le cimetière de la commune.
  • Michel-Georges Micberth, écrivain, poète, pamphlétaire, directeur de la collection Monographies des villes et villages de France, Le Livre d'Histoire-Lorisse.

Bibliographie

  • Barthélémy Dominique. Aux origines du Laonnois féodal, peuplement et fondation de seigneuries aux XIe et XIIe siècles. Archives départementales de l'Aisne.
  • Dewatine (Fulgenne). Monographie (Réponse au questionnaire géographique) consacrée à Autremencourt. 1883.
  • Laonnois (Le) Féodal - Tome III. Par Maxime de Sars, 1997, réimp. édit. 1929, 20 X 30, BR, 790 pp. ISBN 2-84178-138-0
  • Marle : Histoire de la ville et des environs par Coët (Émile) et Lefèvre (Charles). Éd. 1897. Rééd. Le Livre d’Histoire, 1993.

Voir aussi

Notes et références

Notes

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références

  1. Notice d'Autremencourt sur le site des archives départementales de l'Aisne
  2. Conseil général de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  5. Les compagnons de Villehardouin par Jean Longnon. Librairie Droz, 1978.
  6. Le Régiment des Gardes-Suisses au service de France par Rodolphe de Castella de Delley. Éditions universitaires Fribourg, Suisse, 1964.

Liens externes


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