B2-Namous

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ouaou-en-Namous.
B2-Namous
Image illustrative de l'article B2-Namous
B2-Namous en 2008

Lieu Namous
Flag of France.svg Algérie française
Drapeau d'Algérie Algérie
Type d’ouvrage Base d'expérimentation d'armes chimiques & bactériologiques
Utilisation Base d'essai
Contrôlé par Armée de terre, Sodéteg
Événement Réactivation : 1965
Abandon : 1978
Coordonnées 31° 50′ 24″ N 0° 36′ 35″ W / 31.84, -0.6097231° 50′ 24″ Nord
       0° 36′ 35″ Ouest
/ 31.84, -0.60972
  

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
B2-Namous

B2-Namous est une ancienne base militaire secrète de l'armée française située dans le Sahara et qui a été utilisée du temps de l'Algérie française (1830-1962), mais également du temps de la République algérienne (jusqu'en 1978). B2-Namous est la dernière base militaire, connue, à avoir été utilisée par la France après l'indépendance de l'Algérie. La présence de cette base a été publiquement divulguée en 1997, soit vingt ans après la fin du premier bail renouvelable accordé à la France par les Accords d'Évian de 1962.

Sommaire

Présentation

Au XXe siècle, le ministère de la Défense installe une base secrète d'essais d'armes chimiques et bactériologiques dans l'oued Namous (« namous » signifie moustique en berbère et en arabe) nommée B2-Namous et située dans un no man's land au sud de Beni Ounif[1] et de la frontière marocaine.

Plusieurs campagnes d’essais de dispersion de toxiques sont menées par l’armée française en Algérie, à partir de 1930. Les premiers essais en grand furent réalisés dans la région de Chegga, puis à partir de 1931, sur le polygone de tir du centre de recherche et d’essais chimiques gigantesque de Béni-Ounif, alors composé de trois sites dénommés B1, B2 et B3. Par la suite, le centre B2 connu sous le nom de B2-Namous fut exclusivement dévolu aux essais des armes chimiques et bactériologiques. En 1935, le centre fut rebaptisé Centre d’expérimentation Semi Permanent de Béni-Ounif, ou CESP. De nombreuses campagnes de tir de munitions chimiques, d’essais de bombes chimiques d’aviation, d’épandages de vésicants par avions, de création de vagues gazeuses toxiques par dispersion en chandelle, d’essais d’armes chimiques nouvelles, ont lieu jusqu’en 1940 [2].

Réactivation

Le polygone d'essai de B2-Namous couvrant une superficie de 100 × 60 km est alors le second plus vaste centre d'expérimentation d'armes chimiques au monde après celui de l'Union soviétique[3] et est remis en activité en 1965 à l'initiative du président Charles de Gaulle suite à la tenue d'un Conseil de défense et de sécurité nationale et dans le cadre du renouvellement du contrat de bail préalablement établi par les Accords d'Évian de 1962[4]. La délégation algérienne accepte la réouverture de B2-Namous à condition que les autorités d'Alger bénéficient d'une couverture civile pour ne pas avoir à traiter avec l'armée française, concrètement le site d'essai doit être officiellement géré par une entreprise civile, c'est la compagnie industrielle Sodéteg (la « Société d’études techniques et d'entreprise générale », du groupe Thomson) qui obtient ce contrat[4].

Fin du secret militaire

La divulgation de ce secret militaire et diplomatique est le fait du journaliste français Vincent Jauvert du magazine Le Nouvel Observateur qui en a fait la une de son nº 1720 d'octobre 1997 « Exclusif: Quand la France testait des armes chimiques en Algérie »[3],[4]. Le 21 octobre 1997, interpellé à ce propos par Hervé Brusini, journaliste de la chaîne télévisée France 2, le ministre de la Défense d'alors (1960-1969), Pierre Messmer, déclare[5] :

« Tous les pays, qui avaient une certaine forme d'évolution industrielle et scientifique, s'efforçaient de mettre au point des types d'armes et en particulier, les armes incapacitantes, c'est-à-dire des armes qui, en quelques sortes, paralysent celui qui, respire ou reçoit sur la peau le produit chimique en question. »

Officiellement, la base sert de champ d'expérimentation à la défense passive dans le sens de l'élaboration de nouveaux matériels de protection face à une agression chimique[4]. La réactivation de B2-Namous intervient dans les contextes particuliers de la course aux armements inhérente à la guerre froide, et celui de la guerre du Viêt Nam au cours de laquelle les services de renseignement américains font part à leur alliés français de leurs recherches dans ce domaine et également de l'avancée de leur ennemi commun soviétique[3]. En 1972, le gouvernement français fait adopter une loi interdisant tous travaux sur les armes bactériologiques, à partir de cette date les travaux de B2-Namous ne portent donc officiellement plus que sur de l'armement chimique[4]. Répondant à la question d'Hervé Brusini « Alors pourquoi l'Algérie indépendante acceptait-elle des expérimentations sur son sol ? », l'ex-ministre déclare[6] :

«  Mais B2-Namous c'est au Sahara, et au Sahara, comme on le sait, il n'y a pas beaucoup d'habitants et les expérimentations de la France à B2-Namous ne gênaient pas du tout l'Algérie, au contraire, je dirai au contraire parce que ça apportait autour de B2-Namous une certaine activité qui a disparu complètement quand nous avons fermé le centre. »

En décembre 2013, un accord est conclu entre le gouvernement français et le gouvernement algérien lors de la visite de François Hollande à Alger, pour que la France entreprenne la dépollution chimique du site sous le contrôle de la DGA et plus particulièrement des experts du Centre d'étude du Bouchet à Vert-le-Petit[7].

Articles connexes

Références

Liens externes

Dossier du Nouvel Observateur d'octobre 1997 (en 5 parties)

Actualités télévisées France 2 d'octobre 1997

mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimedia faire un don

B2-Namous . Wikipédia


B2-Namous est une ancienne base militaire secrète de l'armée française située dans le Sahara et qui a été utilisée du temps de l'Algérie française ( 1830 . 1962 ), mais également du temps de la...

B2-Namous: dépolluer le désert . Journal de l'environnement


C'est une base de 100 kilomètres de long sur 60 de large, sur un plateau calcaire du Sahara algérien, loin de tout. A partir de 1935,..

B2 Namous


http://www.journaldelenvironnement.net/article/b2-namous-depolluer-le-desert,33680 J'aimerais bien des précisions si les gens connaissent un peu le sujet. J'ai
Plus d'infos Sur le web

  • B2-Namous est une ancienne base militaire secrète de l'armée française située dans le Sahara et qui a été utilisée du temps de l'Algérie ...
    10 Kio (1389 mots) - 6 avril 2013 à 01:52

  • Effet sanitaire selon les rapports officiels: B2-Namous Essais nucléaires français Liste des accidents nucléaires Téléfilm Vive la bombe ! de ...
    12 Kio (1606 mots) - 28 avril 2013 à 07:27

  • Centre d'Expérimentation Semi-Permanent de B2-Namous (1965-1978) B2-Namous. Fichier:B2 namous 2010. JPG | L'ancien centre B2-Namous . Au Nord ...
    282 Kio (36904 mots) - 19 mai 2013 à 07:07

  • armes chimiques et bactériologiques de la base secrète B2-Namous furent testées jusqu'en 1967 avec le plein accord des autorités algériennes. ...
    30 Kio (4103 mots) - 19 mai 2013 à 03:22

  • fusées d'Hammaguir , vingt ans pour la base d'essais chimiques de B2-Namous ), l'État français doit se mettre à la recherche d'un autre site. ...
    36 Kio (4652 mots) - 22 avril 2013 à 04:37

  • Reggane et Colomb-Bechar (1967), Mers el-Kébir (1968), Bou Sfer (1970) et B2-Namous (1978). Le Gouvernement provisoire de la ...
    163 Kio (21908 mots) - 17 mai 2013 à 06:11

  • moyens de protection contre ces armes, le Centre d'expérimentation semi-permanent de Beni-Ounif (CESP), connu sous le nom de code de B2-Namous . ...
    8 Kio (1066 mots) - 16 mars 2013 à 08:24

  • Reggane dans la base B2-Namous et la compagnie française Total a 90 % des ressources pétrolières algériennes, selon l'entente algéro-française. ...
    284 Kio (38850 mots) - 23 mai 2013 à 12:04

  • B2-Namous date avril 2009 Afrique. Ouaou-en-Namous signifie en arabe « l'oasis aux moustiques » et se trouve dans le Sahara . Les hommes ne ...
    1 Kio (163 mots) - 6 avril 2013 à 01:52

  • La dernière, B2-Namous , bénéficie d'une couverture civile la Sodéteg , et poursuit ses activités jusqu'en 1978 . Diplomatie française (1961 ...
    16 Kio (2176 mots) - 8 mars 2013 à 11:34

  • base secrète d'essais d'armes chimiques et biologiques dans l'oued Namous, près de Beni Ounif , en Algérie (plus tard base secrète B2-Namous). ...
    32 Kio (3675 mots) - 17 mai 2013 à 10:48

  • En 1967, la France évacue quatre installations militaires françaises restées actives au Sahara après l'indépendance, à l'exception de B2- ...
    79 Kio (10660 mots) - 27 avril 2013 à 10:12