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Beaulieu-sur-Dordogne
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| Beaulieu-sur-Dordogne | |
|---|---|
Le village au bord de la Dordogne en 2003 |
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| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Limousin |
| Département | Corrèze |
| Arrondissement | Arrondissement de Brive-la-Gaillarde |
| Canton | Canton de Beaulieu-sur-Dordogne |
| Code commune | 19019 |
| Code postal | 19120 |
| Maire Mandat en cours |
Jacques Descargues 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Sud Corrézien |
| Démographie | |
| Population | 1 296 hab. (2008) |
| Densité | 150 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 125 m — maxi. 387 m |
| Superficie | 8,65 km2 |
Beaulieu-sur-Dordogne (Bél Luéc en occitan) est une commune française, située dans le département de la Corrèze et la région Limousin. Ses habitants sont appelés les Bellocois et les Bellocoises.
Sommaire |
Géographie
Beaulieu est située sur la route départementale 940 au bord de la Dordogne, au sud du Limousin.
Histoire
En pleine guerre de succession à la tête de l’Aquitaine, vers 855, Rodolphe de Turenne archevêque de Bourges, rallié à la cause « légitimiste » incarnée par Charles le Chauve, eut à cœur d’effectuer une fondation monastique sur ses terres familiales. Après une vaine tentative à Végennes, il se tourne vers Vellinus. Le cartulaire de l’abbaye rapporte que devant la splendeur du lieu, il ne put s’empêcher de le baptiser « Bellus Locus ». Depuis la grande abbaye de Solignac, il sollicite l’envoi d’une équipe de moines chargée de mettre en place ce nouveau monastère et participe avec sa large parentèle à l’édification du patrimoine de l’abbaye. Le monastère est consacré en 860.
Grâce aux pieuses donations des comtes de Quercy, des vicomtes de Turenne, de leurs multiples vassaux, le temporel de l’abbaye se compose du tiers du Bas-Limousin et d’une langue de l’actuel département du Lot. Dotée d’un trésor de reliques (saints Prime et Félicien), et bien qu’elles souffrent de convoitises laïques, elle connaît un essor spectaculaire qui permet le développement d’un courant de pèlerinage. Beaulieu devint une étape essentielle sur les chemins unissant Limoges à Aurillac et Figeac, menant vers Conques, Moissac, Toulouse puis Compostelle. Annexée à Cluny vers 1095, elle se réforme et connaît une période favorable avec la mise en marche de reconstructions et de grands travaux. C’est le chantier de l’abbatiale et de son décor sculpté.
L’abbaye est puissante, placée sous la protection de saints populaires, située au débouché de régions fertiles, conditions sine qua non pour qu’un habitat villageois se développe. Dès la fin du XIIe siècle, un bourg se constitue tout autour des bâtiments conventuels protégés par une muraille, ponctuée de tours et bordée par un fossé. C’est l’enclos monastique. Des barris naissent hors les murs : le faubourg de la Grave, vers la Dordogne, où se trouvait l’ancien hôpital ; le barri majeur à l’emplacement du village primitif de Vellinus ; le barri du Trou dans lequel étaient inhumés les défunts et le quartier Mirabel à proximité des anciens vergers de l’abbaye. Beaulieu devint une place commerciale importante d’où émerge une véritable communauté bourgeoise qui suscite les convoitises des seigneurs de Castelnau et Turenne.
À partir de 1213, fin de la mainmise clunisienne, l’abbaye perd peu à peu de sa puissance. Beaulieu devient le siège des conflits de pouvoir entre le seigneur-abbé, les bourgeois et le vicomte de Turenne. Avec la mise en commande du XVe siècle, l’abbaye se délite progressivement. Elle subit les assauts des protestants lors des Guerres de Religion. À l’approche du XVIe siècle, les idées de la Réforme se sont propagées sous l’influence des marchands et gabariers de la Dordogne. Par deux fois (1569-1574), les troupes de l’amiral de Coligny pillent la ville et l’abbaye. L’église abbatiale est alors transformée en temple protestant. Rendue au culte catholique, en 1622, grâce à la Ligue, l’abbaye est reconstruite au XVIIe siècle par la congrégation des bénédictins de Saint-Maur. Ils y rétablissent la discipline monastique. La ville, à nouveau prospère, érige ses demeures cossues. Les anciens ligueurs créent, avec l’aide des évêques, de nombreuses confréries. L’abbaye abritait encore six moines lorsque la Révolution détruit les bâtiments conventuels et les constructions mauristes. L’abbatiale est épargnée et devient église paroissiale.
Administration
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| mars 2001 | mars 2008 | Jacques Vigier | UMP | |
| mars 2008 | Jacques Descargues[1] | PS | ||
Démographie
Au début du XXe siècle, Beaulieu-sur-Dordogne comptait 2025 habitants[2].
Économie
La région de Beaulieu produit 400 tonnes de fraises, soit près de 1 % de la production française. Elle alimente notamment la production de confitures par le groupe Andros dans ses usines de Biars-Bretenoux. Une fête de la fraise se tient le 2è dimanche de mai, à l'occasion de laquelle une tarte aux fraises de 8 mètres de diamètre et 900 kg de fraises est confectionnée[5].
Lieux et monuments
- Église abbatiale saint-Pierre [6],[7]
- Fondée au IXe siècle par Rodolphe de la famille des comtes de Turenne seigneurs de Beaulieu, l'abbaye fut rattachée au XIIe siècle à Cluny. Sous l'impulsion de la réforme grégorienne, les pèlerinages prirent leur essor, nécessitant la construction de nouvelles églises, mieux adaptées. En 1150, le chœur et le transept de la nouvelle église de Beaulieu étaient déjà achevés ; la construction se poursuivra jusqu'au XIIIe siècle. Le plan est semblable aux autres églises romanes de pèlerinage, en croix latine, comportant une nef dotée de bas-côtés et un déambulatoire permettant aux pélerins, sans déranger l'office, de prier les saints de leur choix dans les chapelles absidiales rayonnantes. L'architecte Anatole de Baudot y a effectué des travaux de restauration.
- Château d'Estresse
- Le château est construit sur une terrasse maintenue par un mur de soutènement médiéval à-pic sur la Dordogne, de manière à défendre Beaulieu et la haute vallée des invasions par la rivière (le roi Eudes y arrêta les Normands en 889). Le château est constitué de bâtiments des XIVe siècle, XVe siècle et XVIe siècles, on peut encore voir une bretèche en saillie sur le portail d'entrée. Le château a abordé le XXe siècle à l'état de ruines, mais il a été restauré. Il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Visite payante.
Personnalités liées à la commune
- Jean-Baptiste Poulbrière
- Marcellin de Marbot
- Antoine Adolphe Marcelin Marbot
- Jean-Antoine Marbot
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel de la mairie
- Beaulieu-sur-Dordogne sur le site de l'Institut géographique national
- Beaulieu-sur-Dordogne sur le site de l'Insee
- Beaulieu-sur-Dordogne sur le site de l'Office de Tourisme
Sources
Notes
- Site de la préfecture, consulté le 20 août 2008
- Le Lot partie Chemins de fer p 196 - Armand Viré - Réédition de l'ouvrage de 1907 - ISBN 2-7455-0049-X
- Recensement de la population au 1er janvier 2007 sur INSEE. Consulté le 25 février 2010
- Résultats du recensement de la population - 2006 - Beaulieu-sur-Dordogne sur INSEE. Consulté le 25 février 2010
- La fraise de Beaulieu sur Keldelice Information et guide d’achat sur les produits du terroir. Consulté le 16 mai 2012
- Marguerite Vidal, Jean Maury, Jean Porcher - Quercy roman - pp.285-313 - Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps n°10) - La Pierre-qui-Vire - 3e édition - 1979 ISBN 978-2-7369-0143-1
- Jean Maury, Marie-Madeleine S. Gauthier, Jean Porcher - Limousin roman - pp.39-89 - Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°11) - La Pierre-qui-Vire - 1959
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