Bull

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Bull

Description de l'image  Bull logo.svg.
Dates clés 1931 : création
Personnages clés Philippe Vannier, PDG
Forme juridique Société par actions simplifiée
Action Euronext : BULL
Slogan Architecte d'un monde ouvert
Siège social Drapeau de France Les Clayes-sous-Bois (France)
Activité Système d'information, Infogérance, Services et Conseils, Intégrateur
Produits Serveurs, supercalculateurs, logiciels
Filiales Agarik, Amesys, Evidian, HRBC
Effectif 8 850 (2009)
Site web www.bull.com/fr/
Chiffre d’affaires 1,25 milliard d'euros (2010)
Résultat net 6,5 millions d'euros (2010)
Multiplié par 4,6

Bull est une société française spécialisée dans l'informatique professionnelle.

Sommaire

Histoire

Bull à Massy

Bull est un acteur de longue date des systèmes d’information. La société Bull date des débuts de la mécanographie. Fondée en 1931 pour développer et commercialiser les machines à statistiques conçues par l’ingénieur norvégien Fredrik Rosing Bull, elle sera désignée successivement H.W. Egli Bull (1931-1935), puis Compagnie des Machines Bull, jusqu'en 1990, et enfin Bull depuis 1997.

  • En 1933 la société devient la Compagnie des Machines Bull.
  • Pendant l'Occupation (1940-1944), Bull fut le principal fournisseur en matériel mécanographique du Service national des statistiques fondé par René Carmille. Celui-ci constitua le fichier du débarquement en Afrique du nord. Un interminable procès l'opposa à IBM quant à l'invention de la carte perforée à 80 colonnes[1].
  • Bull conçoit le premier ordinateur multitâches, le Gamma 60 (1958). Cette machine est un matériel à la pointe des progrès de l'époque (en particulier concernant le multitâches), mais handicapée par sa faible offre logicielle. Bull, ayant racheté la filiale suédoise de RCA, manque d'argent, et passe sous la coupe de General Electric.
  • De Bull-General Electric à CII-Honeywell Bull (1964-1983): En 1964, la société prend le nom de Bull General Electric à la suite d’une intégration dans le Groupe General Electric, qui garde le haut de gamme, confie à Bull la gamme moyenne, et le bas de gamme à Olivetti.
  • Bull est ensuite associé à Honeywell, lors du transfert des activités mondiales de General Electric à Honeywell, prenant alors le nom de Honeywell Bull.
  • En 1975, le gouvernement français saborde le consortium Unidata (CII + Siemens + Philips) - concurrent d'IBM voué à devenir l'Airbus de l'informatique - en cédant la Compagnie internationale d'informatique (CII) à Honeywell-Bull
  • L'équipe Ichbiah passe de CII à la nouvelle structure, et propose au nom d'Honeywell la définition du langage Ada que retient le Pentagone (1983).
  • En 1982, l'entreprise est nationalisée  : le Groupe Bull est alors créé par le regroupement de CII-Honeywell Bull, SEMS et Transac. L’État français devient majoritaire dans le capital.
  • En 1989, Bull acquiert Zenith Data Systems, constructeur américain de micro-ordinateurs PC. Cette opération, qui avait coûté très cher, était destinée à prendre le marché des micro-ordinateurs du gouvernement fédéral américain, qui s'adressa évidemment à d'autres fournisseurs en raison des lois américaines sur les marchés publics. Cette erreur stratégique conduisit à la revente de ZDS à la société Packard Bell NEC en 1996.
  • En 1991-1992, Bull se recentre alors sur les activités de serveurs moyenne et grande gamme, les services clients et les services de développement et d'intégration du logiciel.
  • Les années 1994 à 1997 voient la privatisation progressive du groupe Bull, sous l'impulsion de Jean-Marie Descarpentries, avec constitution d’un socle d’actionnaires (dont France Télécom et NEC) et l’ouverture du capital au public. Cette étape fait passer la part de l’État français à 17,3%. Le groupe sera totalement re-privatisé en 2004.
  • Fin 2000, le groupe vend son activité cartes à puce à Schlumberger, aujourd'hui Axalto (depuis 2006, Axalto a fusionné avec Gemplus et se nomme maintenant Gemalto).
  • En novembre 2010, le supercalculateur TERA-100 du CEA se classe à la 6e place mondiale[2] avec 1,05 pétaflops sur Linpack et 1,25 en puissance crête théorique. C'est le tout premier calculateur européen à passer la barre symbolique du pétaflops et il est constitué de 4 370 serveurs bullx pour un total de 17 480 processeurs octo-cœurs Intel Xeon 7500 (près de 140 000 cœurs en tout). Le CEA va utiliser cet ordinateur pour simuler le fonctionnement des armes nucléaires afin d'assurer la fiabilité de la dissuasion française.
  • Le 4 aout 2011, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) entre dans le capital du groupe à hauteur de 25 millions d'euros[3].

Depuis le début des années 1990, le groupe a connu plusieurs restructurations, dont la dernière s'est achevée en 2004 (recapitalisation de 517 M€ de l'État français; montant versé le 14 janvier 2005, après avoir reçu l'accord de la Commission européenne, et contre signature d'une clause de retour à meilleur fortune prévoyant qu'une partie du profit des 8 années suivantes sera affecté au remboursement de cette dotation. Vu les résultats très faibles de Bull seuls quelques millions € ont été remboursés à ce jour). Début 1999, les effectifs de Bull étaient encore légèrement supérieurs à 20 000 personnes. Fin 2001, les effectifs de la société sont descendus à quelque 10 000 personnes. En 2008, Bull emploie environ 7 800 salariés, mais recommence à embaucher fortement (1000 personnes en 2008) faisant arriver le total des salariés à 8 850 pour 2009. Le Chiffre d'Affaires est de 1,1 milliard d'euros en 2009, réalisé à 52% en France[4].

Identité visuelle (logo)

Un ingénieur de Bull à l'origine du mot informatique

Le terme informatique a été utilisé pour la première fois en France en mars 1962 par Philippe Dreyfus, ancien directeur du Centre National de Calcul Électronique de Bull dans les années 1950, qui, en 1962, a utilisé pour la première fois ce terme dans la désignation de son entreprise « Société d'Informatique Appliquée » (SIA) à partir des mots « information » et « automatique »[5].

Activités

Les secteurs d'activité de Bull sont :

Le matériel et les logiciels associés

Le conseil, les services, et l'infogérance

La sécurité informatique et les solutions de souveraineté

Actionnariat

Code ISIN : FR0010266601 Structure de l'actionnariat au 1er mars 2010 (Nombre d'actions : 120.786.647) :

Actionnaire Part (%)
Crescendo Industries 20,00
France Télécom 10,07
Mn Services 4,99
Deutsche Bank 4,7
KBL Richelieu Gestion 4,36
NEC 3,04
Tocqueville Finance 2,83
Debeka 2,07
JP Morgan Asset Management 1,72
Salariés & part société 1,73
flottant 44,49
TOTAL 100

Sites de Bull

Bull a occupé de nombreux autres sites en France et dans le monde[7].

Acquisitions

Bull a acquis différentes entreprises pour se consolider dans les années 2000 :

  • AMG.net (Pologne)
  • Agarik (France) : infogérance et hébergement web haute disponibilité
  • CSB consulting (Belgique, Luxembourg)
  • Siconet (Espagne) : services bancaires
  • Serviware : calcul à haute performance (HPC)
  • Amesys (France) : SSII ⇒ le 18 janvier 2010, l'acquisition du groupe Amesys vient d'être entérinée par l'Assemblée Générale.

Bull se concentre sur un nouvel objectif avec cette acquisition : devenir leader européen des solutions de traitement informatique à grande échelle pour les systèmes critiques et de haute sécurité.

Fournisseur européen et mondial

Aujourd'hui, Bull est un groupe coté, bénéficiaire (depuis 2007) et en croissance relative. Il constitue le dernier « résistant » en Europe dans le secteur informatique. Tous ses concurrents européens ont en effet été rachetés un à un par des multinationales américaines ou japonaises.

Son objectif est d'être l'un des principaux fournisseurs européens et mondiaux en systèmes d'information ouverts. Le groupe se développe rapidement dans les services d'intégration de systèmes, notamment pour les très grands projets : télécommunications, secteur public, défense. Il prévoit d'embaucher 1000 personnes en 2012 dans le monde.

Offre en supercalculateurs

Bull est aussi devenu l'un des spécialistes mondiaux des supercalculateurs. La compagnie a livré au Commissariat à l'énergie atomique en 2006 et 2007 le plus puissant complexe européen de supercalculateur TERA-10/CCRT, et doit livrer en 2009 un supercalculateur de près de 300 Tflops dans le cadre du GENCI.

Lors du salon Supercomputing 2009 qui a réuni à Portland près de 10 000 congressistes, Bullx[8] a été désigné meilleur supercalculateur au monde (Best HPC server product or technology) par la rédaction de HPCwire, principale revue dans la simulation numérique et le calcul haute performance (HPC ou High Performance Computing). Au choix de la rédaction s'ajoute celui des lecteurs de HPCwire qui ont classé Bullx parmi les 5 nouvelles technologies à suivre (Top 5 new products or technologies to watch). À la fin du 1er trimestre 2010, Bull renouvelle et enrichit ses supercalculateurs Bullx pour offrir une des gammes les plus complètes et les plus performantes du marché de l'Extreme Computing.

Bull a été choisi en 2011 pour fournir un supercalculateur Bullx de 1,3 petaflops de puissance crête pour effectuer des tâches de modélisation et de simulation dans le cadre du programme de recherche Approche Élargie sur la fusion nucléaire contrôlée, qui regroupe le F4E (Fusion For Energy) côté Europe et la JAEA (Japan Atomic Energy Agency) côté Japon, qui sera installé à Rokkasho au Japon, au sein de l’IFERC (International Fusion Energy Research Center).

Offre en systèmes ouverts

Depuis 2002, Bull annonce un retour en force par le moyen des systèmes ouverts et de l'informatique libre.

Cette stratégie conduit :

  • dès 2002 à la fondation du premier consortium mondial dédié aux logiciels d’infrastructure libres, ObjectWeb, devenu aujourd'hui OW2[9],
  • au lancement en 2003 d’une nouvelle génération de serveurs ouverts pour les applications commerciales et scientifiques, NovaScale,
  • au lancement en 2005 d’une offre de service globale permettant de concevoir, bâtir et exploiter les applications critiques d’entreprise en s’appuyant sur toute la richesse fonctionnelle des logiciels libres.

En 2005, Bull change de logo et confirme sa stratégie en se positionnant comme Architecte d'un monde ouvert[10]

Cette stratégie aboutit à la signature de contrats d’envergure mondiale en 2005 et 2006.

En 2007, Bull a annoncé le lancement progressif de 7 initiatives stratégiques pour accompagner les entreprises et les administrations dans le développement de systèmes d'information ouverts, le programme 7i[11].

Partenariats

En tant qu'« architecte d'un monde ouvert », Bull a noué des partenariats étroits avec IBM, Intel, Microsoft, Red Hat, EMC, Oracle, SAP…, mais Bull est aussi un promoteur important des logiciels libres. Il a lancé le 1er guide francophone des logiciels libres d'entreprise, NovaForge.org. Le Groupe participe à plusieurs projets européens (ITEA, Parma, Qualipso…) et pôles de compétitivité, notamment Systematic, et le pôle transactions électroniques sécurisées[12]. Bull est signataire du pacte PME.

Le 8 février 2010, Bull et Microsoft annoncent un accord de coopération stratégique dans le domaine de l'interopérabilité.

Controverses

Fin août 2011, Bull est soupçonnée d'avoir aidé la Jamahiriya arabe libyenne de Mouammar Kadhafi à surveiller et censurer l'Internet libyen dès 2009, par l'intermédiaire de sa filiale Amesys[13]. Selon des documents dévoilés par Mediapart en plus d'avoir vendu un système d'espionnage du net, Amesys a intercepté des mails libyens. Pour étouffer l'affaire, la filiale de Bull a menacé ses anciens salariés de poursuites judiciaires[14].

En décembre 2011, le Canard Enchaîné révèle qu'Amesys, via la filiale Serviware, a fourni du matériel d'espionnage aux services secrets marocains pour 2 millions de dollars. Le nom de code du projet est "Popcorn". La presse soupçonne le pouvoir marocain d'utiliser le logiciel Eagle pour intercepter les communications et e-mail d'opposants politiques.[15]

En avril 2012, Richard Stallman réalise avec des activistes tunisiens une intervention artistique sous la forme d'une séance d'exorcisme dans les locaux de Bull à Tunis destinée à dénoncer la présence d'installations de surveillance dans de nombreux pays[16].

WebTV

En février 2010, Bull lance sa Web TV : Bull World. La chaîne compte faire définir son contenu par les internautes.

Bull World sera disponible sur les sites Internet et Intranet de Bull, en français et en anglais, tout en étant relayée via les réseaux sociaux Twitter, Facebook, LinkedIn et Viadeo.

Développement durable

Bull est engagé dans une démarche de développement durable et de RSE. En mars 2008, Bull a rejoint le Climate Savers Computing Initiative, et s'est impliqué dans le développement de serveurs plus respectueux de l'environnement[17].

Présidents-directeurs généraux

Bull General-Electric

Compagnie des Machines Bull

Honeywell-Bull

CII-HB

Bull SA (une seule entité après nationalisation)

Voir aussi

Références

Liens internes

Liens externes

Bibliographie

  • Quatrepoint, Jublin et Arnaud, French ordinateurs, description des effets néfastes des luttes de clans sur le développement de l'informatique française depuis les débuts du Plan Calcul, nombreuses mentions de Bull.
  • Jean-Pierre Brulé, L’informatique malade de l’État, éd. Les Belles Lettres, 1993 [présentation en ligne] [PDF]. Ce livre prend le contrepied des accusations portant sur Jean-Pierre Brulé dans l'ouvrage précédent et met en cause au contraire le gaspillage de fonds publics par des « politiques industrielles ».
  • P.-E. Mounier-Kuhn, CNRS, « Bull : l’histoire très internationale d’un géant français », Science et Vie Micro, Paris, juillet 1990
  • P.-E. Mounier-Kuhn, CNRS, « Product Policies in Two French Computer Firms: SEA and Bull (1948-1964) » Information Acumen - The Understanding and Use of Knowledge in Modern Business, éd. Lisa Bud-Frierman, Routledge, London 1994
  • P.-E. Mounier-Kuhn, CNRS, « Un exportateur dynamique mais vulnérable : la Compagnie des Machines Bull (1948-1964) », Histoire, Économie et Société, 1995, no 4, p. 643-665
  • P.-E. Mounier-Kuhn, CNRS, « L’informatique française : une résistible « américanisation » (1946-1970) », Actes du Colloque L’Américanisation de l’Europe occidentale au XXe siècle, dir. D. Barjot et C. Réveillard, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2002, p. 207-226.
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