Capétiens directs

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Le nom de Capétiens directs désigne les monarques capétiens qui régnèrent sur le royaume de France, de Hugues Capet en 987, jusqu'à Charles IV le Bel en 1328. Après la mort sans héritier du dernier descendant mâle direct d'Hugues Capet, la Maison capétienne de Valois leur succèda.

Sommaire

Élection, succession et sacre

En 987, Hugues Capet est duc des Francs et marquis de Neustrie, un territoire compris entre la Seine et la Loire. Lorsque le dernier roi carolingien, Louis V, meurt sans descendance, une réunion des plus grands féodaux (dont il est) et des évêques du royaume le choisit comme roi. Il est sacré à Noyon le dimanche 3 juillet 987. Le 25 décembre de cette même année, il fait sacrer à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans son fils Robert II qui lui succédera en 996.

Les premiers rois capétiens suivront l'exemple, et feront reconnaître et sacrer leur fils aîné de leur vivant. La coutume durera jusqu'à Philippe Auguste. La règle de la succession par le fils aîné s'impose peu à peu, d'autant plus facilement que jusqu'à Louis X, tous les rois auront un fils pour leur succéder. Cela contraste avec les heurts des deux dynasties précédentes.

Bien qu'il n'y ait plus d'élection après celle de Hugues, le « collège électoral » des grands seigneurs et ecclésiastiques perdure sous le nom de pairie de France. Les pairs sont omniprésents dans le cérémonial du sacre, rappelant ainsi qu'ils soutiennent, mais aussi « choisissent » le roi.

Les premiers règnes (XIe siècle)

Hugues Capet, en tant que duc des Francs, est suzerain des territoires qui s'étendent entre la Seine et la Loire. Mais son propre domaine se situe surtout autour d'Orléans et Paris, et sa dimension n'excède pas celle d'un département d'aujourd'hui.

Vers l'ouest, ses grands vassaux, les comtes de Blois et d'Anjou, sont à peu près indépendants, et le duc ne détient en propre que quelques propriétés dispersées. On peut citer l'abbaye Saint-Martin à Tours, qui est un des sanctuaires les plus importants du royaume.

Le reste du royaume est partagé en grands fiefs, parmi lesquels le duché de Normandie (créé pour le viking Rollon par le roi Charles III), le duché de Bourgogne (aux mains de son frère Eudes-Henri), le duché d'Aquitaine (ancien royaume carolingien), le comté de Champagne, le comté de Flandre ou encore le lointain comté de Toulouse.

La monarchie carolingienne avait été itinérante, parcourant le royaume et ses domaines dispersés. Robert II fait encore quelques grands voyages : il est reçu par le duc d'Aquitaine et le comte de Toulouse, mais il s'agit avant tout d'un pèlerinage dans les sanctuaires du sud du royaume, et si les grands le reconnaissent comme roi, ils mènent leurs affaires comme ils l'entendent. Mais les successeurs travailleront surtout à gérer leur domaine.

Au demeurant, avec l'arrêt progressif des incursions vikings à partir du milieu du Xe siècle, l'économie croît rapidement et le domaine devient prospère. Les rois n'interviennent que peu dans les affaires de leurs vassaux, en réalité tout aussi puissants qu'eux. Quand ils le font, c'est souvent en prenant prétexte d'une querelle familiale dans le fief.

Quant à une éventuelle « politique étrangère » hors du royaume, encore possible avec les carolingiens, elle est inexistante. L'empereur est loin. Mais les rois agrandissent peu à peu leur domaine, souvent par des mariages, et on peut signaler le lointain mariage d'Henri Ier avec Anne de Kiev. Le pape seul intervient, pour sanctionner des mariages peu conformes aux lois de l'Église. Philippe Ier sera excommunié, ce qui ne l'empêchera pas de conserver le soutien du clergé français.

Deux évènements majeurs ont lieu sous le règne de Philippe Ier : en 1066 le duc de Normandie Guillaume le Conquérant conquiert l'Angleterre et en devient roi ; en 1095, le pape Urbain II prêche la première croisade à Clermont.

L'émergence (XIIe siècle)

Au XIIe siècle, la croissance de l'économie, l'importance prise par les villes souvent nouvelles, et la circulation monétaire changent profondément la féodalité. Les petites seigneuries exclusivement agricoles déclinent, au profit des plus grands fiefs, des comtes et ducs et, au premier chef, du roi et de son très riche domaine. L'essentiel du siècle est occupé par les règnes de Louis VI et de Louis VII, et la personnalité de celui qui les conseille tous les deux, Suger, l'abbé de Saint-Denis.

D'ailleurs, Saint-Denis, récemment rattaché au domaine avec le Vexin prend une grande importance symbolique. La basilique est reconstruite et inaugure le style gothique. Elle abrite les tombeaux des rois de France, et l'oriflamme, une bannière de soie rouge que les rois viennent prendre en partant pour la guerre. « Montjoie Saint Denis ! » devient le cri de guerre de leur armée. Le martyr saint Denis, sur le tombeau duquel est érigée l'abbaye, tend à devenir le patron des Francs, supplantant saint Martin.

Louis VI termine la prise de contrôle du domaine royal, en éliminant les « seigneurs pillards », ce qui occupera significativement son règne. Mais dans le même temps, il commence à intervenir dans les affaires des autres fiefs. Il doit, comme déjà son père et comme ses successeurs, tenter de contenir la puissance des ducs de Normandie, maintenant rois d'Angleterre, en prenant parti dans les disputes familiales. Il tente également d'imposer un nouveau comte en Flandre, après l'assassinat du précédent, exerçant sa prérogative de suzerain. Il essuie un demi échec, mais l'événement marque nettement le retour du roi hors de son domaine personnel.

Son successeur Louis VII participe à la deuxième croisade. Elle est désastreuse, mais c'est encore pour le roi une occasion de se montrer loin de Paris. En son absence, le royaume est remarquablement administré par Suger. Par ailleurs, il épouse Aliénor, héritière du duché d'Aquitaine (l'Aquitaine d'alors est plus au nord que celle d'aujourd'hui. Sa capitale est Poitiers et non Bordeaux). Le mariage est tout aussi désastreux que la croisade et, aucun héritier mâle ne venant au monde, Aliénor est répudiée. Elle devient aussitôt l'épouse du duc d'Anjou et de Normandie, Henri de Plantagenêt, qui devient la même année roi sous le nom d'Henri II d'Angleterre. Les États des Plantagenêt couvrent alors tout l'ouest de la France, en plus de l'Angleterre. Un mariage suivant de Louis l'allie à son autre grand vassal, le comte de Champagne. La période voit aussi le rapprochement de la royauté et de l'Église, tout particulièrement des évêques, qui dominent dans l'entourage du roi, mais aussi du pape.

Les grands règnes (XIIIe siècle)

La période suivante, qui s'ouvre avec l'accession au trône de Philippe Auguste, est marquée par trois longs règnes d'importance. Le domaine royal s'étend pour couvrir la plus grande partie du pays, et l'administration s'organise jusque dans les fiefs. Le prestige du roi et son caractère sacré, se renforcent considérablement. Le court règne de Louis VIII, le fils de Philippe Auguste, voit l'extension de la puissance royale dans le sud du royaume, à l'occasion de la croisade des Albigeois. Des annexions au domaine royal s'ensuivent jusqu'à, finalement, celle de l'héritage du comté de Toulouse.

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