Chantal Delsol

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Chantal Delsol

Philosophe Européen

Contemporain

Description de l'image  Defaut.svg.
Naissance 16 avril 1947
Paris, Flag of France.svg France
Principaux intérêts Europe, Fédéralisme, principe de subsidiarité, libéralisme, personnalisme, autorité
Idées remarquables singularité
Influencé par Aristote, Hannah Arendt,José Ortega y Gasset, Julien Freund, Michel Villey, libéralisme, catholicisme

Chantal Delsol ou Chantal Millon-Delsol, née à Paris en 1947, est une philosophe, historienne des idées politiques, et romancière française. Elle fonde l’Institut de recherche Hannah Arendt en 1993 et devient membre de l'Académie des Sciences morales et politiques en 2007. Sans faire mystère de sa foi catholique, et disciple de Julien Freund puis de Pierre Boutang[1], elle se décrit également comme une « libérale-conservatrice ». Les idées principales de Chantal Delsol découlent du libéralisme, ou du fédéralisme, ou encore du principe de subsidiarité fondé sur celui de la singularité. Chantal Delsol est aussi éditorialiste au Figaro, à Valeurs actuelles, et directeur de collection aux éditions de La Table Ronde.

Sommaire

Biographie

Chantal Delsol est issue d'une famille parisienne de la droite catholique et la fille du biologiste Michel Delsol[2],[3]. Cette admiratrice du dissident tchèque Jan Patocka a été anticommuniste très tôt[Quand ?]

Chantal Delsol a été l'élève du philosophe et sociologue libéral-conservateur Julien Freund, disciple de Max Weber, sous la direction de qui elle soutiendra sa thèse en 1982.

Hostile à l'esprit de 1968, elle a milité, en réaction, au sein du Mouvement autonome des étudiants lyonnais (Madel).

Docteur ès lettres (1982), elle est actuellement professeur à l'université de Marne-la-Vallée, où elle dirige le Centre d'études européennes, devenu Institut Hannah Arendt, qu'elle a fondé en 1993. Son enseignement couvre « le champ de la philosophie pratique, éthico-politique, explorée et jugée en son fondement et en son histoire, notamment dans la modernité tardive. Elle prend plus particuliérement pour objets les relations internationales et la géo-politique européenne. Elle anime, dans ces domaines, des échanges suivis avec, d'une part, l'Europe centrale et orientale, et d'autre part, l'Amérique du Sud ».

Chantal Delsol se définit elle-même comme « libérale-conservatrice »[4], et par les médias comme « non-conformiste de droite », « européenne convaincue », « intellectuelle de droite [...] appelée à jouer un rôle significatif dans l'entreprise de renouvellement philosophique à l'œuvre au sein du camp conservateur »[5].

Elle est l'épouse de Charles Millon, ancien ministre et membre depuis 2007 d'un laboratoire d'idées européen, l'Institut Thomas More[6]. Ils ont six enfants, dont un adopté d'origine laotienne[6]. Elle est mise en cause dans la "prise illégale d'intérêts" de son mari, qui faisait payer par sa région leur loyer, leurs factures et leurs femmes de ménage[7].

Elle a été élue membre de l'Académie des sciences morales et politiques le 18 juin 2007 au fauteuil de Roger Arnaldez.

Depuis 2011, Chantal Delsol est également rédactrice sur le site d'information Atlantico[8].

Pensée

Après sa thèse consacrée à la philosophie politique de l'Antiquité, Chantal Delsol, a fait de l'histoire des idées politiques sa spécialité d'enseignement et de recherche. Considérée comme une spécialiste avertie de la pensée de Julien Freund mais également comme l’une de ses plus brillantes disciples[9],[10] elle étudie, à partir de la pensée chrétienne, de valeurs catholiques et du personnalisme, la notion de singularité. De ce concept caractérisant l'homme, au niveau tant ontologique que politique, découlent plusieurs de ses choix philosophiques : le libéralisme politique opposé au totalitarisme, le fédéralisme et le principe de subsidiarité, l'autonomie, la famille, l'autorité, qu’elle estime être autant d'institutions de l'individuation, autant de formes d'inscription et d'ancrage de l'individu dans un monde à sa mesure.

Éloge du fédéralisme et de l'Europe

Chantal Delsol est une fervente fédéraliste qu'elle puise du catholique, et des pays germaniques de culture baroque qu'elle considère comme le système politique d'avenir et porteur d'espoir. De ce fait, elle s'oppose aux États unifiés soit l'État-nation de Bodin, qu'elle comprend comme un frein, géopolitiquement. À l'inverse, une fédération, contrat indéterminé, inachevé et « perforé » par le degré de flexibilité, consiste à organiser l'État de manière plus fluide et plus ouverte. Selon elle, les fédérations sont des systèmes basés sur une finalité commune : la paix et la prospérité.

Cependant, elle considère que l’Union européenne actuelle n’est pas une véritable Fédération. L’unité politique de l’Union européenne fait ainsi défaut, bien que l’unité administrative existe qu'elle qualifie de technocrate bien que ce terme soit galvaudé. Par exemple, il manque à l'UE une vraie politique étrangère et de défense[11].

Parallèlement, Chantal Delsol met en évidence un esprit européen qui dépasse les particularismes dont l'auteure trouve un mot pour la qualifier : l'irrévérence. Cet esprit européen est marqué par un désir de connaissance contre le besoin de sécurité, une inquiétude contre la paix de l'esprit, et qui se manifeste par une mise à distance à l'égard de ses idéaux. Une thèse fort proche de son ami Jean-François Mattéi. Par ailleurs, un projet politique européen, ouvert à la Turquie, risquerait la dissolution de ses fondements anthropologiques :

« Si nous regardons la Charte des droits de l’homme musulman, nous y trouvons deux espèces humaines distinctes : celle des hommes et celle des femmes. Or, ce n’est pas ainsi que les Européens voient les choses, puisqu’ils héritent de Saint-Paul le postulat de l’unité de l’espèce humaine. Peut-on imaginer une liberté personnelle qui ne vaudrait que pour une partie d’entre nous ? Les Européens feraient bien de s’interroger là-dessus quand il s’agit de l’entrée de la Turquie en Europe »

— Chantal Delsol, « Liberté et christianisme », in E. Montfort, Dieu a-t-il sa place en Europe ?, p.115.

Principe de subsidiarité

Pour l'auteure, la subsidiarité est un principe d'organisation de la société : elle permet d'attribuer le rôle des différentes autorités. L'attribution des pouvoirs ou la distribution des compétences suit le double principe de la suppléance et du secours. Toute autorité en charge d'un groupe a pour fonction de garantir l'existence de l'objet de ce groupe (et non de le réaliser) ; sa fonction, de suppléance, n'apporte les secours nécessaires qu'en cas de défaillance. L'autorité cherchera alors à susciter de leur part un nouveau dynamisme en leur apportant le secours adéquat à leur faiblesse.

Populisme

Le populisme aujourd’hui donne lieu à un livre au titre percutant : La nature du populisme ou les figures de l’idiot !, Chantal Delsol examine les enjeux du populisme aujourd’hui, c'est-à-dire le regain d’intérêt pour ce concept et l’urgence de le repenser en fonction des conditions de notre monde contemporain. Selon elle, le populisme, face maudite de la démagogie, semble universellement perçu comme un danger mortel pour la démocratie, d’autre part, le populisme serait aussi le révélateur des carences des démocraties occidentales à prétention universaliste et à visée émancipatrice qui tendent à mépriser l’enracinement dans le particulier (« idios », en grec ancien).

Positions politiques

Elle a pris de nombreuses positions politiques dont la défense de Robert Redeker, professeur qui était menacé de mort par des intégristes islamiques ; elle soutient aussi que les silences des institutions musulmanes sont des acquiescements par le fait « de ne pas voir les autorités musulmanes de notre pays s'indigner les premières et voler au secours du banni. »[12]

Prix

  • Prix de l'Académie de sciences morales et politiques, 1993 et 2002.
  • Prix Mousquetaire, 1996.
  • Prix de l'Académie française (Prix Raymond de Boyer de Sainte-Suzanne), 2001.

Bibliographie

Essais

  • Essai sur le pouvoir occidental : démocratie et despotisme dans l'Antiquité, PUF, 1985.
  • La Politique dénaturée, PUF, 1986.
  • Les idées politiques au XXe siècle, PUF, "Premier cycle", 1991.
    Traduit en espagnol, tchèque, arabe, russe, macédonien, roumain, albanais.
  • L'État subsidiaire : ingérence et non-ingérence de l'État, le principe de subsidiarité aux fondements de l'histoire européenne, PUF, 1992.
    Traduit en italien, roumain. Cet ouvrage a été couronné du Prix de l'Académie des Sciences Morales et politiques.
  • Le principe de subsidiarité, PUF, 1993.
    Traduit en polonais.
  • L'Irrévérence, essai sur l'esprit européen, Mame, 1993.
  • L'Autorité, PUF, 1994.
    Traduit en coréen.
  • Le Souci contemporain, Complexe, 1996.
    Traduit en anglais (USA). Cet ouvrage a été couronné du Prix Mousquetaire.
  • Démocraties: l'identité incertaine, direction d'un ouvrage collectif, 1994
  • La grande Europe ?, direction d'un ouvrage collectif, 1994.
    Traduit en espagnol.
  • Histoire des idées politiques de l'Europe centrale (avec Michel Maslowski), PUF, 1998.
    Cet ouvrage a été couronné du Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.
  • Éloge de la singularité, essai sur la modernité tardive, La Table Ronde, 2000.
    Traduit en anglais (USA). Cet ouvrage a été couronné du Prix de l’Académie Française.
  • La République. Une question française, PUF, 2002.
    Traduit en hongrois. Cet ouvrage a été couronné du Prix Louis Liard 2003 décerné par l’Académie française dans la catégorie des prix traitant d'une question de philosophie, ou d'histoire de la philosophie, ou d'éducation.
  • Mythes et symboles politiques en Europe centrale (dir. avec Michel Masłowski, Joanna Nowicki), PUF, 2002.
    Traduit en roumain.
  • La grande méprise, Justice internationale, gouvernement mondial, guerre juste..., La Table Ronde, 2004.
    En traduction en anglais (USA).
  • Dissidences (dir. avec Maslowski et Nowicki), PUF, 2005.
  • Les deux Europes, ed. Du Sandre, 2007.[lire en ligne] (extrait).
  • Michel Villey. Le juste partage, (avec Stéphane Bauzon), Paris, Dalloz, 2007.
  • L'identité de l'Europe, (avec Jean-François Mattéi), PUF, 2010
  • La paresse et la révolte, Paris, Plon, 2011
  • L'âge du renoncement, Paris, Cerf, 2011

En liaison avec la Circulaire ministérielle du 1er septembre 2011 sur l'instruction civique et morale :

  • Manuel d'instruction civique et morale - Cycle 3, La Librairie des Écoles, 13 juillet 2011, (ISBN 978-2-916-78830-2)

Chapitre d'ouvrages

Romans

  • L'enfant nocturne, Mercure de France, 1993.
Elle a manqué d'une voix le prix Femina du premier roman pour L'Enfant nocturne, paru en 1993, finalement décerné à Jorge Semprun.
  • Quatre, Mercure de France, 1998.
  • Matin rouge, avec Ilios Yannakakis, Presses de la Renaissance, 2005.
  • L'expédition Janus, Éditions du rocher, 2008.

Collectif

  • Simone Weil (dir), Ed. du Cerf, 2009.

Articles

  • Le Figaro, « La leçon des Bernardins », hebdomadaire, le 19/09/2008 [lire en ligne]
  • Le Figaro, « Quelles réformes pour le capitalisme ? », hebdomadaire, le 30/10/2008 [lire en ligne]
  • Mouvement Européen - France, « Fondements philosophiques d'une fédération européenne  », hebdomadaire, no 8 (d’octobre 1998), [lire en ligne]
  • « Actualité de la Révolte des masses d’Ortega y Gasset », dans Transversalités, no 98, 2006, p. 187-193.
  • « Le nouveau despotisme », Le politiquement correct, Géopolitique 2005 - no 89
  • « Le paradoxe du repentir », Situation de la France, Commentaire, Volume 21, Numéro 81, Printemps 1998.
  • « avoir raison trop tôt, est-ce avoir encore tort ?, Revue des Deux Mondes, p.37, 2008.
  • « Souveraineté et subsidiarité, ou l’Europe contre Bodin », in "La Revue Tocqueville-The Tocqueville Review", 1998, 2, p. 53.

Liens internes

Liens externes

Notes et références

  1. Voir son article « Dissidence » in Antoine-Joseph Assaf, Pierre Boutang, Dossier H, Age d'homme
  2. Paul-François Paoli, « La gauchiste de la famille », dans Le Figaro, 6 mars 2008 [texte intégral] :

    « Une histoire de famille. « Mon père, Michel Delsol, était biologiste à Lyon, et quand j'étais enfant, il nous emmenait dans son laboratoire, où il disséquait les têtards. » Peu attirée par les petites bêtes, elle apprend la patience et cette passion pour la vérification qui distingue les chercheurs des idéologues. Une forte personna­lité, ce Michel Delsol. Un « réac » à l'ancienne, catholique traditionaliste et maurrassien à la fois. Chantal Delsol, qui nous reçoit chez elle, boulevard Saint-Michel, parle de lui avec tendresse et un zeste d'humour. Son père aurait bien voulu qu'elle fût une jeune fille rangée. Mais Chantal, à 20 ans, récuse les valeurs autoritaires de cette lignée qui va de Platon à Maurras en ­passant par Carl Schmitt, où l'on regarde l'humanité de haut, parfois avec mépris. »

     
  3. Enquête sur «la droite» (2). Chez les Millon, l'esprit de belle-famille. C'est le clan de madame qui a les idées et monsieur qui les expose
  4. Christophe Geffroy, « La modernité contre l'homme intérieur », dans La Nef, 4 avril 2008 [texte intégral] :

    « Vous écriviez : « Les hommes sont à la fois les pères et les fils de leur histoire commune », appelant par là à vivre en un juste équilibre entre le déterminisme d’une tradition et la liberté d’un destin choisi. Vous définissez cela comme un « libéralisme conservateur ». Pourriez-vous expliquer cela ?

    • Chantal Delsol : C’est peut-être la question essentielle : celle du rapport à la modernité. Pendant la saison révolutionnaire apparaît l’idéologie de l’émancipation, autrement dit, les Lumières. Elle dit que les hommes sont désormais non plus les fils, mais les pères de leur histoire. Ils se façonnent eux-mêmes. Cette vision des choses n’est pas sortie d’une tabula rasa, comme elle le prétend : elle provient du christianisme, qui lui-même l’avait reprise aux Grecs. Les Lumières ne sont pas une invention, mais une impatience : elles jugent, à tort ou à raison, que l’émancipation promise par saint Paul ne se concrétise pas assez vite. Aussitôt, probablement à partir de Burke, apparaît la défense de l’idée inverse : l’importance de l’enracinement. Elle dit que les hommes sont aussi les fils de leur histoire. Burke était un libéral et non un réactionnaire, et c’est pourquoi je lui donne raison. Les hommes ont besoin à la fois d’enracinement, parce qu’ils participent à une condition commune qui leur prête des caractères irréductibles, liés à leur passé, et d’émancipation, parce qu’ils sont une espèce en devenir, vouée à transgresser les limites et à se déployer sans cesse. Si vous préférez, ils ont à la fois des racines et des ailes. Les deux leur sont essentielles. On ne peut couper les racines à moins de façonner des individus sans feu ni lieu, des errants libérés pour le vide. On ne peut couper les ailes à moins de façonner des individus immobiles, enfermés dans des coutumes vite privées de sens. Parce que je défends l’enracinement, je suis conservatrice. Parce que je défends l’émancipation, je suis libérale. Certains me disent que c’est contradictoire. Non, parce que ces deux pensées sont des tendances, et pas des doctrines. Elles représentent ensemble un paradoxe structurant, dont on ne se libérera jamais. Quand l’émancipation devient folle, j’estime qu’il faut défendre l’enracinement. Au XVIIIe siècle, j’aurais défendu l’émancipation. »
     
  5. Alexandra Laignel-Lavastine, Le Monde, le 14 juin 2002, p. 34.
  6. a et b Paul-François Paoli, « La gauchiste de la famille », dans Le Figaro, 6 mars 2008 [texte intégral] :

    « Situation dont elle va découvrir la cruauté au milieu des années 1990, quand son mari, Charles Millon, subit un acharnement médiatique qui l'atteint, ainsi que ses enfants. « Cela commencera par une rumeur colportée par un journaliste de Libération, persuadé que mon mari s'était fait construire une maison de cam­pagne à des prix de faveur. Cela aurait pu être vrai, mais c'était faux, et ce journal ne démentira, ni ne s'excusera jamais. » En 1998, quand Millon veut accepter, à Lyon, les voix du Front national, la vindicte à son endroit prend des airs de chasse à l'homme. « Mon mari a été lynché, mais nous avions connu d'autres épreuves, beaucoup plus graves, qui nous ont permis de tenir », explique Chantal Delsol. »

     
  7. "L'affaire des femmes de ménage de Charles Millon en justice", rue89.com, 2/02/2010.
  8. Xavier Ternisien, Atlantico s'installe dans un paysage Internet plutôt marqué à gauche, Le Monde, 17 mai 2011
  9. Paul-François Paoli, « La gauchiste de la famille », dans Le Figaro, 6 mars 2008 [texte intégral] :

    « Elle se sent plus attirée par Aristote, le philosophe de la mesure. Elle sera de droite, mais avec modération. « Aux yeux de mon père, j'étais la gauchiste de la famille », dit celle qui rencontre, dans les années 1980, le philosophe Julien Freund, européen convaincu qui deviendra son « maître à penser ». Une dizaine de livres plus tard, elle est devenue une universitaire reconnue qui écrit des romans hors mode. Une intellectuelle qui veut concilier les valeurs de l'Évangile et celles du marché et se sent plus proche du protestantisme que des idées de son milieu d'origine, qu'elle défend néanmoins avec vaillance. « Les cathos tradis sont couramment incultes mais extrêmement civilisés et ils possèdent des qualités humaines inconnues ailleurs, écrit-elle… Ils conservent face aux catastrophes de la vie une distance que seule la spiritualité peut conférer. Ils sont souvent fauchés, parce que les femmes n'y travaillent pas et parce qu'il faut entretenir une tribu, mais ils vivent une sorte d'austérité fastueuse et je trouve honteux que les seules œuvres dans lesquelles on met en scène ce type de famille (par exemple La vie est un long fleuve tranquille) ne visent qu'à les ridiculiser.» »

     
  10. Comptes rendus, De Boeck Université, Sociétés 2008/2 - no 100, ISSN 0765-3697 | ISBN 978-2-8041-5773-9, pages 109 à 113, Pierre-André Taguieff, Julien Freund, au coeur du politique, Paris, La Table ronde, coll. « Contretemps », 2008, 160 p.
  11. Mouvement Européen - France, « Fondements philosophiques d'une fédération européenne  », hebdomadaire, no 8 (d’octobre 1998), [lire en ligne]
  12. Chantal Delsol, « "Affaire Redeker" : en démocratie, le débat ne se contrôle pas », dans Le Figaro, 15 octobre 2007 [texte intégral] :

    « Je suis chrétienne. Je souffre quand je vois des images ridiculisant le Christ sur la croix, et de façon parfois plus que grotesque, perverse, bafouant et raillant sa chasteté, ajoutant les uns sur les autres des symboles caricaturaux. Je suis étonnée de voir alors autour de moi si peu d'indignation. Pour autant je n'irai pas cracher sur les auteurs de ces facéties misérables, même pas cracher, et je dirais très honnêtement que je ne les déteste pas. C'est ce que ma religion m'a appris. Car il y a des religions qui se comportent ainsi. [...] Je suis bouleversée de voir un certain nombre de mes compatriotes, et certains parmi les plus haut placés, laisser entendre avec perfidie que Redeker a mérité ce qui lui arrive. Cela signifie tout simplement qu'ils ont déjà admis la légitimité de la procédure de fatwa. Et que, tremblants de peur, ils finissent par donner raison aux ordonnateurs du ban, afin de ne pas être les prochains sur la liste. Et je ris en pensant que les mêmes nous donnent à longueur de journée des leçons de résistance à propos d'une guerre vieille d'un demi-siècle, où leurs comportements présents montrent bien qu'ils auraient couru, de trouille, pour approuver servilement les envahisseurs de l'époque. »

     
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