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Charles Frédéric Chassériau
Le baron Charles Frédéric Chassériau (1802, Port-au-Prince - 1896, Vars-sur-Roseix) était architecte en chef des villes de Marseille, Constantine et Alger.
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Biographie
Né le 9 janvier 1802 à Port-au-Prince et mort en 1896 à Vars-sur-Roseix (Corrèze).
Il se destina d’abord, comme son père général d'Empire (Victor Frédéric Chassériau), à la carrière des armes. Après des études au lycée Napoléon, il est reçu à Saint-Cyr en 1819. Il ne put suivre les cours de l’École, sa famille ruinée par la révolte de Saint-Domingue, n’ayant pas assez de ressources pour payer sa pension.
Il entra d’abord chez un notaire; puis décidé à se faire architecte, il débuta en 1824 dans l’agence de son parent François Mazois, inspecteur des bâtiments civils, qui le fit collaborer à son ouvrage de construction de la Cour des Comptes que devait décorer vingt ans plus tard son cousin Théodore Chassériau ainsi qu'à ses travaux sur les Ruines de Pompéi. Une aquarelle de Frédéric Chassériau faite sur les ruines de Pompéi est conservée au Metropolitan Museum of Art de New York ("Triclinium découvert de la maison dite d'Actéon"). Élève de Jean-François-Julien Mesnager, il fut reçu le 3 avril 1824 comme élève-titulaire de l’École des beaux-arts. Repris en 1830 par ses velléités militaires, il fit campagne dans l’armée républicaine espagnole comme aide de camp du général Antonio Quiroga.
En Égypte de 1830 à 1833, il fut architecte du Lazaret d’Alexandrie et dressa les plans du consulat à Alexandrie sur la demande du vice-consul Ferdinand de Lesseps, puis rentra en France. Le consulat de France, situé sur la célèbre place des Consuls, sera entièrement détruit lors du bombardement d’Alexandrie par les Anglais en juillet 1882.
Il devint en 1833, Architecte adjoint de la ville de Marseille puis rapidement Architecte en chef jusqu'en 1839. Il y construisit l’Hôpital des aliénés, la Halle des Capucins, les Hangars du Frioul ainsi que le petit arc de triomphe blanc de la porte d'Aix.
En 1840, Charles-Frédéric Chassériau tout comme son cousin le peintre Théodore Chassériau (projet de sculpture), proposa son projet pour le tombeau de l’Empereur Napoléon 1er à l’Hôtel des Invalides, projet inspiré de l’œuvre d’Horace.
Nommé architecte en chef d'Alger en 1849, Chassériau abandonna ses fonctions pour édifier, sur ses plans, dans cette ville, avec le concours de MM. Sarlin et Ponsard, le beau théâtre qui s'élève sur la place Bresson. En 1869. il reprit son emploi d'architecte en chef, et le conserva jusqu'en 1870, époque où il fut licencié, avec une partie de son service, par suite d'une nouvelle organisation.
A Alger, il sera nommé à trois reprises Architecte en chef de la ville d'Alger (1849, 1859 et 1874) et prit sa retraite en 1882.
Principaux travaux à Marseille
Parmi les travaux dus à cet habile architecte, on cite, à Marseille : les portes monumentales du cimetière ; l'hôpital des aliénés; le marché des Capucins; les parloirs du Lazaret; les vastes hangars du Frioul; l'hôpital des aliénés à Saint-Pierre, exécuté d'après le plan primitif de Penchaud; l'entrepôt Enoq à Marseille, la villa Saulière, le tombeau du général Morris, etc
Principaux travaux à Alger
C’est en Algérie qu’il exécuta ses principaux travaux comme architecte en chef de la ville d'Alger.
Il effectua les grands travaux du port, le boulevard de l’impératrice Eugénie, et fut l’auteur du théâtre municipal d’Alger achevé en 1853 en collaboration avec Sorlin et Ponsard. C’est lui encore qui procéda à l’aménagement des abords et des contreforts du port réalisés entre 1860 et 1865.
On notera également à Alger : l'église d'El-Biar; le mont-de-piété; l'abattoir, le projet de boulevard remplaçant le ravin du Centaure, la construction partielle de l'Hôtel-de-Ville, et tous les autres projets d'embellissement de la ville d'Alger pendant le cours de son service.
Frédéric Chassériau a publié en 1858 une Étude pour l’avant-projet d’une Cité Napoléon-Ville visant à établir sur la plage de Mustapha à Alger une ville résolument moderne : “ Pour nous, il nous faut de l’air, du soleil, des boulevards plantés d’arbres et des rues à galeries couvertes »…
Les différents projets qu'il réalise dans cette ville pour l'aménagement du front de mer permetteront à Frédéric Chassériau de faire fortune, laquelle richesse sera ensuite utilisée par son fils le baron Arthur Chassériau pour former la première collection des œuvres de son oncle Théodore Chassériau.
Le livre d'Octave Teissier "Napoléon III en Algérie" raconte que Chassériau eut l'occasion de s'entretenir avec l'Empereur Napoléon III à deux reprises lors de son second voyage en Algérie.
Le 5 mai 1865, Chassériau présenté à l'Empereur par le Préfet et le Maire d'Alger avait soumis le plan de la façade du Boulevard de l'Impératrice, dont il est l'auteur. L'Empereur le félicita et lui dit que ce travail lui faisait honneur. À cette occasion l'Empereur a entretenu le Maire d'Alger et Chassériau des projets relatifs au square à établir sur l'emplacement actuel de l'arsenal, comformément au tracé fait de sa propre main, sur le plan qui lui avait été remis. Il chargea également Chassériau de préparer un projet et un plan pour l'emplacement à choisir pour la construction du palais de justice.
Le 27 mai 1865, Chassériau soumis à l'Empereur le plan par lui proposé pour le palais de justice dont l'emplacement a été définitivement fixé place Napoléon. L'Empereur après s'être fait donner toutes les explications utiles a approuvé et signé le plan, et a adressé des éloges à cet habile architecte.
Famille
Charles-Frédéric Chassériau était le fils de Victor Frédéric Chassériau, général et baron du premier Empire mort à Waterloo. Appartenant à une famille créole, il était cousin germain du peintre Théodore Chassériau et de l'écrivain Louise Belloc. De son mariage avec Joséphine Warrain, fille de Alexandre Warrain, armateur (maison Warrain & Cie), ancien président de la Chambre de commerce de Marseille et conseiller général du département, il eut 3 enfants :
- Arthur Chassériau, agent de change et collectionneur (donation Chassériau au Musée du Louvre)
- Claire Chassériau, épouse Jean-Baptiste Nouvion, préfet sous Napoléon III
Claire Nouvion née Chassériau par Hippolyte Lazerges
- Alexandre-Frédéric Chassériau (1838-1863)
Un portrait de la baronne Charles-Frédéric Chassériau exécuté en 1846 par Théodore Chassériau est conservé au Art Institute of Chicago.
Sources
- Les architectes élèves de l'École des beaux-arts 1793-1907 - Par Louis Thérèse David de Pénanrun, Edmond Augustin Delaire, Louis François Roux - Librairie de la construction moderne, 1907
- Répertoire numérique concernant l’hôtel de ville de Marseille - Marseille, la passion des contrastes. Ouvrage publié par l’Institut français d’architecture et l’Atelier du patrimoine de la ville de Marseille.
- Dictionnaire de biographie française sous la direction de MM. Prévost et Roman d’Amat.
- Famille Chasseriau, Généalogie d'Haiti et de Saint-Domingue
- Article "A Drawing by Chasseriau" - Joan R. Mertens, Curator, Department of Greek and Roman Art, The Metropolitan Museum of Art
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