Comité international olympique

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Comité international olympique
Olympic rings with transparent rims.svg

Devise : Citius, Altius, Fortius

Création 23 juin 1894
Siège Drapeau : Suisse Lausanne
Coordonnées 46° 31′ 05″ N 6° 35′ 49″ E / 46.518056, 6.59694446° 31′ 05″ N 6° 35′ 49″ E / 46.518056, 6.596944  
Langue(s) Français
Membre(s) 205 comités nationaux olympiques
Président Jacques Rogge
Personne(s) clé(s) Pierre de Coubertin, fondateur
Site web www.olympic.org

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Comité international olympique

Le Comité international olympique (souvent abrégé en CIO) est une organisation créée par le Français Pierre de Coubertin en 1894[1], pour réinstaurer les anciens Jeux olympiques antiques, puis organiser cet événement sportif tous les quatre ans (désormais tous les deux ans, en alternant Jeux olympiques d'été et Jeux olympiques d'hiver).

Depuis 1981, c'est une « organisation internationale non gouvernementale à but non lucratif à forme d’association dotée de la personnalité juridique dont le siège est à Lausanne ». C'est une association dotée de la personnalité juridique, à durée limitée dont le statut est reconnu par la Confédération suisse par arrêté du Conseil fédéral du 17 septembre 1981.

Sommaire

Histoire

À Paris, le 23 juin 1894, en clôture du premier congrès olympique, le baron Pierre de Coubertin fonde le Comité international olympique afin de faire revivre les anciens Jeux olympiques après une absence de plus de 1500 ans[2]. Il voulait ainsi contribuer à bâtir un monde pacifique au moyen du sport en promouvant la communication, le fair-play et l'entente entre les peuples. Le CIO est une organisation dont le but est de localiser l'administration et l'autorité pour les jeux, ainsi que de fournir une seule entité légale qui détient tous les droits et les marques. Par exemple le logo olympique, le drapeau, la devise et l'hymne olympique sont tous administrés et possédés par le CIO. Le président du Comité olympique représente le CIO dans son ensemble, et les membres du CIO représentent le CIO dans leurs pays respectifs.

Fonctionnement

Siège du CIO à Lausanne dans le domaine du château de Vidy.
Lau2.jpg

Le CIO est composé de 115 membres qui se réunissent au moins une fois par an, et élisent un président pour une durée de 8 ans. Les membres sont tous des personnes physiques. Le CIO comprend notamment parmi ses membres, des athlètes actifs, d'anciens athlètes, ainsi que des présidents ou dirigeants au plus haut niveau de fédérations internationales de sports, d'organisations internationales reconnues par le CIO. Le CIO recrute et élit ses membres parmi les personnalités qu'il juge qualifiées. Les moyens financiers proviennent d'une part des droits de retransmission télévisée et d'autre part des partenariats avec des sociétés multinationales. La présidence de Juan Antonio Samaranch (1980 à 2001) a vu une explosion des droits télévisés et de parrainage des Jeux. En décembre 1998, éclate le scandale de corruption qui a entouré la désignation de Salt Lake City comme ville organisatrice des Jeux olympiques d'hiver de 2002.

Le CIO, autorité suprême du Mouvement olympique, désigne lors de sa session annuelle les villes hôtes pour les Jeux olympiques d'été comme d'hiver. L'élection de la ville hôte requiert la majorité absolue des suffrages exprimés. Si à un tour donné, aucune ville n'obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, un nouveau tour est effectué en éliminant la ville ayant reçu le moins de voix. Lors du dernier tour s'il y a lieu, les deux finalistes sont convoqués pour assister au résultat final du vote. Le vote est secret et n'ont pas le droit de vote les membres du CIO ayant la même nationalité qu'une ville encore en lice. Le CIO se réunit également en congrès exceptionnels.

Article détaillé : Congrès olympique.

Chargé d'organiser les Jeux olympiques, il en délègue l'organisation matérielle à un Comité local d'organisation des Jeux olympiques (COJO) et l'organisation technique des épreuves retenues au programme de chaque olympiade aux fédérations internationales compétentes. Il gère les Jeux olympiques d'été depuis 1896, ceux d'hiver depuis 1924 et depuis 2010 les Jeux olympiques de la jeunesse[3] organisés pour la première fois à Singapour. Ses membres sont également impliqués dans l'organisation des Jeux régionaux ou continentaux, reconnus par le CIO et gérés par des comités olympiques ad hoc : jeux asiatiques, jeux africains[4], jeux panaméricains, jeux méditerranéens, jeux du Pacifique[5].

Siège social

De sa création en 1894 jusqu'au 10 avril 1915, le siège du CIO est à Paris. À cette date Coubertin décide de le mettre à l'abri des hostilités en le localisant en Suisse à Lausanne. Le CIO s'installe d'abord au casino de Montbenon puis à la villa Mon-Repos et depuis 1968, son siège principal est le château de Vidy sur les rives du lac Léman[6]. En 1986, le CIO inaugure la Maison olympique. Pour la première fois de son histoire, celui-ci possède un bâtiment qui centralise l'essentiel de ses activités dans le monde. Le musée olympique, fondé sous l'impulsion de Juan Antonio Samaranch, est inauguré le 23 juin 1993. Il est situé au bord du lac Léman sur le quai d'Ouchy. C'est le deuxième musée le plus visité de Suisse et il a reçu le Prix du musée européen de l'année en 1995[7].

Article détaillé : Musée olympique.

Les symboles olympiques

Coubertin voulait faire de l'Olympisme une véritable religion laïque. Aussi celui-ci n'échappe-t-il pas à une véritable liturgie marquée par des symboles forts qui se sont établis au fil des Jeux et qui sont actuellement des marques protégées contre toute usage illicite. Sont successivement apparus :

Devise olympique

Le drapeau et les anneaux au musée olympique de Lausanne
Article détaillé : Devise olympique.

Citius-Altius-Fortius : expression latine signifiant plus vite, plus haut, plus fort[8] . Coubertin l'a empruntée au père Henri Didon qui utilisait la formule Citius-Fortius-Altius[9] — exprimée pour la première fois le 7 mars 1891[10] — pour décrire le parcours éducatif du collège Albert-le-Grand d'Arcueil dont il était recteur : plus vite (athlétiquement), plus fort (intellectellement et mentalement), plus haut (spirituellement). Cette expression latine était gravée dans la pierre au-dessus de l'entrée principale de l'établissement et reproduite sous cette forme au frontispice des premières Revue olympique avant de prendre sa forme actuelle.

Credo olympique

Le plus important aux Jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer, car l'important dans la vie ce n'est point le triomphe mais le combat ; l'essentiel, ce n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu. Il s'agit de la forme actuelle du credo tel qu'il apparaît sur le panneau d'affichage à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Pierre de Coubertin a repris puis adopté ce credo après avoir entendu le sermon de l'évêque de Pennsylvanie, Ethelbert Talbot, prononcé à la cathédrale Saint-Paul le 19 juillet 1908, au cours des Jeux de la IVe Olympiade à Londres[9]. Les paroles exactes de Talbot étaient : L'important dans ces Olympiades n'est pas tant d'y gagner que d'y prendre part.

Anneaux olympiques

Article détaillé : Drapeau olympique.

Conçu par Pierre de Coubertin lui-même en 1913, le drapeau olympique est présenté officiellement en juin 1914 au congrès de Paris. Mais du fait de la Grande Guerre, il ne flotte pour la première fois qu'aux Jeux d’Anvers en 1920. Les 5 anneaux entrelacés représentent les cinq continents réunis par l’olympisme et les six couleurs (en comptant le blanc du fond) rappellent les drapeaux de toutes les nations car au moins une d'elles se retrouve dans celui de celles présentes à la création des Jeux en 1896. Ce symbole est donc celui de l’universalité de l’esprit olympique. Depuis, une opinion courante associe un continent à chaque couleur des anneaux (le bleu représentant l'Europe, le noir l'Afrique, le jaune l'Asie, le vert l'Océanie et le rouge l'Amérique)[11].

Serment olympique

Article détaillé : Serment olympique.

« Au nom de tous les concurrents, je promets que nous prendrons part à ces Jeux olympiques en respectant et suivant les règles qui les régissent, dans un esprit de sportivité, pour la gloire du sport et l'honneur de nos équipes. » Écrit par Coubertin, ce serment est prononcé par un athlète du pays hôte tenant le pan du drapeau olympique de sa main gauche. C'est en 1920 à Anvers que l'escrimeur belge Victor Boin a prononcé le serment olympique pour la première fois. Depuis, un juge et un entraîneur du pays hôte prononcent également chacun un serment dont l'énoncé est légèrement différent[12].

Flamme olympique

La flamme et son relais, symboles forts de l'Olympisme
Article détaillé : Flamme olympique.

La flamme olympique est un symbole qui nous vient des Jeux olympiques de l'antiquité au cours desquels une flamme sacrée brûlait en permanence sur l'autel de Zeus[13]. La flamme a été allumée pour la première fois aux Jeux de la IXe Olympiade en 1928 à Amsterdam puis à nouveau pendant les Jeux de la Xe Olympiade en 1932 à Los Angeles. La flamme est allumée dans l'antique stade olympique à Olympie dans la région grecque du Péloponnèse au cours d'une cérémonie par des femmes vêtues de tuniques similaires à celles portées par les Grecs de l'antiquité. La flamme est allumée naturellement par les rayons du soleil d'Olympie, réfléchis à l'aide d'un miroir parabolique. La grande prêtresse remet ensuite le flambeau au premier relayeur[14].

Relais olympique

Article détaillé : Relais de la flamme olympique.

En 1936, Carl Diem, président du comité d'organisation des Jeux de la XIe Olympiade à Berlin, propose d'allumer la flamme en ancienne Olympie et de la transporter jusqu'à Berlin via un relais du flambeau[15]. Son idée est adoptée et la tradition se perpétue depuis lors.

Hymne olympique

Article détaillé : Hymne olympique.

Cantate de Kostís Palamás. Mise en musique par Spýros Samáras en 1896 il est joué pour la première fois à l'occasion de la première olympiade[16]. Cependant il n'est adopté comme hymne olympique officiel par le CIO qu'en 1957.

Les dirigeants olympiques

1896 : le premier Comité international olympique

Liste des présidents du Comité olympique

Le président représente le CIO et préside toutes ses activités. Il est élu par la Session au scrutin secret. Autrefois illimitée, la durée du mandat présidentiel est fixée à huit ans depuis le 12 décembre 1999, renouvelable une fois pour quatre ans. L’article 20 de la Charte olympique définit le rôle du président, notamment sa fonction de représentation.

Liste des vice-présidents actuels

La durée de leur mandat est limitée à quatre ans. Ils ne peuvent exercer que deux mandats consécutifs et doivent attendre ensuite deux ans pour être à nouveau éligibles

Controverses autour du CIO

Opacité

Le CIO étant une organisation non-gouvernementale ses membres, choisis par cooptation par le reste du comité, ne représentent aucun des pays dont ils sont ressortissants. Ce fonctionnement atypique, souvent mal compris, est assimilé à un manque de transparence dans le fonctionnement. Sont le plus souvent visés :

  • le choix des membres en lui-même ressenti comme le fait du prince ou de réseaux plus ou moins occultes. En outre le passé de quelques-uns d'entre eux n'est pas toujours des plus clairs. Certains - dont l'ancien président Avery Brundage - restent suspects de sympathies avec le régime nazi avant la guerre[17] alors que l'ancien président Juan Antonio Samaranch est assurément secrétaire des sports du régime de Franco en 1967[18] ;
  • la désignation des villes olympiques (vote à bulletins secrets). Pour exemple à propos du choix du lieu des Jeux olympiques d'hiver de 2014, le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer, a déclaré : « Si c'est une question de pouvoir politique et de gros sous, alors Salzbourg n'avait aucune chance. Je suis persuadé que le concept que nous présentions était absolument le meilleur. » ;
  • la gestion des fonds. Des critiques sont émises tant sur d'éventuelles compromissions avec les sponsors qui semblent parfois dicter le programme même des jeux que sur l'usage qui est fait de l'argent récolté. Pour la période 2001-2004 le mouvement olympique a généré un revenu de plus de 4 milliards de dollars.

Perte des valeurs olympiques

Depuis Albertville en 1992, la participation des athlètes des pays tropicaux aux jeux d'hiver semble impactée par l'instauration de minima drastiques[19]. L'argument du CIO : les Jeux olympiques d'hiver sont une manifestation quelque peu particulière, étant donné que – pour des raisons tout simplement climatiques et géographiques – ils ne conviennent pas à certains pays du monde, que ce soit au niveau de l'organisation ou de la participation ne semble pas satisfaire tous les détracteurs.

Le choix de Pékin pour les Jeux olympiques de 2008 - qui a entraîné des expulsions massives de populations (1,5 million selon l'ONG COHRE)[20] - a été vigoureusement critiqué par les associations de défense des droits de l'homme[21],[22] et entraîné dans certains pays des manifestations spectaculaires lors de leur traversée par le relais de la flamme[23].

Corruption

Plus grave encore : en 2004 un reportage de la BBC montre que certains membres du CIO, dont Ivan Slavkov, président du Comité olympique, bulgare sont près à monnayer leur soutien lors de divers votes. D'autres soupçons de corruptions ont été établis, notamment lors des jeux de Salt Lake City et de Sotchi[24]. Le CIO a pris des mesures disciplinaires dans les cas avérés.

Notes et références

  1. (fr)[PDF]Premier Bulletin du Comité international des Jeux olympiques, juillet 1894.
  2. Fédération française des Médaillés de la Jeunesse et des Sports, « Pierre de Coubertin, le père de l'olympisme », Le médaillé de la jeunesse et des sports, no 60, avril-mai-juin 2012, p. 7 
  3. http://video.olympic.org/http/yog_fr.pdf Documentation sur les Jeux olympiques de la jeunesse (document PDF)]
  4. Jeux africains sur le site de l'ACNOA
  5. (en) « PNG2015 - PAPUA NEW GUINEA WINS », site officiel du Conseil des Jeux du Pacifique
  6. Le château de Vidy, un siège permanent pour le CIO
  7. The Winners, sur le site du Forum européen du musée
  8. voir : Alain Arvin-Berod (préf. Juan Antonio Samaranch), Les Enfants d’Olympie : 1796-1896, Paris, éd. du Cerf, coll. « L’histoire à vif », mars 1996, 258 p. (ISBN 2-204-05341-4) [présentation en ligne] 
  9. a et b Jean Durry 1997, p. 5
  10. Luis Fernandez 2011, p. 21
  11. Musée olympique, « Les symboles olympiques », 2007 (2e édition), p. 3 [PDF]
  12. Le serment olympique, site du CIO
  13. JO : d'où vient la flamme olympique ?, sur La Dépêche du Midi, 20 juillet 2012
  14. [PDF] La flamme olympique et le relais, Musée et centre d'études olympiques, Lausanne 2002
  15. (en) Hitler's Berlin Games Helped Make Some Emblems Popular
  16. Athènes 1896 - Le saviez-vous ?, sur olympic.org
  17. http://www.lepoint.fr/societe/jo-la-sombre-histoire-du-cio-fascisme-nazisme-et-antisemitisme-05-08-2012-1493156_23.php
  18. http://www.lecoinsport.com/polemique-autour-de-la-photo-montrant-juan-antonio-samaranch-faisant-le-salut-fasciste/
  19. RFI - JO dhiver - Les échanges entre Gueye et le CIO
  20. Center on housing rights and evictions
  21. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=171
  22. JO 2008 le sport version droits humains
  23. La torche éteinte, une fois pour défaillance technique et 4 fois pour une mise à l'abri
  24. http://en.wikipedia.org/wiki/2002_Winter_Olympic_bid_scandal

Bibliographie

Voir aussi

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