Chiffrement

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Exemple de codage à masque jetable

Le chiffrement ou cryptage est un procédé de cryptographie grâce auquel on souhaite rendre la compréhension d'un document impossible à toute personne qui n'a pas la clé de (dé)chiffrement. Ce principe est généralement lié au principe d'accès conditionnel.

Bien que le chiffrement puisse rendre secret le sens d'un document, d'autres techniques cryptographiques sont nécessaires pour communiquer de façon sûre. Pour vérifier l'intégrité ou l'authenticité d'un document, on utilise respectivement un Message Authentication Code (MAC) ou une signature numérique. On peut aussi prendre en considération l'analyse de trafic dont la communication peut faire l'objet, puisque les motifs provenant de la présence de communications peuvent faire l'objet d'une reconnaissance de motifs. Pour rendre secrète la présence de communications, on utilise la stéganographie. La sécurité d'un système de chiffrement doit reposer sur le secret de la clé de chiffrement et non sur celui de l'algorithme. Le principe de Kerckhoffs suppose en effet que l'ennemi (ou la personne qui veut déchiffrer le message codé) connaisse l'algorithme utilisé.

Sommaire

Terminologie : « Chiffrement » ou « Cryptage »

Le terme « cryptage » et ses dérivés viennent du grec ancien κρυπτός, kruptos, « caché, secret ». Le mot « chiffrement » est un terme utilisé depuis le XVIIe siècle dans le sens de chiffrer un message[1].

Le mot « cryptage » ne figure pas dans le Dictionnaire de l'Académie française (neuvième édition entamée en 1992)[2], ni dans le Trésor de la langue française (dont l'édition s'est étalée de 1971 à 1994)[3]. Toutefois il figure dans Le Grand Robert, qui date son apparition de 1980, et on le trouve bien dans certains ouvrages spécialisés[4]. Par ailleurs le verbe « crypter » est souvent employé, surtout au passif, dans le cadre de la télévision à péage (chaînes « cryptées »). L'usage du terme « cryptage » reste cependant contesté[5].

D'autre part, le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française mentionne le mot « cryptage » comme synonyme de « chiffrement » : « La tendance actuelle favorise les termes construits avec crypt-. Plusieurs ouvrages terminologiques récents privilégient cryptage au lieu de chiffrement, terme utilisé depuis longtemps pour désigner cette notion »[6].

Pour ajouter à la confusion, le terme « chiffrage » est reconnu dans le sens de chiffrement par l'Académie française mais n'est pas un terme retenu par l'OQLF[7].

Si l'on veut simplifier, on pourra parler de chiffrement/déchiffrement quand on a la (les) clef(s), et de décryptage quand on n'a pas, ou plus, la clef de déchiffrement (voir plus bas l'explication sur les types de chiffrement).

Deux principaux types de chiffrement

Un système de chiffrement est dit :

  • symétrique quand il utilise la même clé pour chiffrer et déchiffrer.
  • asymétrique quand il utilise des clés différentes : une paire composée d'une clé publique, servant au chiffrement, et d'une clé privée, servant à déchiffrer. Le point fondamental soutenant cette décomposition publique/privée est l'impossibilité calculatoire de déduire la clé privée de la clé publique.

Les méthodes les plus connues sont le DES, le Triple DES et l'AES pour la cryptographie symétrique, et le RSA pour la cryptographie asymétrique, aussi appelée cryptographie à clé publique.

L'utilisation d'un système symétrique ou asymétrique dépend des tâches à accomplir. La cryptographie asymétrique présente deux intérêts majeurs : elle supprime le problème de transmission sécurisée de la clé, et elle permet la signature électronique. Elle ne remplace cependant pas les systèmes symétriques car ses temps de calcul sont nettement plus longs.

Différence entre chiffrement et codage

Les opérations de chiffrement et de codage font partie de la théorie de l'information et de la théorie des codes. La différence essentielle réside dans la volonté de protéger les informations et d'empêcher des tierces personnes d'accéder aux données dans le cas du chiffrement. Le codage consiste à transformer de l'information (des données) vers un ensemble de mots. Chacun de ces mots est constitué de symboles. La compression est un codage : on transforme les données vers un ensemble de mots adéquats destinés à réduire la taille mais il n'y a pas de volonté de dissimuler (bien que cela se fasse implicitement en rendant plus difficile d'accès le contenu).

Le "code" dans le sens cryptographique du terme travaille au niveau de la sémantique (les mots ou les phrases). Par exemple, un code pourra remplacer le mot "avion" par un numéro. Le chiffrement travaille sur des composantes plus élémentaires du message, les lettres ou les bits, sans s'intéresser à la signification du contenu. Un code nécessite une table de conversion, aussi appelée "dictionnaire" (codebook en anglais). Ceci étant, "code" et "chiffrement" sont souvent employés de manière synonyme malgré cette différence.

On peut aussi considérer que le chiffrement doit résister à un adversaire « intelligent » qui peut attaquer de plusieurs manières alors que le codage est destiné à une transmission sur un canal qui peut être potentiellement bruité. Ce bruit est un phénomène aléatoire qui n'a pas d'« intelligence » intrinsèque mais peut toutefois être décrit mathématiquement.

Aspects légaux

En Europe

En France

L'usage de PGP (Pretty Good Privacy), un des premiers logiciels de chiffrement disponibles sur l'Internet, a longtemps été interdit en France, car considéré jusqu'en 1996 comme une arme de guerre de deuxième catégorie. La législation française s'est ensuite assouplie, et le chiffrement symétrique avec des clés aussi grandes que 128 bits a été autorisé. Certains logiciels, comme GNU Privacy Guard, peuvent être utilisés avec n'importe quelle taille de clé symétrique. Enfin, la Loi pour la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004 a totalement libéré l’utilisation des moyens de cryptologie, en revanche leur importation ou exportation est soumise à déclaration ou autorisation[8].

En Suisse

La Suisse a toujours été tolérante vis-à-vis de la cryptographie, le gouvernement est favorable à son utilisation et à son développement qui représente un marché économique. La Loi fédérale sur la Protection des Données (LPD) indique que les données personnelles sensibles doivent être protégées par des mesures techniques adaptées et que la cryptographie est recommandée. Plusieurs entreprises florissantes dans ce domaine sont suisses : Kudelski (chiffrement pour chaînes payantes), Mediacrypt (propriétaire de IDEA), Crypto AG et id Quantique (cryptographie quantique).

La Loi fédérale du 21 juin 1991 sur les télécommunications (RS 784.10) indique que (résumé du texte de loi) :

  • le développement et la création de produits cryptographiques (logiciel ou matériel) n'est soumis à aucune limitation
  • l'utilisation des logiciels cryptographiques n'est soumise à aucune limitation
  • les produits cryptographiques de même que les autres équipements de télécommunications qui peuvent être connectés au réseau public doivent être en accord avec les normes techniques ordonnés par le Conseil Fédéral (mise en conformité par le fabricant ou par une inspection de l'Office Fédéral de la Communication - OFCOM).
  • L'import/export de matériel cryptographique est soumis à une demande de certificat, celui-ci autorise les transactions. Des dispositions particulières sont prévues en ce qui concerne les licences et les applications militaires.

(voir liens externes ci-dessous).

Chiffrement des données numériques et télévision : l'accès conditionnel

Article détaillé : Contrôle d'accès (télévision).

Le contrôle d'accès pour la télévision (en anglais, Conditional Access ou CA) consiste à chiffrer les données vidéo qui ne doivent pouvoir être lues que par les seuls usagers payant un abonnement. Le déchiffrement se fait à l'aide d'un terminal (Set-top box) contenant le module de déchiffrement.

Notes et références

  1. Dictionnaire Le Petit Robert (ISBN 2-85036-066-X).
  2. Selon la version en ligne http://atilf.atilf.fr/academie9.htm
  3. voir le TLFI (version en ligne)
  4. Théorie des codes (Compression, cryptage, correction), sur le site dc219.4shared.com, consulté le 23 novembre 2012
  5. Le Référentiel Général de Sécurité de l'ANSSI, annexe B1 du 26 janvier 2010, p. 29, qualifie d'incorrects « cryptage » et « chiffrage » (ce dernier étant pourtant accepté par l'Académie française) lire en ligne.
  6. Le grand dictionnaire terminologique (GDT)
  7. Ibid.
  8. Tableau de synthèse de réglementation en matière de cryptologie, sur le site ssi.gouv.fr

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

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