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Danielle Mitterrand
| Danielle Mitterrand | |
Danielle Mitterrand en 2007
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| Fonctions | |
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| Épouse du 21e président de la République française | |
| 21 mai 1981 – 17 mai 1995 (13 ans, 11 mois et 26 jours) |
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| Président | François Mitterrand |
| Prédécesseur | Anne-Aymone Giscard d'Estaing |
| Successeur | Bernadette Chirac |
| Présidente de la Fondation France Libertés | |
| 4 mai 1986 – 22 novembre 2011 (25 ans, 6 mois et 18 jours) |
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| Prédécesseur | Création du poste |
| Successeur | Gilbert Mitterrand |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Danielle Émilienne Isabelle Gouze |
| Date de naissance | 29 octobre 1924 |
| Lieu de naissance | Verdun (France) |
| Date de décès | 22 novembre 2011 (à 87 ans) |
| Lieu de décès | Paris (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Parti socialiste |
| Conjoint | François Mitterrand |
| Enfants | Pascal Mitterrand Jean-Christophe Mitterrand Gilbert Mitterrand |
| Religion | Catholicisme |
| modifier |
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Danielle Mitterrand, née Danielle Émilienne Isabelle Gouze le 29 octobre 1924 à Verdun (Meuse)[1] et morte le 22 novembre 2011 à Paris, est l'épouse de François Mitterrand, le président de la République française de 1981 à 1995. Elle a créé la fondation France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand en 1986, et l'a présidée jusqu'à sa mort.
Sommaire |
Biographie
Jeunesse
Origines
La mère de Danielle Gouze, Renée Flachot, est institutrice et son père, Antoine Gouze, est principal de collège. Ils sont laïcs et républicains et sont tous deux militants de la SFIO. En 1940, Antoine Gouze refuse de recenser, comme on le lui demandait, les élèves et professeurs juifs de son collège et est révoqué par le gouvernement de Vichy. Il s'installe alors à Cluny où il donne des cours particuliers. Durant la période 1940-1942, sa famille héberge régulièrement dans la clandestinité les membres du réseau de Résistance Combat dont notamment son dirigeant Henri Frenay.
Au moment de sa naissance, son père est le directeur du lycée public de garçons de Verdun, le lycée Buvignier. Ses parents sont militants de la laïcité scolaire et sont donc opposés au principe de l'école privée. Ils déménagent pour travailler dans une école du Jura. Danielle est d'abord interne dans un collège lyonnais, est ensuite scolarisée dans le collège Broussais à Dinan, le collège pour filles, puis la seule fille élève du lycée de garçons que dirige son père (le lycée Roger-Vercel à Dinan).
Danielle Gouze passe son baccalauréat en 1941 à Annecy, échoue, le repasse et le réussit l'année suivante.
Engagement dans la Résistance
Danielle Gouze s'engage à dix-sept ans, dans la Résistance en tant qu'agent de liaison[2], tandis que ses parents hébergent des maquisards. Sa sœur aînée Christine Gouze est, elle aussi, dans la Résistance en tant que « boîte aux lettres » pour le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Elle se lie d'amitié avec la résistante Berty Albrecht avant que cette dernière ne soit arrêtée.
Mariage et famille
Sa sœur aînée Christine Gouze lui présente au sein de leur réseau de Résistance, au début de l'année 1944 « François Morland » (nom de code de François Mitterrand). Alors qu'il anime un réseau de résistance parisien, il doit fuir vers la Bourgogne. C'est Danielle Gouze qui l'aide, notamment à bord du train où elle accepte de jouer l'amoureuse transie, pour tromper la vigilance de la Gestapo[3]. Mais arrivés à destination, la réalité prend le pas sur l'artifice et ils se fiancent. Elle l'épouse après la Libération, le 28 octobre 1944 à la mairie, puis à l'église Saint-Séverin à Paris.
Famille
François et Danielle Mitterrand ont trois enfants :
- Pascal, né en 1945 et mort deux mois après sa naissance ;
- Jean-Christophe Mitterrand, né le 19 décembre 1946 ;
- Gilbert Mitterrand, né le 4 février 1949.
Son frère Roger Gouze, né en 1912 et mort en 2005 est écrivain.
Sa sœur aînée, Madeleine Gouze, dite Christine Gouze-Rénal, née en 1914 et morte en 2002, productrice de cinéma, est mariée, de 1959 à sa mort avec l'acteur Roger Hanin.
De la Nièvre à la rue de Bièvre
Danielle Mitterrand vit dans la Nièvre, lorsque François son mari, devient député en 1946 (elle fait campagne aux côtés de son mari), puis conseiller général. Ils s'installent a Paris, où son mari occupe le poste de ministre des Anciens Combattants ; elle, s'occupe de la Commission pour la répartition des subventions aux orphelins.
Ils déménagent à Paris, d'abord à Auteuil puis rue Guynemer. Elle est à ses côtés lors des élections présidentielles de 1965. Pendant la campagne de l'élection présidentielle de 1981, elle pose pour Paris-Match en se présentant comme une femme très simple, dans le but de se présenter en opposition radicale à l'épouse du président en exercice, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, d'allure plus bourgeoise. Ses hobbies sont la reliure et le scrabble.
Épouse du président de la République (1981-1995)
Après l’élection à la présidence de la République de son mari, François Mitterrand, en 1981, la nouvelle « première dame » de France se plie au protocole en remplissant ses obligations d'hôtesse pour les invités de marque ; néanmoins, elle prévient qu'elle compte imposer son style : « Je ne suis pas une potiche »[3]. Celle qui préfère se faire nommer « l'épouse du président de la République » que « première dame de France » a son bureau personnel au palais présidentiel de l'Élysée, mais habite toujours au 22, rue de Bièvre (5e arrondissement de Paris). Le couple présidentiel passe ses vacances à Latche, où est même invité le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev[4].
L'épouse du Président Mitterrand, à l'image de Michelle Auriol, fait redécorer le palais, notamment par Jean-Michel Wilmotte, Philippe Starck et Gérard Garouste (ce dernier déclare alors que Danielle Mitterrand se plaint de son travail : « La bonne vient de m'annoncer que ça ne plaît pas à Madame Mitterrand. Même Jules II, quand Michel-Ange peignait la chapelle Sixtine, n'a pas dû envoyer son valet de chambre ») et fait informatiser son service de trois collaboratrices. Elle s'occupe personnellement des jardins.
Prises de positions en politique internationale
Elle se crée un espace autonome d'engagement politique tiers-mondiste très marqué. Ses prises de positions politiques et humanitaires, très ancrées à gauche, à l’égard de Fidel Castro (déclarant notamment que « L’expropriation des compagnies américaines ne m’a pas déplu. Oui, j’ai applaudi l’échec de la tentative de déstabilisation menée par les cubains anticastristes de Miami pilotée par la CIA »), des guérilleros salvadoriens, des zapatistes mexicains ou du sous-commandant Marcos[5].
Ces positions ont quelquefois mis François Mitterrand dans une situation diplomatique délicate durant sa présidence. Mais son indépendance lui permet de négocier la libération de nombreux prisonniers politiques. Elle crée notamment en 1986 la Fondation France-Libertés, reconnue d'utilité publique, organisation non gouvernementale de type humanitaire.
Prises de positions en politique intérieure
Elle est également la première épouse d'un président français à clairement prendre position sur la scène politique nationale : lors d'une interview au Journal du dimanche en décembre 1986, elle critique fortement le gouvernement de droite de Jacques Chirac qui, selon elle, « fait tout et n'importe quoi »[6].
En 1989, lors de l'affaire des foulards islamiques de Creil, Danielle Mitterrand déclare le 20 octobre :
« Si aujourd'hui deux cents ans après la Révolution, la laïcité ne pouvait accueillir toutes les religions, toutes les expressions en France, c'est qu'il y aurait un recul. Si le voile est l'expression d'une religion, nous devons accepter les traditions quelles qu'elles soient[7]. »
En 1993, elle critique publiquement la politique d'immigration du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Le président s'agace mais ce sont les députés de la majorité, dont Pierre Mazeaud, qui répondent, dans une tribune intitulée « Qui veut faire taire Danielle ? ». Elle n'en a cure et, en mai 1995, indigne la classe politique en embrassant Fidel Castro[3].
Après l'Élysée
Elle reste active entre la fin du mandat de son époux, en 1995 et sa mort en 1996.
Lors du référendum sur le projet de texte constitutionnel européen, en 2005, elle s'oppose à une partie de sa famille en prenant officiellement position pour le « non », mettant ainsi l'aura de son ancien mari dans la balance. Elle refuse cependant de dire pour qui elle a voté lors de l’élection présidentielle de 2007[8]
Danielle Mitterrand publie, en novembre 2007 une autobiographie intitulée Le Livre de ma mémoire.[9]
En 2011, elle soutient officiellement le Chef Raoni dans sa lutte contre le Barrage de Belo Monte. Elle fête en octobre le 25e anniversaire de sa Fondation.
La fin d'une vie
D'une santé fragile, elle est à plusieurs reprises hospitalisée : en octobre 2010 après une chute à Madrid[10], puis en septembre 2011 pour insuffisance respiratoire. Le 18 novembre 2011, elle est à nouveau hospitalisée pour une anémie jugée sérieuse, et est plongée dans un coma artificiel[11].
Danielle Mitterrand s'éteint quelques jours plus tard, le 22 novembre 2011, à l'hôpital Georges-Pompidou, à l'âge de 87 ans.
Le 26 novembre 2011, Danielle Mitterrand est inhumée à Cluny dans le caveau familial.
France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand
Création
En 1986, elle crée la fondation France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand, par la fusion de trois associations fondées peu après 1981. Elle est destinée à répondre aux appels de détresse de femmes et d’hommes démunis et opprimés, en lançant des actions de sensibilisation et en finançant des actions de terrain portées par les habitants eux-mêmes[12].
Dès ses débuts l'association soutient le peuple tibétain et lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Elle est l'une des premières à prendre conscience du fléau que constitue le virus du Sida en Afrique et lutte pour une meilleure diffusion des antirétroviraux. Elle a pris position en faveur des indépendantistes Sahraouis, des Kurdes et des peuples indiens d'Amérique latine, de Leonard Peltier à travers sa préface de l'ouvrage : Écrits de Prison.
Présidence du jury du prix de la Mémoire
Depuis 1988, Danielle Mitterrand présidait le jury du prix de la Mémoire, une distinction qu'elle a remis à nombre de ses récipiendaires[13].
Priorités
Elle a mis le droit d'accès à l'eau au premier rang des droits humains, décidant d'en faire une de ses priorités au côté de l'éducation, de la démocratie participative et de l'économie responsable. Elle propose également de redéfinir la notion de richesse, grâce à la mise en place de nouveaux indicateurs de richesse basés sur d’autres critères que la richesse-argent, comme les richesses naturelles, l'éducation ou encore la transmission des savoirs.
Citation de Danielle Mitterrand[14] :
« Aujourd’hui, France Libertés, forte de ses actions dans le monde, qu’elles soient construction d’école au Mali, lutte contre la peine de mort ou pour l’instauration du droit d’accès à l’eau pour tous, veut résister à l’oppression économique et politique internationale et aider à construire un monde solidaire et pacifique. Vous aussi, vous avez votre place à nos côtés. Conjuguons ensemble ces deux verbes au futur. »
Récompenses
En 1996 Le prix Nord-Sud "a été remis à Danielle Mitterrand, présidente de la Fondation France Libertés, pour ses prises de position en faveur de la protection des droits de la personne et, de manière symbolique, aux femmes algériennes, pour leur lutte quotidienne pour la liberté"[15].
En 1999, le Dalaï Lama lui a remis le prix Lumière de la vérité[16].
Ouvrages
- La levure du pain, édition n°1, 1992
- En toutes libertés, Ramsay, 1996.
- Ces hommes sont avant tout nos frères, Ramsay, 1996 (sur les indiens du Chiapas).
- Le printemps des insoumis, éditions Ramsay, 1998
- La torture en Tunisie : Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie, Le Temps des cerises, 2000.
- Echanger la vie, éditions Actes sud, 2000
- Le Livre de ma mémoire, Édition Jean-Claude Gawsewitch, 2007 (ISBN 978-2-3501-3089-7) et Folio n° 4833
- Mot à mot, Le Cherche midi, 2010 (ISBN 978-2-7491-1577-1).
- Ce que je n'accepte pas, entretiens inédits avec Gilles Vanderpooten, L'Aube, janvier 2012.
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- Rencontre avec Danielle Mitterrand Video - à l'occasion de la sortie de son autobiographie, elle explique le combat de sa fondation.
- Danielle Mitterrand dans VIP sur KTO.
- Vidéo de Danielle Mitterrand pour les 25 ans de France Libertés
- Site de la Fondation Danielle Mitterrand - France Libertés
- Site du livre "Ce que je n'accepte pas", le dernier ouvrage de Danielle Mitterrand
Notes et références
- "Danielle Mitterrand, les combats d'une militante", Le Monde, 22 novembre 2011
- Biographie sur le site du nouvelobs
- « Premières dames : à chacune son style - Danielle Mitterrand », Linternaute.com, 2007.
- « Latche : Mitterrand/ Gorbatchev », sur ina.fr.
- Elle est notamment présente lors de la conférence au Chiapas, pendant l'été 1996, dans le cadre de la révolte du Chiapas
- D. Frémy, Quid des présidents de la République française ... et des candidats, Robert Laffont, 1987, 552 p.
- Article de Libération du 23 octobre 1989. Voir aussi Voile islamique dans les écoles en France
- "Danielle Mitterrand chez Ruquiez" sur le site dailymotion
- Le Livre de ma mémoire Sur le site evene.fr
- "Danielle Mitterrand hospitalisée à Paris" sur 20minutes.fr
- "Danielle Mittérand placée dans un coma artificiel" sur lejdd.fr
- le site officiel de France-liberté
- L'express international: Numéros 1995 à 2007, 1989, p. 5 « le 4 décembre, au dalaï-lama du « prix de la mémoire », dont le jury était présidé par Danielle Mitterrand »
- Associations à la Une - France Libertés
- d'apres le site du conseil de l'Europe
- Du Sahara au Tibet, les combats de Danielle Mitterrand Le Nouvel Observateur du 22 novembre 2011
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