John Travolta et Kelly Preston : le divorce ?
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Dot
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Une dot est un échange de biens qui accompagne le mariage dans certaines cultures. Il peut s'agir de biens dont la femme ou le mari sont dotés par leurs familles, mais aussi d'un don entre époux, ou d'un don à la famille de l'épouse ou de l'époux. Toutefois, l'anthropologie distingue la dot, apportée par la famille de l'épouse au ménage, du prix de la fiancée, don fait à la famille de l'épouse (à la différence du douaire, fait directement à l'épouse).
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Forme
La dot, dans l'usage actuel, se dit pour l'ensemble des cadeaux que l'un des mariés apporte à sa nouvelle famille, ou une forme de paiement aux parents de leur futur époux.
Pourtant, la dot traditionnelle européenne se dit uniquement de l'apport du père à sa fille au moment du mariage, affectée aux besoins du ménage. Elle consiste le plus souvent en le trousseau qui comprend linges, vaisselle, un couvert, bijouterie et divers textiles. De nos jours, la dot se perpétue de façon diluée dans certaines coutumes, par exemple dans les pays anglo-saxons, où ça tombe traditionellement à la famille de la mariée de payer la cérémonie et le repas de mariage.
En Afrique, la dot, ou plus précisément le prix de la fiancée, est offerte par l'homme à la famille de la femme. Cette méthode est parfois critiquée par les détracteurs de la dot qui estiment que l'homme achète sa femme. Or, dans bien des cas, surtout en Afrique, il est clairement dit durant la cérémonie que ce qui est apporté ne représente pas un achat de la femme. Il s'agit de cadeaux apportés à la famille dans le but d'une alliance entre deux familles. On estime que le bonheur d'un couple ne se construit pas par eux seuls, mais avec l'aide des proches, notamment la famille. Cette ouverture aide à consolider davantage les couples dans la durée dans une logique communautaire. Dans certaines régions d'Asie, les hommes, trop pauvres, kidnappent leur femme.
L'une des formes adoptées par une dot peut être la bague de mariage. La liste de mariage est aussi une tradition qui peut être considérée comme une dot. Elle est essentiellement composée de présents pour la famille : pagnes (tissus traditionnels servant à faire des vêtements sur mesure) pour les femmes, alcool pour les hommes (le plus souvent, il s'agit d'alcools traditionnels). La liste de mariage est aussi composée de mets destinés à la mère (viande, légumes, condiments, épices, huiles végétales, fruits...) et qui traduit la gratitude du futur marié pour avoir élevé sa fiancée jusqu'à maturité (car en général, l'éducation de la jeune fille est le fruit des efforts maternels).
Représentation
La dot est vue comme un acte symbolisant les fiançailles et officialisant le fait que les fiancés sont « pris ». C'est aussi un moyen pour l'homme, de s'assurer qu'il ne sera pas haï par sa nouvelle famille. Dans de nombreuses cultures africaines, la dot prouve la capacité du jeune homme à prendre en charge une famille puisqu'il lui est demandé de fournir lui-même les cadeaux qu'il apporte. C'est également un élément d'alliance entre les familles puisqu'elles se fait en présence des membres des familles élargies de part et d'autre. Dans beaucoup de cultures en Afrique de l'Ouest, ce sont généralement les oncles et les tantes des fiancés qui président la cérémonie, et non leurs propres parents. Cela suppose, et donc exige, une certaine harmonie familiale, la famille devant être vécue au sens large et non une cellule nucléaire. Suivant les ethnies, la dot a un sens symbolique très fort. La dot est aussi un geste de gratitude de la part de la famille du marié envers la famille de la mariée pour avoir élevé et pris soin de cette dernière.
Historique
En Grèce antique, le prix de la fiancée (grec : hédon) était le système d'échange patrimonial au temps d'Homère ; plus tard, aux Ve siècle av. J.-C., c'était la dot (grec : phernē). Le père de la future mariée donnait une dot au futur mari ; c'était la coutume que le père aille chercher des coquillages dans la mer Egée pour les offrir au mari. La cérémonie se faisait sur la plus haute colline de la région et pendant 9 jours.
L'Europe romaine était aussi une société dotale : puisque dans le droit romain la femme n'est pas juridiquement responsable, elle ne possède aucun bien propre, ce qui nécessite une transmission patrimoniale sous forme de dot (latin : dos). La dot était obligatoire pour rendre un mariage légitime. Le régime dotal a été abandonné au profit du douaire durant le haut Moyen-Âge, mais la dot réapparaît au XIe siècle dans la logique du resserrement lignager comme moyen d'exclure les filles de l'héritage, d'abord en Europe méridionale puis en Europe du Nord-Ouest. Elle est d'abord le contre-don du douaire, puis réussit à le reléguer au second plan.[1]
La dot est une possession sous contrôle marital, c'est-à-dire celui du mari. Même si la femme en est propriétaire de son vivant, le mari dispose sur elle un droit de gestion et un droit d'approbation en cas d'aliénation. Après le décès du mari, la dot doit servir à la faire vivre, elle et ses enfants. La dot s'est donc vu transformer, en numéraire et en capital foncier, puis augmenter au rhythme de l'essor économique par des droits complémentaires : droit de viduité (usufruit), augment de dot, et d'autres gains de survie. La dot a enfin été abandonnée en Europe occidentale au cours du XIXe et XXe siècles.[2]
D'autres dotations
L'Europe a connu d'autres genres de dons. Ainsi, les sociétés polygynes celtes (v.irl. coibche), germaniques (v.angl. weotuma) et slaves (pol. wiona) pratiquaient tous au haut Moyen-Âge le prix de la fiancée à côté de la dot. Les Irlandais échangeaient le plus souvent le prix de la fiancée contre une dot (tochur), ce qui égalisait les dotations et assurait le partage de la communauté patrimoniale lors d'une rupture. Quant aux Germains, le prix pour la fiancée se limitaient aux cas du plein mariage, autrement dit, un mariage à une épouse principale. Pour les co-épouses inférieures ou temporaires, chez certains peuples germaniques, il était fréquent que le mari offre ce qu'on appelle un don du matin (lomb. morgincap, all. Morgengabe, néerl. morgengaaf) qui avait le caractère d'un pretium virginitatis, ce qui signifie que ce don n'était donné que si la jeune mariée était vierge avant la nuit de noces. La Morgengabe était soit à la libre disposition de la femme, soit gérée par l'homme durant sa vie. Au décès du mari, la veuve disposait de la Morgengabe en tant que gain de survie à une époque où très peu de gens prévoyaient de gain de survie au conjoint survivant. D'autres sociétés ont aussi connu un tel don, par exemple les Gallois (cowyll).
Notes
- Didier Lett, Famille et parenté dans l'Occident médiéval, Ve-XVe sècle, Paris, Hachette, 2000, p. 102.
- Lett, op. cit., pp. 126-31.
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