Edmond Jouhaud

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Officier général francais 5 etoiles.svg Edmond Jouhaud
Général Edmond Jouhaud (avec sa casquette blanche de l'Armée de l'air), à gauche Jacques Soustelle, à droite général Raoul Salan durant le coup du 13 mai 1958.

Naissance 2 avril 1905
Bou-Sfer, Algérie française
Décès 4 septembre 1995 (à 90 ans)
Royan, France
Origine Drapeau de France France
Allégeance France
Algérie française (1961)
Arme Armée de l'air
Grade Général d'Armée aérienne
Années de service 1926 - 1961
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Distinctions Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des TOE
Croix de la Valeur militaire
Médaille de la Résistance

Le général Edmond Jouhaud, né le 2 avril 1905 à Bou-Sfer, à une vingtaine de kilomètres d'Oran en Algérie française, mort à Royan en 1995, fut un général d'armée aérienne. Il fit une brillante carrière dans l'armée de l'Air avant de participer au putsch d'Alger en avril 1961 qui lui valut une condamnation à mort. Il est amnistié en 1968.

Sommaire

Origine

  • Il était le benjamin d'une famille de six enfants, descendant d'une lignée originaire de Limoges, établie en Algérie en 1870.
  • Il fit ses études primaires à Oran puis obtint le baccalauréat au lycée Lamoricière d'Oran.

Né le 2 avril 1905, de parents instituteurs[1], à Bou-Sfer (future célèbre base aérienne française), près d’Oran en Algérie.

Carrière

Edmond Jouhaud entre à Saint-Cyr en 1924 ; Il en sort en 1926 dans l’aviation et est affecté au 35e régiment d’aviation. Il sert de 1930 à 1932 en Afrique Occidentale Française (A.O.F.). Promu capitaine en 1935, il sert de nouveau en A.O.F. jusqu’en 1937. Admis en 1938 à l’École supérieure de guerre aérienne, il est promu commandant le 3 septembre 1939. Affecté à l’état-major des forces aériennes et des forces terrestres antiaériennes du nord-est, il prend par la suite le commandement d’un groupe aérien de reconnaissance. Affecté en 1942 au cabinet militaire du Secrétaire d’État à l’aviation, il est placé en 1943, sur sa demande, en congé d’armistice. Après avoir tenté sans succès de rejoindre l’Angleterre, il entre dans la résistance, dans la région de Bordeaux, sous les ordres du général Revers, chef de l’Organisation de Résistance de l’Armée (O.R.A.).

Rappelé en activité en 1944, il prend le commandement du groupe aérien spécial 1/36, puis est affecté au commandement des transports aériens militaires. Colonel en 1946, il est sous-chef d’état-major de l’air en 1947 et est appelé en 1948 au commandement de l’armée de l’air en Tunisie.

Promu général de brigade aérienne en 1949, il commande les forces aériennes tactiques en Afrique du nord, puis l'école des mécaniciens de l’armée de l'air. En 1951, il est nommé commandant de la 1re région aérienne, puis désigné comme auditeur au Centre des Hautes Études Militaires. En 1952, est nommé commandant de la 1re division aérienne puis commandant des forces aériennes françaises en Allemagne.

En 1954, promu général de division aérienne, il est commandant de l’armée de l’air en Extrême-Orient. De retour en métropole, il est nommé major général de l’armée de l’air puis, le 1er février 1955, chef d’état-major des forces de l’armée de l’air. Il prend rang de général de corps aérien en 1956, prend le commandement de la 5e région aérienne en Algérie en 1957 et devient adjoint interarmées au général Salan, commandant supérieur interarmées en Algérie.

Général d’armée aérienne en 1958, il est chef d’état-major de l’armée de l’air, puis, en 1960, inspecteur général de l’armée de l’air.

Mis en disponibilité sur sa demande en 1960, il participe au coup d’état d’Alger (21-25 avril 1961) avec les généraux Challe et Zeller bientôt rejoints par le général Salan. Après son échec, il plonge dans la clandestinité et devient l’adjoint du général Salan à la tête de l’OAS, en charge de la région d’Oran. Arrêté le 25 mars 1962, il est condamné à mort le 13 avril 1962 par le Haut tribunal militaire. Il échappe de très peu à l’exécution, sa peine étant commuée en une peine de détention criminelle à perpétuité le 28 novembre 1962 après plus de sept mois passés dans une cellule de condamné à mort. Libéré de la prison de Tulle en décembre 1967, il est amnistié en 1968 et réintégré dans ses grade et prérogatives en 1982. Il est élu en 1969 à la présidence du Front National des Rapatriés.

"On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir... On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de se renier, de se parjurer." Hélie Denoix de Saint Marc.


Grand Officier de la légion d’honneur, croix de guerre 39-45 et des T.O.E., croix de la valeur militaire, médaille de la résistance et titulaire de nombreuses décorations étrangères, Edmond Jouhaud est l’auteur de plusieurs ouvrages :

- Histoire de l’Afrique du Nord, Editions des deux coqs d’or

- Ô mon pays perdu De Bou-Sfer à Tulle Editions Fayard 1969

- La vie est un combat Souvenirs : 1924-1944 Editions Fayard 1975

- Ce que je n’ai pas dit Sakiet, OAS, Evian Editions Fayard 1977

- Youssouf Esclave, mamelouk et général de l’armée d’Afrique Editions Robert Laffont

- Serons-nous enfin compris ? Editions Albin Michel 1984

Edmond Jouhaud est mort le 4 septembre 1995.

Carrière militaire

Portrait d'Edmond Jouhaud.
  • 1926 : entrée dans l'armée de l'Air à sa sortie de Saint-Cyr, il est détaché à l'École pratique d’aviation puis affecté au 358e régiment d'Aviation ; il est promu lieutenant à vingt- trois ans en 1928.
  • À partir de 1930, il sert pendant deux ans dans l'aviation en AOF
  • En 1935, il est promu capitaine et sert à nouveau en AOF.
  • le 24 mai 1938, il est admis à l'École supérieure de guerre aérienne.
  • le 3 septembre 1939 (le jour de la déclaration de guerre), il est promu commandant et affecté à l'état-major commandant les forces aériennes et les forces terrestres anti-aériennes Nord-Est, puis il reçoit diverses affectations.
  • 1940 : fait prisonnier, il s'évade, entre dans la Résistance sous les ordres du général Revers, chef de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) ;
  • 1944 : rappelé en activité, il est affecté à l'état-major à la 6e subdivision prend le commandement du groupe aérien spécial 1/36.
  • le 25 décembre 1944 : promu lieutenant-colonel ;
  • le 1er août 1946 : promu colonel ;
  • 1948 : il est appelé au commandement de l'armée de l'Air en Tunisie.
  • le 10 mars 1949 : promu général de brigade, il commande les forces aériennes tactiques en Afrique du Nord ;
  • 1954 : promu général de division et nommé commandant de l'armée de l'Air en Extrême-Orient ;
  • 1er février 1955 : nommé chef d'état-major des forces de l'armée de l'Air, (plus haute fonction dans l'armée de l'Air).
  • 1956 : promu général de corps aérien, il prend le commandement de la Ve Région aérienne à Alger ;
  • 1958 : promu général d'armée aérienne, il est nommé Chef d'état-major de l'Armée de l'air, puis inspecteur général de l'armée de l'Air ;
  • le 15 octobre 1960 : mis en disponibilité à sa demande, il quitte l'armée définitivement.

Participation au putsch d’Alger

  • 1961 : avec les généraux Maurice Challe, Raoul Salan et André Zeller, il est l'un des quatre généraux organisateurs du putsch à Alger du 22 au 25 avril ;
  • 1962 : après l'échec du putsch, il devient le chef de l'Organisation armée secrète (OAS) en Oranie, il est arrêté le 25 mars et condamné à mort le 13 avril par le Haut Tribunal militaire. Après sept mois passés dans une cellule de condamné à mort, il échappe de très peu à l’exécution. Le général de Gaulle le gracie le 28 novembre, grâce à une intervention de Jean Foyer[2], et parce que Georges Pompidou, Sudreau, Giscard d'Estaing, Joxe, Mesmer, Pisani .. auraient mis leur démission dans la balance[3]. Sa peine est commuée en détention à perpétuité.
  • 1967 : il quitte la prison de Tulle en décembre. Il bénéficiera de l'amnistie en juillet 1968 ;
  • 1969 : élu président du Front national des rapatriés.
  • 1982 : réintégration dans les cadres de l'armée.

Décorations

Œuvres

  • Histoire de l’Afrique du Nord, Les deux coqs d’or,
  • Ô mon pays perdu - De Bou-Sfer à Tulle, Fayard, 1969,
  • La vie est un combat - Souvenirs : 1924-1944, Fayard, 1975,
  • Ce que je n’ai pas dit - Sakiet, OAS, Évian, Fayard, 1977,
  • Youssouf, esclave, mamelouk et général de l’Armée d’Afrique, Robert Laffont,1980
  • Serons-nous enfin compris ?, Albin Michel, 1984.


Toponymie

Une esplanade du général Jouhaud existe à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes) depuis 1998. Sur cette esplanade se trouve notamment la piscine municipale et le collège public Joseph Pagnol[4].

Notes et références

http://www.salan.asso.fr

Précédé par Edmond Jouhaud Suivi par
Général d'armée aérienne Max Gelée
CEMAA - Chef d'état-major de l'armée de l'air
1er octobre 1958 - 14 mars 1960
Général d'armée aérienne Edmond Jouhaud

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