Estrie

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45°28′53.6″N 71°40′4.5″O / 45.481556, -71.667917

Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec la région touristique des Cantons-de-l'Est
Estrie
LocationEstrie.png
Localisation de l'Estrie au Québec
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Type Région administrative
Province Drapeau : Québec Québec
Siège Sherbrooke
Autres villes Magog, Coaticook, Lac-Mégantic, Windsor
Président de la CRÉ Maurice Bernier
Géographie
Superficie 10 195 km2
Population
Population 309 975 hab. (en augmentation 2010[1])
Densité 30,4 hab./km2
Gentilé Estrien,
Estrienne
Langue(s) Français, Anglais
Groupes ethniques Canadiens français, Canadiens anglais d'origine américaine
Un lac de la région de l'Estrie

L'Estrie est une région administrative du Québec[N 1] située le long de la frontière avec les États-Unis, à l'est de la Montérégie et au sud de Centre-du-Québec. Ses villes principales sont Sherbrooke, Magog, Coaticook, Lac-Mégantic et Windsor. Elle est composée de six municipalités régionales de comté (MRC) et de 89 municipalités locales.

On distingue l'Estrie, région administrative, de la région touristique qui porte le nom de Cantons-de-l'Est : elles n'ont pas exactement les mêmes frontières, les MRC de La Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi étant exclues de la première[N 2],[N 3].

Sommaire

Présentation

L’Estrie était appelée initialement en anglais « Eastern Townships », nom que les premiers colons anglophones (fin XVIIIe siècle) utilisaient pour désigner la région, l'écrivain Antoine Gérin-Lajoie le traduira en français par Cantons de l'Est en 1858, une référence aux cantons suisses.

Son nom vient de la création du système de tenure britannique, le canton, en 1791, permettant la concession de terres aux colons loyalistes venus s'établir dans cette région après l'indépendance des États-Unis d'Amérique. À l'époque, le Québec rural francophone utilisait la tenure française, le système des seigneuries. Comme la plupart des loyalistes s'était établi dans la partie de la colonie qui forme aujourd'hui une partie de l'Ontario (et par conséquent à l'ouest des francophones), la dénomination « Eastern Township » permettait de distinguer cet établissement.

En 1946, Monseigneur Maurice O'Bready proposera de changer cette désignation officieuse par le terme Estrie, plus facile à intégrer à la langue française par l'adjectif estrien. D'autant plus que le vocable « Cantons de l'Est » est une traduction littérale.

Située à 1h45 minutes au sud-est de Montréal et à quelques heures seulement de Québec, l'Estrie est à la frontière nord de trois États des États-Unis : le Maine, le New Hampshire et le Vermont. Ses régions touristiques voisines sont la Montérégie à l'ouest, le Centre-du-Québec au nord et Chaudière-Appalaches à l'est.

Certains villages estriens (comme Beebe Plain, près de Rock Island, et Stanstead) sont carrément divisés en deux par la frontière américano-canadienne.

Histoire

L'Estrie forme un territoire d'une superficie d'environ 1,6 million d'hectares, s'étendant des seigneuries au sud du fleuve Saint-Laurent jusqu'aux frontières américaines et de la rivière Richelieu à la rivière Chaudière.

La richesse de son sol et de son sous-sol, la splendeur de ses collines et de ses montagnes, la beauté sauvage de plusieurs centaines de lacs en font l'une des plus magnifiques régions du Québec. Cette région, fortement appréciée de nos jours par les villégiateurs et les touristes, était, sous le régime français (1534-1760), un immense territoire réservé aux Abénaquis de la grande famille Algonquine qui ont été refoulés des États de la Nouvelle-Angleterre, à la fin du XVIIe siècle.

En 1792, le gouvernement impérial fait tailler en 93 « cantons » le territoire dénommé Comté de Buckinghamshire et désigne chacune de ces sections d'un nom emprunté à la carte d'Angleterre.

1792 Division du Buckinghamshire en Townships, naissance des Cantons de l'Est.

Il semble que l'on a pris au hasard et sans beaucoup d'efforts d'imagination, des vocables d'endroits affectionnés dans la Grande-Bretagne et rien dans cette nomenclature ne rappelle un fait glorieux ni même une particularité géographique. Remarquons qu'aucun nom francophone n'est attribué.

Désigné sous le nom de Haut Saint-François, ce paradis de chasse et de pêche fut longtemps parcouru seulement par les Amérindiens et des trafiquants de fourrures. À cette époque, aucune colonisation n'avait été faite, on retrouvait seulement un poste de traite situé aux Grandes-Fourches, première appellation de la ville de Sherbrooke.

Sous le régime Anglais, à partir de 1760, cette situation s'est maintenue jusqu'à la déclaration d'Indépendance américaine. À cette date, les habitants de la Nouvelle-Angleterre, demeurés fidèles à la Couronne Britannique, durent s'exiler. Une bonne partie de ces gens que l'on nommait "Loyalistes" immigrèrent au Canada; les autorités décidèrent alors de leur concéder des terres situées dans cet immense territoire encore inhabité.

Mais il faut faire attention avec le terme "loyaliste". Les terres étaient offertes gratuitement sur base d'un serment d'allégeance à la Couronne britannique. L'attrait de la gratuité des terres fit que de nombreux Américains de sentiments politiques divers n'ont pas hésité à prêter serment pour avoir accès à ces terres. Il serait donc plus juste de parler de peuplement américain pour cette région[2].

La concession de ces terrains s'effectua sous forme de canton (township) d'une superficie de 100 milles carrés (10 milles x 10 milles).

C'est à ce moment qu'apparaît la désignation de "Eastern-Townships" par opposition aux "Western Townships" du Haut-Canada ; ce territoire est la province actuelle de l'Ontario, créée par l'Acte constitutionnel de 1791 parce que les loyalistes refusaient de vivre sous la même loi que les Canadiens, d'origine française.

La colonisation est lente à s'affirmer ; le gouvernement du Bas-Canada (Québec actuel), méfiant à l'endroit des colons, ces Américains arrivés 30 ou 40 ans après l'indépendance américaine et refusés en Ontario pour mauvaises mœurs. Plusieurs squatteront les terres avant même qu'elles soient concédées. De plus, vu que cette région n'est pas encore défrichée, plusieurs Américains ignoreront être en territoire du Bas-Canada lors de leur établissement illégal. De ce fait, après 1792, la forte majorité des colons des Cantons de l'Est proviennent des États-Unis[3].

Le gouvernement laissera se débattre avec peu de ressources ces colons. Il ne leur ouvre qu'en 1811 le Chemin Craig, reliant Québec à Richmond, en passant par les cantons de Leeds, Halifax, Chester, Tingwick et Shipton.

Sans l'aide des administrateurs, les Cantons de l'Est se développeront conjointement avec les États de la Nouvelle-Angleterre. Avant l'arrivée du chemin de fer dans la région, il est plus facile de faire du commerce avec Boston et Portland aux États-Unis qu'avec Montréal et Québec. Les colons américains avaient développé plusieurs routes passant au travers des montagnes pour communiquer avec les États-Unis et faire des échanges commerciaux[4].

Vers 1840, on assiste à l'arrivée massive d'immigrants irlandais et d'Écossais attirés par la compagnie des terres "The British American Land Co." Ils occuperont la région à l'est de Sherbrooke et Compton. Pour leur part, les Irlandais catholiques seront surtout présent en ville, étant peu habitués au type d'agriculture pratiqué dans cette région. Ils seront nombreux à Richmond et Sherbrooke[5].

Même si les premiers Canadiens-français arrivent vers 1812 dans la région, il faut attendre vers 1840 pour y voir un début d'immigration francophone. Leur nombre deviendra appréciable à compter des années 1850-1860.

Aujourd'hui, la population de l'Estrie est majoritairement francophone (près de 90 %[6]).

Les chemins de pénétration

Carte des premiers chemins - 1860
Diligence sur le Chemin Craig, en 1811

En 1810, le Chemin Craig relia Lévis à Shipton, jusqu'à Richmond, en passant dans le canton de Chester; aussi la Route du Saint-François et le chemin Sherbrooke-Stanstead, ouvrent les premières voies de pénétration.

Les chemins de fer

Le premier chemin de fer au Canada ouvrit en 1836, et s’ensuit une période frénétique de construction ferroviaire qui n’épargna pas l’Estrie qui fut desservi dès 1851 via Richmond. En 1853 cette même ligne, le St-Lawrence & Atlantic fut prolongée jusqu’à Portland, Maine, aux États-Unis. En 1854, Richmond fut relié à Charny (au sud de Québec) et en 1861, ce fut au tour de Waterloo d’être relié par le Stanstead, Shefford & Chambly Railroad. Ces deux compagnies furent ensuite absorbées par le Grand-Trunk, qui devint plus tard le « CNR », ou le Canadien National. Suite à tous ces développements, l’Estrie se retrouva avec le réseau ferroviaire le plus dense du Québec.

Les premiers arrivants francophones

Le surpeuplement des seigneuries amène les habitants riverains du fleuve à rechercher de l'espace vital. On voit alors quelques hardis bûcherons s'enfoncer dans la forêt, se construire des cabanes et s'y installer à titre de "squatters". Vers 1850, le travail du clergé catholique en faveur de la colonisation contribue à arrêter l'émigration massive de la jeunesse du Bas-Canada vers le voisin américain.

On voit alors des milliers de familles canadiennes-françaises pénétrer dans les derniers cantons encore vierges que l'on appelle, à cette époque, "Terrains des Prêtres"; non pas parce que ces cantons, Ham, Wotton, Weedon, Garthby, Stratford et Winslow et autres appartiennent au clergé, mais plutôt parce que celui-ci en prêche intensément l'occupation par les Canadiens français.

Tourisme

Aujourd'hui le nom « Estrie » est utilisé pour désigner la région administrative, alors que le nom « Cantons-de-l'Est » désigne la région touristique.

Situé au sud du fleuve Saint-Laurent, la région touristique des Cantons-de-l'Est fait partie du Québec du Sud[7] , regroupement destiné à la promotion touristique des régions du sud du Québec sur les différents marchés internationaux.

La région touristique contient trois parcs nationaux offrant de nombreuses activités de plein-air:

Le parc national de la Yamaska se retrouve dans la région touristique des Cantons de l'Est, mais dans sa partie qui fait partie de la Montérégie.

Le relief varié, l'architecture typiquement loyaliste de certains villages (quelques uns font partie de l'Association des plus beaux villages du Québec) et la présence de plusieurs lacs font partie des attraits touristiques de la région.

Démographie

  • Population : 309 975 (2010)
  • Superficie : 10 195 km²
  • Densité : 29,2 hab./km²
  • Taux de natalité : 10,3 ‰ (2006)
  • Taux de mortalité : 7,6 ‰ (2006)

Source: Institut de la statistique du Québec


Politique et administration

Municipalités régionales de comté

Représentation provinciale

Notes et références

Notes

  1. Le numéro de la région administrative Estrie est le 05.
  2. Les MRC de La Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi font en effet partie de la région administrative de la Montérégie.
  3. Beaucoup de sources, probablement parce que celles-ci sont généralement à saveur plus touristique qu'administrative, semblent avoir tendance à inclure La Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi dans les Cantons-de-l'Est. C'est notamment le cas, entre autres, des panneaux bleus posés par le Ministère des Transports le long des routes et souhaitant aux visiteurs la bienvenue dans les « Cantons-de-l'Est » à l'entrée de La Haute-Yamaska par le nord ou l'ouest et Brome-Missisquoi par l'ouest ou le sud. Un voyageur se fiant à ceux-ci pour déterminer dans quelle région il se trouve en conclura donc que les Cantons-de-l'Est comptent huit MRC et non six. D'où l'importance de faire la distinction de nos jours entre les Cantons-de-l'Est (une région touristique) et l'Estrie (une région administrative).

Références

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jean-Pierre Kesteman, Histoire des Cantons de l'Est, Québec, IQRC, 1998 
  • Jean-Pierre Kesteman, Aborder l'histoire des Cantons-de-l'Est, Sherbrooke, GGC, 2007 (ISBN 978-2-89444-220-3) 
  • (en) Ham-Nord Portrait de famille 1864-1989, Bibliothèque nationale du Québec 1988, Bibliothèque nationale du Canada 1988.
  • (en) C. Andræ, Lines of Country, Boston Mills Press, 1997

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