Front de libération nationale corse

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Fronte di Liberazione Naziunale Corsu
FLNC
Image illustrative de l'article Front de libération nationale corse

Idéologie Indépendantiste
Objectifs Indépendance de la Corse
Statut Actif
Fondation
Date de formation 5 mai 1976
Fondé par Jean-Michel Rossi, Yves Stella
Pays d'origine Drapeau de France France
Actions
Mode opératoire Attentats à la bombe, assassinats
Victimes (morts, blessés) Environs 9 morts dont 5 assassinats[1]
Zone d'opération Drapeau de France France
Période d'activité 1976-1983 (officiellement) - aujourd'hui
Organisation
Membres Plus de 1000 dans les années 1990[réf. nécessaire]
Branche politique A Cuncolta Naziunalista
Financement Impôt révolutionnaire
Groupe relié Brigades révolutionnaires corses, Armée de libération nationale corse, FLNC Canal Historique, FLNC-Canal Habituel, FLNC-Union des combattants

Le Front de libération nationale corse (Fronte di Liberazione Naziunale Corsu, FLNC) est un mouvement armé nationaliste créé en 1976 et toujours actif aujourd'hui. Il milite pour l'indépendance de la Corse.

Sommaire

Historique

Années 1970

Bannière érigée par des nationalistes exigeant la libération d'Yvan Colonna.

Dans la nuit du 4 au 5 mai 1976, vingt-deux déflagrations secouent la plupart des localités de Corse, ainsi que des quartiers de Nice et de Marseille. Imprimés dans la région parisienne à 20 000 exemplaires, et convoyés dans des conditions rocambolesques jusque dans l'île, des tracts laissés sur place portent la signature de l'organisation à l'origine de ce que l'on nommera désormais une « nuit bleue », d'une ampleur sans précédent : le Front de libération nationale Corse vient d'annoncer de façon spectaculaire sa création.

Le FLNC lance une autre série d'attentats à la bombe à travers l'île le 20 mai. La série d'attaques et de l'émergence de ce dernier coïncide avec le procès de 10 membres de l'Action régionaliste corse, récemment dissous et responsables du décès des 2 gendarmes français[2]. Durant l'été, le FLNC devient plus actif : il commet une nouvelle vague d'attentats à la roquette et au mortier contre la gendarmerie de Aghione par l'utilisation d'un lance-grenades M79[3]. Débute alors une spéculation sur la Libye, qui aurait fourni des armes à ce dernier, en raison de son soutien actif à des groupes terroristes en Europe, telle que l'Armée républicaine irlandaise (IRA).

En septembre 1976, le FLNC cible plusieurs hauts-responsables de l'armée française : un général a manqué une tentative d'assassinat lorsque sa voiture a été criblée de balles, son conducteur ayant perdu une oreille dans l'attaque. Par ailleurs la maison d'un autre officier supérieur de la ville a été la cible d'un attentat à la bombe[4].

En 1977, le FLNC reste peu actif. En avril de la même année, un certain nombre d'attaques contre des locaux associés à des nationalistes corses et du FLNC est perpétré. Les attaques ont été revendiquées par un nouveau groupe anti-indépendantiste se faisant appeler FRANCIA (Front d'Action Nouvelle Contre l'Indépendance et l'Autonomie)[5].

Bien que d'autres groupes anti-indépendantistes ont existé en Corse, le FRANCIA semblait être le seul groupe capable de mener à attaques contre les nationalistes corses. Le 14 mai, le groupe a détruit les presses du Arritti (une publication corse nationaliste) dans un attentat à la bombe. Le FLNC a répondu à ces attaques en effectuant un raid audacieux sur Fort-Lacroix, près de Bastia, le 24 mai et au début du mois de juin en détruisant une grande partie de la gare de Bastia dans un attentat à la bombe.

Le mois suivant ces derniers ont lancé une « nuit bleue » contre 27 cibles du FRANCIA et font détonner une bombe à la station de relais de télévision au Serra di Pigno[6]. Le 13 janvier 1978, le FLNC lance l'« opération Zara » et procède au plasticage de la base aérienne de l'OTAN à Solenzara.

En mai 1978, le FLNC subit un revers important : 27 membres présumés de l'organisation sont à la fois arrêtés en Corse et en France métropolitaine lors d'une opération de police[7]. La police découvre une cache d'armes dans la ville de Cardo lors d'une enquête sur un cambriolage ordinaire. Plus de 300 personnes seront interrogées et plus de 60 seront détenues par les autorités. D'autres suspects sont par ailleurs arrêtés à Paris, Nice et Lyon. En décembre 1978, le FLNC augmente ses attaques contre des casernes de police : la gendarmerie de Borgo est ratissé par des tirs de mitrailleuses lourdes, résultant en une peur que le FLNC serait maintenant apte à concentrer ses attaques sur les personnes ainsi que sur des cibles matérielles[8]. À ce moment le FLNC a également commencé à exiger que ses prisonniers soient traités comme des prisonniers politiques.

En 1979, le nombre d'attaques augmente. Entre les mois de janvier et de mars, plus de 115 attentats à la bombe sur l'île sont recensés[9]. En juillet, un certain nombre de militants sont capturés, ce qui entraîne un manque d'activité de la part du FLNC. Il annonce alors une « nouvelle offensive dans la lutte de libération » et a conseillé les Corses qui étaient membres de la police ou l'armée à quitter l'île[10]. Le 10 mars, dix banques à travers la Corse sont la cible d'attentat à la voiture piégée. Le 10 avril, trois banques à Paris sont également endommagées par des explosions et plus tard le Palais de Justice de Paris est dévasté par une bombe à retardement, coûtant plus de 3 millions de francs de dommages.

La fin des années 1970 et début des années 1980 marque un tournant décisif de la politique FLNC, semblable à celle employée par l'IRA : le FLNC décide de « porter le problème corse aux Français » en commettant des attentats à la bombe en France métropolitaine. Le 6 mai 1979, le FLNC commet un attentat contre 20 banques de Paris et le 30 mai d'autres banques seront également touchées[11].

Années 1980

Le 14 mai 1980, le FLNC commet un attentat au palais de justice de Paris et une attaque à la mitraillette sur les quatre gendarmes qui gardaient l'ambassade iranienne, en blessant trois de ces derniers[12]. Les années 1980 ont également vu les partisans du FLNC devenir moins discrets en termes de manifestations et activités politiques. Le FLNC a continué à appeler ses prisonniers à recevoir un statut politique. Des manifestations de masse en faveur du statut politique des prisonniers corses étaient fréquentes.

En novembre 1980, 12 prisonniers du FLNC à Paris réalisent une grève de la faim dans le but de protester contre l'inégalité de traitement pour les prisonniers corses nationalistes, méthode employée par l'IRA en Irlande du Nord[13]. Le 1er avril 1981, le FLNC appelle à une trêve pendant la durée des élections présidentielles et après la victoire de François Mitterrand, annonçant qu'ils étendraient le cessez-le-feu afin de « voir comment les choses évoluent »[14].

Le 18 septembre 1981 le FLNC annonce la fin de son cessez-le feu lors d'une conférence de presse tenue dans les montagnes du centre de la Corse, condamnant les autonomistes pour avoir tenté d'utiliser les « canaux habituels inutiles du système politique » et s'opposant à la politique française d'apaisement, avant de déclarer que la lutte armée allait reprendre et que le FLNC ne sera pas prêt de déposer les armes[15].

Le 19 août 1982, le FLNC lance une nouvelle « nuit bleue » au cours de laquelle 99 attaques ont été menées contre des cibles gouvernementales. Au milieu des années 1980, l'organisation intensifie également ses actions contre le trafic de drogue, tuant 4 dealers présumés en l'espace de douze mois en 1986. En 1988, le FLNC convient une trêve avec l'État français. Toutefois le cessez-le-feu reste ignoré par certains membres de l'organisation, ce qui entraîne une scission au sein du mouvement[16].

Années 1990

Les années 1990 voient l'organisation du FLNC se déchirer par une série de querelles meurtrières internes : le FLNC Canal Historique et le FLNC-Canal Habituel sont fondés. Une grande partie de la raison pour laquelle les scissions et querelles était les rivalités politiques des membres au sein de l'organisation ainsi que les différends personnels.

En 1991, un commando du FLNC parvient à tirer son chemin hors d'une embuscade et d'évasion lors d'une fusillade avec la gendarmerie. Le terrorisme du FLNC ne se limite plus également au sol français à partir de cette date : une attaque est commise contre une raffinerie sur l'île voisine de la Sardaigne, alors sous juridiction italienne.

En décembre 1996, les terroristes du FLNC mènent plusieurs attaques à travers la Corse, connue sous le nom d'« offensive de Noël ». À Figari, l'organisation lance une attaque à la mitraillette contre une caserne militaire alors qu'à Zicavo un attentat à la grenade est commis contre une station de police[17],[18]. Ces attentats culminent avec l'assassinat de Claude Érignac le 6 février 1998 à Ajaccio. Ce dernier était le préfet français pour la Corse et le haut représentant de la République française sur l'île. L'attaque fut très médiatisée et critiquée si fortement que le FLNC dut nier qu'il était le responsable[19]. Depuis 1999, les divisions internes et les violations de la trêve caractérisent le FLNC.

Années 2000

Signalisation bilingue, près de Bastia, sur laquelle les versions italiennes (Patrimonio et Barbaggio) ou française (Saint Florent) ont été rayées par des nationalistes.

Le FLNC poursuit ses attaques durant les années 2000, bien qu'à un rythme beaucoup plus réduit par rapport à la fin des années 70[20]. Plusieurs bombes du FLNC n'ont pas explosés et de nombreux projets d'attentats durent être abandonnés.

En 2002, il parvient toutefois à commettre un attentat contre une caserne militaire à Lumio qui a blessé un certain nombre de gendarmes. Des attentats à la bombe contre un certain nombre d'hôtels à Marseille en 2004 et des attentats à la roquette contre un certain nombre de casernes en 2007 en Corse sont revendiqués par le FLNC.

En 2009, il organise un attentat à la voiture piégée contre une caserne de Vescovato. Le FLNC affirme également que toutes les différentes factions se sont réunifiées. Au cours du début des années 2000, le FLNC avait été divisé en FLNC-UC, le FLNC du 5-Mai et le FLNC du 22-Octobre. Plus tard, le 1er février 2010 le FLNC unifié revendique 24 autres attentats[21].

Le 29 novembre 2011, le FLNC revendique 38 actions clandestines dont 33 contre la "spéculation immobilière" et 5 contre l'état français. Aussi, le FLNC revendique dans le même temps l’assassinat de Christian Leoni, responsable du Gang de la brise de mer et auteur possible de la mort de Philippe Paoli, membre du FLNC. C'est le premier assassinat revendiqué depuis 1993[22],[23].

Annexes

Bibliographie

  • (en) The Corsican Time-Bomb, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  • (en) The deadly sin of terrorism, David Charters, New Brunswick: Centre of Conflict Studies, 1994.
  • (en) Encyclopedia of Terrorism, Harvey Kushner, California: Sage Publications. (ISBN 0-7619-2408-6)

Notes et références

  1. http://www.corsematin.com/article/papier/flnc-cinq-assassinats-assumes-en-35-ans
  2. (en) The Corsican Time-Bomb, p.103 Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  3. (en) The Corsican Time-Bomb, p.127, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  4. (en) The Corsican Time-Bomb, p.134, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  5. (en) The Corsican Time-Bomb, p.140-141, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  6. (en) The Corsican Time-Bomb, p.141, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  7. (en) The Corsican Time-Bomb, p.150, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  8. (en) The Corsican Time-Bomb, p.172, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  9. (en) The Corsican Time-Bomb, p.173, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  10. (en) The Corsican Time-Bomb, p.184, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  11. (en) The Corsican Time-Bomb, p.174, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  12. (en) The Corsican Time-Bomb, p.191, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  13. (en) The Corsican Time-Bomb, p.197, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  14. (en) The Corsican Time-Bomb, p.200-201, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  15. (en) The Corsican Time-Bomb, p.205, Robert Ramsay, UK: Manchester University Press, 1983. (ISBN 0-7190-0893-X)
  16. (en) The deadly sin of terrorism, p.104, David Charters, New Brunswick: Centre of Conflict Studies, 1994.
  17. (en) Corsican Separatists Claim Responsibility For Three Recent Attacks
  18. (en) National Front for the Liberation of Corsica - FLNC, Prophetofdoom.net
  19. (en) Encyclopedia of Terrorism, p.265, Harvey Kushner, California: Sage Publications. (ISBN 0-7619-2408-6)
  20. (en) Corsican National Liberation Front, Britannica
  21. http://www.dailymotion.com/video/xc2lqn_fr3-corse-intervention-du-flnc-unif_news
  22. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/12/02/pour-la-premiere-fois-depuis-1993-le-flnc-revendique-un-assassinat_1612650_3224.html
  23. http://www.corsematin.com/article/ajaccio/flnc-38-actions-clandestines-revendiquees

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