Fatah

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Nom arabe فتح
Présentation
Fondation 1959
Secrétaire général Mahmoud Abbas
Fondateur Yasser Arafat
Représentation
Conseil législatif
45 / 132
Orientations
Idéologie nationalisme arabe
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs vert, rouge
Informations
Site web www.fateh.ps

Le Fatah (arabe : فتح soit conquête) est une organisation politique et militaire palestinienne fondée par Yasser Arafat au Koweït en 1959.

Fatah est l'acronyme inversé partiel de «harakat ut-tahrîr il-wataniyy il-falastîniyy», « Mouvement national palestinien de libération » et tient son origine du Front de libération national algérien. Le Fatah est membre consultatif de l'Internationale socialiste.

Sommaire

Histoire

Après les drames de la guerre de Palestine de 1948, les milieux palestiniens, en particulier étudiants, étaient convaincus que le moyen le plus efficace pour défendre les aspirations nationalistes palestiniennes était d'organiser une grande résistance armée sous la forme d'un mouvement national révolutionnaire autonome, indépendant des pays arabes et de toute autre puissance étrangère.

Le Fatah est fondé clandestinement en 1959 par Yasser Arafat, Salah Khalaf et Khalil al-Wazir, alors qu'ils étaient au Koweït. Le Fatah appelle alors à la lutte contre l'État d'Israël avec comme grand objectif de « libérer tout le territoire palestinien de l'entité sioniste ».

La direction du Fatah est collégiale et fonctionne au sein d'un Comité central qui détient le pouvoir exécutif.

Le conseil général de l'organisation, qui rassemble les différentes factions du Fatah élit les membres du Comité central et le Conseil Révolutionnaire qui se réunit à chaque session du Conseil général. Ce sont deux organes de contrôle du Comité Central.

Un des premiers problèmes qui se pose est le financement du mouvement. En raison du caractère clandestin du mouvement, les fonds ne pouvaient provenir que des membres eux-mêmes[1].

La lutte armée contre l'État d'Israël

Les prémices

Le Fatah est installé à Gaza jusqu'au début des années 1960. Le 1er janvier 1965, le Fatah déclenche la lutte armée contre l'État israélien en lançant des opérations de sabotage et de guérilla au nom de sa branche armée al-Assifa (« la tempête »).

Lutte intérieure

Après la guerre des Six Jours, le mouvement acquiert énormément d'importance. L'occupation de l'armée israélienne de la bande de Gaza et de la Cisjordanie suite à la défaite arabe renforce le rôle de la guérilla palestinienne.

Le Fatah organise alors la « lutte intérieure » dans les territoires occupés : « il [établit] des (...) bases le long des frontières jordaniennes et libanaises, [réunit] des armes et [organise] des cellules de résistance dans les territoires et particulièrement en Cisjordanie ». Un millier de volontaires venant des camps des réfugiés et de la diaspora palestinienne en Europe rejoignent à cette époque les camps d'entraînement du Fatah tandis qu'Arafat s'installe en Cisjordanie successivement à Qabatiya, Naplouse puis Ramallah. Il est alors à deux doigts de se faire arrêter par le Shin Beth[2].

Arafat quitte ensuite la Cisjordanie pour Karameh, en Jordanie, où il établit son quartier général. Le village abrite également un camp d'entrainement des fedayins à moins de 10 kilomètres du point de passage entre la Jordanie et la Cisjordanie[3].

Entre septembre et décembre 1967, le Fatah organise une soixantaine de tentatives de sabotage mais les forces de sécurité israélienne, armée, police et Shin Beth, en déjouent la plupart par des « actions aussi efficaces qu'implacables ». Ils arrêtent près d'un millier d'agents palestiniens et en abattent près de 200. La tentative de « soulèvement populaire » dans les territoires est un échec et en janvier 1968, on n'enregistre que six tentatives d'attentats[4].

Lutte extérieure

Arafat et la direction du Fatah changent alors de tactique et lancent des incursions depuis la Jordanie. Celles-ci sont régulièrement couvertes par les fantassins et les artilleurs de la Légion arabe. En réponse, Israël érige une clôture barbelée le long du Jourdain avec des systèmes de surveillance électronique et des camps fortifiés dominant les endroits de passage à gué. La plupart des escouades sont « interceptées et supprimées » le long de la frontières mais bien que les incursions diminuent, elles continuent à faire des victimes dans la population civile et Israël répond en menant des raids au-delà du Jourdain[5].

Les fedayin (commandos de combattants palestiniens) multiplient les attaques contre Israël à partir d'États arabes (Jordanie, Liban, Syrie). Les tensions entre les gouvernements (soumis à des représailles israéliennes) et l'OLP s'intensifient. En 1970, le Fatah est débordé par des groupes radicaux membres de l'OLP (notamment le Front populaire de libération de la Palestine) ce qui conduit à l'expulsion des forces palestiniennes de Jordanie vers le Liban au terme de combats particulièrement sanglants avec l'armée jordanienne (Septembre noir).

Changement de politique

Après des attaques terroristes contre des citoyens israéliens (notamment l'assassinat de onze athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de 1972), par le groupe armé Septembre noir (arabe : أيلول الأسود), le Fatah et l'OLP réorientent leur politique, préférant se consacrer à la reconnaissance internationale de la cause palestinienne.

En 1983, le Fatah connait une grave crise interne, à la suite de l'invasion par Israël du Liban. Une scission au sein du mouvement a lieu à cause de profonds désaccords sur la politique de dialogue menée par Yasser Arafat. Arafat en sort finalement renforcé et son mouvement consolide sa domination dans l'OLP.

Au sein de l'OLP, les principaux postes passent aux mains du Fatah, du comité exécutif de l'OLP aux finances, jusqu'au bureau étranger de l'OLP dirigé par des sympathisants du Fatah.

En 1985, la direction de l'OLP est bombardée par les forces israéliennes. La direction est affaiblie mais elle parvient cependant à renforcer sa domination à la faveur de la première Intifada lancée dans les territoires occupés en 1987. Le Conseil National Palestinien prévoit en 1988 la reconnaissance de l'État d'Israël, tout en proclamant un État palestinien ayant comme capitale Jérusalem.

En 1993, les négociations secrètes entre Israël et l'OLP aboutissent à un accord de reconnaissance mutuelle, ainsi qu'à une déclaration ouvrant la voie à la future Autorité palestinienne.

Voir article détaillé, Accords d'Oslo.

En 1996, au terme de la mise en place de l'Autorité Palestinienne, le Fatah tend à incarner l'Autorité Palestinienne, tandis que ses éléments se fondent dans cette nouvelle administration. Le chef historique du Fatah est élu à la tête de l'Autorité, et son parti détient une très large majorité au Conseil législatif palestinien. D'ailleurs, la plupart des fonctionnaires de l'autorité sont d'anciens membres du Fatah, et les forces de sécurité palestiniennes sont essentiellement formées des anciennes brigades de combattants du Fatah.

Le Fatah est directement associé aux échecs de l'Autorité palestinienne. Avec la reprise de la seconde Intifada en septembre 2000, le Fatah recule et c'est le Hamas qui en tire profit. Ainsi, depuis la mort de Yasser Arafat et le lancement de la démocratisation des territoires occupés, le Hamas devient un adversaire sérieux du Fatah.

Le Hamas gagne les élections législatives palestiniennes de 2006 et pour la première fois, le Fatah perd le pouvoir. Cette défaite sonne le glas de la vieille garde du Fatah, accusée par la jeune garde d'avoir conduit le Fatah à la défaite en ne luttant pas assez sérieusement contre la corruption qui gangrène l'économie palestinienne.

Le Hamas souhaitera néanmoins former un gouvernement d'union nationale avec le Fatah, mais les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa menaceront d'assassiner tout membre du Fatah participant à ce gouvernement. Les tensions interpalestiniennes croissantes conduisent le Fatah et le Hamas à l'affrontement. Le Fatah est lui-même miné par les luttes de clans.

Le 4 août 2009, et pour la première fois depuis vingt ans, le Fatah réunit son VIe Congrès général à Bethléem, Congrès qui voit un renouvellement des cadres dirigeants dont le comité central s'ouvre à des représentants de la nouvelle génération - dont Marouane Barghouti - au détriment de la vieille garde[6], tandis que Mahmoud Abbas est réélu à l'unanimité à la tête du parti. Divers analystes y voient la victoire du courant défendant la ligne politique du processus des négociations avec Israël[7].

Le 27 avril 2011, le Fatah et le Hamas concluent un accord de réconciliation en vue des élections générales prévues dans l'année.

Idéologie

Bien que la quasi-totalité des représentants de ce parti soient musulmans, le Fatah se déclare laïque (contrairement, par exemple au Hamas qui est musulman et islamiste) et politiquement neutre (contrairement par exemple au Front populaire de libération de la Palestine d'obédience marxiste). Il représente le mouvement le plus important au sein de l'Organisation de libération de la Palestine.

Nabil Shaath, un des hauts responsables du Fatah et ancien conseiller personnel de Yasser Arafat affirme, « la population de cette nouvelle Palestine inclura tous les Juifs résidents et tous les Palestiniens, qu'ils soient exilés ou soumis à l'occupation, qui choisiront de vivre en Palestine en acceptant un statut égal pour tous sans droits spéciaux ni privilèges. »

Pour le Fatah, le futur État palestinien fera partie intégrante de la « nation arabe fédérée »[8].

Références

  1. Xavier Baron, Les Palestiniens, Genèse d'une nation, p. 93.
  2. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éditions Complexes, 2003, p. 399.
  3. Pierre Razoux, Tsahal, p. 239.
  4. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éditions Complexes, 2003, p. 400.
  5. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éditions Complexes, 2003, p. 401–402.
  6. Mohamed Assadi, « Mahmoud Habas défend le processus de renouvellement du Fatah », agence Reuters dans Le Nouvel Observateur, 13 août 2009 [lire en ligne].
  7. « La mue du Fatah », dans Le Monde, 13 août 2009 [lire en ligne].
  8. Olivier Carré, Le Nationalisme arabe, p. 122.

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