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Force de dissuasion nucléaire française
| France Arsenal nucléaire |
|
|---|---|
| Programme | |
| Date de lancement | 1954 |
| Premier essai nucléaire | 13 février 1960 |
| Premier essai Bombe H | 24 août 1968 |
| Dernier essai nucléaire | 27 janvier 1996 |
| Statistiques | |
| Charge nucléaire la plus élevée | 2,6 Mt (testée le 24 août 1968) |
| Nombre maximal d'armes nucléaires | 540 en 1992 |
| Nombre total d'essais nucléaires | 210 détonations |
| Arsenal courant | En 2011, 298 (40 ogives présentes sur les Rafales et 258 têtes) |
| Portée maximale | 11 000 kilomètres (sous-marin) |
| Traités internationaux | |
| Traités signés | TNP (1968) |
L'histoire de la force de dissuasion nucléaire française, aussi nommée « force de frappe », commence officiellement en 1958, pendant la Guerre froide, lorsque Félix Gaillard, président du Conseil sous la présidence de René Coty, décide de doter la France d'une force de dissuasion nucléaire.
Sommaire |
Objectifs
La base de la doctrine française est la volonté de conférer à l’arme nucléaire un rôle fondamentalement politique. Il s’agit « d’empêcher la guerre » : l’arme nucléaire ne saurait être un moyen de coercition ou une « arme d’emploi », c’est-à-dire une arme utilisable au même titre que les autres. Mais il s’agit également de pouvoir affirmer, sur la scène internationale, que la France ne dépend d’aucune autre puissance pour ce qui est de sa survie.
Une directive présidentielle du 16 décembre 1961 demandait que les forces nucléaires soient capables « d’infliger à l’Union soviétique une réduction notable, c’est-à-dire environ 50 %, de sa fonction économique ». Dans cette directive Charles de Gaulle explique cet objectif : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu'on n'attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu'il y eût 800 millions de Français »[1].
Dans ses mémoires, l'ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing mentionne un ordre de grandeur analogue, en précisant qu’il avait retenu « comme objectif pour notre frappe stratégique la destruction de 40 % des capacités économiques de l’Union soviétique situées en deçà de l’Oural et la désorganisation de l’appareil de direction du pays »[2].
Au début des années 1980, la capacité effective de destruction minimale était de l’ordre de 35 % de la population et de 45 % de la capacité de production industrielle de l'URSS[3].
Le 19 janvier 2006, le président de la République Jacques Chirac, en déplacement sur la base de sous-marins nucléaires de l'Île-Longue, confirme (suite à son discours de juin 2001) que l'utilisation de l'arme nucléaire contre « les dirigeants d'États qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous » et également « à ceux qui envisageraient d'utiliser des armes de destruction massive » pourrait être envisagée. Cependant, il insiste bien sur le fait que l'arme nucléaire n'est pas une arme conventionnelle. Et que la France, dans l'optique de limiter au maximum l'impact sur les civils, se dote de missiles ayant plus de souplesses, de flexibilités et de précisions, comme le missile M-51 (mer-sol) et l'ASMP (air-sol).
Dans ce discours, le président Chirac a notamment précisé que les intérêts vitaux de l'État, défendus par la force de frappe, comprennent notamment — les intérêts vitaux ne sont jamais définis ouvertement — les pays alliés de la France, ouvrant ainsi la voie à une véritable défense européenne.
Le 21 mars 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy se fait le défenseur de la stabilité des conceptions françaises en matière de dissuasion nucléaire, qui demeure « objective » en ce sens qu'elle se positionne « tous azimuts », excluant les frappes préventives, puisqu'elle est « strictement défensive » et a annoncé que l'arsenal français serait réduit à un peu moins de 300 têtes[4].
Historique
C'est avec l'ordonnance 45-2563, du 18 octobre 1945 (presque trois mois après l'explosion des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki), signée par le général de Gaulle, qu'est créé le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Cet établissement a pour mission d'effectuer des « recherches scientifiques et techniques en vue de l'utilisation de l'énergie atomique dans les divers domaines de la science, de l'industrie et de la défense nationale ».
Les forces françaises eurent l'occasion de s'exercer au maniement d'armes nucléaires avec des armes tactiques américaines dans le cadre de l'OTAN sous double clefs dans les années 1950 et 1960. La 11e escadre de chasse équipée de North American F-100 Super Sabre de l'armée de l'air française entre 1963 et 1964[5], les divisions mécanisées modèle 59 qui avaient deux batteries de deux MGR-1 Honest John, et huit batteries de missile sol-air MIM-14 Nike-Hercules armées par les 520 et 521e Brigade d’Engins des Forces françaises en Allemagne dans le Bade-Wurtemberg de 1960 à 1966[6]
Après l'échec de la Communauté européenne de défense, dont le traité impliquait que la France renonçât au nucléaire [7], mais qui fut refusé par l'Assemblée nationale le 30 août 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France signe le 26 octobre 1954 le décret instituant une Commission supérieure des applications militaires de l'énergie atomique et, le 4 novembre, un arrêté créant au sein de celui-ci un Comité des explosifs nucléaires présidé par le général Jean Crépin avec comme secrétaire et rapporteur le professeur Yves Rocard, démarrant officiellement le programme nucléaire militaire français [8].
Mise en place des forces nucléaires
En 1959 est créée la Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques (SEREB), le mandataire de l'État et maître d'œuvre des futurs systèmes d'armes de la Force nucléaire stratégique (FNS). Un an plus tard, la SEREB collabore avec les sociétés Nord-Aviation et Sud-Aviation et établit les programmes des « Études balistiques de base » (EBB), dits des « Pierres Précieuses ». Ils sont destinés à acquérir les technologies nécessaires à la réalisation de la FNS. C'est aussi en 1959 que le premier bombardier Mirage IV, construit par Dassault, est présenté en vol au général de Gaulle lors du salon du Bourget, à peine trois années après la signature du projet.
Et le 13 février 1960 a lieu le premier essai français d'une bombe A à Reggane, dans le Sahara algérien. Suivi en 1961 par l'essai en vol de la fusée AGATE, première de la série des « Pierres Précieuses » au Centre d'essais d'engins spéciaux créé le 24 avril 1947 à Colomb-Béchar en Algérie française.
En 1963, le gouvernement français opte pour la réalisation de deux nouveaux systèmes d'armes, terrestre et naval, avec :
- des missiles sol-sol à tirer d'un silo : le SSBS.
- des missiles mer-sol à tirer d'un sous-marin à propulsion nucléaire : le MSBS,
L'année 1964 marque le début de la permanence de la dissuasion nucléaire française. En effet, le 14 janvier, les Forces aériennes stratégiques sont créées. En février, le premier Mirage IV et le premier avion ravitailleur Boeing C-135 arrivent dans les forces. En octobre, la première prise d'alerte par un Mirage IV, armé de la bombe AN-11, et un avion ravitailleur C-135F a lieu sur base aérienne de Mont-de-Marsan (40). La triade arme nucléaire, avion vecteur et avion de projection est alors opérationnelle.
Au printemps 1966, avec neuf escadrons de Mirage IV, l'ensemble de la 1re composante de la force de dissuasion est réalisée.
Le 24 août 1968 a lieu le premier essai d'une bombe H, sur l'atoll de Mururoa dans l'océan Pacifique.
Les États-Unis partagent secrètement le dispositif de sécurité et d'armement avec la France dans les années 1970[9].
La première unité opérationnelle de la Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol sur le plateau d'Albion est mise en service le 2 août 1971 avec neuf SSBS S2, la seconde le 23 avril 1972[10].
Le 1er décembre 1971 entre en service le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Redoutable.
En octobre 1972, deux escadrons de Mirage IIIE de la 4e escadre de chasse de la forces aériennes tactiques (FATac) se voient confier la mission nucléaire tactique avec l’arrivée de la bombe AN 52[11]
En 1973, 60 Mirage IV répartis sur neuf bases sont désormais en alerte[12].
Le 1er mai 1974, le premier des cinq régiments de missiles Pluton entrent en service dans l'armée de terre française.
Le 1er octobre 1974, deux escadrons de SEPECAT Jaguar de la 7e escadre de chasse sont déclarée officiellement « nucléaire tactique ». Ils seront rejoint dans cette mission par un troisième escadron le 1er janvier 1981. Un escadron abandonnera ce rôle à partir du 31 juillet 1989 suivi par les deux derniers le 31 août 1991[13].
Le 10 décembre 1978, le porte-avions Clemenceau reçoit, suite à une IPER, la qualification nucléaire : un local spécial pour l'embarquement de quatre ou cinq armes nucléaires AN-52 pouvant être utilisé par les Super-Étendard de la Marine nationale y était aménagé[14]; entre 1980 et 1981, c'est le Foch qui est à son tour aménagé dans cette fonction pour une prise opérationnelle de service le 15 juin 1981 [15],[16].
Durant les années 1980, la Force de frappe atteint son maximum avec plus de 500 ogives nucléaires. Le Bulletin of the Atomic Scientists annonçant un pic de 540 ogives en 1992 et un total de 1 260 armes construites depuis 1964[17] :
- Six SNLE basés à l'Île-Longue dans la rade de Brest emportant 384 têtes sur 64 missiles MSBS. En novembre 1987, les SNLE représentent une puissance de destruction de 44 mégatonnes [18] ;
- 18 missile S3 basés sur la base aérienne 200 Apt-Saint-Christol au plateau d'Albion dont la première unité opérationnelle a été mise en service le 1er juin 1980 et la seconde le 31 décembre 1982;
- 30 missiles Pluton dans cinq régiments d'artillerie de l'Armée de Terre, le missile Hadès devait le remplacer ;
- une soixantaine de missiles air-sol ASMP et de bombes nucléaires pouvant être utilisés par les Mirage IV (34 en ligne en 1983[19]), Mirage 2000N, Dassault Jaguar de l'Armée de l'air et les Super-Étendard de la Marine nationale.
Le 11 septembre 1991, le Président de la République annonce le retrait anticipé des missiles Pluton dont les derniers seront retiré le 31 août 1993.
Le 8 avril 1992, le président François Mitterrand annonce la mise en place d'un moratoire sur les essais nucléaires. Le 13 juin 1995, nouvellement élu, le président Jacques Chirac annonce que huit essais nucléaires auront lieu de septembre 1995 à janvier 1996. Ces essais ont pour but de récolter assez de données scientifiques pour simuler les futurs essais. Une vague de contestation internationale a lieu. Le 29 janvier 1996, dans un communiqué, la présidence annonce, après le sixième essai (qui a eu lieu le 27 janvier sur l'atoll de Fangataufa en Polynésie) sur les huit prévus à l'origine, que la France met fin aux essais nucléaires. Avec ce dernier tir, c'est 210 explosions qui ont été réalisées par la France depuis l'acquisition de l'arme atomique en 1960.
Suite à la fin de cette dernière campagne de tests, la France signe le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) le 24 septembre et démantèle ses installations de tests dans le Pacifique. Le Parlement ratifie le TICE le 6 avril 1998, engageant ainsi la France à ne plus jamais réaliser d'essais nucléaires.
En 1996, les 18 silos de missiles sol-sol du plateau d'Albion dans le Vaucluse sont désactivés.
Au début du XXIe siècle, les tests grandeurs natures ne sont plus effectués. Les missiles sont testés et modélisés en laboratoire.
Description
Les sites
Les lieux de fabrication des têtes nucléaires, du commandement, ainsi que les bases des vecteurs nucléaires sont situés à différents endroits sur le territoire français :
- Poste de commandement Jupiter au palais de l'Élysée (commandement pour l'ensemble des forces nucléaires françaises) ;
- Mont-Verdun et Taverny (commandement de la Force Aérienne Stratégique) ;
- Mont-de-Marsan (base aérienne 118) ;
- Istres (base aérienne 125) : Mirages 2000N et ravitailleurs C-135FR ;
- Valduc (site de fabrication des têtes nucléaires) ;
- l'Île-Longue (près de Brest) (base de la Force océanique stratégique française (FOST) ;
- le plateau d'Albion (18 silos de missiles sol-sol et une base aérienne) (démantelé en 1996) ;
- la base d'aéronautique navale de Landivisiau, où siègent les Super-Étendard armés de missiles ASMP.
Armes
Au 15 août 2004, l'Observatoire des armes nucléaires françaises estime[20] (car il n'existe aucune donnée rendue publique) l'état des forces nucléaires françaises à 348 têtes nucléaires, dont :
- 4 sous-marins embarquant 16 missiles chacun, pour un total de 288 têtes (six par missile), réparties en trois lots de 96 chacun :
- Le Triomphant (SNLE-NG)
- Le Téméraire (SNLE-NG)
- Le Vigilant (SNLE-NG)
- Le Terrible (SNLE-NG)
- En règle générale, les quatre SNLE se relaient pour des missions de patrouilles de dix semaines environ. La puissance nucléaire totale par sous-marin est équivalente à 1 000 fois la puissance de Little Boy largué sur Hiroshima[21].
- 70 missiles air-sol ASMP :
- 50 sur Mirage 2000N
- 10 sur Super-Étendard
- 10 sur Rafale
Le poste de commandement se trouve au palais de l'Élysée, au « PC Jupiter » (il fait aussi office d'abri anti-aérien et centre de commandement stratégique en général). Le président de la République dispose d'un PC mobile (aussi appelé "mallette" présidentielle) lors de ses déplacements à l'étranger, elle est toujours à disposition du président c'est pourquoi on peut la voir sur certaine images officielles.
Seul le président de la République a connaissance des codes de lancement des armes. Ces codes sont remis de façon confidentielle à son successeur lors de la passation de pouvoir.
Principaux programmes des années 2000
Plusieurs programmes ont eu lieu dans les années 2000 :
- la poursuite de la construction des sous-marins nucléaires de nouvelle génération (SNLE-NG) de la Classe Le Triomphant dont le 4e et dernier exemplaire entre en service en septembre 2010
- le développement du nouveau missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP-A) dont la livraison à eu lieu entre 2008 et 2011[22]
- l'entrée en service du missile balistique M-51, effective le 27 septembre 2010,
- démantèlement depuis fin 1997 des deux sites de production de matières fissiles de qualité militaire (Marcoule pour le plutonium militaire, devra être achevé en 2050 et de l'usine militaire de Pierrelatte pour l'uranium hautement enrichi, fin du démantelement en 2008).
- les différents équipements du programme Simulation, gérés par le CEA. Ce programme doit permettre la mise au point des futures têtes nucléaires, dont la validation se passera d'essais en vraie grandeur, à l'aide du supercalculateur TERA-10, du Laser Mégajoule et de l'installation Airix.
Budget
Depuis la chute de l'Union soviétique et le changement dans la doctrine de la dissuasion nucléaire qui en a découlé, le budget du maintien de la Force de frappe a été réduit :
| Année | Crédits de paiement (en milliards d'euros constants de 2005) |
Part dans le budget de la Défense (titres V[25] et VI[26]) |
|---|---|---|
| 1990 | 6,20 | 31,4 % |
| 1995 | 3,63 | 21,9 % |
| 2000 | 2,63 | 19,1 % |
| 2005 | 3,15 | 20,7 % |
| 2010 | 3,55 | 21 % |
Débat public et opposition
Au sein du Sénat français, le débat porte d'avantage sur le rôle de la dissuasion nucléaire dans la défense française que sur son opportunité[27]. Toutefois, des manifestations pacifistes ont régulièrement lieu à proximité des sites de stockage de ces armes, comme à l'occasion des commémorations des 60 ans des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki[28].
Critique des essais nucléaires
Le Traité de Non-Prolifération nucléaire ne contient aucune disposition visant à limiter les droits d'un État doté de l'arme nucléaire (cinq États, dont la France, sont « dotés » au sens du traité) à procéder à un essai nucléaire.
Les organisations antinucélaires françaises et internationales ont toujours critiqué les essais nucléaires. Au premier rang figure Greenpeace qui, à partir de 1972, envoya des navires perturber les tirs d'essais à Moruroa. S'en suivit des tentatives identiques continues, systématiquement repoussées par la Marine nationale. Cette lutte conduisit à la tragique affaire du Rainbow Warrior en juillet 1985.
La reprise d'une série de six essais nucléaires souterrains en Polynésie française, décidée le 13 juin 1995 par le président Jacques Chirac, afin de valider les modèles de simulation numérique des essais, a provoquée une vague de contestation au niveau national et international. À l'issue de ces essais, achevés le 27 janvier 1996, la France a signé, en mars 1996, le traité de Rarotonga qui a créé une zone dénucléarisée dans le Pacifique Sud et a signé le 24 septembre 1996 le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, mettant ainsi un point final à la polémique. Le traité a été ratifié le 6 avril 1998.
Il est à noter qu'en avril 2012, à l'inverse de la France, la plupart des états détenteurs (ou potentiellement détenteurs) de l'arme atomique n'ont pas signé ce traité (Corée du Nord, Inde, Pakistan), ou l'ont signé mais pas ratifié (Chine, États-Unis, Iran, Israël), ce qui le rend inefficace.
Doctrine
Les critiques portent également sur la doctrine de la dissuasion française. Avec la chute de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, l'intérêt d'une force de frappe nucléaire est remis en question par certains de ces opposants : les intérêts vitaux de la France n'étant plus menacés directement par aucune puissance majeure (selon Jacques Chirac), ils jugent que la réponse nucléaire n'est plus pertinente[citation nécessaire]. La citation complète de Jacques Chirac met tout de même en évidence que les intérêts vitaux de la France peuvent toutefois être mis en danger par de nouveaux types d'ennemis, ce qui justifie la mise en place d'un nouveau type de dissuasion nucléaire qui a pu être appelé "du fort au fou" (par opposition à la dissuasion du faible au fort précédemment face à l'URSS).
Modernisation
Les critiques portent actuellement surtout sur la modernisation et l'adaptation des armes nucléaires françaises, qui constituent selon eux un encouragement à la prolifération nucléaire [citation nécessaire]. Par exemple, ils considèrent que le nouveau missile M-51 contreviendrait aux dispositions de l'article VI du TNP par lequel la France s'engage à procéder à terme au désarmement de son arsenal nucléaire[citation nécessaire]. Cependant, le texte complet stipule que ceci interviendra dans le cadre d'un désarmement général et complet (au plan mondial).
Aspect juridique
Les critiques s'appuient sur l'avis consultatif de la Cour internationale de justice en 1996 qui déclare que « la menace ou l'emploi d'armes nucléaires serait généralement contraire aux règles du droit international applicable dans les conflits armés ». Néanmoins, dans ce même avis, la cour précise en conclusion que « au vu de l'état actuel du droit international, ainsi que des éléments de fait dont elle dispose, la Cour ne peut cependant conclure de façon définitive que la menace ou l'emploi d'armes nucléaires serait licite ou illicite dans une circonstance extrême de légitime défense dans laquelle la survie même d'un État serait en cause »[29].
Cet avis a donné lieu à divers commentaires de juristes, publiés le 28 février 1997 dans un numéro de la Revue internationale de la Croix-Rouge consacré aux armes nucléaires[30].
Dimension économique et sociale
Enfin, les critiques portent sur la dimension économique et sociale de la force de dissuasion nucléaire, dont la modernisation s'élève à plus de 10 milliards d'euros (3 milliards pour le seul missile M51) dans le budget de défense[31].
En mars 2012, un sondage Ifop/Mouvement de la Paix (en partenariat avec Témoignage chrétien et l’Humanité) fait apparaître que 81% des Français désirent que la France « s'engage dans un processus de désarmement nucléaire mondial et total » et que 64% ne sont pas favorables à la modernisation des armes nucléaires françaises[32].
Notes et références
- Cité dans Général François Maurin, « La mise en place de la triade stratégique (Mirage IV, SSBS Albion, SNLE) et des chaînes de contrôle », Université de Franche-Comté – Institut Charles de Gaulle, p. 229
- Forces aériennes stratégiques, Serge Gadal, Economica, 2009
- P. Boureille, « 1960 : le projet de constitution d’une force de frappe océanique stratégique comme réponse à la menace soviétique », Revue historique des armées, mars 2004, pp. 63-73
- Discours du président de la République française du 21 mars 2008 [lire en ligne]
- Amicale des anciens de la 11e EC - Les avions
- (en) French Army Air Defense Missiles Nike & Hawk - G. Dessornes, 2007 [PDF]
- Michel Clapié, Manuel d'institutions européennes, 3e éd., Champs Université Flammarion, Paris, 2010, p. 121-128
- Pierre Mendès France et la recherche scientifique et technique - Jean-Louis Rizzo, La Revue pour l’histoire du CNRS, no 6 - mai 2002
- Les États-Unis ont un programme secret de sécurisation de l'arsenal nucléaire pakistanais - Sylvain Cypel, Le Monde, 20 novembre 2007 (site d'Europe Solidaire Sans Frontières)
- SSBS et MSBS , Les fusées en Europe, Université de Perpignan
- La 4e Escadre de chasse - Site de la base aérienne116
- Henri de Wailly, Cette France qu'ils aiment haïr, L'Harmattan, 2004 (ISBN 2-7475-7277-3), p. 31
- La 7e Escadre et ses Escadrons, Association des Personnels et Amis de la 7e Escadre de Chasse
- Guide d'accueil du porte-avions Clemenceau R98
- Georges Croulebois, Pont libre, Éditions des 7 vents, 1993, (ISBN 287716-052-1), p. 211
- Marc Théléri, Initiation à la force de frappe française (1945-2010), Stock, 1997, (ISBN 2234047005), p. 100
- (en) Robert S. Norris, Hans M. Kristensen, « Global nuclear weapons inventories, 1945–2010 » sur http://bos.sagepub.com/, Bulletin of the Atomic Scientists, 1er juillet 2010. Consulté le 22 février 2011
- Patrick Boureille, « L’outil naval français et la sortie de la guerre froide (1985-1994) » sur http://rha.revues.org, Revue historique des armées, 2006. Consulté le 26 octobre 2009
- Allocution prononcée par le Premier ministre de la France, Pierre Mauroy, le 20 septembre 1983, lors de la séance d'ouverture de la 36e session de l'IHEDN [PDF]
- État des forces nucléaires françaises au 15 août 2004 - Observatoire des armes nucléaires françaises
- Les dégâts du Triomphant minimisés ? - Le Figaro, 19 février 2009
- Les derniers ASMPA ont été livrés fin 2011 sur Mer & Marine, 5 mars 2012. Consulté le 22 mars 2012
- Rapport du Sénat sur le Projet de loi de finances pour 2005 : Défense - Nucléaire, espace et services communs
- Projet de loi de finances 2010 : Budget de la défense - 30 septembre 2009 [PDF] (voir archive)
- Titre V : recherche et études ; développement, fabrication de matériels et munitions ; infrastructures
- Titre VI : subventions d'investissement
- Rapport d'information n° 36 (2006-2007) du Sénat : La dissuasion nucléaire : quel rôle dans la défense française aujourd'hui?
- 250 manifestants pour la paix et le désarmement nucléaire au Fret (face à l’Ile Longue) le 7 août - Brest-ouVert, 31 août 2005
- (en) Licéité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires, Cour internationale de justice, 8 juillet 1996, p. 44 (85 du PDF). Consulté le 12 novembre 2008 [PDF]
- Revue internationale de la Croix-Rouge no 823 du 28/02/1997 Armes nucléaires Lire en ligne
- Document de la campagne contre le missile M-51[PDF]
- Sondage IFOP de mars 2012
Bibliographie
- Jacques Villain, La Force de dissuasion française, Docavia - Volume 26, Éditions Larivière, 1987
- Marc Théléri, Initiation à la force de frappe française (1945-2010), Stock, 1997 (ISBN 2-234-04700-5)
- Bruno Tertrais, La France et la dissuasion nucléaire, La Documentation française, 2007
Annexes
Articles connexes
- Essais nucléaires français
- Force Hadès
- Général Pierre Marie Gallois
- Plateau d'Albion
- Gendarmerie de la sécurité de l'arme nucléaire
Liens externes
- Dissuader sur le site officiel de la Marine Nationale
- Site officiel des forces aériennes stratégiques
- La dissuasion nucléaire, revue historique des armées n°262, 2011
- Claude Carlier, L'arme nucléaire et le vecteur piloté Mirage IV L'œuvre de la IVe République, Stratisc.org
- Yves Le Baut, « La genèse de l'arme nucléaire française et son évolution », Stratisc.org, 1988
- La dissuasion nucléaire française après la guerre froide
- La Dissuasion nucléaire : quel rôle dans la défense française aujourd'hui ?, 24 octobre 2006 (rapport d'information du Sénat français)
- Laurent Chalard, Le nucléaire militaire français vu des États-Unis : de la méfiance à la coopération, Diploweb, 2007
- David Cumain, L'arme nucléaire française devant le droit international et le droit constitutionnel, 1998-2005, 190 pages
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