Françoise Giroud

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Françoise Giroud
Françoise Giroud 1998.jpg
Françoise Giroud en 1998.

Fonctions
Secrétaire d'État à la Culture
24 août 197630 mars 1977
Président Valéry Giscard d’Estaing
Gouvernement Gouvernement Barre I
Prédécesseur Michel Guy
Successeur Michel d'Ornano
Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Condition féminine
16 juillet 197424 août 1976
Président Valéry Giscard d’Estaing
Gouvernement Gouvernement Chirac I
Prédécesseur Aucun
Successeur Yvette Roudy (en 1981)
Biographie
Nom de naissance Lea France Gourdji
Date de naissance 21 septembre 1916
Lieu de naissance Lausanne (Suisse)
Date de décès 19 janvier 2003 (à 86 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Journaliste

Françoise Giroud, née Lea France Gourdji le 21 septembre 1916 à Lausanne[1], en Suisse, et morte le 19 janvier 2003 à l'Hôpital américain de Paris à Neuilly-sur-Seine, est une journaliste, écrivaine et femme politique française.

Elle prend officiellement le nom de « Giroud[2] » par un décret paru au Journal officiel du 12 juillet 1964[3].

Vice-présidente du Parti radical-socialiste et de l'UDF, elle a été deux fois secrétaire d’État, et fut une personnalité majeure de la presse politique en France.

Sommaire

Biographie

Lea France Gourdji est la fille de Salih Gourdji[4], directeur de l'Agence télégraphique ottomane à Genève, et d'Elda Farragi, tous deux Ottomans et juifs mizrahim.

Son père, né à Bagdad, après des études de droit à Paris, épouse Elda, de Salonique, fille d'un médecin-major, colonel dans l'armée turque. Salih Gourdji meurt précocement de la syphilis en 1919, ce qui met sa mère en difficulté financière.

Lea France Gourdji décide de travailler à quatorze ans et quitte l'école à seize ans (le lycée Molière, à Paris). Après un diplôme de dactylo décroché à l'école Remington, elle est employée dans une librairie du boulevard Raspail.

Elle était membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[5].

Le cinéma et les débuts de journaliste

Grâce aux relations de son père, ami de Léon Blum, elle commence une carrière dans le cinéma à Paris. Dès 1935, sous le nom de France Gourdji elle apparaît comme « secrétaire » dans le générique du film Baccara d'Yves Mirande. Puis elle devient la première femme française scripte de cinéma en étant la script-girl de Marc Allégret (dont elle tombe amoureuse alors que celui-ci entretient une relation avec André Gide dont elle devient le secrétaire[6]) et de Jean Renoir, dont elle est l'assistante-metteur en scène à partir de 1937, puis la co-scénariste et la scénariste ; ces différents métiers lui font découvrir son goût pour l’écriture.

Après l'exode de sa famille à Clermont-Ferrand lors de la Seconde Guerre mondiale, elle retourne travailler pour le cinéma. Elle obtient un droit de travail pendant l'Occupation en utilisant son pseudonyme de Françoise Giroud, comme beaucoup de juifs qui ont demandé à se faire inscrire comme aryens pour éviter la déportation[7]. En 1943, elle écrit dans Le Pont, périodique allemand édité en français, créé en 1940 par la Propagandastaffel et destiné aux travailleurs français en Allemagne[8]. Elle écrit également dans Paris-Soir, dont la rédaction principale est installée à Lyon.

Françoise Giroud est, selon ses propres dires[9], un modeste agent de liaison dans la Résistance pendant la guerre. Elle est arrêtée par la Gestapo sur dénonciation et est incarcérée à Fresnes de mars à juin 1944, date à laquelle le collaborateur Joseph Joanovici la fait libérer[10].

Le journalisme militant

Au sortir de la guerre, ses convictions se sont affirmées, elles se révéleront dans ses prises de position contre la guerre d'Algérie, ce qui lui vaut le plasticage de son appartement, pour la cause des femmes ou pour le journalisme. Elle est engagée par Hélène Lazareff comme directrice de rédaction (1945-1953) pour la création de Elle, alors magazine moderne et féministe. Elle écrit à l'époque aussi dans France Dimanche, l'Intransigeant et France-Soir. Elle fonde L'Express, en 1953, avec Jean-Jacques Servan-Schreiber qui est son amant, journal qu'elle dirige jusqu'en 1974 en tant que directrice de la rédaction, puis de la publication, et comme présidente du groupe Express-Union, entre 1970 et 1974.

Françoise Giroud publie en parallèle à sa carrière journalistique plusieurs essais, dont La Nouvelle Vague, portrait de la jeunesse en 1958, qui impose ce terme pour qualifier le style des nouveaux cinéastes issus des Cahiers du cinéma.

La politique

Malgré un appel à voter François Mitterrand en 1974, elle milite au sein du Parti radical pour la modernisation sociale promise par Valéry Giscard d'Estaing et devient secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Condition féminine, entre juillet 1974 et août 1976, où elle lance « cent une mesures » en faveur des femmes (mise en place de droits propres pour les femmes, lutte contre les discriminations, ouverture des métiers dits masculins, etc). Comme secrétaire d'État à la Culture jusqu'en mars 1977, elle ne marque pas le ministère[réf. nécessaire], entérinant les décisions prises avant elle comme la loi sur l'architecture du 31 janvier 1977 et la création des DRAC.

Candidate aux élections municipales de 1977 à la demande de Giscard d'Estaing et de Michel d'Ornano, dans le 15e arrondissement de Paris, elle est au cœur d'un scandale : le sénateur Maurice Bayron, compagnon de la Libération, porte plainte pour port illégal de la médaille de la Résistance[11]. Djenane, sœur de Françoise, qui a créé et animé un des premiers mouvements de résistance à Clermont-Ferrand dès 1941, a reçu cette distinction après avoir été internée au camp de Ravensbrück. Selon Christine Ockrent et Laure Adler, une lettre reçue par leur mère prouverait que cette médaille aurait été attribuée aux deux sœurs mais que Françoise, qui avait rejoint le mouvement de sa sœur en 1944, n'était pas allée la chercher[12],[13]. Ce scandale entraîne son retrait des élections parisiennes et sa non reconduite au sein du nouveau gouvernement Barre. Sa bonne foi sera finalement reconnue et le procureur classe l'affaire en 1979[11].

Françoise Giroud quitte la politique en 1979 et, inspirée par sa fréquentation des ors du pouvoir, elle écrit La Comédie du pouvoir puis Le Bon Plaisir (1983), adapté au cinéma. Ce dernier livre, publié aux éditions Mazarine, raconte l'histoire d'un président de la République qui cache l'existence d'un enfant adultérin[14].

Associée à un groupe d'intellectuels français dont Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali, Philippe Mahrer, Marek Halter, Alfred Kastler (prix Nobel de physique), Guy Sorman et Robert Sebbag ainsi qu'à des médecins, journalistes et écrivains, elle fonde en 1979 l'association Action Contre la Faim (ACF).

Retour à l'écriture

À sa sortie du gouvernement, L'Express vient d'être vendu à James Goldsmith, et Raymond Aron, éditorialiste du magazine, s'oppose à sa réintégration[15]. Elle signe des chroniques dans le JDD, en est licenciée pour avoir critiqué Paris Match qui trahissait le secret de François Mitterrand et Mazarine Pingeot. En 1983, Jean Daniel lui propose d'être éditorialiste au Nouvel Observateur, où elle écrit durant vingt ans. Elle produit également plusieurs émissions de télévision et publie essais, biographies et romans à succès. Elle est alors appelée comme membre du jury du prix Femina en 1992.

Elle a également été membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

En janvier 2003, à la sortie d'une première à l'Opéra-Comique, au bras de Florence Malraux, elle glisse dans le grand escalier et se fracture le crâne contre un pilier. Elle meurt quelques jours plus tard à l'hôpital.

Ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise.

Vie privée

Françoise Giroud est la mère de deux enfants, Alain-Pierre Danis (né[16] à Clermont-Ferrand en 1941, mort[17] tragiquement en 1972 à Val d'Isère), fils d'Elie Nahmias, juif pratiquant, et Caroline Eliacheff (née en 1947), fille du producteur de cinéma Anatole Eliacheff.

À la fin des années 1950, alors qu'elle attend un enfant de Jean-Jacques Servan-Schreiber, elle doit avorter car elle fait une grossesse extra-utérine. Françoise Giroud pense que c'est la stérilité provoquée par cette opération qui fait que Servan-Schreiber se sépare d'elle pour épouser Sabine Becq de Fouquières, ce qui la pousse à une tentative de suicide aux barbituriques en 1960 et à l'envoi de lettres antisémites au nouveau couple marié et à leurs parents[6].

La mort de son dernier compagnon, l'éditeur Alex Grall qu'elle aide à mourir dignement, la fait replonger dans la dépression[18].

Rapport à la judéité

Niant toute sa vie sa judéité (une promesse faite à sa mère) alors qu'elle est catholique par circonstance et athée par conviction, Françoise Giroud révèle sa confession dans un livre posthume, Les Taches du léopard, écrit sous l'impulsion de son premier petit-fils, Aaron Eliacheff, qui, baptisé, est devenu rabbin, et à qui elle avait raconté ses origines quelques années plus tôt[19],[20].

Honneurs

Œuvres

Publications

  • Le Tout-Paris, Gallimard
  • Nouveaux Portraits[21], Gallimard, 1953
  • La Nouvelle Vague, portraits de la jeunesse, Gallimard
  • Si je mens, Stock
  • Une Poignée d'eau, Robert Laffont
  • « L'Aventurier du journalisme » in Entretiens, Roger Vailland, éditions Subervie, 1970
  • La Comédie du Pouvoir, Fayard, 1977
  • Ce que je crois, Grasset, 1978
  • Une femme honorable, Fayard, 1982 ; biographie de Marie Curie[22]
  • Le Bon Plaisir, Mazarine, 1983
  • Dior, Éditions du Regard
  • Mon très cher amour, Grasset
  • Alma Mahler, ou l'art d'être aimée, Robert Laffont, 1988
  • Leçons particulières, Fayard, 1990
  • Jenny Marx ou la Femme du diable, 1992, prix Gabrielle d'Estrées
  • Journal d'une Parisienne, 1994
  • Parlez-moi d'amour, avec Bernard-Henri Lévy, 1994
  • Cœur de tigre, 1994
  • Arthur ou le bonheur de vivre, 1997
  • Deux et deux font trois, 1998
  • Les Françaises, de la Gauloise à la pilule, 1999
  • C’est arrivé hier. Journal 1999, 2000
  • On ne peut pas être heureux tout le temps, Fayard, 2001
  • Les Taches du léopard, 2003
  • Lou, histoire d'une femme libre, 2002

Textes de chansons

Sur des musiques de Louis Gasté :

  • Le Petit Chaperon Rouge, créée par Lisette Jambel (1944)
  • Un par un vont les Indiens, chantée par Lisette Jambel, Josette Daydé, les Sœurs Étienne (1944)
  • Quand Betty fait Boop (paroles écrites en collaboration avec Louis Gasté pour le film Le Roi des resquilleurs), créée par Josette Daydé (1945)
  • Ce n'était pas original, chantée par Jacqueline François (1945)

Sur une musique de Georges van Parys, 1944 :

  • Il avait le charme slave, chantée par Andrex

Françoise Giroud a aussi composé des chansons pour Danielle Darrieux et Tino Rossi

Cinéma

Sources

Bibliographie

Notes et références

  1. Selon le Cercle vaudois de généalogie, dans sa lettre n° 49 de juin 2003, tandis que la plupart des biographies mentionnent Genève.
  2. Quasi anagramme de Gourdji.
  3. Fiche des ministres sur le site culture.gouv.fr.
  4. Niant sa judéité, Françoise Giroud reste vague sur son passé. Elle déclare parfois que son père est devenu un réfugié politique à Paris pour avoir refusé de mettre son agence au service des Allemands ; il y fonde alors un journal politique en 1908.
  5. Page « Comité d'honneur », sur le site de l'ADMD.
  6. a et b « Françoise Giroud la journaliste amoureuse », interview de Laure Adler dans Paris Match, 9 janvier 2011.
  7. Françoise Giroud, ombres et lumière sur Nord Eclair, 12 février 2011.
  8. L'Idiot international, 17 octobre 1984.
  9. Interview dans L'Express, le 11 avril 1977.
  10. Colonel Rémy, Mémoires d’un agent secret de la France Libre, éditions France-Empire, Paris, 1998.
  11. a et b Jacqueline Remy, « Le roman d'une Parisienne », L'Express, 23 janvier 2003.
  12. Christine Ockrent, Françoise Giroud, une ambition française, Fayard, 2003, page ?.
  13. Laure Adler, Françoise, Grasset, 2011. Laure Adler, interviewée par Laurent Ruquier, lors de l'émission On n'est pas couché du 15 janvier 2011.
  14. « DSK : pourquoi ils n'ont rien dit », Le Figaro, 27 mai 2011.
  15. Selon elle-même, dans son discours de réception de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur ; sur le nouvelobs.com.
  16. Enceinte pendant la guerre, elle tente en vain d’avorter et accouche de ce garçon auquel elle donne un nom français.
  17. Cette mort prématurée la plongera dans une dépression nerveuse.
  18. Valérie Grall, Latour-Maubourg, éd. Grasset, 2008.
  19. Marie-Laure Delorme, « Ma mère, Françoise Giroud » sur Le Journal du Dimanche, 8 janvier 2011
  20. Jean Paul Guetny, « Bloc-Notes » sur LeMonde des Religions, 1er septembre 2003
  21. Première édition : Gallimard, 1953. Deuxième édition : Gallimard, coll. « L'Air du temps » no 35, 1954, 287 p. (notice BNF no FRBNF321706525)
  22. Téléfilm qui en a été tiré.

Voir aussi

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Liens externes

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Françoise Giroud, née Lea France Gourdji, le 21 septembre 1916 à Lausanne en Suisse1 et morte le 19 janvier 2003 à l'Hôpital américain...

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Françoise Giroud (1916-2003)


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