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Francesco Cossiga
Francesco Cossiga[1], né le 26 juillet 1928 à Sassari (nord-ouest de la Sardaigne) et décédé le 17 août 2010 à Rome, fut un homme d'État italien, figure importante de la Démocratie chrétienne dont la carrière politique culmina avec son élection, dès le premier tour de scrutin, à la présidence de la République, en 1985.
Plusieurs fois membre de gouvernement, il sen fit connaître pour son passage au ministère de l'Intérieur. Président du Conseil des ministres de 1979 à 1980, il est élu trois ans plus tard à la présidence du Sénat de 1983.
En 1985, il est élu président de la République italienne pour un mandat de sept ans. Il démissionna quelques semaines avant le terme de son mandat. Conformément au droit que lui suggère la Constitution italienne, il devient sénateur à vie jusqu'à son décès.
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Biographie
Les débuts dans la vie politique
Né dans une famille de la bourgeoisie sarde, Francesco Cossiga fait des études de droit, et devient professeur de droit constitutionnel à l'université de Sassari. Il adhère à la Démocratie chrétienne dès l'âge de dix-sept ans ; proche de l'ancien président de la République Antonio Segni, Francesco Cossiga rejoint finalement l'aile progressiste de son parti, dont le chef est Aldo Moro. Il fait partie des « jeunes Turcs » (giovani turchi), génération de jeunes hommes politiques qui obtiennent de façon inattendue la direction de la Démocratie chrétienne dans la province de Sassari en 1956. Son fils Giuseppe Cossiga né en 1963, deviendra député puis secrétaire d'État à la Défense.
Des ministères importants
Constamment élu député à partir de 1958, il occupe plusieurs fonctions ministérielles dans les années 1960 et 1970 : sous-secrétaire à la Défense dans tous les gouvernement de 1966 à 1970, ministre sans portefeuille chargé de l'organisation de l'administration publique dans le quatrième gouvernement Moro (1974-1976) et enfin ministre de l'Intérieur dans le cinquième gouvernement Moro (1976) et le troisième gouvernement Andreotti (1976-1978).
Il restructure alors la police italienne, la protection civile et les services secrets notamment pour lutter contre le terrorisme. Il doit faire face au kidnapping et au meurtre de l'ancien président du Conseil Aldo Moro par les Brigades rouges. Pour n'avoir pas réussi à lui sauver la vie, il démissionne deux jours après la mort de celui-ci, le 11 mai 1978, et se déclare « politiquement mort »[2].
Du palais Chigi à la présidence du Sénat
Francesco Cossiga succède à Giulio Andreotti à la présidence du Conseil des ministres, pendant quatorze mois. Il est à la tête de deux gouvernements successifs : le premier du 4 août 1979 au 4 avril 1980, puis le second du 4 avril 1980 au 18 octobre 1980. Il est remplacé par Arnaldo Forlani.
En juillet 1983, il est élu à la présidence du Sénat, devant de facto le second personnage de l'État. Il occupe cette fonction jusqu'à son investiture à la présidence de la République.
Au Quirinal
Le 24 juin 1985, Francesco Cossiga est élu chef de l'État dès le premier tour de scrutin, avec une très forte majorité de 752 voix pour 977 votants, les élus du Parti communiste italien ayant même voté pour lui. Le président sortant, le socialiste Sandro Pertini, renonce à ses fonctions le 29 juin, sans attendre la fin de son mandat. En tant que président du Sénat, Francesco Cossiga assure l'intérim à la présidence de la République italienne jusqu'à son investiture, le 3 juillet 1985. Il devient alors le plus jeune président de la République.
Exerçant d'abord sa nouvelle fonction de manière honorifique comme c'est la tradition, Cossiga multiplie ensuite les déclarations (« esternazioni ») fracassantes à la presse et à la télévision. À partir de 1990, il prend ses distances vis-à-vis de la Démocratie chrétienne. Il démissionne de son poste en avril 1992, deux mois avant la fin de son mandat, pour protester contre certains aspects du système politique italien (il dénonce les combines politiques, le système des partis et défend un régime présidentiel), souhaitant laisser la place à un « président fort », Cossiga ayant toujours affirmé sa préférence pour l'élection du président de la République au suffrage universel direct[3].
Après la présidence
Jusqu'à sa mort, Francesco Cossiga est ensuite sénateur à vie en tant qu'ancien président de la République. En 1998, il fonde un nouveau parti centriste, l'Union démocratique pour la République (UDR), qui soutient le gouvernement dirigé par l'ancien communiste Massimo D'Alema puis Silvio Berlusconi[4] et disparaît rapidement du paysage politique. Se déclarant catholique indépendant, ses prises de position et déclarations, toujours très virulentes, font régulièrement la une des journaux, ce qui lui vaut le surnom de « picconatore » (celui qui donne des coups de pic tous azimuts)[4],[5].
Durant l'été 2010, Francesco Cossiga est hospitalisé à l'hôpital Gemelli de Rome à la suite de problèmes cardiaques et respiratoires[6]. Alors que son état de santé s'améliorait progressivement, il meurt d'un arrêt cardio-circulatoire le 17 août 2010[3]. Dans une lettre au président du Sénat, peu avant sa mort, il écrit :
« … à cet instant où le Dieu tout-puissant, auquel j’ai cru et dont j’ai confessé la vérité, va prononcer son jugement sur ma vie, ainsi que sur la justice et la charité que j'ai pratiquées, je proclame ma foi religieuse dans la Sainte Église catholique et je confirme ma foi citoyenne dans la République, communauté d’hommes libres et égaux, et dans la Nation italienne qui en elle a réalisé sa liberté et son unité[7]. »
Distinctions
- Grand-Collier de l'Ordre de l'Infant Dom Henrique
Portugal (1990) - Intronisé dans l'Ordre du Libérateur.
Bibliographie
- «Piccone di stato. Francesco Cossiga e i segreti della Repubblica. », Antonella Beccaria, Nutrimenti, 2010.
Notes et références
- En italien, son nom de famille est généralement prononcé [kos'siga]; mais on sait que la prononciation originaire est ['kɔssiga], avec l’accent sur la première syllabe: il s’agit d’un nom sarde qui veut dire Còrsica, c’est-à-dire Corse. Voir http://www.dizionario.rai.it/poplemma.aspx?lid=75285&r=424.
- « Décès de l'ancien président italien Francesco Cossiga », Le Nouvel Observateur, 17 août 2010.
- « Décès de l'ancien président italien Francesco Cossiga », dépêche AFP, 17 août 2010.
- « La mort de Francesco Cossiga, électron libre de la politique italienne », La Croix, 17 août 2010.
- Le quotidien italien Corriere della Sera publie dans sa version en ligne du 30 novembre 2007 sa prise de position, selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001 n'ont pas été réalisés par Al Qaeda mais planifiés et réalisés par la CIA et le Mossad avec l'aide du « monde sioniste ». Voir (it) « Osama-Berlusconi? “Tappola giornalistica” dans le Corriere della Sera du 30 novembre 2007.
- (it) « I medici: Cossiga grave ma in condizioni stabili », Corriere della Sera, 11 août 2010.
- (it) La disparition de Francesco Cossiga
- Universitaire italien
- Juriste italien
- Professeur de droit italien
- Personnalité politique italienne
- Personnalité de la Démocratie chrétienne (Italie)
- Ancien député italien
- Ministre italien
- Ministre italien de l'Intérieur
- Président du Conseil italien
- Président de l'Italie
- Sénateur à vie italien
- Politique de la Sardaigne
- Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
- Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne
- Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain
- Baillis grand-croix de l'ordre de Saint-Jean
- Récipiendaire de l'Ordre de la Libération (Venezuela)
- Naissance en 1928
- Naissance à Sassari
- Décès en 2010
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