Gendarmerie mobile

Gendarmerie mobile
Logo de la Gendarmerie mobile
Création 1921
Type Gendarmerie nationale
Siège Drapeau de la France Paris (Île-de-France)
Effectifs 17 350
Ministre Manuel Valls
Affiliation(s) Ministère de l'Intérieur
Site web www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/fre/sites/Gendarmerie/Presentation/GM2

La Gendarmerie mobile est une subdivision d'arme de la Gendarmerie nationale française essentiellement destinée à assurer en toutes circonstances le maintien ou le rétablissement de l'ordre, et qui participe par ailleurs aux côtés de la gendarmerie départementale à la sécurité publique générale.

Bien qu'il existe quelques femmes officiers dans la gendarmerie mobile, l'emploi de sous-officier ne leur est pas ouvert. C'est, en France, l'un des seuls métiers, avec celui de sous-marinier, encore interdit aux femmes[1].

Sommaire

Historique

Création

La création des premières unités de gendarmerie mobile remonte au milieu du XIXe siècle. La loi du 22 juillet 1921 permet la création de pelotons mobiles destinés au maintien de l'ordre mais qui appartiennent toujours à la gendarmerie départementale. Par un décret du 10 septembre 1926, ils prennent le nom de garde républicaine mobile ou GRM. En 1927 (loi du 16 juillet et décret du 24 septembre 1927) la garde républicaine mobile est détachée de la gendarmerie départementale et constitue une nouvelle subdivision de la gendarmerie.

La garde républicaine mobile est organisée en légions, groupes et compagnies, chaque compagnie comptant trois pelotons. De 1927 à 1940, elle monte constamment en puissance, passant de 7 légions, 26 groupes et 84 compagnies en 1932 à 14 légions, 54 groupes et 167 compagnies regroupant 285 pelotons à pied, 156 pelotons à cheval et 51 pelotons motocyclistes en 1939.

Les conditions de l'armistice du 22 juin 1940 limitent entre 100 000 et 120 000 hommes l'armée que la France peut conserver sur son territoire. La GRM est dissoute par décret du 17 novembre 1940 (21 000 en zone occupée) ; en zone libre elle est remplacée par la Garde[2] (6 000 hommes soit 6 régiments [3]) détachée de la gendarmerie et passe sous la direction de la cavalerie, du train et de la garde. À cette occasion, ses unités deviennent des escadrons.

La Garde ne doit pas être confondue ni avec la nouvelle structure de maintien de l'ordre les groupes mobiles de réserve GMR dépendant de la Police nationale ni avec la Garde personnelle du chef de l'État aussi appelée Garde du Maréchal.

La Garde est commandée pendant cette période par le général Perré qui sera condamné par la cour de Justice de Poitiers en 1946 [réf. souhaitée].

Dès 1943, le lieutenant-colonel Robelin, [4] sous-directeur technique de la Garde, prépare son ralliement à la Résistance [5]. Il est en contact avec Paul Paillole et le BCRA. Arrêté en juillet 1944 par la Gestapo, il sera torturé puis assassiné, on ne retrouvera jamais son corps [6].

Le 5 juillet 1944, par ordonnance, La Garde réintègre la gendarmerie et prend l'appellation de garde républicaine, qu'elle conservera jusqu'à ce que, par décret du 20 septembre 1954, elle change de nouveau de nom pour devenir la gendarmerie mobile. De ce fait, les sous-officiers subalternes de la Gendarmerie mobile ont le même képi que ceux de la Garde Républicaine de Paris (bande d'arme d'élite et parments rouges). C'est par le décret du 13 juillet 1972 que le képi devient doré pour tous les grades de sous officiers et que « la rouge » devient « la jaune »[7].

Missions

Strasbourg 6 février 2013 manifestation de sidérurgistes d’ArcelorMittal.
Gendarme mobile envoyant des grenades lacrymogènes à l'aide d'un cougar
Strasbourg 6 février 2013 manifestation de sidérurgistes d’ArcelorMittal. Charge d’intimidation.
Fourgon IVECO Daily de la Gendarmerie mobile

Conformément à la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du 29 août 2002, l'emploi des forces mobiles obéit à une nouvelle doctrine. Cette doctrine est marquée par une réelle déconcentration et concilie les exigences de sécurité générale avec celles du maintien de l'ordre. Désormais, le préfet de zone de défense devient l'autorité d'emploi des unités disponibles implantées dans son ressort.

Ces unités ont pour mission d'assurer :

En outre, la direction générale de la Gendarmerie nationale sollicite les régions de gendarmerie pour assurer les missions dites « nationales ».

Pour la zone de défense de Paris, le préfet de zone bénéficie d'un renfort permanent provenant des autres zones de défense.

Les missions « nationales » sont les suivantes :

La spécificité de la gendarmerie mobile tient en ce que, contrairement aux autres forces de maintien de l'ordre, comme les CRS, elle est régulièrement envoyée pour servir outre-mer, ou dans le cadre d'opérations extérieures.

Mais depuis le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’intérieur, la réquisition n’est plus nécessaire pour son emploi au maintien de l'ordre.

Elle est surnommée « la jaune » en raison de la couleur dorée de ses galons (historiquement, couleur des armes à pied).

C'est à Saint-Astier au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) que les unités de la gendarmerie mobile s'entrainent et se perfectionnent aux techniques du maintien de l'ordre.

Organisation

La Gendarmerie mobile est composée de :

Escadron de gendarmerie mobile (EGM)

Un escadron de gendarmerie mobile (EGM) est composé d'environ 110 militaires regroupés en cinq pelotons :

Sur le terrain, un escadron déploie en général un groupe de commandement et quatre pelotons de seize gendarmes[10].

Lorsque la situation nécessite l'emploi coordonné de plusieurs escadrons, ceux-ci sont regroupés dans un groupement tactique de gendarmerie ou GTG, [11] commandé par un commandant de groupement de gendarmerie mobile.

Chaque escadron dispose d'une double dotation en véhicules : véhicules "bleu gendarmerie" et véhicules kaki.

Pendant toute la période de l'après-guerre, certains escadrons disposaient d'un peloton blindé, équipé de chars M24, de half-tracks, d'automitrailleuses ou de véhicules blindés VBRG (véhicule blindé à roues de la Gendarmerie) mais ces équipements ont été progressivement retirés ou transférés et aujourd'hui, il n'existe plus que deux types d'escadrons de marche[12]  : les escadrons portés[13] et les escadrons VBRG du groupement blindé de Gendarmerie mobile de Satory. Au fil des années, les chars (M4 Sherman puis AMX-13) ainsi que tous les autres véhicules blindés du groupement de Satory ont été également réformés, les derniers étant les VBC90 (véhicules blindés de combat canon de 90) au début des années 2000.

Chaque escadron est différencié selon un numéro ; exemple : 15/6 à Nîmes.

  • 1er chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance.
  • 2e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement.
  • 3e chiffre = numéro de l'ex légion d'appartenance (aujourd'hui région de Gendarmerie mobile). Il n'est pas envisagé de renuméroter ces EGM dans l'immédiat.

Réservistes

Les réservistes de la Gendarmerie mobile sont regroupés en escadrons de réserve de gendarmerie mobile (ERGM) dont la dénomination et l'organisation sont calquées sur celles des escadrons d'active, par exemple ERGM 124/1 à Maisons-Alfort ou encore ERGM 134/1 à Drancy.

  • 1er chiffre = 1 pour les escadrons de réserve
  • 2e chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance
  • 3e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement
  • 4e chiffre = numéro de la région d'appartenance

Les réservistes de la Gendarmerie mobile ne sont pas autorisés à servir au maintien de l'ordre mais employés sur des missions de service d'ordre lors de grands événements ou en renfort d'unités de la Gendarmerie départementale.

Alors que leur cadre juridique d'emploi à servir en maintien de l'ordre limitait par le passé l'utilisation des réservistes de la Gendarmerie mobile à des renforts aux unités de la Gendarmerie départementale ou aux états-majors, les escadrons de réservistes sont désormais amenés à servir en unité constituée, c'est-à-dire en escadron complet.

Notes et références

  1. http://jfhelleux.over-blog.com/article-des-metiers-encore-interdits-aux-femmes-69972869.html
  2. Claude Cazals : La Garde sous Vichy, les éditions la Musse, 1997
  3. Premier régiment à Lyon, deuxième régiment à Marseille, troisième régiment à Montpellier, quatrième régiment à Riom, cinquième régiment à Limoges, sixième régiment à Toulouse
  4. Rémi Robelin — 4 octobre 1906, Dijon - 19 août 1944, Saint-Cyr. Promotion 1925-1927. Sa biographie, sur le site Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale.
  5. Pierre Accoce : Les gendarmes dans la Résistance - Presses de la Cité - 2001
  6. La promotion 1962-1963 de l'École des officiers de la gendarmerie nationale portera son nom
  7. Jargon de la Gendarmerie, consulté le 4 avril 2013.
  8. Le nombre d'escadrons a varié assez fréquemment au cours des années suivant la deuxième guerre mondiale, augmentant pendant la guerre d'Algérie, puis diminuant après la fin de cette dernière pour ré-augmenter après les évènements de mai 1968. De la fin des années 1980 jusqu'à la réorganisation de 2010-2011, il y avait 123 escadrons.
  9. Cette structure quaternaire — similaire à celle des Compagnies républicaines de sécurité de la Police nationale (CRS) — a été adoptée depuis le début des années 2000 afin de favoriser la modularité et la « sécabilité » des escadrons sur le terrain. Auparavant, les escadrons comptaient un peloton hors rang et trois pelotons de marche.
  10. Escadron au complet, mais il est fréquent de déployer seulement trois pelotons.
  11. Cette appellation a remplacé celles de groupement opérationnel (GO) et de sous-groupement opérationnel (SGO) qui étaient auparavant employées.
  12. C'est-à-dire tous les escadrons à l’exception de quelques escadrons de la région parisienne qui assurent des missions de sécurité et de soutien. Ces dernières unités ne se déplacent pas et ne sont pas engagées au maintien de l’ordre comme les escadrons de marche.
  13. Un escadron porté utilise des camions et autres véhicules tout terrain pour ses missions militaires mais ne dispose pas de véhicules blindés.

Voir aussi

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