Georges Bidault

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Georges Bidault
Fonctions
Chef du Gouvernement provisoire de la République française
( 126e et 133e chef du gouvernement français
24 juin 194616 décembre 1946
Gouvernement 4e gouvernement provisoire
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Léon Blum
Coprince d'Andorre
24 juin 194616 décembre 1946
En tandem avec Ramon Iglesias y Navarri
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Léon Blum
128e président du Conseil des ministres français
28 octobre 194924 juin 1950
Législature Ire législature
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Henri Queuille
Biographie
Nom de naissance Georges-Augustin Bidault
Date de naissance 5 octobre 1899
Lieu de naissance Moulins, (Allier), (France)
Date de décès 26 janvier 1983 (à 83 ans)
Lieu de décès Cambo-les-Bains, (Pyrénées-Atlantiques), (France)
Nationalité français
Parti politique MRP
Profession enseignant
Religion catholique
Chefs du gouvernement français

Georges-Augustin Bidault, né le 5 octobre 1899 à Moulins (Allier) et décédé le 26 janvier 1983 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), est un résistant et un homme politique français.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et professorat

Né le 5 octobre 1899 à Moulins (Allier), Georges Bidault fait ses études primaires et secondaires en Italie du Nord, dans le couvent de Bollengo, occupé par des Jésuites français chassés par la politique anticléricale de la IIIe République. Ses premières convictions politiques semblent avoir été forgées par la lecture d'une biographie du catholique libéral Charles de Montalembert.

Licencié d'histoire à 18 ans, il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1925, avec le rang de major, devant Pierre Brossolette et Louis Joxe. Professeur d'histoire à Reims entre 1926 et 1931, il y noue des liens étroits avec l'un de ses élèves, le futur sociologue Roger Caillois. En 1971, celui-ci écrit à Bidault : « L'Histoire est, de loin, la moindre part de l'enseignement que j'ai reçu de vous. Vous m'avez appris bien davantage du côté du style et de la conduite de vie. » Nommé en 1931 au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il a pour élèves le futur journaliste Jean Ferniot et le futur écrivain Jean d'Ormesson. Ce dernier évoque plus tard « l'éloquence froide » de son professeur et son « originalité d'esprit ».

Militant et éditorialiste démocrate-chrétien

Membre de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) après la Première Guerre mondiale, Bidault adhère au Parti démocrate populaire (PDP) en 1931. Il est en avril 1936 candidat de ce parti aux élections législatives, dans la circonscription de Domfront près de Flers (Orne) contre le député sortant Georges Roulleaux Dugage, mais est battu dès le premier tour[1].

C'est comme éditorialiste du quotidien catholique l'Aube à partir de 1934 que Bidault se fait connaître.

Guerre, Occupation et présidence du Conseil national de la Résistance

Il est fait prisonnier en 1940, il est libéré en sa qualité d'ancien combattant de la guerre de 1914-1918 en juillet 1941. Il enseigne alors au Lycée du Parc, à Lyon.

Résistant sous l'Occupation, dans le réseau « Combat » à Lyon, il succède à Jean Moulin en juin 1943 comme président du Conseil national de la Résistance. Dans son travail clandestin, il est aidé par sa secrétaire particulière Laure Diebold.

L'après-guerre

Le 26 août 1944, lors du défilé de la libération de Paris, Bidault descend les Champs-Élysées aux côtés du général de Gaulle. Il sera d'ailleurs effacé de ces photos par la suite[2].

Pendant la IVe République, il est l'un des fondateurs du MRP (il en est président d’honneur en 1952), principale force politique chrétienne-démocrate de l'époque. Il devient député de la Loire en 1945, mandat qu'il garde jusqu'en 1962.

De septembre 1944 à juin 1954, il appartient à de nombreux gouvernements, souvent en charge des Affaires étrangères. Il est surtout par deux fois chef du gouvernement) :

Il négocie pour la France la Charte des Nations unies, est l'un des signataires du traité franco-britannique de Dunkerque en 1947. Face au « coup de Prague » et au blocus de Berlin, il mène une politique anticommuniste. En 1948, il signe le traité de Bruxelles instituant l'Union de l'Europe occidentale. Il est favorable à la CED tout en négociant des protocoles additionnels qui limitent la portée supranationale du traité.

En août 1953, il joue un rôle important dans la déposition du sultan du Maroc. Il est candidat à la présidence de la République lors des deux premiers tours en décembre 1953.

La politique coloniale

Bidault critique la politique indochinoise de Pierre Mendès France en 1954 et la politique nord-africaine d'Edgar Faure en 1955. Il s’oppose à toute création d’un exécutif algérien en 1957. En 1958, il vote l’investiture du gouvernement du général de Gaulle. Il se sépare du MRP et crée la Démocratie chrétienne de France qui n’aura qu’un succès électoral limité. Il est l'un des 80 députés qui votent l'« amendement Salan » selon lequel le gouvernement peut procéder à des appels sous les drapeaux des citoyens français appartenant à la disponibilité et à la première réserve domiciliés en Algérie.

Le 20 mai 1962 à Rome, Georges Bidault, qui est désigné comme président, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent constituent le comité exécutif du Conseil national de la Résistance (CNR), visant à défendre l’Algérie française.

En juillet 1962, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, l’immunité parlementaire de Georges Bidault est levée pour avoir fondé à l’étranger un « C.N.R. ». Il est également membre de l'Organisation de l'armée secrète. Il quitte la France en 1963 comme réfugié politique. Menant une vie clandestine, et apprenant l’enlèvement du colonel Antoine Argoud à Munich par des hommes des services spéciaux français, Georges Bidault publie un article virulent et est immédiatement expulsé d’Allemagne vers le Portugal qui à son tour l’expulse vers le Brésil, où il passera plus de quatre ans avec son épouse Suzanne. De retour en Belgique en 1967 avant de rentrer en France en juin 1968, il crée alors le mouvement Justice et Liberté, qui devait être une des composantes du Front national à sa création mais s'en écartera presque immédiatement[réf. nécessaire].

Divers

Georges Bidault a épousé Suzanne Borel, première femme à avoir été conseiller d'ambassade et qui est devenue directrice adjointe de son cabinet. Suzanne Borel a largement inspiré le personnage de « Mademoiselle Crapotte » dans le roman autobiographique de Roger Peyrefitte La Fin des ambassades.

Il a été inhumé à La Celle-les-Bordes dans les Yvelines.

Fonctions gouvernementales

Georges Bidault

Parlementaire français
Date de naissance 5 octobre 1899
Date de décès 26 janvier 1983
Mandat Député 1945-1962
Circonscription Loire
Groupe parlementaire MRP (1945-1958)
NI (1958-1962)
IVe République-Ve République

Bibliographie

Œuvres

  • Discours sur la CED, Editions AIA Paris, 1953.
  • Algérie, l’oiseau aux ailes coupées, La Table Ronde, 1958.
  • D’une résistance à l’autre, Presses du siècle, 1965.
  • Entretiens avec Guy Ribeaud, La Table Ronde, 1968.

Ouvrages sur Georges Bidault

Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés :

  • Barthélémy Ott, Georges Bidault, l’indomptable, Imprimerie du Vivarais, 1975.
  • Jacques Dalloz, Georges Bidault, Biographie politique, L'Harmattan, 1993.
  • Jean-Claude Demory, Georges Bidault, Editions Julliard, 1995.
  • Jean-Rémy Bézias, Georges Bidault et la politique étrangère de la France (États-Unis, Europe, Proche-Orient), 1944-1948, L'Harmattan, 2006.

Décorations

Références

  1. Culture.gouv.fr
  2. Marc Ferro, « Instrumentalisation – Cinéma d’histoire et manipulation », in Dictionnaire mondial des images (dir. Laurent Gervereau, Nouveau Monde éd. 2006, pp.547-550

Chronologie

Précédé par Georges Bidault Suivi par
Félix Gouin
Flag of France.svg
Chef du Gouvernement provisoire de la République française
24 juin 1946 - 16 décembre 1946
Léon Blum
Félix Gouin
Coat of arms of Andorra.svg
Coprince d'Andorre
avec Ramon Iglesias y Navarri
1946-1946
Léon Blum
Henri Queuille
Président du Conseil
28 octobre 1949 - 7 février 1950
7 février 1950 - 24 juin 1950
Henri Queuille


Précédé par Georges Bidault Suivi par
Pierre Laval Ministre français des Affaires étrangères
1944-1946
Léon Blum
Léon Blum Ministre français des Affaires étrangères
1947-1948
Robert Schuman
Robert Schuman Ministre français des Affaires étrangères
1953-1954
Pierre Mendès France
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