Hôtel de Soissons

L'hôtel de Soissons au XVIIe siècle

Situé autrefois dans le cœur de Paris, l'hôtel de Soissons était un palais résidentiel de luxe, construit et habité au XVIe siècle par la reine Catherine de Médicis. Il tire son nom du comte de Soissons (cousin du roi Henri IV) qui en fut un des propriétaires.

Fruit d'un long assemblage de propriétés, il porta au fil du temps, les noms d'hôtel de Nesles, de Bohème, d'Orléans, de la Reine, en fonction des nobles familles auxquelles il appartint successivement.

L'hôtel a été détruit au XVIIIe siècle. Il se situait dans le quartier des Halles, à l'emplacement approximatif où se trouve aujourd'hui la bourse de commerce de Paris

Sommaire

Historique

Moyen âge

Hôtel de Soissons aux Halles en 1615 (Merian)

À l'origine se trouvait un hôtel qui appartenait, au début du XIIIe siècle, à Jean II de Nesle. N'ayant pas d'héritiers, celui-ci en céda en 1232 la propriété à saint Louis, qui l'offrit à sa mère, Blanche de Castille, pour en faire sa résidence. Philippe le Bel, qui en hérita, l'offrit en 1296 à son frère, Charles de Valois (1270-1325). L'hôtel passa ensuite au fils de ce dernier, Philippe de Valois, qui le donna à Jean de Luxembourg, fils de l'empereur Henri VII du Saint-Empire et lui-même roi de Bohême.

Sa fille, Bonne de Luxembourg, héritière de l'hôtel en 1327, épousa le prince Jean de Normandie, futur roi de France sous le nom de Jean le Bon. Leur fils, Charles, le céda à Amédée VI de Savoie en 1354. Il appartint ensuite à Louis, duc d'Anjou et fils du roi Jean. Sa veuve, Marie de Châtillon (1345-1404), le vendit en 1388 à Charles VI, qui l'offrit à son frère Louis, duc de Touraine et d'Orléans.

Sur les instances du confesseur du roi Charles VIII, Jean Tisseran, celui-ci créa en 1498, dans une partie de l'hôtel, un « couvent des filles repenties » tandis que le reste des bâtiments fut partagé entre le Connétable et le Chancelier du duc d'Orléans.

L'hôtel de la Reine

Portail de l'Hôtel de Soissons

À partir de 1572, Catherine de Médicis abandonna subitement le palais des Tuileries qu'elle faisait édifier et acquit un hôtel appelé d'Albret, constitué de diverses demeures qui voisinaient le couvent à l'est. Elle s'y installa et commença l'aménagement de ce qui allait devenir l'Hôtel de la Reine. L'hypothèse selon laquelle une prédiction[1] serait la cause de ce déménagement précipité est la plus couramment retenue. Il est cependant difficile d'en connaître avec précision les raisons. La reine mère acheta donc dès 1572 les bâtiments entourant l'Hôtel d'Albret pour les intégrer à sa résidence. La propriété ainsi obtenue ne suffisant pas à ses besoins, elle obtint le couvent des filles repenties en l'échangeant contre celui de Saint-Magloire[2], propriété qu'elle possédait rue Saint-Denis. L'espace ainsi dégagé devint le vaste jardin qui s'étendait jusqu'à la rue de Grenelle (rue Jean-Jacques-Rousseau aujourd’hui). L'ensemble du projet fut confié à l'architecte Jean Bullant qui s'y attela de 1572 à sa mort en 1578. Une très belle Vénus de marbre couchée, réalisée par Jean Goujon, décorait le bassin d'une fontaine dans un des jardins. De nombreuses améliorations y furent apportées au fil du temps, dont notamment en 1611 un magnifique portail élevé par Salomon de Brosse.

Hôtel de Soissons en 1734, plan de Turgot

L'hôtel était composé de plusieurs appartements, dont un pour la reine-mère et un autre pour sa petite-fille Christine de Lorraine. Le roi et la reine, Henri III et Louise de Lorraine y avaient également leur chambre respective. L'hôtel comprenait des galeries et des salles de réception, magnifiquement décorées et ornées des collections d'œuvres d'art de Catherine de Médicis. Il servait alors de cadre aux réceptions mondaines et politiques de la cour.

L'hôtel possédait également une curieuse colonne astronomique cannelée, élevée dès 1574, appelée également colonne Médicis, haute de 31 mètres, qui existe encore et qui est le seul vestige de cet hôtel. Sa fonction exacte n’a jamais été déterminée, mais elle aurait pu servir aux observations de l'astrologue personnel de la Reine, le florentin Côme Ruggieri, auteur supposé de la prédiction déjà évoquée.

En 1589, après la mort de Catherine de Médicis et l'assassinat du duc de Guise, l'hôtel fut occupé par les princesses de la Ligue (dont Anne d'Este). À cette occasion, il prit provisoirement le nom d'Hôtel des Princesses. Pendant cet épisode, il fut dépouillé d'une grande partie de ses meubles.

La transmission de l'hôtel

En 1601, après de longs problèmes de succession liés aux dettes accumulées par Catherine de Médicis, les héritiers de la Reine cédèrent l'hôtel à Catherine de Bourbon (1559-1604), sœur d'Henri IV. À la mort de celle-ci, il fut acquis par Charles de Bourbon, comte de Soissons, qui lui donna son nom. Ce dernier mourut en 1612 et sa veuve, Anne de Montafié, comtesse de Soissons, poursuivit l'acquisition de nombreuses propriétés autour de l'hôtel jusqu'en 1644 date de son décès. L'hôtel de Soissons présentait alors son apparence et sa taille définitive. Il passa ensuite à sa fille, Marie de France, épouse de Thomas de Savoie, prince de Carignan. Leur fils Emmanuel-Philibert en hérita, puis son successeur Victor-Amédée de Savoie, prince de Carignan, en 1718.

Ce dernier établit dans les jardins de l'hôtel, en 1720, la Bourse de Paris. Des baraques furent dressées pour y accueillir les agioteurs et y négocier. Ruiné par la banqueroute de Law, il dut vendre la propriété en 1740. La prévôté de Paris racheta le terrain et détruisit les bâtiments en 1748. La colonne, vendue séparément, fut acquise par Louis Petit de Bachaumont qui en fit ensuite don à la Ville de Paris.

Les terrains ainsi dégagés servirent à la construction de la Halle au blé en 1760. Elle fut elle-même remplacée par la Bourse de commerce en 1889.

Notes et références

  1. L’astrologue Cosme Ruggieri aurait prédit à Catherine de Médicis qu'elle mourrait « près de Saint-Germain », ce qui aurait interrompu la construction du Palais des Tuileries sis près de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. La reine mère décéda le 5 janvier 1589 au château de Blois ; le prêtre appelé pour lui porter l'extrême-onction se nommait Julien de Saint-Germain.
  2. Les religieux de Saint-Magloire, de l'ordre de Saint-Benoît, qui occupait jusque-là l'endroit, furent déplacé à leur tour et s'installèrent au faubourg Saint-Jacques

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

  • Catherine Madoni, « L'hôtel de la Reine » dans Paris et Catherine de Médicis, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, s.d., p. 108-127.
  • Chantal Turbide, « Catherine de Médicis, mécène d'art contemporain : l'hôtel de la reine et ses collections » dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, études réunies par Kathleen Wilson-Chevalier, Publications de l'université de Saint-Étienne, 2007.
  • Luisa Capodieci, Medicæa Medæa. Art, astres et pouvoir à la cour de Catherine de Médicis, Genève, Droz, 2011.


mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimedia faire un don

hotel soissons


hotel soissons, liste des hotels de l'annuaire des Hôtels de France répondant à votre recherche...

Hotel Soissons Aisne . Cuisine Française


Hotel Soissons Aisne . Cuisine Française...

Hotel : Federal Hotel reservation hotel France


Hotels Federal hotel : réservation hotel en ligne en France, recherche de ..
Plus d'infos Sur le web

  • Situé autrefois dans le cœur de Paris , l hôtel de Soissons était un palais résidentiel de luxe, construit et habité au par la reine ...
    9 Kio (1204 mots) - 19 mars 2013 à 10:34

  • Depuis longtemps, les terrains de l'ancien hôtel de Soissons, que guettaient les créanciers du prince de Carignan, avaient été identifiés ...
    19 Kio (2618 mots) - 10 juin 2013 à 01:22

  • L hôtel de Ville de Soissons a été construit de 1774 à 1776. Il est inscrit aux monuments historiques depuis le 26 | janvier | 2007. ...
    2 Kio (240 mots) - 28 septembre 2012 à 01:09

  • Les localisations successives : 1721 à 1724 : Hôtel de Soissons 1724 à 1789 : « jardins de la Compagnie des Indes », Hôtel de Nevers, 6 rue ...
    15 Kio (2000 mots) - 17 mai 2013 à 01:04

  • Il est surtout connu pour la construction de la nouvelle halle aux blés sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Soissons (1763 ) et de l' ...
    8 Kio (1089 mots) - 13 mars 2013 à 10:52

  • de la Reine l'Hôtel avec sa colonne fut vendu en 1601 la sœur de Henri IV et ensuite à Charles de Soissons pour devenir l'Hôtel de Soissons . ...
    6 Kio (863 mots) - 15 novembre 2012 à 11:44

  • s'établit à l'hôtel de Soissons qu'il transforma avec son épouse, venue le rejoindre, en « sompteux tripot » et y avait un temps hébergé John Law . ...
    3 Kio (338 mots) - 9 mai 2013 à 10:33

  • Il y fait la critique de l Histoire de l'emplacement de l'ancien hôtel de Soissons : « Ce Mémoire, rédigé contre l'archevêque de Paris , ...
    3 Kio (355 mots) - 25 novembre 2012 à 12:25

  • Anne de Montafié, comtesse de Soissons, née à Paris le 22 | juillet | 1577, est la ... décède à Paris dans son hôtel de Soissons le 17 | juin ...
    4 Kio (555 mots) - 16 mars 2013 à 08:48

  • ensuite Hôtel de Soissons et situé rue d'Orléans-Saint-Honoré, rue de Grenelle, à charge de prier chaque jour pour la santé et prospérité du roi. ...
    34 Kio (5006 mots) - 13 juin 2013 à 12:01

  • Le prince Eugène nait à l'hôtel de Soissons à Paris le 18 octobre 1663. Olympe Mancini , est une nièce de Mazarin qu'il a amenée de ...
    106 Kio (15198 mots) - 29 mai 2013 à 03:04

  • Née dans l'Hôtel de Soissons à Paris , elle est membre de la Maison de Savoie . Son père Victor-Amédée Ier Prince de Carignan , est le ...
    6 Kio (702 mots) - 9 avril 2013 à 10:59

  • Paris | Paris | Hôtel de Soissons | PA00085839 | PA00085839 | source non | Paris | Paris | Hôtel de Sully | PA00086278 | PA00086278 ...
    82 Kio (7025 mots) - 19 mai 2013 à 10:48

  • Il avait aussi un appartement dans l’hôtel de Soissons ; mais malgré ces avantages et le rétablissement de sa pension, toujours assez mal ...
    12 Kio (1756 mots) - 6 avril 2013 à 04:38

  • Pendant trois ans, la négociation boursière est déplacée vers les jardins de l'Hôtel de Soissons , pour les éloigner de la rue Quincampoix ...
    316 Kio (43774 mots) - 6 juin 2013 à 05:35

  • épouse le 15 | mars | 1653 en l’église Saint-Eustache de Paris , proche de l’hôtel de Soissons , la princesse Louise-Christine de Savoie-Carignan ...
    10 Kio (1384 mots) - 23 mars 2013 à 07:44

  • l'ancien hôtel de Soissons , libéré par la faillite du prince de Carignan . ... Hôtel Hocquart et hôtel de Lannion, 78 rue de l'Université et ...
    19 Kio (2596 mots) - 15 juillet 2012 à 07:36

  • Prince de Carignan, devenu lieutenant général des armées du roi de France vers 1730 et il lui donne l'hospitalité dans son Hôtel de Soissons . ...
    13 Kio (1922 mots) - 18 mai 2013 à 10:24

  • de l’Hôtel de Soissons : c’est là qu’il faut envoyer, à l’adresse du directeur de ce journal, tous les objets qui peuvent y être relatifs. ...
    5 Kio (633 mots) - 14 mars 2013 à 02:09

  • 1572-1578 : Hôtel de Soissons , construit à Paris pour la reine par Jean Bullant . 1574 : Achèvement de la mosquée Selimiye (Selimiye ...
    6 Kio (684 mots) - 15 mars 2013 à 11:41