Hafez el-Assad

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Hafez el-Assad
حافظ الأسد
Hafez al-Assad.jpg
Fonctions
4e président de la République arabe syrienne
(37e chef de l'État syrien)
22 février 197110 juin 2000
&&&&&&&&&&01070129 ans, 3 mois et 18 jours
Prédécesseur Ahmad al-Khatib
Successeur Abdel Halim Khaddam (intérim)
Bachar el-Assad
Biographie
Nom de naissance Hafez el-Assad
Date de naissance 6 octobre 1930
Lieu de naissance Qardaha (Syrie mandataire)
Date de décès 10 juin 2000 (à 69 ans)
Lieu de décès Damas
Nationalité syrienne
Parti politique Parti Baas
Front national progressiste
Conjoint Anisa Makhlouf
Enfants Bouchra el-Assad
Bassel el-Assad
Bachar el-Assad
Maher el-Assad
Majid el-Assad
Religion Islam chiite, branche alaouite

Coat of arms of Syria.svg
Présidents de la République arabe syrienne

Hafez el-Assad (ou Hafiz al-Asad) (6 octobre 1930 - 10 juin 2000) (en arabe : حافظ الأسد) est un homme politique syrien.

Après son accession au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1970, il sera président de la République jusqu'à sa mort en 2000. Son fils, Bachar, lui a succédé.

Son régime fortement autoritaire, structuré autour du parti unique du Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il a conféré une stabilité à un pouvoir politique syrien marqué jusque là par les coups d'État et a fait de la Syrie un acteur incontournable du Moyen-Orient.

Sommaire

Jeunesse

Hafez el-Assad est né à Qardaha dans l'ouest de la Syrie au sein d'une famille appartenant à la communauté religieuse minoritaire des Alaouites, proche du chiisme. Il a été le premier membre de sa famille à aller au lycée. Il milite au sein du parti Ba'as dès l'âge de 16 ans, en 1946. Sa famille ne pouvant lui offrir une éducation universitaire, Assad s'inscrivit à l'Académie militaire syrienne, où l'on bénéficiait d'une scolarité gratuite. Il s'y révéla un éléve brillant et fut envoyé en formation complémentaire en Union soviétique au sein de l'Armée rouge. Par ailleurs, Assad rencontra, à l'Académie, Mustapha Tlass, qui fut, par la suite, son compagnon de lutte politique. Son ascension au sein de la hiérarchie militaire fut rapide, faisant de lui une figure importante de celle-ci. Assad s'opposa en 1958 à l'union entre l'Égypte et la Syrie qui devait créer la République arabe unie. Stationné au Caire, il travailla, en compagnie d'autres officiers, à mettre un terme à cette union. Quoique, baassiste et favorable à l'idéal d'une union panarabe, il s'opposait à la domination du régime de Nasser au sein de la République arabe unie. En conséquence, Hafez el-Assad fut brièvement emprisonné par les autorités égyptiennes lors de la dissolution de la république unitaire en 1961.

Dans le chaos qui suivit la dissolution de l'union égypto-syrienne, une coalition de groupements politiques de gauche menée par le Ba'as prit le pouvoir. Assad fut nommé chef d'état-major de l'armée de l'air en 1964. L'État était alors officiellement dirigé par Amin al-Hafez, d'obédience sunnite. En fait, à travers le parti Baas qu'ils contrôlaient, il était dominé par un groupe de jeunes alaouites, dont Assad faisait partie.

L'accession au pouvoir

En 1966, l'aile pro-soviétique du Baas, menée par Salah Jedid, entreprit un coup d'État au sein du régime et écarta les autres partis du gouvernement. Pressenti de plus en plus comme un membre puissant du gouvernement, Assad devint ministre de la Défense, et exerça dès lors un pouvoir considérable sur la politique gouvernementale. Le pouvoir était toutefois traversé par d'importantes tensions entre une aile radicale du Baas, favorable à une politique étrangère agressive et à des réformes sociales rapides, et une aile militaire, dirigé par Assad, plus pragmatique. Après le discrédit de la défaite militaire de la guerre des Six Jours, et l'intervention avortée de la Syrie dans le conflit jordano-palestinien de Septembre noir, ces tensions se transformèrent en un conflit ouvert. Quand le président Noureddine al-Atassi et le secrétaire général du parti Baas, Salah Jedid, prirent conscience du danger et ordonnèrent que Assad et Tlass fussent écartés de toute position de pouvoir dans le parti et le gouvernement, il était trop tard. Hafez el-Assad lança rapidement un coup de force à l'intérieur du parti. Ce dernier fut « purgé », Atassi et Jadid envoyés en prison, et les partisans d'Assad s'emparèrent de tous les postes clés de l'appareil d'État.

Un régime fortement autoritaire

Hafez el-Assad hérita d'un régime dictatorial, établi durant de longues années d'un pouvoir militaire instable, puis réorganisé suivant la politique du parti unique du Baas. Non seulement, il ne rompit pas avec ce régime, mais il en accrut la dimension répressive, et s'efforça de contrôler chaque secteur de la société à travers un vaste appareil policier et de renseignement.

Le régime mit également en place un culte de sa personnalité, le décrivant comme un dirigeant juste, sage et puissant de la Syrie et du monde arabe en général. À la manière soviétique, ce culte se traduisit par un vaste système de propagande fait d'affichages de son effigie, d'érections de sa statue, de discours publics glorificateurs, etc. Son fils Bassel appelé à lui succéder, fit, plus tard, l'objet d'un culte semblable mais il trouva la mort dans un accident de voiture le 21 janvier 1994.

Le régime trouva un soutien essentiel dans la minorité alaouite, dont Hafez el-Assad plaça des membres à de nombreux postes clés de l'appareil d'État. Certaines sources mentionnent Assad comme étant membre de la franc-maçonnerie[1].

Le régime se caractérisa ainsi par l'emprise qu'il a exercée sur la vie sociale et politique, interdisant toute opposition et réprimant avec violence toute contestation. L'écrasement militaire du soulèvement des fondamentalistes sunnites, les Frères musulmans, dans la ville de Hama en 1982 est l'épisode le plus marquant de cette répression.

Aujourd'hui encore, héritage de cette période et malgré la mort de Hafez el-Assad, la peur de parler publiquement ou d'être écouté est constante parmi les Syriens.

Politique étrangère

Israël

La politique étrangère de Hafez el-Assad a été structurée par le conflit entre la Syrie et Israël – conflit antérieur à la prise de pouvoir de Assad, et qui a continué après sa mort.

Au commencement de sa présidence, la Syrie joua un rôle majeur dans la guerre du Kippour en 1973. La guerre a été présentée par le régime comme une importante victoire patriotique, quoique son bilan soit extrêmement nuancé. Après une faible avancée sur le plateau du Golan (territoire syrien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967), l'armée syrienne a connu d'importantes pertes et a dû reculer devant une contre-attaque israélienne. Toutefois, la Syrie regagna, in fine, des territoires sur le tracé de 1967, grâce aux négociations de paix, dirigées par Henry Kissinger.

La volonté de reconquête de l'intégralité du plateau du Golan n'a pas cessé, par la suite, d'être un des axes centraux de la politique de Hafez el-Assad. Il respecta, toutefois, la ligne de cessez-le-feu placée sous le contrôle des Nations unies. Assad choisit, en effet, une politique indirecte de pression sur Israël, à travers le soutien à divers mouvements arabes, hostiles à l'État juif, qu'il a clientélisés. Ainsi, il soutiendra le Hezbollah au Liban, dès sa création durant l'invasion de ce pays par Israël. Il apportera, de même, son soutien à de nombreux groupes activistes palestiniens, comme le Hamas. Assad refusa de reconnaître l'existence d'Israël, officiellement qualifié d'« entité sioniste ». Toutefois, avec la chute de l'URSS, il comprit que l'équilibre des forces avait été transformé en faveur des États-Unis, et de son principal allié dans la région, Israël. Il accepta alors, pressé par les États-Unis, de s'engager dans des négociations avec Israël, qui finalement échoueront.

Le Liban

Article détaillé : Guerre du Liban.

Assad joua un rôle clé dans l'histoire du Liban contemporain. La guerre civile libanaise, qui éclata en 1975 et opposa sur fond de conflit israélo-arabe les communautés religieuses du pays (chrétiens et membres de la droite libanaise d'une part, musulmans, « progressistes de gauche » et Palestiniens de l'autre) finit par tourner à la défaveur des chrétiens. Craignant de perdre le pouvoir présidentiel qui était réservé aux chrétiens de rite maronite depuis le Pacte de 1943, les leaders des milices chrétiennes Camille Chamoun et Pierre Gemayel lancèrent un appel à l'armée syrienne, pour mettre un terme à cette guerre fratricide. Le président syrien, qui soufflait sur les braises de la guerre du Liban, en soutenant tour à tour les différents belligérants, y vit l'occasion d'installer ses troupes au Pays du Cèdre, avant-poste de sa lutte contre Israël. Ce sera le début de la mainmise syrienne sur le Liban, qui durera jusqu'à la révolution du cèdre en 2005.

Il obtint par ailleurs de Jacques Chirac en 1996 que les dossiers de l'occupation israélienne au Liban et au Golan soient liés, et que la France fasse pression en ce sens sur l'État hébreu.

Bilan

Le bilan de ses 30 années de règne reste controversé : aux critiques contre sa politique interne répressive (écrasement dans le sang de l'insurrection islamiste dont le fief était basé à Hama) et de son soutien aux groupes armés palestiniens (Hamas et Jihad islamique) et libanais (Hezbollah), s'opposent des analyses qui voient en lui un « redoutable diplomate » (Henry Kissinger), ainsi que l'homme qui a fait de la Syrie un interlocuteur incontournable dans le règlement des conflits du Proche-Orient.

Son fils aîné Bassel el-Assad devait lui succéder à la présidence mais la mort de ce dernier dans un accident de voiture en 1994 contraint Assad à changer ses plans. C'est son autre fils Bachar el-Assad qui lui succède à la présidence syrienne juste après sa mort en juin 2000. Jacques Chirac fut le seul chef d’État occidental à se rendre à ses funérailles.

Voir aussi

Lien externe

Sur les autres projets Wikimedia :

Références

  1. « On a souvent dit que Hafez el-Assad en faisait partie. » « Les francs-maçons en terres d'islam », interview d'Antoine Sfeir, L'Express, 29 mai 2003, p. 3
mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimediafaire un don

Hafez el-Assad . Wikipédia


Hafez el-Assad (ou Hafiz al-Asad ) ( 6 octobre 1930 . 10 juin 2000 ) (en arabe : .'A8 'D#3/ ) est un homme politique syrien . Après son accession au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1970 , il...

Hafez-el-Assad


Hafez-el-Assad. Hafez-el-Assad 1930-2000 est un homme politique syrien, issu de la communauté musulmane alaouite , né en 1930 à Kardaha près de Latakié au nord-ouest de la Syrie . Membre du parti...

Hafez el assad et le parti baath en syrie . Livre Ouvrages généraux .


Hafez el assad et le parti baath en syrie. Éditeur : L'HARMATTAN livre canadien Auteur : GUINGAMP PIERRE Collection : Hors-collection Sujet : Ouvrages généraux Catégorie : Ouvrages généraux Type...
Plus d'infos Sur le web

  • Hafez el-Assad (ou Hafiz al-Asad. (6 | octobre | 1930 - 10 | juin | 2000 (en arabe. rtl | ar | حافظ الأسد est un homme politique syrie n. ...
    13 Kio (1 727 mots) - 13 mai 2012 à 14:19

  • Frères musulmans , les nationalistes arabes du Baath irakien , la gauche syrienne et l'armée Syrienne de Hafez el-Assad en février 1982 . ...
    5 Kio (555 mots) - 8 mai 2012 à 21:38

  • Bachar el-Assad (redirection depuis El Assad)
    d'État syrie n, président de la République arabe syrienne depuis le 20 juin 2000, soit dix jours après la mort de son père Hafez el-Assad . ...
    17 Kio (2 089 mots) - 26 mai 2012 à 01:19

  • Mais le président syrien Hafez el-Assad maria un de ses fils avec une sunnite issue de la famille régnante saoudienne, pourtant wahhabite ...
    15 Kio (2 047 mots) - 12 mai 2012 à 20:43

  • Avril : Sadate et Hafez el-Assad se rencontrent pour préparer un plan de reprise des combats contre Israël . L’Arabie saoudite promet ...
    44 Kio (5 131 mots) - 24 mai 2012 à 22:03

  • Bassel el-Assad (1961 – 21 janvier 1994 ) (arabe : باسل الأسد Basīl el-Asad) est le fils ainé de l'ancien président syrie n, Hafez el-Assad . ...
    2 Kio (298 mots) - 10 avril 2012 à 15:38

  • Le 13 | novembre | 1970, le ministre de la Défense Hafez el-Assad procéde à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa ...
    50 Kio (6 214 mots) - 16 mai 2012 à 10:42

  • Après avoir participé pendant des décennies au régime de Damas, en étant un proche de Hafez el-Assad. (il a notamment ordonné et dirigé le ...
    3 Kio (321 mots) - 3 avril 2012 à 14:05

  • Le front a été créée par le président syrien , Hafez el-Assad pour donner l'illusion d'un système multipartiste, selon les modèles est- ...
    2 Kio (204 mots) - 16 mai 2012 à 17:39

  • De son côté, Hafez el-Assad avait renforcé prioritairement son armée en vue de rendre à la Syrie son rang de puissance militaire au sein ...
    45 Kio (6 210 mots) - 18 mai 2012 à 23:41

  • Lors du coup d'État de Rifaat el-Assad en 1984 , Tlas soutient Hafez el-Assad et devient encore plus puissant. Il dirige alors l'armée et ...
    5 Kio (746 mots) - 19 mars 2012 à 00:50

  • Asma el-Assad. (rtl | ar | أسماء الأسد ... Il est le fils du président Hafez el-Assad (en poste depuis 1971), dont sa famille est proche. ...
    15 Kio (2 037 mots) - 14 mai 2012 à 09:06

  • À la mort du président Hafez el-Assad en 2000 , son fils Bachar el-Assad prend le titre de président. Système politique : La Constitution ...
    22 Kio (3 152 mots) - 27 mars 2012 à 18:45

  • Grâce à cette alliance, Hafez el-Assad peut garantir la mainmise sur le Liban (neutralisation de la révolte de Michel Aoun en 1991 ), ...
    30 Kio (4 241 mots) - 15 mai 2012 à 19:12

  • En 1970 , suite à un coup d'État militaire contre le gouvernement de Salah Jedid , Hafez el-Assad prend le pouvoir. Il annonce vouloir ...
    7 Kio (1 000 mots) - 26 avril 2012 à 00:00

  • syrien des Affaires étrangères, alors que le rêve de Hafez el-Assad d’une Grande Syrie par intégration du Liban est historiquement à sa portée. ...
    32 Kio (4 248 mots) - 21 mars 2012 à 23:53

  • Maher el-Assad (en arabe ... militaire syrie n, frère cadet du président Bachar el-Assad et dernier fils de l'ancien président Hafez al-Assad . ...
    3 Kio (265 mots) - 19 mai 2012 à 08:42

  • pays. Hafez el-Assad un militaire du clan alaouite, réputée plus modéré envers Israël accède au pouvoir par un coup d'État militaire en 1970 . ...
    78 Kio (11 235 mots) - 18 mai 2012 à 21:16

  • La Syrie s’y oppose et Hafez el-Assad refuse de participer au sommet arabe de Fès . 3 septembre , Égypte : suite aux affrontements de ...
    40 Kio (4 200 mots) - 23 mai 2012 à 20:00

  • par le Président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier Ministre israélien ... Hafez el-Assad pour la Syrie et Yitzhak Rabin pour ...
    10 Kio (1 355 mots) - 23 janvier 2012 à 21:30