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Henri Maillot (militant anticolonialiste)
Henri Maillot (Alger le 11 janvier 1928, Lamartine, aujourd'hui El Karimia, le 5 juin 1956) est un militant communiste anticolonialiste français.
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Biographie
Engagement politique
Né à Alger en 1928 dans une famille Pied-Noir, Henri Maillot fut un militant du Parti communiste algérien (PCA). Secrétaire général de l'Union de la Jeunesse Démocratique algérienne, il représenta l'Algérie dans des congrès de la jeunesse à Prague et à Varsovie. Il fut aussi employé par le quotidien Alger Républicain, proche des communistes. La répression qui frappe les musulmans après le massacre du Constantinois (département de Constantine) d'août 1955[1], marque profondément Henri Maillot, qui va alors confirmer ses choix politiques et se joindre aux Algériens engagés dans la lutte pour l'indépendance.
Désertion
En 1956, Henri Maillot est affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana, avec le grade d'aspirant. Le 4 avril 1956, il déserte et détourne un camion d'armes et de munitions pour rejoindre un groupe de maquisards communistes qui s'était constitué dans la région d'Orléansville sous la responsabilité d'un membre du Bureau clandestin du PCA, Abdelkader Babou. Quelques jours plus tard, il adresse aux rédactions des journaux français une lettre où il écrit notamment : « Au moment où le peuple algérien s'est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur »[2].
Rivalité avec le FLN
Le FLN se méfie des groupes armés qu'il ne contrôle pas. Belkacem Bouchafa, responsable des réseaux FLN d'Alger, raconte en 1986 : "Dés que la presse a parlé du vole du camion d'armes nous avons donné pour instruction de rechercher les auteurs de ce détournement pour pouvoir récuperer les armes et éventuellement les neutraliser. Ces armes étaient destinées à armer des groupes qui, plus tard, risquaient d'être des adversaires. Les éléments communistes étaient recherchés par les autorités coloniales et par nous-mêmes : c'était à celui qui les découvrirait le premier. C'était une course de vitesse"[3].
Maquis rouge
Le 22 mai 1956 Henri Maillot est condamné à mort par contumace pour trahison par le tribunal militaire d'Alger. Le 5 juin 1956, le groupe de huit maquisards du "maquis rouge" que commande Henri Maillot est surpris par les troupes françaises près de Lamartine (aujourd'hui El Karimia) dans la région d'Orléansville (aujourd'hui Chlef). Trois membres du groupe sont tués au combat : Belkacem, Hammi et un Européen, Maurice Laban[4], membre du Parti communiste algérien, ancien combattant de la guerre d'Espagne et ancien Résistant[5]. Henri Maillot, quant à lui, est pris vivant puis confié aux Gendarmes mobiles. Après deux heures de tortures on lui dit de filer. Il part à reculons en criant « Vive le Parti communiste algérien ! »[6] et s'écroule sous une rafale[7].
Postérité
L’Etat algérien a inauguré à Alger en 2002 une stèle à la mémoire des Français[8]qui avaient soutenu le combat du peuple algérien pour sa libération.
Notes et références
- Un rapport officiel des autorités françaises de l’époque avance 1 273 Algériens victimes de la répression, alors que le FLN recensa 12 000 morts et disparus. D'autres sources estiment le nombre de victimes à près 20 000.
- Texte complet de la lettre à la presse sur le site de la section de Toulon de la Ligue des Droits de l’Homme
- Interviewé par Jean-Luc Einaudi dans Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, éditions L’Harmattan
- Un Algérien, Maurice Laban, Jean-Luc Einaudi, Le Cherche-Midi, 1999
- Un (communiste) algérien : Maurice Laban (1914-1956) sur le site Matière et Révolution
- France Observateur 14 juin 1956
- Selon le témoignage recueilli plus de quarante ans après par Serge Kastell pour son livre "Le Maquis rouge. L'Aspirant Maillot et la guerre d'Algérie, 1956", les militaires auraient sommé Maillot de crier « Vive la France ! » et il se serait exclamé « Vive l’Algérie indépendante ! » en tombant sous les balles.
- Henri Maillot ne se considérait pas comme Français mais comme Algérien. Dans sa lettre adressée à la presse il écrivait : « Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie ».
Bibliographie
- Serge Kastell - Le Maquis rouge. L'Aspirant Maillot et la guerre d'Algérie 1956, Éditions L'Harmattan, 2000
- Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, éditions L’Harmattan, 1986 (ISBN 2-85802-721-8)
- Jean-Luc Einaudi - Un Algérien, Maurice Laban, Le Cherche-Midi, 1999
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