Histoire des bourses de valeurs

L'histoire des bourses de valeurs retrace l'évolution par grandes étapes des espaces de valorisation des actions et des obligations depuis le XIIIe siècle à nos jours.

Durant sept siècles, on assiste à l'apparition du processus participatif qui consiste à intéresser plusieurs personnes en tant qu'investisseurs à la construction d'une entreprise, à l'organisation en marchés au détriment des corporations, à l'émergence de la spéculation, à l'interconnexion des échanges et à leur régulation sur le plan international, jusqu’à la dématérialisation des titres.

En Extrême-Orient, il existait, dès le IXe siècle des coopératives de type participatif en lien avec le marché du thé. Mais c'est en Europe, d'abord dans les grandes cités commerçantes italiennes puis celles de la mer Baltique, que naquit le capitalisme moderne à l'aune du développement du commerce fluvial et maritime qui permit l'émergence de richesses et l'apparition des premières banques.

Sommaire

XIIIe et XIVe siècles

Les moulins du Bazacle, première société par actions

La chaussée du Bazacle aujourd'hui

C'est en 1250 que Toulouse a vu naître la première société dont les actions pouvaient s'échanger, leur prix variant en fonction de la conjoncture économique. La Société des moulins de Bazacle regroupait 60 moulins flottants, dits à « nef », sur la Garonne. Ces moulins étaient répartis entre trois lieux distincts : "La Daurade", "Le Château narbonnais" et "Le Bazacle". La chaussée du Bazacle, faite de pieux de chêne, traversait en biais la Garonne, sur une longueur de 450 mètres. Toulouse, qui comptait entre 30 000 et 60 000 habitants, assurait les débouchés commerciaux de ces moulins flottants.

Chaque associé recevait un papier notarié, en contrepartie de sa participation dans la société. En fin d’année, il touchait en nature, c’est-à-dire en farine, sa part des bénéfices. Les rendements pouvaient atteindre entre 10 % et 25 % par an[1]. Les actions étaient échangées sur un marché libre comparable à la Bourse[2]. Chaque année, une assemblée était organisée pour élire les administrateurs, le trésorier et le receveur des grains[3]. La Société des moulins de Bazacle est restée cotée jusqu'en 1946, sous le nom de Société toulousaine d'électricité de Bazacle.

Venise, première place pour l'échange de parts dans des navires

Le canal de Porta Nova, entrée de l'Arsenal de Venise

À Venise, le quartier du Rialto était proche d'une vraie bourse des valeurs, selon l’historien Fernand Braudel. Les marchands du grand commerce mondial y échangeaient des participations dans les galères vénitiennes, divisées en « carats », et mises aux enchères. Ce système de l’Incanto des galées du marché[4] a permis à Venise d'entreprendre à partir du XIVe siècle des aventures maritimes à très grande échelle. À son apogée, au milieu du XVe siècle, la ville armait une flotte évaluée à 6 000 galères vénitiennes, permettant des convois réguliers pour sillonner la mer Méditerranée. Ce système est créé dès 1283, sous régie d'État, deux ans après la difficile victoire de Chioggia contre Gênes. L'État vénitien recherche une taille suffisante pour assurer la sécurité de la lagune de Venise. Il faut attendre 1315 pour les premières enchères à but commercial, concernant les lignes menant à l'Angleterre et aux Flandres[5]. L'État vénitien en créé en 1347 une troisième menant à Alexandrie, en 1374 une quatrième vers Beyrouth, en 1402 une cinquième vers Aigues-Mortes, puis en 1436 une reliant les ports de la côte africaine à l'Espagne. La création de cette "Bourse du Rialto" stimule la construction des flottes marchandes, qui nécessite, entre 1303 et 1325, le quadruplement de la superficie de l'arsenal de Venise, premier site industriel du monde, protégé par une enceinte secrète de 25 hectares.

Bruges, première place européenne, relie Baltique et Méditerranée

La Grand-Place de Bruges.

Bruges était le grand partenaire commercial de Venise, au moment où la cité italienne a étendu son rayonnement, mais aussi un précieux partenaire financier. La première Bourse moderne aurait ainsi été créée au XIIIe siècle à Bruges[6], lorsque les représentants des comptoirs implantés dans la ville prirent l'habitude de se réunir devant l'hôtel de la famille Van der Buerse[7]. Les principaux comptoirs, appelés « nations », se partageaient les maisons sur la place Ter Buerse. Une nation était une association de marchands étrangers, qui louait le plus souvent ses propres bâtiments. Les marchands y échangeaient les monnaies de toute l’Europe et fixaient les prix futurs des marchandises, ce qui nécessitait d'anticiper l'évolution de l'offre et de la demande aux quatre coins du monde connu. « Des Espagnols, des Italiens, des Anglais, des Allemands, des Orientaux s’y rendent, bref, toutes les nations ensemble », racontent les carnets de voyage d’Hieronymus Muenze, un médecin allemand de Nuremberg en 1495. Bruges a joué un rôle majeur dans la naissance du marché des valeurs[8]. Sur fond de déclin des foires de Champagne, elle a facilité aux Italiens l'accès à l’Europe du Nord, au croisement des empires commerciaux italiens et du réseau de villes commerciales de la Hanse[9].

XVe et XVIe siècles

Anvers, première place mondiale, relie l'Inde à l'Amérique

Le port de Bruges s'ensabla et Anvers prit le relais grâce à son port sur l'Escaut, alors principale artère fluviale des Flandres et du Hainaut, les deux régions de l'Europe les plus actives. Anvers devient la capitale de l'imprimerie Plantin, après l'invention de la presse à imprimer par Gutenberg. En 1508[10], la couronne du Portugal décide d'y installer la Feitoria de Flandres, pour ses navires qui reviennent chargés d'épices des Indes, en longeant les côtes africaines. Anvers leur fournit l'argent des mines autrichiennes du Tyrol, puis celui du Mexique, car elle appartient à l'Empire espagnol. Anvers n'a pas de vraie banque, ni même de flotte de commerce. Il n'y est pas question d'écrire les dettes dans un seul livre de comptes comme à Venise. La place flamande développe alors les lettres de change qui peuvent être escomptées[11] . L'achat à terme se développe : il arrivait « de plus en plus fréquemment » que la date des livraisons soient reportées, l'écart de temps « permettant d'escompter la hausse ou la baisse » du cours des marchandises[12].

La Casa de la Moneda, où était frappé l'argent de Potosí, convoyé à travers l'océan jusqu'à Anvers

Vers le début du XVIe siècle, les transactions se concentrèrent à Anvers, qui devient une place pour les négociants de tous les peuples et toutes les langues. La Bourse d'Anvers est un bâtiment, aujourd'hui disparu, de grande taille où se retrouvent marchands et financiers, espagnols et flamands, allemands et portugais, italiens et suédois. En 1592 apparut la première cote publiant la liste des matières premières cotées[13]. Très vite, les Espagnols amènent des marchandises de toute l'Amérique latine, en particulier du Potosi péruvien après 1560 et les convois portugais poussent jusqu'au Japon, convertissant au catholicisme la région de Nagasaki.

Lyon, première place des emprunts publics à long terme

La Rue Mercière et ses voisines réunissaient une centaine d'imprimeurs de Lyon

Lyon fut en 1540 la première des bourses des valeurs régionales françaises, qui ont d'abord été des bourses de commerce. Toulouse remonte à 1549 et Rouen à 1566. Viendront ensuite Bordeaux, Lille, Marseille, Nancy et Nantes. « Création des marchands italiens » comme Laurent Capponi, venu de Florence, Lyon centralise les nouveaux échanges sur les effets de commerce et l'escompte[14], qui font le succès d'Anvers à la même époque. Spécialiste du commerce de gros, grande organisatrice de foires depuis 1463[15], Lyon est « censée donner la loi à toutes les autres places d'Europe[16] ». Vers 1550, c'est une grande ville de soyeux et la capitale de l’imprimerie européenne, avec près de 100 ateliers dans la rue Mercière et ses voisines, même si nombre de marchands français s'établiront ensuite à Anvers, nouvelle rivale[17]. Les banques italiennes de Florence et Lucques, implantées à Lyon, fusionnent : la Banque Gadagne est absorbée par les Capponi[18]. Elles prêtent aux souverains espagnols et français qui se combattent. Le banquier Albisse Del Bene, issu d'une famille d'exilés florentins est munitionnaire des armées et contrôle la levée des impôts dans toutes les régions de France[19].

Marchands de soies à la Renaissance

Henri II lance à Lyon en 1555 le Grand Parti de Lyon, un emprunt de deux millions d'écus sur 11 ans, à intérêt de 16 %, « taux très supérieur aux précédents », de 12 % en moyenne[20] . Les trois-quarts de l'emprunt sont d'anciens crédits, rassemblés et refondus. Jusque là, le déficit royal était comblé par des emprunts à trois mois, renouvelés à l'échéance. La plupart des créanciers suisses le boudent, jugeant l'échéance trop longue: ils envoient seulement 29000 écus à Lyon[21]. La nouvelle créance séduit cependant par sa clarté et sa visibilité. Pour souscrire, « des femmes vendirent leur bijoux, des domestiques engagèrent leurs économies » des « marchands turcs souscrivirent par l'intermédiaire de leurs hommes de paille 500 000 écus[20] ». Mais deux ans plus tard, sa valeur chute : la banqueroute espagnole génère une défiance envers toutes les dettes publiques. Le 20 novembre 1557, peu après la prise de Cadix par des Anglais, Philippe II d'Espagne annonce qu'il cesse de payer les intérêts à ses nombreux créanciers, jusque-là rassurés par les colonies espagnoles du Mexique et du Potosi, hauts lieux de l’histoire des mines d'argent.

« Le bruit se répandit, grâce aux feuilles imprimées », aux « quatre coins de l'Europe[22] ». Albisse Del Bene se fait le porte-parole de la communauté bancaire internationale. Il tente, sans succès, de convaincre Philippe II d'Espagne d'aménager sa dette[23]. Après le krach de 1557, la banque Capponi quitte Lyon pour Paris. En 1604, Sully, ministre des Finances d’Henri IV réduit de 40 % les montants du Grand Parti de Lyon et ramène de force le taux d'intérêt à 4 %.

La première nationalisation de dette, par Thomas Gresham

Sir Thomas Gresham - Portrait par Anthonis Mor, vers 1554

En Angleterre, les nouveaux souverains anglicans du XVIe siècle confisquent les biens de l'Église mais sont confrontés à des difficultés financières liées à l'inflation : le Great Debasement de 1543, ou « grande dévaluation », divise par quatre la proportion d'argent dans les pièces de monnaie. Elle tombe à seulement un quart du poids total en 1551. C'est la crise monétaire anglaise des années 1550, cinq ans avant le krach des emprunts d'État français du Grand Parti de Lyon. En 1560, Élisabeth Ire nomme ministre des Finances Thomas Gresham, qui a fait sa carrière de financier à la Bourse d'Anvers, où il avait réduit la dette britannique. Il propose à la reine de lancer ses emprunts sur le marché national, plutôt que de continuer à recourir aux financiers étrangers[24]. Il décide parallèlement un retour aux parités antérieures, dans l'espoir de juguler l'inflation et même de faire baisser les prix, qui « avaient doublé ou triplé en quelques années », selon l'historien Fernand Braudel[25].

La reine Élisabeth, satisfaite, lui demande de reproduire à Londres le fonctionnement de cette Bourse d'Anvers. Le Royal Exchange est construit en 1565, pour accueillir les échanges qui avaient lieu rue des Lombards, fief des Italiens de Londres depuis le Moyen Âge. Les grands bailleurs de fonds, les importateurs des Indes, sont obligés de partager les salles de l'édifice avec une foule de petits spéculateurs et courtiers anglais[26]. Le Royal Exchange est envahi aussi, à la fin du XVIIe siècle, par les négociants juifs et protestants venus de Hollande. Leur présence suscitant des remous, ils fondent, dans des cafés, une bourse concurrente, informelle et plus efficace, le London Stock Exchange.

À Paris, la prolifération des « courratiers », suscite un édit de Charles IX fixant les règles de la profession en 1572. En 1639, le terme est abandonné pour celui d'« agent de change ». Sur le Pont au Change, alors en bois, on échange les centaines de monnaies différentes issues des quatre coins du Royaume. Le cambiste a son banc, rompu en cas de problème, d'où le mot « banqueroute ». Un bâtiment spécialisé est édifié en 1613 sur le lieu des échanges, au Pont Neuf[27]. Dans les villes italiennes, les échanges ont lieu aussi sur un pont, le Ponte Vecchio à Florence et le Rialto à Venise.

XVIIe siècle

Le XVIIe siècle, appelé aussi siècle d'or néerlandais, voient ces derniers bâtir une métropole, dont la population quadruple en quelques années : Amsterdam devient la capitale mondiale de l'imprimerie, de la finance et de la navigation, grâce à l'afflux de réfugiés protestants, qui amènent leur or, leur savoir-faire et leur soif de revanche. Le même phénomène se produira à la fin du siècle à Londres, envahie par une armée hollandaise comptant des milliers de réfugiés protestants français.

Amsterdam : première cotation d'une multinationale

Peinture de Hendrick Cornelisz Vroom, vers 1600 : départ de voiliers de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

La Flandre protestante est soumise en 1576 au Sac d'Anvers par les armées espagnoles et fuit à Amsterdam, où elle crée la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Dès 1602, une augmentation de capital de 6,5 millions de florins, l'équivalent de 64 tonnes d'or[28], la dote de fonds propres[29] dix fois supérieurs à ceux de sa rivale, la Compagnie anglaise des Indes orientales, fondée en 1600[30]. Les Hollandais avaient déjà envoyé en Asie 65 navires dispersés en 14 flottes, entre 1598 et 1602[31], et touché le Japon dès 1600. De 1638 à 1668, les mines argent japonaises apportent un appoint décisif au commerce néerlandais en Asie[32]. Parmi les premiers actionnaires de la compagnie, 38 % ont fui les guerres de religion et l'empire espagnol[33]. Les immigrés forment aussi la majorité des 320 actionnaires de la Banque d'Amsterdam, créée en 1609, et jusqu'à 80 % de la population de Middelburg et Leyde, nouvelle capitale européenne de l'imprimerie, qui prend le relais d'Anvers.

La valeur des actions est multipliée par douze en 118 ans, passant de 3 000 florins en 1602 à 15 300 florins en 1670, puis 36 000 en 1720. Les dividendes dépendent des cargaisons ramenées et représentent 7,84 % de la valeur boursière de l'action en 1670 puis 3,33 % en 1720[34]. La compagnie a deux comptabilités, l’une à Amsterdam, l’autre à Batavia, d'où elle importe les précieuses épices, qui servent de monnaie en Occident, où l'on "paie en espèces". Le nombre de bateaux utilisés augmente fortement jusqu'en 1670 avant de décliner.

Année 1641 1651 1659 1670 1680 1700 1725 1750
Navires hollandais en Inde 56 60 83 107 88 66 52 43[35]
Le bâtiment de la bourse de Hendrick de Keyser.

La Bourse d'Amsterdam est bâtie que 9 ans après la création de la Compagnie des Indes orientales (Verenigde Oostindische Compagnie), dont les actions sont d'abord échangées sur le Damrak, une rue d’Amsterdam. En 1607, le conseil municipal confie à l'architecte Hendrick de Keyser la construction d’une bourse des matières premières, ouverte en 1611. De brique et de pierre de taille, le bâtiment fait 69 mètres sur 39, avec un péristyle de 46 piliers numérotés "pour distinguer les places où se tiennent les marchands". Il enjambe le Rokin, qui est encore un canal. Ouvert tous les jours ouvrables, au son d'une cloche, de midi à 14 heures, il peut contenir environ 4600 personnes[36]. Au départ, seules des actions à livraison immédiate étaient négociées, mais très vite des options et des contrats à terme les rejoignent[37]. La spéculation à terme « avec toutes ses finesses et finasseries, a fait ses classes et ses maladies à la Bourse d'Amsterdam[38] ».

Indice des prix standards des contrats de bulbes de tulipe

Très actifs dans la négociation des actions, les immigrés juifs d'origine portugaise ont créé la Gazeta de Amsterdam[39], un journal économique diffusé deux fois par semaine, entre 1675 et 1702, et rédigé en espagnol afin de toucher la diaspora des juifs sépharades, implantée aussi à Curaçao, Livourne ou Bayonne, et qui joue un rôle important dans l'histoire de la culture du cacao. C'est le plus ancien périodique de l'histoire juive. Amsterdam voit aussi des échanges sur la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, qui va s'emparer d'une partie du Brésil portugais, tandis que la tulipomanie, spéculation sur les tulipes, a lieu dans des bars et auberges. En trois mois, entre novembre 1636 et février 1637, les prix des contrats d'achat de tulipes sont multipliés par douze, dans une frénésie d'achat qui suscite moqueries et réprobation. À partir de février 1637, les prix s'effondrent en seulement trois semaines : c'est le « krach des tulipes ».

Rentes constituées et Louis d'or, premiers placements refuge

En 1640, Louis XIII réforme le système monétaire français, en créant le Louis d'or. Ce nouveau système monétaire tiendra jusqu'à la Révolution française[40]. Il est basé sur une maxime : "tout ce qui est rare est cher". L'argent des mines du Potosi et du Mexique arrivant massivement par le biais de l'Espagne, l'or devenait comparativement plus rare. L'histoire des mines d'or montre qu'après 1645, le poids de l'argent extrait chaque année dépassait de 60 fois celui de l'or. Parallèlement, les rentes constituées se sont développées en France aux XVIIe et XVIIIe siècles pour pallier l'absence de crédit bancaire. L'immense majorité du crédit passait par ce système de rente, qui a freiné l'esprit d'entreprise.

Louis d'or de Louis XIII

Colbert déteste « le rentier : économiquement il le perçoit comme un oisif parasitaire dont les capitaux ne s'investissent ni dans l'industrie ni dans le commerce, et politiquement, il le perçoit comme un danger[41] », écrit l'historien Michel Vergé-Franceschi. Le ministre des finances a tenté de forcer les rentiers à investir dans les manufactures et Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle, en particulier dans les années 1660. Les quittances de rachat de la seconde moitié du XVIIe siècle, « résultant de la politique de remboursement des rentes engagée par Colbert, laquelle donne lieu à des édits spécifiques pour chaque type d’émission" ont finalement échoué. Les rentes constituées se développent plus que jamais après sa mort, au détriment des manufactures. La fiscalité y contribue : en cas d'échanges d'immeubles contre des rentes constituées, le lods et ventes, ou droit de 8 % (l'ancêtre du droit de mutation), n'était pas exigible[42]. Les rentes constituées subiront plus tard la concurrence des créances sur l’État français, qui rapportent en moyenne 7,5 % des sommes prêtées en 1788. C'est deux fois plus qu'en Angleterre (3,8 % en moyenne), pays dont la dette publique est pourtant plus élevée d'environ 50 %, pour une population trois fois moindre[40]. Il est vrai que Londres « publie régulièrement son budget et paie scrupuleusement ses créanciers »[40], tandis que Versailles « fait régulièrement banqueroute et cultive le secret comptable », selon l'ouvrage de Necker, L'Administration des finances de la France[43] », qui devient en 1784 le premier best-seller politico-financier, avec 12 000 exemplaires vendus en un mois[44].

Révolution britannique, six fois plus d’entreprises cotées en une décennie

La Glorieuse Révolution, menée en 1688 par une partie des britanniques, avec l'aide d'une armée d'invasion franco-hollandaise dirigée par Schomberg, a chassé le roi d'Angleterre Jacques II. Elle déclenche la Révolution financière britannique : création de la Banque d'Angleterre, des compagnies d'assurances, comme le Lloyd's of London, et boom de la dette publique, pour financer la Royal Navy.

La Banque d'Angleterre, pilier des banques de province et pompe d'amorçage de la dette publique, pour financer la "Royal Navy".

Daniel Defoe se moque des financiers hollandais qui multiplient les astuces pour la placer: loteries, obligations sur la marine, ou emprunts convertibles en actions, qui inspireront le système de Law. Entre 1688 et 1702, elle passe de 1 à 16,4 millions de livres[45]. De 1702 à 1714, elle triple pour atteindre 48 millions de livres sterling, dont la majeure partie pour la Marine[46]. La Royal Navy compte 272 vaisseaux dès 1702, 77 % de plus que sous Cromwell. Son superviseur entre 1692 et 1699, Edmund Dummer, lui impose des formats standards, visés par le Parlement[47], pour rendre interchangeables les composants, en valorisant les innovations de Thomas Savery. Les chantiers navals de cale sèche de Portsmouth et Plymouth se développent, la valeur du premier étant triplée en dix ans[48]. Dès 1741, la flotte anglaise est trois fois celle de la France[49]. Le Board of Ordnance vérifie les contrats d'approvisionnement de la Royal Navy, dans une politique d'aménagement du territoire. Pilotée par la Banque d'Angleterre, la dette publique a un taux d'intérêt faible, grâce à une une administration fiscale renforcée[50], collectant la Land Tax, proportionnelle aux surfaces possédées, qui représente 52 % de l'ensemble des recettes en 1696[51]. La Banque d'Angleterre a aussi pour mission de sécuriser les country banks de province, créée par des banquiers improvisés (bonnetiers, tisserands, brasseurs, meuniers ou commerçants en fer). Elles seront une douzaine dès 1750, puis 120 en 1784 et 290 aux environs de 1797[52]. La BLC, fondée en 1746 avec 100 000 livres, prête dès 1764[53] aux filatures de lin développées depuis 1697 par Louis Crommelin et 70 familles huguenotes à Lisburn, près de Belfast, puis en Écosse, qui en tire 22 % de ses exportations dès 1704. Les publications des 301 associés de la Société agronomique écossaise, créée en 1723[54], aident au triplement de la production écossaise entre 1730 et 1775, à 121 millions de yards, répartie entre Dundee et Glasgow, qui double ses exportations entre 1725 et 1738 grâce à une subvention de 2750 livres[55]. En 1742, Edward Cave valorise la fileuse à coton de Lewis Paul et lance la révolution du coton anglais.

La Navy triomphe à La Hougue, 1692

Pour l'historien Robert Mandrou[56], l'une des principales innovations est « l'essor des sociétés anonymes par action, au détriment des compagnies à chartes détentrices d'un monopole d'État. » La City privilégie les "associations libres, constituées par les marchands, sur des bases financières précises et soumises aux seules règles du marché londonien, par l'intermédiaire de la cotation en Bourse. Dans la dernière décennie du XVIIe siècle, ces sociétés se multiplient, à tel point qu'en 1700, il s'en trouve 140 dûment recensées sur la place de Londres. Leur nombre n'était que de 24 en 1688. Leur prospérité draine les capitaux anglais et étrangers, en particulier hollandais". Le négoce des actions se concentre autour de City's Change Alley, dans deux cafés : Garraway's et Jonathan's, où le huguenot John Castaing publie en 1692 une première liste d'actions intitulée « Le cours des échanges et autres choses ». Le Jonathan's sera renommé « London Stock Exchange » en 1777, en s'installant dans un vrai bâtiment dédié. Parmi les trois sociétés par actions créées dans les années 1700 dans le charbon de Newcastle, la Blyte Coal Company. Son concurrent Charles Montagu (1658-1721) installe des wagons roulant sur 6 kilomètres de rails en bois et devient dès 1703 le premier producteur, avec 70 000 tonnes. Le charbon anglais profite aussi du brevet déposé en 1698 par Thomas Savery, qui diffuse dans la presse en 1702 un croquis simplifié de sa pompe à vapeur, améliorée en 1711 par Thomas Newcomen et produite à grande échelle grâce à la "fonte au coke" découverte en 1709 par Abraham Darby. Combinée au sulfate de fer de John Roebuck, de l'Université d'Édimbourg et de la Lunar Society, elle permet le placage au fer des boulets de canon pour les grosses commandes de la Royal Navy dès les années 1750.

Daniel Defoe, soutien de la Révolution, fonde un journal en 1691

Le boom du charbon britannique est servi aussi par les aménagements de rivières anglaises sous la réglementation du Parlement. Le dynamisme de la presse, libérée de la censure, ouverte aux innovations technologiques et aux nouveaux débats du Parlement, qui couvre les concours d'inventeurs, favorise ces évolutions : de 1688 à 1692, 26 publications sont créées[57]. The Athenian Mercury, de Daniel Defoe, apparaît en 1691. Un pasteur français, Jean de Fonvive, gagne une fortune, 600 livres sterling par an[58], avec son Post Man, alimenté par la diaspora des Huguenots[59]. On lui propose de devenir éditorialiste de la London Gazette[60]. Abel Boyer (1667-1729), arrivé de Castres en 1689, édite le Post Boy: 3 000 exemplaires contre 3 800 pour le Post Man, des chiffres énormes pour l'époque. Un troisième "quasi-quotidien" national, le Flying Post, sort aussi en 1695, les mardi, jeudi et samedi, pour les envois du Royal Mail. Un autre huguenot, Pierre-Antoine Motteux, fonde dès 1692 le Gentleman's Journal[61], mensuel qui gagne le premier public féminin. Le Norwich Post paraît en 1701 dans la région lainière du Norfolk, disputant le rôle de premier quotidien de l'histoire au Daily Courant fondé le 11 mars 1702 par le libraire Edouard Mallet au-dessus du White Hart pub à Fleet Street[62]. Comme le Post Man, il compile des nouvelles de l'étranger. Les écrivains contribuent à l'ébullition: Daniel Defoe fonde en 1704 le Weekly Review. Jonathan Swift est rédacteur en chef de l’Examiner fondé en 1710. Les Tatler et Spectator, sont fondés en 1709 et 1711 par Richard Steele et Joseph Addison.

XVIIIe siècle

En France, les grandes spéculations associent le potentiel de croissance du Mississipi sous forme d'actions échangées contre la dette royale, qui absorbe les fortunes issues des raids corsaires et de la traite négrière. Aux États-Unis, on commence aussi par spéculer seulement sur les terres du Mississipi et des obligations du gouvernement, qui doit financer en 1794 la création de l'US Navy. En Angleterre, où la dette publique rapporte deux fois moins d'intérêts, en raison d'un fisc très développé, la spéculation se focalise à la fin du siècle sur des sociétés de canaux, qui permettent de compléter les réseaux publics des Turnpike Trusts et des Aménagements de rivières anglaises: Aire and Calder Navigation (1703), Weaver Navigation (1721), Mersey and Irwell Navigation (1723), Navigation Douglas (1743) et les écluses de la Tamise.

John Law dissout la dette de Louis XIV dans le Mississippi

À en juger par les nombreux trous d'aiguille : les derniers billets ont beaucoup circulé.

En 1698, le financier écossais William Paterson installe une colonie sur l’isthme de Panama, pour le commerce dans les "mers du Sud": 172 artisans écossais ont souscrit à sa Compagnie du Darién, qui suit pas à pas, à l'île d'or, les récits autobiographiques des pirates du Panama, Lionel Wafer et William Dampier. Les 2 000 colons écossais sont décimés par la malaria mais le mythe perdure: des armateurs malouins bâtissent d’immenses fortunes dans ces "mers du Sud", sur les côtes du Chili et du Pérou, comme le cap-hornier Noël Danycan de l'Epine (1651-1731)[63], fondateur d'une Compagnie royale de la mer du Sud dès 1698. En 1711 émerge une compagnie des mers du Sud anglaise, alimentant la South Sea Bubble, vaste spéculation qui flambe jusqu'au krach de 1720. Un autre financier écossais, John Law, est appelé par la France en 1714 quand Louis XIV meurt en laissant une dette de 3,5 milliards de livres[64], soit dix années de recettes fiscales (en 2010, la dette publique française est 3 fois moins élevée, avec 3,5 années de recettes). S’inspirant de la Compagnie des mers du Sud, il crée une nébuleuse de sociétés autour de la Banque générale, au capital de 6 millions de livres, fondée le 2 mai 1716 sur le modèle de la Banque d'Angleterre. Ses 1200 actions sont échangeables contre les créances sur l’État. Ses billets, convertibles en or, peuvent être reçus comme impôt. Monmartel investit 300000 livres[65] dans la Compagnie d'Occident de Duverney, rachetée par la Compagnie du Mississippi, qui récupère aussi le monopole de la Compagnie de la Louisiane d'Antoine Crozat, première fortune de France. Elle acquiert, grâce à une augmentation de capital, la Compagnie française des Indes orientales, puis la Banque Générale, rebaptisée "Banque Royale" la même année.

Cours de la Compagnie des mers du Sud lors du krach de 1720.

Des publicités attirent en Louisiane des Alsaciens, qui fondent la ville Des Allemands (Louisiane). Rue Quincampoix, sous les fenêtres de la Compagnie du Mississippi, on s'arrache ses actions : toutes les maisons, « morcelées en bureaux, se louèrent à des prix fous ». Un bossu se loua comme pupitre[66]. Une dame Chaumont, mercière à Namur, gagna 60 millions de livres et acheta la seigneurie d'Ivry-sur-Seine et l'hôtel de Pomponne[67]. Le château de cartes s’écroule le 17 juillet 1720. Dès cinq heures du matin, rue Quincampoix, une émeute oppose des milliers d'actionnaires : 15 personnes y périssent. Même scénario en août à Londres, lors du krach de 1720. L'action Compagnie des mers du Sud avait été multipliée par 9, épisode raconté par Daniel Defoe, Jonathan Swift et le physicien Isaac Newton.

Les premières obligations à haut rendement

La dette publique et les effets de commerce dominent la Bourse de Paris pendant les 70 ans précédant la Révolution française. Pratiquée par des banquiers et des détenteurs de rentes constituées[68], la spéculation à terme, avec liquidation mensuelle[69], devient majoritaire. Le marché est déjà sophistiqué: les textes officiels parlent d'un "jeu de primes", c'est-à-dire d'options d'achat et de vente, permettant de renoncer finalement à la transaction si le cours n'est pas au niveau espéré.

Année 1720 1758 1787
fiscalité anglaise (livres/habitant) 19 23 34
fiscalité française (livres/habitant) 8 9 12

La Bourse de Paris cote une obligation différente pour chaque taxe française, alors qu'il n'y a qu'une seule obligation à Londres. Le service de la dette représente la moitié des 620 millions de livres de dépenses du Roi de France en temps de paix[70]. Le rendement obligataire est en moyenne de 6,5 %, variant de 4 % en 1754 à 10 % en 1771[71]. C'est deux fois plus qu'en Angleterre (3 à 4 % en moyenne)[70], pays dont la dette publique est pourtant plus élevée d'environ 50 %[40] : 133 millions de livres sterling dès 1766, malgré une fiscalité britannique plus lourde depuis la création de la Land Tax. En 1720, le poids fiscal total est de 19 livres tournois par habitant en Angleterre contre 8 en France. En 1758, c'est 23 en Angleterre contre 9 en France et ce sera 34 en Angleterre en 1787 contre 12 en France[72].

Au début, l'opération du visa de 1721 fait le ménage dans le Système de Law: 185 "agioteurs" sont frappés d'amende et leurs obligations confisquées, pour 187 millions de livres, deux fois plus que sous la Chambre de justice de 1716[73]. Pendant trois ans, la négociation boursière est déplacée vers les jardins de l'Hôtel de Soissons[36], pour les éloigner de la rue Quincampoix.

Évolutions des recettes et dépenses de la monarchie française de 1600 à 1715 en millions de livres tournois.

L'arrêté du 24 septembre 1724 plafonne à 60 le nombre d'agents de change, des "officiers ministériels"[74] limités au rôle d'intermédiaire. Les clients doivent leur remettre l'argent avant la séance, qui a lieu tous les jours, sauf les dimanche et fêtes, de dix heures à treize heures[36]. La Bourse de Paris est légalisée et installée dans un bâtiment dédié, de 38 toises sur 21 (68 mètres sur 38), au 6 rue Vivienne, dans le "Jardin de la Compagnie des Indes", aujourd'hui "Jardin Vivienne"[75], en contrebas de la partie de l'Hôtel de Nevers[36] où la Compagnie a été installée en 1719[76]. C'est le lieu de l'ex-"Galerie Mansart" réalisée pour les collections d'art antique du Cardinal Mazarin[77], aujourd'hui "Galerie de photographie" de la Bibliothèque nationale de France. Avant le krach de 1719, l'ensemble de l'hôtel de Nevers était occupé par la Banque générale de John Law. Son autre moitié, récupérée par l'Abbé Bignon, sera consacrée à la "Bibliothèque royale". La traverse réservée à la Bourse est bordée d'un péristyle, percé d'arcades donnant sur la rue, encadrant un préau sablé et peuplé de bancs.

Tout proche, l'hôtel de l'Administration générale des loteries[78], à l'angle de la rue Vivienne et de la rue neuve des Petits Champs[79], et le Trésor royal. Tous deux remplacent la Compagnie des Indes à sa suspension en 1769[80], dont l'État détenait 20 % des actions et qui rapportait 20000 livres par an à Voltaire, soit le salaire annuel d'un fonctionnaire[81]. L'arrêté du 30 mars 1774 institue la criée à haute voix et un « parquet » de négociation, surélevé d'un mètre. La Caisse d'Escompte, ancêtre de la Banque de France, apparaît en 1776 au 8 rue Vivienne [82]. Les transactions s'accélèrent dans les années 1780[83].

Les grandes spéculations de la fin du règne de Louis XVI

Dans les trente dernières années du règne de Louis XVI, la colonie de Saint-Domingue accélère une expansion qui double sa production de sucre et décuple celle de café, générant des profits recyclés vers l'immobilier ou les emprunts royaux[84] émis pour finir la guerre d’indépendance américaine.

Après cinq ans de guerre d'Indépendance américaine, une flotte française, venue en renfort, isole l'armée anglaise dans la Chesapeake. Les dépenses militaires gonflent la dette royale.

Les spéculateurs parient sur la victoire franco-américaine. Les dépenses militaires de l’expédition Lafayette creusent la dette publique. Pour éviter de nouveaux impôts, Necker, aidé par les banquiers de Genève, lève des emprunts pour 530 millions de livres dont 386 millions de livres sous forme de rentes viagères, qui rapportent des intérêts plus élevés[85]. Convergent aussi à Paris des capitaux de Hollande, Gènes et Espagne, attirés par le mécanisme de la spéculation à prime[86], proche des options. Nommé en 1783 par Louis XVI, le contrôleur des finances, Calonne estime que spéculer en plus sur des actions, en stimulant le marché dans son ensemble, sera favorable au cours des emprunts royaux. La réorganisation de la Caisse d'escompte de novembre 1783 ranime ses actions, tombées de 5000 livres à 3500 livres lors de la disgrâce de Necker. Elles grimpent à 8000 livres[86]. Deux groupes apparaissent : les « haussiers », menés par Beaumarchais, et les « baissiers », dirigés par les banquiers Isaac Panchaud et Étienne Clavière. Le bruit court que le dividende semestriel passera de 130 à 180, voire 200 livres. Isaac Panchaud publie plusieurs brochures prouvant que c'est illusoire. Grâce au marché à terme, les « baissiers » vendent 20 000 à 30 000 actions de cette Caisse d'escompte qui n’en compte que 5 000.

Mirabeau, dont les pamphlets font la pluie et le beau temps à la Bourse

Calonne décide d'exclure des dividendes les bénéfices provenant de l'escompte des effets de commerce dont l'échéance va au-delà du semestre. Cet arrêté du 16 janvier 1785 déclenche l'hostilité des « haussiers ». Pour les rassurer, un second arrêté, huit jours après, interdit les transactions à terme de plus deux mois sur cette action[87], pour décourager les baissiers. Ces deux décisions aboutissent à transférer la spéculation, non pas vers la dette publique, mais vers les actions de la Compagnie des eaux de Paris des frères Périer, qui exploite depuis 1782 à Chaillot une pompe centrifuge importée d'Angleterre, puis celles de la Banque de Saint-Charles de Madrid, qui profite de la pénurie de monnaie métallique. Calonne est embarrassé, car il avait fait racheter par le Trésor royal des actions de cette banque, dont il a été lui-même actionnaire, détenues par l’abbé d’Espagnac[88]. Inquiet du scandale, il lance le pamphlétaire Mirabeau contre la vague spéculative. L’opération réussit : après s'être envolés, les cours de la Banque de Saint-Charles de Madrid reculent, les spéculateurs se reportant sur la dette publique. Il interdit parallèlement à toutes personnes autres que les agents de change d’acheter ou vendre les effets royaux, même hors de la Bourse, dans les cafés[86]. Il interdit ensuite la négociation de titres étrangers puis supprime tous les marché à terme, par un arrêt du 7 août 1785. En 1786, il créera 60 postes supplémentaires d’agents de change[89].

Entre-temps est née le 3 juin 1785 une nouvelle "Compagnie des Indes orientales et de la Chine" : le commerce avec l'Inde, porté par la conquête de cinq comptoirs lors du traité de Paris, est passé de 8 à 20 millions de livres depuis la suspension du monopole de la Compagnie française des Indes orientales en 1769. Elle émet pour 20 millions de livres d'actions[90], arme une quinzaine de bateaux et voit son action s'envoler, ce qui enrichit le spéculateur Étienne Clavière. Il recycle ses plus-values dans L'Entreprise de l'Yvette, créée par Defer de la Nouere, avec le soutien d'un autre pamphlet de Mirabeau, pour concurrencer la Compagnie des eaux de Paris. Cette dernière voit ses actions s'effondrer à son tour dès l'été 1786. Elle réagit en se diversifiant, par la création de la Chambre d'assurance contre les incendies, au capital de 4 millions de livres. Trois mois après, Étienne Clavière et ses amis Jacques Pierre Brissot, baron de Batz et Étienne Delessert, qui avaient tous spéculé sur la baisse de la Compagnie des eaux de Paris, créent à leur tour une société rivale, la Compagnie d'assurances contre les incendies[91], au capital de 8 millions de livres[92]. Ces deux premiers assureurs français proposent rapidement des contrats d'assurance-vie. Finalement, l'accumulation des scandales financiers fait chuter Calonne en 1787. Son successeur Loménie de Brienne renvoie les marchés à prime devant les tribunaux, par l'arrêté du 14 juillet 1787, met des bornes strictes à la cotation des emprunts royaux, et exclut les compagnies privées de la Bourse, à l’exception de la Caisse d'escompte.

La canalmania des années 1790, première spéculation répartie

Edmund Cartwright, dont la tisseuse à vapeur augmente la demande de charbon.

De 1789 à 1792, les journaux anglais parlent de canalmania : la spéculation boursière atteint des sommets sur les sociétés par action creusant les canaux. Pour la première fois, la spéculation se répartit sur un grand nombre d'entreprises du même secteur. En trois ans, 54 d'entre elles entrent en Bourse de Londres et lèvent un total de six millions de livres sterling. Les souscriptions sont annoncées dans les journaux. La société propriétaire d'un canal bien situé, au cœur du réseau fluvial de Birmingham voit son cours quadrupler en quelques années. Les progrès de la machine à vapeur stimulent la demande de charbon, qui circule sur les canaux, pour un coût divisé par deux : un cheval suffit pour tirer six barges reliées les unes aux autres, chargées de 30 tonnes. Chaque nouveau canal valorise le réseau de transport constitué des Turnpike Trusts, du cabotage commercial, permis par l'insularité de l'Angleterre, et des nombreux aménagements de rivières anglaises, réalisés après vote du Parlement pour dépasser les vieux conflits de propriété: Aire and Calder Navigation (1703), Weaver Navigation (1721), Mersey and Irwell Navigation (1723), Navigation Douglas (1743) et les écluses de la Tamise. Dès le premier quart du XVIIIe siècle, les voies navigables représentaient 1160 miles, plus aucun point du territoire n'étant alors situé à plus de 15 miles d'un transport par eau[93]. Ce modèle inspirera au siècle suivant la France, qui disposait déjà de 4 grands fleuves, et surtout les États-Unis.

La forte demande de charbon des années 1789 à 1792, avec l'invention de la machine textile à vapeur du révérend Edmund Cartwright, accentue encore la spéculation. L'un des canaux les plus rentables sera celui de Leeds à Liverpool achevé en 1816[94]. Les actions chuteront avec la concurrence du chemin de fer, quand une vingtaine de compagnies ferroviaires entrent en Bourse de Londres en 1825. Plusieurs canaux se révéleront finalement inutiles. Dès 1830, un sur deux n'est plus rentable. Mais l'Angleterre est alors le seul pays européen à bénéficier de 6 000 kilomètres de voies navigables, dont un tiers de rivières aménagées et un tiers de canaux.

Philadelphie devance New York et la domine pendant 47 ans

Tracé du canal Erié(en bleu) et des lignes de chemin de fer New York Central Railroad (violet), West Shore Railroad (rouge)

Dès la fin de la guerre d'indépendance, et bien avant la création de quatre bourses rivales, les États-Unis vivent le scandale de Yazoo Land, une intense spéculation illégale sur les sociétés achetant les futures « terres à coton » du Mississipi. Philadelphie accueille en 1784 la capitale fédérale, puis la première Bourse, sur Chestnut street[95], en 1790, année de l'émission d'un emprunt obligataire de 8 millions de dollars, pour restructurer la dette des nouveaux États-Unis[96]. La première action cotée est en 1791 la First Bank of the United States, au capital de 10 millions de dollars, dont 20 % détenus par l'État. Le banquier franco-américain Stephen Girard la rachète en 1811, pour financer la guerre de 1812. En 70 ans[97], les introductions en Bourse totaliseront 500 millions de dollars à Philadelphie, qui reste la principale Bourse américaine jusqu'à la Panique de 1837, même quand New York devient la première ville desservie par un service de paquebots vers l'Europe en 1817, puis en 1825 la première reliée aux plaines du Lac Ontario, par 600 kilomètres de voie d'eau. Le Canal Érié, sans émettre d'actions, draine l'essentiel des sept millions de dollars d'obligations américaines sur les canaux émises entre 1817 et 1826, surtout auprès d'investisseurs locaux, les étrangers privilégiant alors les emprunts de l'État de New York[98]. Boston et Baltimore sont rapidement distancées. L'accord de Buttonwood, qui réunit 24 courtiers le 17 mai 1792 sous un platane de Wall Street, anticipe sur les Naval Acts de 1794 et 1798, luttant contre les exactions des pirates franco-cubains par l'émission d'obligations pour financer la création d'une US Navy. Les anglais ont en effet confisqué les navires de guerre à l'Indépendance.

Représentation de traders sous le platane d'Occident (buttonwood tree) à Wall Street à la fin du XVIIIe siècle

Les 24 courtiers s'entendent pour ne facturer aucune commission inférieure à 25 cents. La dette publique augmente vite car la première taxe sur les propriétaires terriens, étendues aux maisons et censée financer l'US Navy, déclenche la "Fries Rebellion". Dès 1798, les 24 courtiers s'intéressent aussi à la première société privée, la "Compagnie d'assurance de New York"[99]. Parmi eux, Benjamin Mendes Seixas, Ephraim Hart et Alexander Zuntz, de la Synagogue de Shearith Israel, investissent aussi dans la création de la Bank of Rhode Island. Réunis jusque-là au "Tontine's Coffe House", ils ouvrent le New York Stock Exchange en 1817, sous la présidence de Nathan Prime[100]. Il ne côte alors que dix banques et 13 assurances, toutes locales[101]. En 1827, c'est 12 banques cotées et 19 compagnies d'assurances[102], en plus de 8 emprunts publics. Entre temps, la Second Bank of the United States est née en 1816 avec un capital de 35 millions de dollars. Le nombre total de banques, cotées ou pas, est passé de 232 en 1816 à 338 en 1818, dont 40 en un an pour le seul Kentucky[103], ce qui a déclenché la crise bancaire de 1819 puis l'invention en 1825 à Boston du système Suffolk, chambre de compensation pour les billets de banque. Jusqu’en 1831, seules des sociétés financières sont cotées aux États-Unis. En 1835 sur 15 non-financières, 3 opèrent dans l’éclairage au gaz et 8 dans le secteur mine/charbon, qui profite de succès du Canal Érié. La même année, quelques 704 banques américaines capitalisant 231 millions de dollars ont émis pour 203 millions de dollars de papier-monnaie[104], s'attirant les foudres du président populiste Andrew Jackson : la panique bancaire de 1837 affaiblit Philadelphie face à New York. Les deux villes sont reliées par le Pony express New York - Philadelphie de Gerard Hallock depuis 1833, et New York profite des dimensions de son port, par lequel transite un tiers des exportations américaines dès le milieu du XIXe siècle[96]. Dès 1827, Arthur Tappan et Samuel Morse, fondateurs du Journal of Commerce, avaient acheté un schooner pour intercepter les navires apportant des journaux d'Europe et informer Wall Street plus vite. Wall Street reste cependant périphérique à Londres, d'où part la Crise boursière de 1825 sur les actions sud-américaines, puis l'Affaire de l'Emma Silver Mine. De 1830 à 1860, les investisseurs britanniques misent 250 millions de dollars sur les sociétés américaines de canaux et du rail[105] et la moitié de la dette publique américaine est détenue à l'étranger en 1853[98].

XIXe siècle

Après leurs révolutions, les États français, américain et belge utilisent la Bourse pour financer des banques centrales et des sociétés de canaux. Objectif, rattraper le retard sur le modèle anglais. L'État pilote aussi l'expansion du chemin de fer, en tant qu'opérateur en Belgique, propriétaire des terrains en France et régulateur attentif dans les pays anglo-saxons. Les années 1820 en Angleterre et les années 1830 en Belgique voient se multiplier les introductions en Bourse. Quatre secteurs dominent d'abord : canaux, banque, chemin de fer et mine. L'Angleterre accroît son avance dans les quatre tout au long du siècle. La Belgique suit pour les mines et la banque, les États-Unis pour les canaux et le chemin de fer. En France, les banques sont absentes jusqu'en 1852 et souffrent de sous-capitalisation. Il faut attendre la fin du siècle pour voir cotées de nombreuses sociétés industrielles.

Révolution française et Empire : premières règlementations

Assignat de 15 sols. Les assignats étaient gagés sur les "biens nationaux", réquisitionnés

La Révolution française voit la puissance publique entrer en jeu. Le législateur déplore que la Bourse ne soit « plus qu'un jeu de primes, où chacun vendait ce qu'il n'avait pas, achetait ce qu'il ne voulait pas prendre », c'est-à-dire un marché d'option, "où l'on trouvait partout des commerçants et nulle part du commerce". Il devient sévère : deux ans de prison et exposition publique du coupable, avec un écriteau sur la poitrine mentionnant : "agioteur". Ses biens sont confisqués. La corporation des agents de change est dissoute par la loi Dallarde de 1791[106]. Cette activité devient ouverte à tous, à la seule condition de ne pas en avoir d'autre. La loi du 30 août 1795 limite la durée des séances boursières à une heure, entre 25 agents de change. Cinq d'entre eux sont chargés de publier les cours dans la presse, ou par affichage. L’arrêté du 21 février 1796 exige que les transactions soient proclamées à haute voix, avec nom et domicile du vendeur et du dépositaire. Les assignats gagés sur les biens du clergé confisqués ayant été abandonnés le 19 février 1796, le Directoire impose une « rente perpétuelle de 5 % », par la loi du 30 septembre 1797. La dette publique est autoritairement réduite des deux-tiers, partie qui n'est plus remboursable qu'en "bons de Trésorerie"[106]. Sous Bonaparte, la loi du du 19 mars 1801 créé une "Compagnie des agents de change", au nombre de 71, dont 17 exerçaient avant la Révolution française[107]. Responsables sur leur fortune personnelle, ils ont le monopole de la négociation dans chaque bourse régionale : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Paris et Toulouse. Le code du commerce de 1807 renonce à les placer sous la tutelle des marchands : ils sont officiers ministériels. Les guerres napoléoniennes font des dégâts : sur les 115 nommés entre 1801 et 1815, 30 démissionnent, 12 sont destitués, 4 se suicident[108]. La Compagnie créée en 1818 une "caisse commune", après avoir été forcée d'emprunter pour renflouer des membres.

La Bourse est installée à la Révolution dans la basilique ND-des-Victoires (IIe arrondissement), devenue bien national

En quinze ans, la Bourse de Paris change quatre fois de lieu. Fermée le 27 juillet 1793, elle rouvre sous le Directoire, le 10 mai 1795 au Louvre. Fermée à nouveau le 13 décembre, elle est rétablie le 12 janvier 1796 dans l'église des Petits-Pères devenue bien national, tandis que des échanges informels ont lieu au Palais-Royal, où la Bourse s'installe officiellement le 7 octobre 1807. Le 23 mars 1818, elle déménage dans un hangar sur le terrain de l'ex-couvent des Filles-Saint-Thomas[109], autre bien national, détruit après les exactions des "royalistes des Filles-Saint-Thomas", qui en avaient fait leur repaire. Sur ses ruines démarre en 1807 la construction du palais Brongniart, inauguré le 6 novembre 1826. C'est aussi l'année de l'ouverture, juste en face, du Théâtre des Nouveautés, qui laissera place en 1840 au Théâtre du Vaudeville. Le coût de la construction est couvert par les souscriptions des agents de change, le gouvernement et la mairie de Paris complétant.

Paris a été précédée par la Bourse de Milan, installée en 1801 dans le Palazzo dei Giureconsulti[110] et par la Bourse de Francfort, fondée en 1820[110] grâce aux efforts de Johann Jakob Bethmann (1717 – 1792)[111] et son frère Simon Moritz Bethmann. Première société cotée, la Banque nationale d'Autriche[112]. La "Francfort Wertpapier Boerse" créée en 1585[96] par des marchands pour établir un cours unique des monnaies, devenue une bourse aux effets de commerce au XVIIe siècle, centralise à la fin du XVIIIe siècle la négociation de la dette publique, quand la Banque de Bethmann fragmente et revend, par appel à l’épargne publique, les prêts à François Ier d'Autriche[113], engrangeant des profits supérieurs à ceux de l’ensemble des autres banques allemandes. Ludwig von Meseritz, chroniqueur de la Diète réunie à Francfort à partir de 1815, passe à la chronique boursière dans Les Affinités électives, journal de Johann Cotta et Goethe[114]. La Bourse de Berlin, créée en 1739 et réformée en 1805, ne prend son essor qu'en 1823, via des obligations prussiennes émises à Francfort[115], puis réalise dans les années 1840 ses premières émissions d’actions ferroviaires[116], grâce à un programme public de construction des voies ferrées[117], Francfort se limitant aux obligations d’État. La Bourse de Madrid est fondée elle en 1831[110]. La plus ancienne bourse suisse naît à Genève en 1850[118], suivie de Bâle (1866), Lausanne et Zurich (1873), Berne (1884), Saint-Gall (1887) et Neuchâtel (1905). Les trois premières relèvent d'abord de législations cantonales. En Asie, Tokyo est créée en 1878 par le ministre des finances pro-occidental Ōkuma Shigenobu, mais avec des employés en Kimono[119]. Hong Kong voit le jour en 1891, sous forme d'association de courtiers.

La "canalmania" française, premier grand retard sur Londres

Inspirée par le succès de la canalmania anglaise au tournant du siècle, la Bourse de Paris en fait sa première matière spéculative. Mais les sociétés de canaux français ne valent que 19 millions de francs, soit 16 % de la capitalisation sur la période 1801-1815, le reste étant constitué de l'action Banque de France[120]. La dette publique héritée des guerres napoléoniennes pèse. Entre 1815 et 1848, la longueur des canaux français triple, grâce au plan Becquey du 5 août 1821[121].

Canal de la Sambre à l'Oise — Écluse d'Ors.

En 1830[122], la Bourse de Paris cote 15 canaux, dont 5 totalisent 62 % des investissements[123] : canal de Bourgogne, canal de Roanne à Digoin, Compagnie des quatre canaux, canal de la Sambre à l'Oise, pour amener le charbon belge du Borinage et canal Rhin-Rhône, achevé seulement en 1833[124]. Les retards pris par le canal Crozat et le canal de Bourgogne au XVIIIe siècle pénalisent le réseau français. Les investisseurs s'en méfient. Du fait de transactions rares, la volatilité reste élevée : 23 % en moyenne entre 1822 et 1868, contre 13 % pour les autres actions[125]. Elle atteint même 34 % sur les actions de jouissance, seul vrai capital des canaux, le reste étant constitué d'« actions d'emprunt », en fait des obligations[126]. Sur un horizon d'un an, la hausse des cours moyenne ne dépasse pas 3 %.

À la City de Londres, des actions pour des billets de banque

Le Palais Brongniart a aussi deux décennies de retard pour les banques. En Angleterre, la Famine monétaire des années 1800 a suspendu la convertibilité du livres sterling pendant deux décennies. Pour financer sa croissance, Londres prend le risque d'émettre les premiers billets de banque, malgré leur contestation, qui déclenchera la Panique de 1837. Lors des consultations précédant la loi du Bank Charter Act de 1833, Henry Burgess, secrétaire de l’association des Country banks et directeur de l'hebdomadaire Circular to banker défend cette politique et explique qu'en cas de moindre émission des billets de banque, le montant total des lettres de change se trouverait aussi réduit, en se basant sur une étude auprès de 122 banques[127].

Le siège du Comptoir d'Escompte fondé en 1848, devenu BNP-Paribas

La Bourse de Londres accueille 30 banques dès les trois années qui suivent le Bank Charter Act de 1833, puis 59 en 1836[128]. Parmi elles, la National Provincial Bank et la Westminster Bank[129], au capital assez solide pour émettre massivement des billets de banque. Résultat, la monnaie scripturale représente 55 % de la monnaie en 1844 en Grande-Bretagne contre seulement 10 % en France[130] où l'on utilise quasiment que des pièces de monnaie. Les actionnaires parisiens s'y intéressent pourtant: les deux premières sociétés étrangères cotées à Paris sont la Banca Romana en 1834 et la Banque de Belgique en 1835[131]. Les banques françaises, familiales, ont pour seule concurrence les caisses d'épargne. Il faut attendre la Révolution de 1848 pour la création de 65 "comptoirs d'escompte", ancêtres de la BNP[132]. L'État leur accorde un statut semi-mutualiste, en 1853[133]. Ils sont « bousculés par les récessions » car sous-capitalisés. Celui de Paris disparaît dans le krach causé par le corner sur le cuivre[134]. Le Crédit mobilier et le Crédit foncier sont créés en 1852. Le premier n'a que 60 millions de francs de capital: il fera faillite dès 1867.

Les banques de dépôt n'arrivent qu'en 1859, avec le Crédit industriel et commercial, qui investira dans la Banque franco-égyptienne. Il précède ses petites sœurs de province : Société marseillaise de crédit (1864) et Crédit lyonnais (1863)[129]. Le premier « poids lourd » est la Société générale, fondée en 1864 sous le haut patronage des Rothschild. Elle s'inspire[135] de la Société générale de Belgique, cotée à Paris, par « l'énormité de son capital[132] »: 125 millions de francs, soit autant que le Crédit mobilier après 12 ans d'activité[136].

Ensuite, de 1849 à 1870, les banques émettent 16 fois plus d'actions que sur la période précédente[137]. Elles capitalisent 25 % de la Bourse de Paris puis 40 % lors de spéculation sur les immeubles Haussmann qui débouche sur la crise bancaire de mai 1873. Le krach de l'Union générale de 1882 ramène cette proportion à 25 %. La faillite du comptoir d'escompte[134] en 1889, puis celle de la SDCC en 1891 font peur. Quitte à prendre des risques, l'épargne française se tourne plutôt vers le transport maritime. Quitte à dépendre de l'immobilier, elle préfère les beaux immeubles des 4 « grands magasins » créés à Paris : Bon Marché en 1852, Louvre en 1855, Printemps en 1865 et Samaritaine en 1869.

Le charbon, grand succès mondial de l'indépendance belge de 1830

Mine de Crachet Picquery créée à Frameries par fusion en 1856

La Belgique devient dans la première moitié du XIXe siècle le 2e producteur mondial de charbon après l'Angleterre, en doublant sa production. Plusieurs centaines de puits belges existaient déjà autour de Liège, souvent sous forme coopérative. La Société générale de Belgique (SGB), fondée à la Révolution belge de 1830, investit les cinq années suivant dans une quarantaine d'entreprises, dont 15 aciéries et 7 mines de charbon, et les fait entrer en Bourse de Bruxelles. Parmi elles, la Marcinelle et Couillet, la Flénu[138], au capital de 4 millions de francs[139], et la Levant de Flénu. Les cours des deux dernières sont multipliés par 3,5 et 3,4 en vingt ans[140]. Stimulée par leur succès, la petite Compagnie des mines de Douchy française fait encore mieux au palais Brongniart : ses actions sont multipliées par 105 en un an[141],[142] après la découverte d'une veine de charbon près de Denain. Même s'il faudra attendre deux ans pour qu'elle produise un million de tonnes, les investisseurs prennent conscience que le gisement belge se prolonge vers l'ouest, jusqu'au Pas-de-Calais français. Grâce aux coulissiers, le charbon belge est coté aussi à Paris, où dès 1840 les pigeons de Charles-Louis Havas apportent à midi les cours de l'ouverture à Bruxelles. Malgré le morcellement de leur capital, les mines belges et françaises se concertent pour réguler l'offre mondiale de charbon[143] et tempérer les fluctuation des prix de vente. La cotation en Bourse des multiples concessions minières, dont les frontières étaient souvent disputées, facilite les rationalisations et le partage des infrastructures, comme lorsque la SGB créée en 1856 la Crachet-Picquery.

Le rail en 1847, un jeu capital où la dette tue

Locomotive Seguin, 1829, à chaudière tubulaire

L'Angleterre vit dès les années 1820 une "Railway mania" qui balaie la "Canalmania": le rail représente 20 des 115 introductions en Bourse en 1825[144]. En 1830, Wall Street s'ouvre à son tour à la Mohawk and Hudson Railroad. Mais le Palais Brongniart traîne les pieds : il n'accueille qu'en décembre 1836 la modeste ligne Paris - Saint-Germain-en-Laye. L'investissement ferroviaire en France est "en retard d'une décennie sur la Grande-Bretagne", selon l'historien Patrick Verley[145]. Un retard cependant moindre que pour les technologies du XVIIIe siècle, fonte au coke (trente ans) et tissage industriel (vingt ans). Entre 1835 et 1840, la capitalisation boursière française double, passant de 0,64 à 1,48 milliard de francs[146], dont 37 % pour les 20 compagnies ferroviaires[147]. Mais le réseau ferré français n'a toujours que 560 kilomètres en 1841. Il est financé surtout par des obligations, dans un pays habitué aux rentes constituées : les actions n'y représentent encore en 1840 que 2,7 % de l'épargne. Le coût des investissements et la concurrence font peur. Pour l'empêcher, on créé en France des lignes ferroviaires « à embranchement ». Timorés, les dirigeants des compagnies ferroviaires privilégient une rentabilité financière pure, reposant sur l'effet de levier et causant une sous-capitalisation. La « railway mania » française n'émerge vraiment qu'en 1844. Et quand elle se concrétise, l'année du krach de 1847, sur un milliard de francs levé en actions, plus de 60 % vient d'investisseurs anglais[148]. Les capitaux propres dominent au contraire le financement du rail anglais : plus d'un milliard de francs en 1839, contre un demi-milliard d'emprunts. Au même moment, l'investissement total français est quinze fois moins élevé[149]. Résultat, dès 1841 le réseau anglais a 225 kilomètres de rail exploités par million d'habitants, 17 fois plus que la France[150]. Opéré par 200 compagnies différentes, il représente en 1845 la moitié des 9200 kilomètres de rail en Europe[151], dont seulement 2300 kilomètres pour les 9 premières compagnies anglaises. En moyenne, leurs actions ont doublé depuis l'émission et leurs bénéfices représentent 5,5 % du capital investi[152].

Décennie puis année Années 1830 Années 1840 Années 1850 km posés en 1850 km posés en 1870
% du rail dans l'investissement (France) 0,8 % 6,7 % 12,7 % 3 000 en France 15 600 en France
% du rail dans l'investissement (Angleterre) 9 % 28 % 15 %[153] 10 000 en Angleterre 24 900 en Angleterre

Les capitaux viennent "des régions minières et manufacturières du nord de l’Angleterre", observe Henry Burgess en 1835 dans le Circular to banker[154]. Le London Stock Exchange ne s'y implique que lors de l’introduction en bourse du "Birmingham and London" et du "Grand Junction"[155]. Une bourse est fondée en 1845 à York par des amateurs de technologie[156]. Des dizaines de courtiers régionaux participent aux augmentations de capital dans les années 1840, le chemin de fer étant suivi par plus de vingt journaux anglais[157]. Dès janvier 1842, la loi créé la Railway Clearing House, qui mutualise les coûts (billets, contrôles, reversements d'une compagnie à l'autre) et institue des tarifs différenciés. Moins rentables mais plus prometteuses, les petites compagnies complètent les grandes, pour un maillage optimal du territoire. Les énormes quantités d’acier nécessaires à la construction des voies donnent une formidable visibilité à la sidérurgie anglaise, qui investit massivement pour bénéficier d'économies d’échelle.

Le réseau ferré français vers 1853

Ce système s'emballe en 1845 : le parlement anglais autorise 248 sociétés ferroviaires contre 37 en 1844 et 24 en 1843[158]. Dans les deux année qui suivent, 5700 kilomètres supplémentaires sont posés en Angleterre et 960 kilomètres en France. La sidérurgie française a moins bien anticipé cette croissance rapide: les prix du rail d'acier grimpent de 25 % en un an, à 400 francs la tonne en 1846[159]. Parmi les causes du krach de 1847, ce coût des investissements, "sous-estimé"[132]. Le krach est plus sévère pour les chemins de fer français, comparativement plus endettés que les anglais car moins solides en capitaux propres : au 30 juillet 1847, leur cours ont perdu 50 % à 75 % en douze mois. La seule ligne à résister est la Paris-Lille de la Compagnie du Nord des Rothschild. C'est aussi la seule bien capitalisée : 200 millions de francs apportés par 20 000 actionnaires en 1845[153]. La "Paris-Lyon" est sous-capitalisée avec seulement 200 millions de francs, pour un parcours deux fois plus long. En faillite dès 1847, elle est nationalisée le 17 août 1848, à la demande de Lamartine[160]. En 1851, beaucoup de lignes sont interrompues en rase campagne, emportées par des remboursements de crédits qui ont mangé leurs capitaux propres. Le réseau français n'a toujours que 3870 kilomètres[161]. Cinquante ans après, ce sera 25 fois plus[162]. Pour remédier à ce retard, et faire échec aux Rothschild, Napoléon III créé le Crédit mobilier en 1852, à partir des Caisses des actions réunies. Entré en Bourse en novembre 1852, avec un capital de seulement 60 millions de francs, il fera faillite en douze ans et déçoit rapidement: inutile d'y voir "une espèce de providence des compagnies de chemins de fer", note en 1862 l'économiste Raoul Boudon, selon qui "la spéculation a fait payer au public trois ou quatre fois le prix" des "quelques centaines de kilomètres" de rail apportés par le Crédit mobilier[163]. À partir de 1852, les compagnies ferroviaires émettent massivement des obligations portant un intérêt de 3 %, pour toucher un public "plus large mais plus timoré" que celui de la Bourse[164]. Ce n'est pas encore assez: Napoléon III doit garantir en 1857 un intérêt de 4,65 %, sur les "obligations nouvelles" de ces sociétés[165]. La forte croissance des années 1850 vole au secours du chemin de fer français, qui pèse 50 % de la capitalisation parisienne à la fin de la décennie, contre seulement 3,5 % pour le charbon et 5 % pour les autres mines. Par des fusions, Napoléon III le regroupe en 1857 en 11 compagnies[166]. La panique de 1857 en emporte plusieurs, dont la "Grand-Central", sous-capitalisée dès sa création en 1853, avec seulement 90 millions de francs.

Pony Express, pigeons, et télégraphe, les premiers liens inter-Bourses

L'Histoire de la presse économique et l'essor boursier du XIXe siècle sont liés. Dès 1827, Arthur Tappan et Samuel Morse, du Journal of Commerce, achètent une Goélette pour intercepter les gros navires arrivant d'Europe, se faire lancer les journaux dans un panier, puis transmettre les principales nouvelles à Wall Street, par le télégraphe optique. C'est aussi à Wall Street que le Pony Express New York - Philadelphie de Gerard Hallock amène dès 1833 les dernières nouvelles du congrès : huit cavaliers se relaient à bride abattue, transportant les décisions du gouvernement[167] américain, alors basé à Philadelphie. Ce dernier décide de reprendre l'entreprise à son compte. La connexion entre bourses profite surtout à New York, où l'Associated Press est créée en 1848 par six quotidiens. Objectif, se procurer les nouvelles européennes avec un jour d'avance, dès l'arrivée des navires de la Cunard à Halifax, en Nouvelle-Écosse, première escale avant Boston et New York. Les six journaux new-yorkais membres de l'Associated Press se partagent les coûts du Pony express de Nouvelle-Écosse, reliant Halifax à Digby, de l'autre côté de la Nouvelle-Écosse, 250 kilomètres plus à l'ouest. De Digby, une goélette rapide traverse la petite baie de Fundy jusqu'à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, d'où les nouvelles importantes, repérées dans les journaux européens, sont télégraphiées à Wall Street.

Photo d'un pigeon voyageur
Pigeon voyageur

À Paris, Charles-Louis Havas utilise un réseau de plusieurs centaines de pigeons voyageurs à partir de 1840, posant les jalons de l'Histoire de l'AFP. Les précieux volatiles lui apportent les cours d'ouverture de la Bourse de Londres vers 14 heures et ceux de la Bourse de Bruxelles dès midi. Le télégraphe électrique déploie ses premières lignes en 1845, mais sans offrir les mêmes garanties de confidentialité. Paul Julius Reuter en fait pourtant son arme quand il concurrence son ex-employeur Havas, en fondant en 1849 l'agence Reuters, d'abord à Aix-la-Chapelle, puis dans les locaux mêmes du London Stock Exchange en 1851, l'année de la pose du premier câble télégraphique transmanche. Il se spécialise dans les nouvelles financières, que reprendra le quotidien La Patrie. En 1874, quand le télégraphe reliera Paris au monde entier, l'Agence Fournier concurrencera Havas et Reuters sur la finance .

Les presses économiques belge et anglaise, très tôt libres et actives

Rien qu'à Londres, 52 journaux boursiers naissent entre 1800 et 1900[168], parmi lesquels Le cours des échanges et autres choses[169] de James Vetenhall en 1803, le Financial and Commercial record en 1818 et le Circular to banker d'Henry Burgess, hebdomadaire économique et boursier de huit page, lu dès 1828 dans les banques de province, qui contribue à la réflexion lors des consultations parlementaires menant au Bank Charter Act. Une vingtaine de publications anglaises spécialisées nourrissent dès 1842 la Railway mania, l'année de création du Journal des chemins de fer français, acteur central de la propagation du krach de 1847 de Londres à Paris. Très libre, la presse anglaise contribue à révéler l'Affaire de l'Emma Silver Mine, société presque "vide" placée auprès d'investisseurs anglais en 1871, avec le soutien de l'ambassadeur des États-Unis à Londres. Ce dernier s'en sort, mais la presse britannique met hors-jeu le "Baron Grant" qui pilote de nombreuses introduction en Bourse à Londres[170], impliqué dans l'un des plus gros scandales miniers de l'histoire américaine[171].

À Bruxelles, les publication économiques se multiplient dès la Révolution belge, avec L'organe de l’industrie et du commerce et L'Emancipation de Natalis Briavoinne en 1832, L'industrie et le commerce belges en 1858, Le courrier du commerce (quotidien) en 1865 ou La gazette de la Bourse en 1873. L'agent de change Armand Mandel fonde en 1868 la Cote libre à Bruxelles et le Bulletin financier à Paris. Soutenu par le quotidien économique L'Echo, il publie en 1869 des révélations sur le financier André Langrand-Dumonceau et sa "puissance financière catholique", mettant fin au financement européen de la Société Impériale des Chemins de Fer de la Turquie d’Europe[172]. La Belgique s'épargne ainsi les affres que vivra la France quinze ans plus tard, lors du krach de l'Union générale de Paul Eugène Bontoux, équivalent français d'André Langrand-Dumonceau. Installé ensuite à Paris, Armand Mandel y fonde Le Pour et le Contre, vigoureux ancêtre de la La Vie française, et dénonce très tôt le Scandale de Panama. La presse financière française végétait depuis la Monarchie de Juillet, malgré le souvenir de la protestation des journalistes de 1830, temps fort des Trois Glorieuses. Elle avait perdu son indépendance avec la censure du Second Empire, sous lequel naît en 1854 La Semaine financière des Rothschild, concurrencée en 1856 par le bonapartiste Journal des actionnaires, lié à la Caisse générale des actionnaires. Le vieux Journal des chemins de fer reste alors une référence, pour sa fiabilité.

1870 : Bismarck affole la "Petite Bourse" et multiplie les rentiers

En juillet 1870, une conversation courtoise se tient dans les allées du parc d'une station thermale à Ems, entre l'ambassadeur de France et le roi de Prusse: la France demande confirmation du retrait de la candidature de Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, après l'abdication de la reine Isabelle II. Malgré les recoupements et précautions de la dépêche d'Ems la relatant, cette insistance est dénoncée comme un incident diplomatique par une partie de la presse, en France comme en Allemagne. Résultat, les émeutes nationalistes des 13 et 14 juillet, à Berlin puis Paris. Au soir du 13 juillet, Bismarck fait imprimer et distribuer gratuitement dans les rues de Berlin[173] plusieurs milliers d'exemplaires d'un numéro spécial de la Gazette de l'Allemagne du Nord, son organe de presse officiel, avec une caricature présentant l'ambassadeur de France en train d'humilier et harceler le roi de Prusse[174],[175]. L'Agence Continentale, dans laquelle a investi Bismarck, et sa partenaire l'Agence d'information Havas relient les deux pays par le télégraphe depuis dix ans, contrôlées par Bismarck et Napoléon III.

L'ex-Opéra LePeletier en 1864, contigu au Passage de l'Opéra où se tenait "La petite Bourse", organisée par les coulissiers.

À Paris, dans la soirée, une "agitation extrêmement belliqueuse régnait non seulement parmi la foule compacte amassée à La petite Bourse" du passage de l'Opéra Le Peletier, où règnent les coulissiers, mais aussi "dans tous les cafés depuis la Madeleine jusqu'à la Bastille", rapporte le correspondant du Journal de Bruxelles. Il voit arriver une manifestation de 700 étudiants du Quartier latin, avec un drapeau sur lequel est inscrit "A bas la Prusse, vengeons nous !"[176]. Le lendemain de ces manifestations, Bismarck envoie sa circulaire aux ambassadeurs partout en Europe. Les manifestations de la veille les ont conditionnés. Le quotidien du soir La France donne la réponse française à la Gazette de l'Allemagne du Nord, comme il en avait l'habitude depuis mai, chacun des deux dénonçant l'activisme militaire de l'autre puissance[177].

À la Bourse de Paris, qui termine alors ses séances à trois heures, la nouvelle que Bismarck refuse une audience à Vincent Benedetti, ambassadeur français en Prusse, contribue à l'effondrement des cours selon la chronique boursière du Figaro : On s'est laissé aller presque immédiatement au découragement le plus absolu, sous l'influence des bruits qui circulaient de toutes parts. On disait que le roi de Prusse avait refusé de recevoir M. Benedetti, et que le gouvernement prussien ne ferait aucune espèce de concession[178]. La France affirme le 14 juillet au soir que la France s'apprête à réagir par une déclaration de guerre à l'incident diplomatique, ce qui déclenche de nouvelles manifestations à Paris. La foule s'en prend à l'ambassade de Prusse. Les vitres volent[179]. Le ministre de la Guerre rappelle les réservistes, le soir même. Puis la France perd rapidement la guerre de 1870. La loi monétaire prussienne du 4 décembre 1871 l'oblige à verser une indemnité de guerre de 5 milliards de francs, soit près de 25 % du PIB français, dans une nouvelle monnaie, le mark-or. Pour la payer, la dette publique française doit doubler et une nouvelle classe de rentiers apparaît : 4 millions d'inscriptions à son "Grand livre" sont enregistrées en 1880 contre 1,5 million en 1870[180]. Cela ne veut pas dire qu'il y a autant de porteurs, mais donne une indication sur la tendance à l'augmentation de leur nombre. Afin de drainer cette nouvelle épargne, les banques commerciales françaises, nées dans la décennie précédente, développent leurs réseaux.

Hausses météorites et premiers ouvriers millionnaires à San Francisco

L'ingénieur allemand Adolph Sutro imagine un tunnel pour ventiler les mines d'argent du Nevada

La Bourse de San Francisco, qui inspire les écrivains Jules Verne et Robert-Louis Stevenson, ouvre en fanfare en 1862 grâce aux centaines de petites compagnies minières qui se partagent le Comstock Lode découvert trois ans plus tôt en plein désert du Nevada à Virginia City, sous les yeux du journaliste Mark Twain. C'est le plus grand gisement d'argent-métal de l'histoire, après le Potosi bolivien. La Bourse de San Francisco finance des nouvelles technologies[181], comme celles de Philip Deidesheimer, qui teste dès 1860 un système de gros « cubes » qui permet aux mineurs expérimentés d'ouvrir des cavités de taille voulue, en profondeur, ou encore le tunnel d'Adolph Heinrich Joseph Sutro, permettant de creuser à 300 mètres sous terre, par une température de 70 degrés.

Les augmentations de capital sont massives et fréquentes, les effondrements boursiers aussi. On assiste aux premiers corners, contre la Bank of California, dont le fondateur se suicide dans la Baie de San Francisco. Avec un cours multiplié par 700, et une capitalisation boursière multipliée par 28000 entre 1870 et 1875, pour atteindre 750 millions de dollars[182], grâce à la découverte du filon du Big Bonanzza, la Consolidated Virginia mining company enrichit ses quatre actionnaires, des ouvriers qui avaient participé à la ruée vers l'or en Californie. Ils fondent la Banque du Nevada, puis couvrent San Francisco de constructions monumentales. Les investisseurs tentent sans succès de rééditer ces performances dans la Vallée de la Mort à Panamint City (Californie), en 1873, ou lors de l'affaire de l'Emma Silver Mine de 1871. D'autres ex-mineurs du Comstock Lode deviendront milliardaires à l'extérieur du Nevada, comme George Hearst, qui découvre Homestake Mining, plus important gisement de l'Histoire des mines d'or, lors de la Ruée vers l'or dans les Black Hills. Parmi eux aussi, Marcus Daly, créateur de l'Anaconda Copper à Butte (Montana), société qui développera après sa mort les gisements d'Andes Copper Mining et Chuquicamata au Chili. Tous deux fondent des empires de presse. Le géologue Hamilton Smith, un ancien du Comstock Lode[183] sera recruté en 1892 par la Banque Rothschild pour l'exploration aurifère en profondeur en Afrique du Sud.

Le krach de Vienne en 1873, première crise boursière internationale

Custer, défié par les Sioux dans le Yellowstone, fait chuter les obligations ferroviaires

La crise bancaire de mai 1873, appelée « krach de Vienne », a déclenché la Grande dépression (1873-1896), une semaine après l'ouverture de l'exposition universelle de 1873, qui réunit 53 000 exposants, cinq fois plus que la moyenne de toutes les expositions universelles. Les 8 et 9 mai, plusieurs centaines de banques autrichiennes se déclarent en faillite, car l'excès de crédits hypothécaires a entraîné une énorme bulle spéculative immobilière. Leurs actions s'effondrent après s'être envolées. Les banques se méfient les unes des autres. Les prêts interbancaires s'assèchent. Faillites en cascades, déconfitures, suicides : certains spéculateurs ruinés mais encore astucieux, disparurent à temps de la circulation en abandonnant leur vieux costumes au bord de la rivière[184]. Avec Vienne, deux autres villes sont très touchées. Paris paie la note faramineuse des spéculations du baron Haussmann. Berlin se réveille aussi de l'intense spéculation immobilière déclenchée par l'indemnité de guerre de 1871, qui avait permis à l'Allemagne de recevoir un stock d'or égal à 25 % du PIB français.

Aux États-Unis, une émission d'obligations du chemin de fer de la Northern Pacific Railway échoue après le bilan mitigé de l'expédition de la rivière Yellowstone, menée un peu top cavalièrement par le colonel George Armstrong Custer, émaillée de combats contre les Sioux[185], qu'il était censé pacifier. La compagnie y survivra, mais son principal créancier, Jay Cooke, légendaire financier de la guerre de Sécession et premier banquier américain, confesse des problèmes de solvabilité[185]: c'est la Panique du 18 septembre 1873. Wall Street ferme pour dix jours, 89 compagnies de chemin de fer américaines sur 364 cessent d'investir. Les banques américaines manquent de monnaie, car l'argent-métal vient d'être démonétisé par le Coinage Act de 1873, pour freiner l'excès d'argent-métal généré au printemps 1871 par la découverte du Crown Point Bonanzza, sur le Comstock Lode du Nevada. La Bourse de San Francisco en avait profité. Mais elle subit en 1875 son propre krach, précipité par les mauvais placements de la Bank of California.

Suez, Panama, Russie, Mexique, Chili et coton US : le rayonnement mondial de Paris

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la colonisation française s'étend en Indochine et en Afrique. Fondée en 1858, la Compagnie de Suez parie sur la croissance dans toute l'Asie : le canal divisera par deux la distance entre Londres et Bombay. Les 40 000 actionnaires français « ont voulu autant faire acte de patriotisme que tenter une bonne, affaire » note le Journal de l’union des deux mers, bimensuel édité par Ferdinand de Lesseps[186]. Ils apportent 51 % du capital, les actionnaires étrangers 5 % et le Khédive Ismaïl Pacha 44 % : « Nous consentons à voir sans la plus légère alarme ces intrigues du prince ignorant qui gouverne au Caire » commente le Times de Londres[187].

Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama - Emprunt obligataire à lots de 1888

Le capital totalise 200 millions de francs, pas plus que la Compagnie des chemins de fer du Nord dix ans plus tôt. Il faudra un emprunt obligataire de 100 millions de francs sur 50 ans, à 8 %, en mai 1867, juste avant la fin des travaux, qui ont duré dix ans, quatre de plus que prévu. Dès mai 1864, Ferdinand de Lesseps envisage qu'une « Compagnie universelle de navigation » du banquier Oppenheim, cotée à Londres, prenne le relais[188]. L’action baisse dès l’inauguration de 1868. En 1871, lors d'un nouvel emprunt obligataire, l'action affiche -60 % en 13 ans. La compagnie est en faillite le 6 août 1876, après des dettes causées par les dépenses d’Ismaïl Pacha qui a bradé en 1875 ses actions au gouvernement anglais pour 4 millions de livres. Ferdinand de Lesseps passe en 1880 à la Compagnie universelle de Panama, mais ne récolte que 300 millions de francs sur 400 millions de capital prévus. Le chantier traîne, victime de la sous-capitalisation, de la malaria et du relief accidenté. La Compagnie est mise en liquidation le 4 février 1889, malgré l'émission d’emprunts en 1888. Les 85 000 souscripteurs, actionnaires et obligataires, sont ruinés. En 1892, Édouard Drumont révèle dans La Libre Parole les noms des politiciens et journalistes corrompus pour lever des fonds et obtenir des autorisations[189]. L’un des corrupteurs, le baron de Reinach, se suicide le 19 novembre. L’autre, Cornelius Herz, s'enfuit en Angleterre. Le scandale de Panama vaut cinq ans de prison à l'ex-ministre des Travaux publics Charles Baïhaut. Le canal est achevé par les États-Unis, qui rachètent la concession en 1903.

L'obligation émise à Paris par Émile d'Erlanger, remboursable en coton, parie sur la victoire des États du sud des États-Unis

Les porteurs de l'obligation « coton américain » émise par le baron Émile d'Erlanger en 1865, pour 75 millions de francs à 8 %, seront aussi ruinés. Elle prévoyait un remboursement en coton des États-Unis, sous réserve que les États du Sud gagnent la guerre de Sécession[190]. La rétention du coton, qu'ils organisent, multiplie les cours par vingt en quelques mois, jusqu'à un record historique de 1,89 dollars la livre, resté inégalé deux siècles plus tard. Mais les cours s'effondrent avec l'abolition de l'esclavage.

C'est au tour de Moscou d'émettre quatre emprunts de 500 millions de francs-or en 1888, l’année de l'ouverture d'un premier tronçon du Transsibérien. Les souscripteurs sont français, car depuis la guerre de 1870, la Russie doit se passer des capitaux prussiens, revenus vers l’Allemagne, désormais unifiée. L’alliance franco-russe de 1892 fait pièce à la Triplice de 1882[191]. Les belges s’intéressent aussi la conquête de la Sibérie, mais achètent plutôt des actions russes, dans la métallurgie (27,7 %), la mécanique (17 %) et le charbon (15 %)[192]. L’Angleterre consacre, elle, 92 % de ses placements extérieurs aux États-Unis et au Commonwealth[193].

Dès 1904, la France compte 1,6 million de créanciers du réseau ferré, de l’État et des municipalités russes[194]. L'économiste Arthur Raffalovitch représentant du ministère des Finances russe à Paris[195] a distribué 6,5 millions de francs[196] aux journaux parisiens entre 1900 et 1914, pour assurer le succès d'une vague d'emprunts russes : c'est l'Affaire Arthur Raffalovitch. Résultat, un quart de l'épargne française y est investie en 1914[197]. De 1888 à 1913, la France a prêté 12 milliards de francs-or à un empire au bord du gouffre[198]. Tous les emprunts russes sont répudiés après la Révolution de 1917.

Les français ont plus de réussite avec leur Compagnie du Boléo, qui construit un port artificiel et la ville de Santa Rosalia, en plein désert de Basse-Californie, sur un gisement à très forte teneur en cuivre (15 %), avec la bénédiction du président mexicain Porfirio Diaz. L’action est multipliée par 8 en 25 ans, à 2.818 francs en 1905 et 3.827 francs en 1910[199]. Un jeune centralien, Georges de la Bouglise a réalisé l’étude minière qui a décidé la banque Mirabaud et Cie à investir. Après un détour par la fièvre du cuivre de Butte (Montana), aux États-Unis, il fonde en 1899 la Société des mines de cuivre de Catemu, pour exploiter le site d'El Soldado, première des grandes mines de cuivre du Chili. El Teniente, Chuquicamata et Minera Escondida suivront.

Le krach de l'Union générale et l'affaire du Tonkin

L'Union générale, fondée en 1875 à Lyon par un groupe de banquiers catholiques et monarchistes, sombre après seulement 7 ans d'existence. Le cardinal Jacobini, secrétaire du pape, a investi 335649 francs dans la nouvelle banque. Paul Eugène Bontoux, ex-chef de service licencié[200] par Rothschild, prend sa direction en 1878. Ancien patron des chemins de fer autrichiens, il a perdu sa fortune à la Bourse de Vienne en 1873[201]. Il multiplie les acquisitions en Europe centrale, Afrique du Nord et Égypte, puis fonde la "Société lyonnaise des eaux et de l'éclairage", tout en spéculant par le rachat de ses propres actions. La Bourse s'envole mais le doute grandit. Un « match » acrimonieux démarre: les « baissiers », réunis autour de Rothschild contre les « haussiers », menés par le Crédit lyonnais d'Henri Germain[200].

Les différents affrontements de la conquête du Tonkin

Les premiers l'emportent : début janvier 1882, l'action est divisée par deux en quinze jours, c'est le « krach de l'Union générale », en défaut de paiement, qui disparaît. Condamné à cinq ans de prison, Paul Eugène Bontoux fuit en Espagne. S'ensuit une crise industrielle, avec en 1884 la grande grève des mineurs d'Anzin. Émile Zola s'en inspire pour deux romans : Germinal (1885) et L'Argent (1891)[200].

En 1885, c'est l'affaire du Tonkin, en Indochine : une dépêche Havas confond la modeste retraite de Lang Son de l'armée française avec un abandon général du delta du fleuve Rouge. La fausse nouvelle, donnée « de bonne foi »[202] par le général Louis Brière de l'Isle, fait chuter la Bourse de Paris et le gouvernement de Jules Ferry, « au moment même où arrive une deuxième dépêche minimisant l'importance des combats »[203]. Dès le 26 août 1883, la Bourse avait commencé à inquiéter, redoutant une véritable guerre, avec de lourdes dépenses, puis découvrant le 9 septembre 1883 que le traité de paix franco-vietnamien n’était pas reconnu par la Chine[204].

Charles Dow et Eddie Jones, première idylle entre industrie et Bourse

La foule à Wall Street pendant la panique d'octobre 1907.

En 1882, les sociétés industrielles sont encore mal représentées sur les marchés boursiers, quand les journalistes Charles Dow (1851-1902) et Edward Jones quittent une agence de presse financière, le Wall Street Financial News Bureau, pour créer la société Dow Jones. Dans une petite pièce au sous-sol du numéro 15 de la rue Wall Street, ils rédigent des bulletins d'information, puis une feuille quotidienne : l’Afternoon News Letter et sa liste de onze valeurs américaines de référence, dont neuf chemins de fer, une compagnie de télégraphe, la Western Union, et la Pacific Mail. Le 8 juillet 1889, ils fondent le Wall Street Journal : quatre pages, avec statistiques, cours des obligations et matières premières, les actions les plus actives, les bénéfices des sociétés de chemin de fer et des banques. L'abonnement, annuel, coûte 2 cents par jour.

Pendant douze ans, leur liste de valeurs fut constamment révisée, jusqu'à ce que ses créateurs publient le 26 mai 1896 la première version composée strictement de valeurs industrielles : l'indice Dow Jones. La plupart sont des sociétés qui dépendent pour leur chiffre d'affaires de la grande consommation. Elles constituent un pari sur la croissance démographique des États-Unis et l'augmentation du niveau de vie. Wall Street était pourtant encore composée de 53 compagnies ferroviaires[205]. Forte des recherches de Thomas Edison, General Electric intègre la liste[206], précédée par les aciéries d'Andrew Carnegie (1835-1919). En 1896, il n'y a plus aucune compagnie de train, mais une aciérie, la Tennessee Coal and Iron[207], qui contrôlera 60 % de l'acier américain après la panique bancaire de 1907. Visionnaire, Charles Dow avait prédit dès 1882 que « le marché des valeurs industrielles deviendrait le grand marché spéculatif des États-Unis ». Grâce aux gains de productivité et aux économies d'échelles, les entreprises industrielles ont des potentiels de bénéfices bien supérieurs aux autres, même si elles sont plus exposées à la concurrence. Sa liste, populaire, leur donne visibilité et perspectives boursières. La croissance explosive de l'industrie américaine met fin à la Grande Dépression (1873-1896).

Paris et Londres se disputent les profondeurs aurifères d'Afrique du Sud

Les années 1890 voient l'Histoire des mines d'or[208] bouleversée par le quadruplement de la production sudafricaine[209] grâce à l'exploitation minière en haute profondeur. Le pays produira vingt ans plus tard la moitié de l'or mondial. Le potentiel du gisement gonfle les capitalisations aurifères à la Bourse de Londres, lorsque le Times de Londres publie en décembre 1892 le rapport du géologue californien Hamilton Smith[210], un ancien des mines d'argent du Comstock Lode, au Nevada[183], recruté par la Banque Rothschild. La Revue sud-africaine d'Henry Dupont, le traduit en français et le quart des fonds investis viendra de l'épargne française[211]. Les mines d'or sud-africaines permettent aux coulissiers de réaliser 60 % du total des échanges à Paris dès la fin 1893. La presse française se passionne. Le Figaro du 6 juillet 1895 donne les cours d'une quinzaine d'entre elles. L'action Robinson Deep Mine a doublé de valeur au quatrième trimestre 1894 pour atteindre 194 francs[212]. Grâce au baron Jacques de Gunzbourg[213], banquier également implanté à Saint-Pétersbourg[214], un compartiment "mines d'or du Transvaal", hyperactif, est créé à Paris en janvier 1895. Les acheteurs d'actions sont nombreux dans tous les milieux[215].

Blyde River Canyon dans le Transvaal

« Il y aura profit à pousser jusqu'à 1 200 mètres la profondeur des puits[216] », rapporte, début 1894, le géologue Karl Schmeisser, envoyé du gouvernement de Prusse. Selon lui, le gisement peut rapporter 349 millions de livres sterling sur 14 ans (plusieurs dizaines de milliards d'euros de 2010), prévision proche des 325 millions de livres estimés par Hamilton Smith[210]. Un autre ingénieur californien, John Hays Hammond, conçoit le barrage de Vierfontein pour irriguer et alimenter en électricité les profondeurs. Il devient le « prophète de l'industrie minière », lorsque le gisement d'or sera atteint par Robinson Deep Mine à 600 mètres, exactement comme dans ses calculs. Une "École sud-africaine des mines" naît en 1896, précédée par la "South African Association of Engineers and Architects" en 1891.

Jacques de Gunzbourg créera la CFMAS (Cofrador) et la Banque Française d'Afrique du Sud avec Nemours Herbault, ex-syndic de la Compagnie des agents de change, qui fondera trois ans plus tard la CGE. À l'été 1895, les actions de la Coronation Syndicate, dont l'objet consistait seulement à « lancer d'autres sociétés »[217], montent en quelques semaines de 10 livres à 2000 livres[218]. En septembre, les introductions en Bourse sur le Marché libre sont interdites, pour freiner l'emballement.

Année 1887 1889 1892 1894 1895 1898
Dividendes distribués (en francs) 0,53 million 10 millions 28 millions 37 millions 66 millions 127 millions[219].

L'industriel Cecil Rhodes veut faire de Johannesburg, ville-champignon de 100 000 habitants, un « Gibraltar de la finance[220] ». Mais les Boers refusent aux immigrés anglais le droit de vote et taxent les mines d'or. Cecil Rhodes, John Hays Hammond et Alfred Beit[221] lancent alors le raid Jameson de décembre 1895 : une armée privée échoue à renverser le gouvernement du Transvaal, ce qui déclenche la crise boursière des mines d'or sud-africaines de l'hiver 1895-1896, et affaiblit les coulissiers parisiens. Leurs rivaux, les agents de change dénoncent leurs origines juives, sur fond d'affaire Dreyfus.

Arrestation de Leander Jameson.
Illustration parue dans Le Petit Parisien, 1896

Après la crise, la production d'Afrique du Sud repart. Elle atteint 14,7 tonnes au cours du seul mois d'août 1899, son niveau annuel de 1890. Désormais assez abondant pour emplir les caves des banques centrales, l'or sud-africain garantit la confiance dans le papier-monnaie. La Seconde Guerre des Boers, du 11 octobre 1899 au 31 mai 1902, est couverte des deux côtés du front par l'Agence Reuters, qui gagne sa réputation d'indépendance et le scoop de la fin du siège de Mafeking en 1900. L'activisme actionnarial naît à Paris, avec l'"Union des porteurs français de mines d'or et de valeurs transvaliennes", de Paul Leroy-Beaulieu, rédacteur en chef de L'Économiste français, qui prend le parti des Boers[222], alors que La Revue sud-africaine avait au contraire regretté l'échec du Raid Jameson[223]. Cette dernière vante aussi son indépendance, tout comme La Cote libre et Le Pour et le Contre.

Quinze ans après, les deep miningdeep mining sud-africaines ont toutes progressé au palmarès de la Bourse de Londres, sauf Gold Fields qui a revendu des mines. L'Afrique du Sud produit un quart de l'or mondial dès 1899 (110 tonnes sur 461), plus de la moitié dès 1910 (255 tonnes sur 507) et ira jusqu'à 80 % en 1969[224], avec près d'un millier de tonnes. East Rand, pionnier des « grandes profondeurs » dès 1893, ira chercher de l'or jusqu'à 3,5 kilomètres sous terre en 1959.

Société Rand Mines Gold Fields Crown Mines Robinson Deep Mine Simmer and Jack East Rand Randfontein
Classement 1898 (23e) (37e) (créée 1909 (49e) (59e) (64e) (88e)
Capitalisa 1898 9,8 7,6 (créée 1909 4,4 4,3 3,8 2,5
Classement 1913 (20e) (56e) (21e) (fusionnée) (fusionnée) (44e) (49e)
Capitalisa 1913 13,5 7,3 12,8 (fusionnée) (fusionnée) 6,26 5,5

XXe siècle

La croissance économique mondiale sera nettement plus forte au XXe siècle qu’au XIXe siècle, ce qui ouvre de nouvelles opportunités de plus-values en Bourse, d’autant que le nombre des Bourses de valeurs augmente, au rythme de celui des nouveaux pays industriels.

La Place de Paris, centre financier mondial à la Belle Époque

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, seuls les grandes banques, le chemin de fer, les canaux et l'État ont recours au marché financier en France. L'arrivée de nouveaux secteurs entre 1900 et 1930 permet au nombre d'entreprises cotées de tripler pour atteindre 600[225]. C'est en accueillant des cohortes de sociétés étrangères, pas seulement sud-africaines, que la cote s'enrichit entre 1905 et 1914[226]. Jusque là, Paris est encore essentiellement un grand marché obligataire. L'autofinancement reste le mode de financement dominant des entreprises[227].

Emprunt russe de 200 roubles, 1898

Les emprunts russes représentent 23,7 % des placements à l'étranger en 1903. La France engrange un milliard de francs de revenus financiers extérieurs cette année-là[228]. À la fin du XIXe siècle, les porteurs de valeurs mobilières représentent 10 % de la population[227] mais dès 1911, près de 45 % des héritages français contiennent des actions ou des obligations[229]. Environ 2,5 millions de Français sont porteurs à la Belle Époque. Ce nombre sera à peine supérieur 80 ans plus tard, en 1982: 3 millions de porteurs dont 1,7 million d'actionnaires.

Dans de nombreux pays, les marchés financiers sont déjà plus développés qu'au début des années 1980. En 1913, la valeur des sociétés cotées représentent 78 % du PIB en France, selon une étude de Raghuram Rajan et Luigi Singales, de l'université de Chicago[230]. D'autres estimations parlent de 40 %, soit une capitalisation de 15,24 milliards de de francs pour les "sociétés françaises opérant en France", presque triple des 6,16 milliards de 1891[227].

L'écart provient de l'énorme stock de titres étrangers détenus en France, qui passe de 10 milliards de francs à la fin du Second Empire, en 1870, à 43 milliards de francs en 1913[231]. La capitalisation des valeurs étrangères à Paris atteint alors 71 milliards[231]. C'est l'épargne de toute l'Europe que les émetteurs étrangers viennent brasser et centraliser dans une Bourse de Paris qui a prouvé sa capacité à s'intéresser à l'international depuis les épisodes de Suez, Panama, du Boléo, du Catemu et surtout des mines d'or sud-africaines.

Le rayonnement international est assuré par les agents de change parisiens, qui emploient 3000 salariés en 1913, et surtout par les prestigieux coulissiers qui traitent depuis 1898 sous les colonnades du Palais Brongniart[232], et réalisent 60 % des échanges parisiens dès 1893[233]. La Bourse de Londres emploie elle 5000 salariés en 1900[231].

Années 1900 : l'hydroélectricité suisse dope les valeurs technologiques

L'usine Péchiney de Chedde-Passy, surplombée par le viaduc autoroutier
La Girotte, premier lac de barrage français, précédé en 1903 par une percée à 17 mètres sous la surface de l'eau

L’utilisation de la houille blanche devient possible dès 1869 quand le belge Zénobe Gramme imagine le collecteur, dans le sillage de la dynamo-électrique Werner Siemens, que l'Anglais Henry Wilde transforme en machine dynamoélectrique, grâce à un électro-aimant[234]. Mais il faut encore 20 ans pour qu'elle prenne vie sur le plan industriel, grâce à des technologies permettant des économies d'échelle aux utilisateurs : électrolyse et four à arc électrique. Plus tard, la consommation s'élargira aux particuliers, quand l'interconnexion permettra de gérer l'irrégularité de la demande (éclairages des rues)[235] et de l'offre (débit des rivières). Les lignes à haute-tension feront d'une start-up, la Compagnie générale d'électricité, un géant mondial des équipements électriques, qui au début servent surtout à l'électro-métallurgie et ses usines installées dans les Alpes.

En 1886, le jeune chimiste Paul Héroult invente l'électrolyse, qui révolutionne la fabrication de l'aluminium, jusque-là monopolisée par la CPCA. Avec des capitaux suisses, il implante en 1892 une usine d'électrolyse près de Modane. La CPCA le rejoint à Saint-Jean-de-Maurienne en 1897, l'année où le coût de revient de l'aluminium tombe à 3 francs le kilo, divisé par cinq en en sept ans. Le jeune ingénieur suisse Paul Girod, invente une série de ferro-alliages[236]. Sa SA d'électrométallurgie, au capital de 6 millions de francs[237] développe la fabrication industrielle du ferrochrome et du ferromanganèse[238], grâce à un puissant four à arc électrique, alimenté par le barrage de la Girotte, à 1 700 mètres d'altitude[239].

Le progrès technique avive la concurrence. La Société de l'Arve fabrique du ferro-silicieux et de l’aluminium à Passy, avec dès 1900 la première puissance hydroélectrique des Alpes : 7 MGW[240]. En 1906, la France compte déjà 762 usines hydro-électriques. Les plus grosses ont contribué au triplement en huit ans de l'offre mondiale d'aluminium[241], dont l'Europe assure 60 %[242], le prix du kilo tombant à 1,60 franc contre 19 francs en 1890 et 2,50 francs en 1900. On le teste, avec succès, à la place du cuivre sur les premières lignes à haute tension. Les cours des aciers spéciaux chutent lors du krach de 1907, qui fragilise la SA d'Electrométallurgie car elle distribue seulement 24 % de ses bénéfices[243].

Malgré cette crise aigüe, les sociétés électriques pèsent 17 % de la capitalisation boursière parisienne en 1909 contre 5 % en 1900[244]. Un an après le krach de 1907, leurs performances boursières restent spectaculaires[242]:

Sociétés électro-métallurgiques cotées Usine de Froges (Paul Héroult) CPCA Société de l'Arve (Passy)
Puissance installée et part de marché 60 000 CV (25 %) 35 450 CV (15 %) 13 000 CV (6 %)
Cours de l'action en 1909 à Paris 1 355 francs 1 150 francs 1 250 francs
Hausse depuis l'émission de l'action 170 % 137 % 25 %[242]

Les capitaux propres augmentent très rapidement dans l'hydroélectricité: 161 millions de francs en 1900, un milliard en 1914, 11 milliards en 1932. Les collectivités locales puis l'État, via la loi du 15 juin 1906, veillent aux tarifs : « cette politique tarifaire limita les possibilités d'autofinancement en restreignant les profits », selon l'historien André Strauss[245]. Le capital doit être trouvé ailleurs : les émissions d'action et d'obligation des sociétés d'électricité quintuplent: de 31,5 millions de francs par an (1891-1904) à 168,8 millions (1905-1911)[246]. De 4,5 % du total des émissions à la Bourse de Paris, elles passent à 13 %. Adrien Badin, patron de la CPCA, future Péchiney, fonde en décembre 1911 le groupement commercial, "L'Aluminium français" [247], qui bâtit une usine hydroélectrique de 50 MGW, à Badinville[248], près de Salisbury (Caroline du Nord) et produit 15 000 tonnes d'aluminium. L'électrolyse et le four à arc électrique font émerger six grandes vallées industrielles: Maurienne, Tarentaise, Romanche, Val d'Arly, bassin de Chedde, et L'Argentière-la-Bessée. Leur nouvelles usines dévorent en 1910 57 % des 473 000 CV recensés dans les Alpes par le "Service des forces hydrauliques", deux fois plus qu'en 1908. Sur la Dordogne, un autre ingénieur suisse, Adrien Palaz, achève en 1910 le barrage de Tuilières pour l'EESO, qui alimente Bordeaux en courant bon marché, distribué par la "Bordeaux-Midi", qui quadruple son capital entre 1910 et 1912[249].

Les scandales Marconi et Reuters, en Bourse de Londres, après le drame du Titanic

Un employé de Marconi en 1906

Les progrès de la TSF sont l’œuvre de deux grands rivaux, Telefunken et Marconi, dont la filiale américaine entre en Bourse le 19 avril 1912 à Londres. Quatre jours avant, le paquebot Titanic fait naufrage. Environ 700 passagers sont secourus grâce au puissant SOS envoyé par le plus récent des équipements TSF de Marconi. Embarqués sur le Titanic, deux de ses employés, John George Phillips et Harold Sydney Bride, multiplient les SOS pendant les deux heures qui suivent le choc avec l'iceberg, avec l'énergie du désespoir. Le premier succombera dans l'eau glacée. Le second survivra avec les pieds gelés. L'entrée en Bourse de la Marconi s’effectue finalement à 3,5 livres l'action, 3 fois ce qui avait été proposé dix jours plus tôt. L'action grimpe immédiatement à 4 livre sterling[250], avant de retomber quelques semaines plus tard[251] à seulement 2 livre sterling[252]. On découvre que Rufus Isaacs, ministre de la justice du gouvernement d'Herbert Asquith, a revendu 7000 actions à un prix deux fois supérieur à celui de leur achat deux jours avant. Son frère Godfrey Isaacs, nommé directeur général de Marconi sans aucune expérience dans la télégraphie, venait de décrocher un contrat pour la première radio d’État en Angleterre.

Affiche de Saved from the « Titanic » avec Dorothy Gibson, survivante du naufrage

La presse écrite révèle aussi que le Titanic a été averti de la présence d'icebergs une heure avant le naufrage par un opérateur radio du cargo SS Californian (1902). Mais il n’a pas été écouté : John George Phillips lui a demandé violemment de se taire, car il tentait de rattraper le retard pris dans l'envoi de messages personnels des passagers du Titanic, à la suite d'une panne des appareils la veille. Après le choc, les officiers du Titanic voient le cargo SS Californian (1902), à seulement 15 kilomètres. Mais il ne répond pas aux fusées de détresse, considérant que le Titanic informe juste qu'il est bloqué par les glaces. La polémique déclenchée par ces révélations, sur fond de délit d’initié, bat son plein en 1913. Cecil Chesterton, directeur du journal The New Witness, s'en prend à Godfrey Isaacs, qui le poursuit à son tour en diffamation. Son frère, l'écrivain G. K. Chesterton, est licencié le 1er février 1913 du Daily News. Le 14 février 1913, le quotidien français Le Matin met met à son tour en cause Rufus Isaacs, avant de faire machine arrière. Le gouvernement d’Herbert Asquith est de nouveau critiqué deux ans après, quand la Compagnie Marconi tente cette fois de racheter l'Agence Reuters, au moment du suicide le 28 avril 1915 d’Herbert de Reuter. Le fils du fondateur[253] vient de subir le krach de sa British Commercial Bank, qui devait aider à créer un département "publicité" sur le modèle de sa rivale Havas[254]. L'incertitude sur l'avenir de Reuters inquiète la City de Londres. L'action est déjà sous pression depuis que Godfrey Isaacs a lancé en octobre 1910 la filiale "Marconi Press Agency" et diffuse le premier magazine distribué par la TSF, The Marconigraph. Elle passe de 12 à 3 livres[255]. Sous prétexte de conflit mondial, les fonds de la British Commercial Bank ont été gelés par le gouvernement, qui complique encore un peu plus la vie à Reuters en modifiant par ailleurs les codes et règles télégraphiques servant à l'agence de presse pour l'envoi de ses précieuses dépêches. En 1916, un directeur de Reuters, Sir Roderick Jones, lance une OPA à 11 livres l'action contre 10 proposé par Marconi[256],[257], grâce à un prêt de 55 000 livres du beau-frère du premier ministre Herbert Asquith.

Le gouvernement lui impose la création du Reuter Agence Service, version musclée de l’Imperial News Service, qui doit intégrer à des fins de propagande, le 16 avril 1917, une histoire inventée par un journal belge sur une usine allemande accusée de transformer des corps humains en matériaux de guerre. Reuters-Australie demande confirmation qu'il faut signer Reuters sous la dépêche et Sir Roderick Jones répond "oui"[258]. La perte de crédibilité qui en découle entraîne la création d’agences de presse au Canada, en Australie et en Asie. Elle amène en 1925 la coopérative Press Association à acheter 53 % du capital d'un Reuters affaibli au début des années 1920, qui attendra 1984 pour redevenir une société privée.

Le charbon en Bourse de Lille, de spéculations en pénuries

La fosse no 2 des mines de Marles, fermée en 1974.

Les gisements charbonniers français, moins riches qu'en Angleterre et en Allemagne, sont exploités moins intensivement, ce qui entraînera une pénurie d'énergie dans la première moitié du XXe siècle. Aux mains de quelques familles de la région, ils offrent de telles performances boursières que la recherche de plus-values l'emporte rapidement sur l'effort d'investissement. La Compagnie d'Anzin est la première entreprise d'Europe continentale, avec 4 000 salariés, dès les années 1780. Mais la « conquête de l'Ouest » du gisement, qui se prolonge sur un axe franco-belge, prend du retard. L'extraction s'étend à Denain seulement en 1835, via la petite Compagnie des mines de Douchy, dont l'action est multipliée par 105 en un an[141],[259]. Le banquier Louis Dupont obtient une concession puis renonce rapidement. Après une découverte par hasard, en 1841 dans le Pas-de-Calais, les recherches sont menées par la Compagnie de l'Escarpelle, mais les concessions accordées par Napoléon III aux grandes familles textiles lilloises d'Alfred Descamps-Danel et d'Antoine Scrive-Labbe, alliées à la famille Mathieu, déjà actionnaire des mines de Douchy et d'Anzin[260]. Alors qu'elle est encore en phase de démarrage et face à une forte demande, la Compagnie de Courrières verse dès 1857 un dividende, qui restera supérieur à 20 % du chiffre d'affaires[261] pendant un demi-siècle, période pendant laquelle toute augmentation de capital est évitée. L'action atteint 52 000 francs en 1875, 51 fois plus qu'en 1859. Celle de la Compagnie de Lens, autre "affaire familiale", celle du "clan Scrive-Bigo-Danel"[262], vaut 44 700 francs, multipliée par 22 sur la même période. Son statut "sui generis" de "société civile commerciale" la dispense de publier toute information financière, jusqu'à l'introduction en Bourse de Paris en 1902[263], où la rejoint un tiers des mines nordistes, menées dès 1875 par la Compagnie de Béthune. Les « minières » constituent jusqu'en 1910 l'essentiel de la Bourse de Lille, ouverte en 1861[264] et très peu liquide : seulement 3,4 % du capital change de mains chaque année[263]. Quand la Compagnie de Lens divise son nominal par cent pour compter 86 000 actionnaires en 1912, contre 470 en 1890, ils ne se partagent qu'une infime fraction du capital[263].

Les concessions du bassin minier.

Le négoce et l’industrie lillois sont alors actionnaires de 13 des 28 sociétés minières, et parmi les plus importantes[262]. La hausse stratosphérique de son patrimoine boursier, sans aucun appel de fonds, reflète surtout une stratégie malthusienne: la production de charbon augmente de seulement 55 % en France entre 1890 et 1914[265],contre +180 % pour toute l'Europe[266]. L'Allemagne profite mieux des procédés Bessemer (1858) et Thomas (1877), grâce à un charbon plus abondant, même s'il est moins rentable. La Compagnie de Courrières[267], autre géant de la Bourse de Lille, rogne sur ses dépenses au maximum, en ne creusant que des fosses simples, cumulant l'aération, la circulation des hommes, et l'extraction du charbon dans un même espace : c'est le cas de 4 de ses 11 puits en service en 1905, à la veille de la catastrophe de Courrières[268].

Compagnie d'Ostricourt, ouvriers et salaires de 1869 à 1878.

L'arrosage, pour plaquer les poussières de charbon, n'est pas pratiqué[269]. La Compagnie des mines de Bruay, au gisement très riche, sous les mini-nappes d'eau, attend les années 1910 pour percer 3 des 9 puits nordistes profonds d'un kilomètres. La côte 1000 est atteinte d'abord en Lorraine. Le sous-investissement, conjugué aux défauts des gisements français[270], entraîne une pénurie de charbon, qui représente 80 % de l’énergie consommée : la France rêve très tôt de la houille blanche puis du nucléaire, les deux domaines où elle excellera plus tard. Premier importateur mondial avec 24 millions de tonnes de charbon[271] en 1914, elle en produit 7 fois moins que l'Angleterre. Ce sera encore 4 fois moins qu'outre-Manche en 1950, lorsque les Charbonnages de France, nationalisés, emploieront 326 000 personnes contre 200 000 pour les sociétés minières en 1913[270] et 236 000 en 1936. La France des années 1920 décide l’occupation de la Ruhr, car les allemands ont fait sauter les cuvelages de 18 des 19 sociétés minières françaises pendant la guerre et noyé les galeries. Les compagnies de Liévin, Lens, Carvin, Meurchin, Béthune, Courrières, Drocourt, Dourges et Ostricourt, se regroupent fin 1919 dans la "Société civile de dénoyage des houillères", financée par 250 millions de francs d'aides publiques, votées par la loi du 6 août 1917. L’occupant allemand avait obligé les sociétés minières à se regrouper à la façon du Kohlensyndikat[270] de 1893, chargé de fixer les prix de vente et les quotas de production.

Année 1871[272] 1880 1890 1900 1913 1929 1938 1941 1944 1945 1949 1952
Production française de charbon (millions de tonnes) 13,2 19,3 26 33 40 49[273] 46 41 26,5 33[274] 51,2 55,4[275]

Les compagnies françaises lancent alors des emprunts par le biais du "Groupement des Houillères du Nord-Pas-de-Calais" et leurs premières augmentation de capital[276], pour reconstruire, jusqu'en 1925, puis investir, jusqu'en 1929. L'État leur offre aussi un réseau provisoire de distribution d'électricité, qui permet l'introduction du marteau-piqueur, puis de la haveuse après 1925, mais très parcimonieusement, faute d'assez d'investissements électriques privés. Le charbon français coûte 25 % plus cher qu'en Allemagne en 1939, et 50 % plus cher en Grande-Bretagne[271], même si 900 mineurs kabyles en France sont recensés dès 1910 par la commission d'enquête d'Octave Dupont[277], et 74 % des mineurs d'origine étrangère dans l'entre-deux guerres[261]. Le Pas-de-Calais accueille une "Petite Pologne" avec ses écoles et églises[278]. Pénalisée par le manque d'investissements, la productivité est d'une tonne par homme/jour en 1913 et 1,2 en 1929, puis monte à 2,5 tonnes dans les années 1950. Mais c'est trop tard pour rivaliser avec le nucléaire et les mines à ciel ouvert de Chine ou d'Australie: l'extinction minière s'accélère dans les années 1980.

La "Mégawatt Mania" boursière des années 1920

Les erreurs malthusiennes du charbon français sont évitées lors de l'essor de la houille blanche dans les années 1920, sous la contrainte d'une fiscalité plus exigeante, qui pénalise la spéculation pour encourager l'investissement. Les sociétés d'électricité représentent 20 % des émissions d'actions et d'obligations à la Bourse de Paris en 1930 contre 8 % dans la première partie des années 1920[279]. Au cours de la seule année 1926, une trentaine d'entre-elles se créent. Le secteur collecte 800 millions de francs, principalement sous forme d'actions, avec 79 augmentations de capital[280]. Les obligations coûtent cher : 13 % de taux d’intérêt en moyenne pour les sociétés d’électricité, jugées risquées, contre 8 % à 9 % pour les taux de référence[281]. La SGFL doit même payer 17,5 % lorsqu'elle émet en mars pour 20 millions de francs d'obligations[282]. Les créanciers se méfient depuis la quasi-faillite de Paul Girod en 1921. Sa ligne Ugine-Lyon à 55 000 volts, partagée avec la SGFL, est rendue obsolète par une nouvelle technologie à 170 000 volts, et les 220 000 volts volts seront atteints dès le début des années 1930[283]. Ces interconnexions de grande capacité permettent de relier les "deux France énergétiques": le sud hydraulique et le nord charbonnier[284]. Moins cher, l'hydraulique complète les centrales thermiques pour abaisser leur coût de revient. Ces dernières relaient l'hydraulique en saison de basses-eaux des torrents. Ensuite, les premiers lacs de barrage permettent de répondre aux pics de demande.

Le lac de Chambon.
Le chantier du barrage d'Éguzon, le plus grand d'Europe et le premier en béton, démarre en 1919

La France passe de 7 000 communes électrifiées en 1919 à 36 500 en 1938[283], même s'il s'agit souvent de simple éclairage des rues. Sa consommation électrique, portée aussi par le boom de l'aluminium, quadruple sur les années 1920 alors qu'elle double simplement en Europe[285]. La seule production hydroélectrique est multipliée par huit. Pionnière, la "France hydraulique" du sud a montré le chemin dès 1913 par trois réseaux locaux (EELM, EESO, et STEDA), soutenus par les fabricants Thomson-Houston et CGE, complétés en août 1930 par l'UNIE de Louis Marlio et Pierre Ailleret. L'accélération de la croissance est financée par des augmentations de capital : de 1919 à 1931, elles représentent 60 % des émissions du secteur électrique, tendance qui s'accélère entre 1927 et 1930 : on en compte quatre fois plus qu'entre 1921 et 1926[279]. Pour lever des fonds, les filiales prennent le relais des maisons-mères[286]: plusieurs structures cotées en Bourse coexistent au sein d'un même groupe, ce qui permet d'isoler les activités en forte croissance, à la fois spéculatives et risquées (hydro-électrique et lignes à haute-tension), pour les réserver aux investisseurs intéressés. L'Énergie industrielle s'empare par exemple en août 1930 de la SLFMR[287], qui porte les projets du barrage de Tignes et du barrage de Jons, mais sans l'absorber. L'Union d'électricité crée la SFMC pour le Barrage de Saint-Étienne-Cantalès, avec le plus grand lac artificiel d’Auvergne achevé en 1945.

Le barrage du Sautet, entre l'Isère et les Hautes-Alpes conçu pour l'électrolyse de l'aluminium, servira en fait à électrifier Paris.

La construction du barrage de "Sélune" est achevée en 1919, l'année ou démarre celle du Barrage d'Éguzon, le premier en béton, fournisseur de l’usine thermoélectrique de Gennevilliers[288]. Le projet est dirigé par L'Union d'électricité, qui créée pour cela en mai 1921 une filiale dédiée, "L'Union hydroélectrique"[289]. Le décollage a vraiment lieu après 1926, quand démarre la construction de dizaine de petits barrages et quelques célébrités : "Chambon" en 1928[290], "Vezins" en 1929 et "Bissorte" en 1931. Selon l'historien André Strauss[245], les émissions boursières se sont « avérées indispensable » à ce développement, tout en jouant « un rôle important dans l'animation du marché financier. » Pour les vendre aux investisseurs, d'autres banques se joignent au Crédit lyonnais, qui opérait 75 % des placements en 1900-1914 mais plus que 39 % en 1920-1929[244].

Trois groupes géants émergent : L'Énergie industrielle regroupe une centaine de sociétés, L'Union d'électricité environ 75 et l'ELM une trentaine[291]. Les deux dernières ont chacune plus de 20 000 actionnaires. L'Union d'électricité, leader français avec 2 milliards de francs d'actifs industriels en 1939, devant L'Énergie industrielle et ses 1,3 milliard de francs, réalisa six augmentations de capital entre 1921 et 1930, le portant de 5 millions de francs en 1919 à 350 millions en 1930, dans une politique de construction de grandes centrales et de lignes à haute-tension.

Le krach boursier modifie la donne: entre 1929 et 1932 la consommation mondiale d'aluminium est divisée par deux, à 140 000 tonnes[292]. Les producteurs alpins et pyrénéens recyclent leur énergie vers les villes. Péchiney renonce à une usine sous le barrage du Sautet pour destiner sa consommation à Paris[293], augmentant encore les besoins d'interconnexion, suscitant la création de l'UNIE. Mais le moteur boursier tousse. Alors que les "décrets Laval" de 1935[294] imposent une baisse des prix de l'électricité, Ernest Mercier, PDG de L'Énergie industrielle, dénonce un « patronat malthusien » et les « trusts thermiques qui sabotent la mise en valeur du potentiel hydraulique du pays »[295], devant le congrès de la CGT en 1937. Les esprits sont mûrs pour la création d'EDF, après celle de la SNCF, qui finalise la plupart des grands projets de barrages alpins (Serre-Ponçon, Roselend, Tignes).

La très forte croissance des « années folles »

La décennie 1920 est l'âge d'or de la Bourse de Paris, qui voit son volume d'échanges décupler et son indice multiplié par 4,4 entre la fin 1921 et la fin 1928[296], performance encore plus élevée que celle du Dow Jones, multiplié par 3,6 sur la même période[297]. Parallèlement, la production industrielle française quadruple entre 1919 et 1929[298], son indice passant de 157 à 239, malgré une chute ponctuelle en 1921. Le PIB français, incluant l'agriculture, progresse de 49,8 % entre 1920 et 1930 contre 29,5 % pour le PIB des États-Unis, dont la croissance est pourtant dopée par l'expansion du pétrole au Texas et les économies d'échelle dans l'automobile, qui vit une bulle spéculative historique[299].

Trois grand pays industriels européens Angleterre Allemagne France
Hausse de la production manufacturière entre 1913 et 1928 6 % 18 % 39 %

En 1925, l'Angleterre annonce son retour à l'étalon-or, la livre étant passée à l'automne 1923 de 76 à 91 francs en dix semaines[300]. Cette décision de Winston Churchill, prise sous l'influence d'une "City" qui veut rester première place financière mondiale, est fustigée par l'économiste John Maynard Keynes, car reposant sur la parité d'une livre pour 4,86 dollars, qui pénalise l'industrie britannique[301]. L'indice de la production manufacturière n'atteint que 106 en 1928 en Grande-Bretagne, sur une base 100 en 1913, contre 118 en Allemagne et 139 en France[302]. En France, il était tombé à 57 en 1919 et 50 en 1921, mais déjà remonté à 104 en 1924, avec cependant des disparités sectorielles : 44 seulement pour la construction navale, 100 pour la sidérurgie et 422 pour l'automobile[301]. La mise en place du fordisme bénéficie surtout à l'automobile américaine qui atteindra un parc de 26,5 millions de véhicules en 1930, cinq fois plus que dans l'ensemble de l'Europe[303], en profitant d'un pétrole plus abondant.

Série 303 Phaeton, lancée en 1928 par une filiale de General Motors

Les "champs pétroliers de Mésopotamie" perdus par l'ex-Empire ottoman[304] après la Première Guerre mondiale sont partagés. La France en obtient le quart lors de la "conférence de San Remo" d'avril 1921 et réunit 87 sociétés dans la CFP en 1924. Le gisement texan de Spindletop[305], redécouvert le 13 novembre 1925, produit rapidement 700 000 barils/jour [306], plaçant les héritiers de la Standard Oil en position de force face à Royal Dutch et l'Anglo Persian oil, lors des négociations suivant la découverte d'immenses gisements en Iran[307]. D'autres grandes capitalisations boursières émergent: General Motors, RCA, ou General Electric, qui ne valait en 1912 que 170 millions de dollars, cinq fois moins que la Standard Oil[301]. Wall Street surfe sur la "radiomania" entourant les dizaines de start-up profitant des progrès dans la TSF. De 100 000 récepteurs écoulés en 1922, on passe à 2 millions dès 1924. L'action RCA est la plus échangée en 1929 à Wall Street[308]. Elle a décuplé en quatre ans, à 114 dollars, soit 73 fois le dividende. IBM est créé en 1924 par Thomas Watson en fusionnant plusieurs fabricants, mais sans percer. Dans la sidérurgie, l'innovation majeure est le laminoir en continu de la Columbia Steel. Il en fonctionne une trentaine en 1935, mais aucun en France[309], ou l'hydroélectricité domine: production multipliée par huit sur la décennie[310] et 20 % des émissions de titres.

Pour payer la dette de la Première Guerre mondiale, la France créé un impôt sur les plus-values et un impôt sur les sociétés[311], qui s'ajoutent à l'impôt sur le revenu de 1914. Majorée de 20 % en mars 1924 par la "Chambre bleue horizon" l'imposition marginale supérieure atteint 90 %, contre 2 % dix ans avant[312]. Sans grand espoir que cette fiscalité revienne vite à la normale, les entreprises n'ont plus d'autre choix que d'intérioriser les bénéfices et d'investir, souvent via leur filiales régionales. L'intérêt pour les sociétés moyennes dope les sept bourses de province, dont la capitalisation est multipliée par neuf entre 1914 et 1928[313], pour atteindre 16 % de la capitalisation française contre 9 % en 1914. Le total des émissions d'actions et d'obligations en France double, en valeur constante, entre la décennie 1901-1910 et la décennie 1920-1929, atteignant l'indice 217[314]. Moins sous-capitalisées qu'au XIXe siècle, les sociétés françaises résistent relativement bien au krach de 1929. Leurs cours sont divisés par deux[315], quand ceux des américaines sont divisés par quatre[316]. Sur longue période (1920-1935), la hausse réelle (hors-inflation) du cours des actions rapporte en moyenne 4 % par an à Paris, contre une inflation moyenne de 2 %, (plus forte avant 1929, moins forte après)[299].

Krach de 1929 et première séparation légale entre banque et Bourse

L'indice Dow Jones avait quadruplé entre 1921 et septembre 1929

Le krach de 1929 perce la bulle spéculative très brutalement. Le jeudi 24 octobre 1929, les cours s'effondrent. À midi, l'indice Dow Jones a perdu 22,6 %. Une émeute éclate à l'extérieur du New York Stock Exchange, car les gardes du bâtiment et la police ont empêché des actionnaires d'entrer. En France, Ivar Kreuger et Albert Oustric font faillite. Puis c'est l'affaire Stavisky. La chute de 1930 à 1932 est supérieure à celle de l'année 1929. Le 8 juillet 1932, le Dow Jones tombe à 41,22 points, au plus bas depuis sa création en 1896. La Bourse américaine devient extrêmement volatile. Sept des plus forts gains de l'histoire du Dow Jones ont lieu entre 1929 et 1933, dont le record de hausse journalière, le 15 mars 1933 : + 15,34 %. Et sept des dix plus fortes baisses sont aussi enregistrées avant 1939[317]. Franklin D. Roosevelt nomme Joseph P. Kennedy, père de John F. Kennedy, président de la Securities and Exchange Commission, créée par le Securities Exchange Act de 1934. Son rôle, protéger les investisseurs contre les abus de sociétés cotées et veiller à la qualité des informations publiées. Encore plus importante, la loi du Glass-Steagall Act de 1933 impose la séparation entre banques de dépôts et banques d'investissement, pour éviter que des banques n’utilisent les dépôts de millions d’épargnants comme caution des risques excessifs pris à la bourse[318]. Les enquêtes du jeune procureur Ferdinand Pecora sur les excès des banques convainquent le congrès de la voter. Le New Deal permet au PIB par habitant des États-Unis (déflaté selon la méthode Geary Khamis) de passer de 6 220 dollars en 1930 à 7 018 dollars en 1940[319], soit une progression de 11,8 % sur la décennie des années 1930.

Le nouvel essor boursier des années 1950

Après 1945, la défaite des puissances de l'Axe fait s'effondrer les actions en Allemagne, Italie et Japon, tous trois connaissant ensuite une très forte expansion, souvent portée par le développement du capital-risque[320] et une structure financière caractérisée par la faiblesse de l'endettement[321].

Invasion du Sinaï par Israël en 1956, l'année de la nationalisation du Canal de Suez par Nasser

Vedette de la "Piazza Affari", Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d'avril 1948 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960: 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après[322]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il s'en vendra 3,5 millions en Italie[322].

Au cours des années 1950, la Bourse de Paris est multiplié par 5,5. L'indice boursier Insee passe de 100 à la fin 1949 à 774 en avril 1962, soit une progression moyenne de 18 % par an, entrecoupée de périodes de stabilité ou de baisse : en 1951 avec la stabilisation d'Antoine Pinay, puis en 1955 et 1956 avec les tensions géopolitiques comme l'indépendances du Maroc et de la Tunisie, la guerre d'Algérie et la nationalisation du canal de Suez. Les entreprises y financent leurs investissements: entre 1949 et 1959, le nombre annuel d'émissions d'actions est multiplié par sept et les montants par trois[323], tendance qui qui s'inverse après 1962, lors du retour à l'endettement. L'indice des prix augmente parallèlement de 68 % entre fin 1949 et juin 1958 les sociétés à émettre des obligations à taux variable, protégeant de l'inflation.

La finance française reste alors très réglementée, les Sicav n'étant autorisées qu'en mars 1964... et à condition de jamais détenir plus de 5 % d'une entreprise[324]. En octobre 1969, l'Insee calcule que les actions ont rapporté 190 % en vingt ans contre 80 % pour les obligations et −66 % pour l'or[325]. La croissance des années 1950 a aussi des répercussions en Afrique: la bourse du Caire, créée en 1903, devient l'une des plus actives du monde[326]. Elle se classe alors comme la cinquième place boursière du monde[327]. À Bruxelles, l'action de l'Union minière monte de 90 % en 1954[328], grâce à la montée en puissance de ses mines de cuivre au Zaïre, qui deviendront la Gecamines après l'indépendance. Aux États-Unis, le palmarès des cinq meilleures et des cinq pires années de l'histoire pour l'indice Dow Jones, donne aux années 1950 deux des meilleures:

Les cinq meilleures années 1933 1954 1935 1975 1958
Hausse du Dow Jones[329] 63,7 % 43,9 % 38,5 % 38,3 % 33,9 %
Les cinq pires années 1931 2008 1930 1937 1974
Recul du Dow Jones[329] 52,7 % 33,8 % 33,8 % 32,8 % 27,6 %

Les premières déréglementations de l'après choc pétrolier

Article connexe : Gouvernement Thatcher.
Margaret Thatcher et Jimmy Carter, le 17 décembre 1979

Dans les années 1970 et les années 1980, les gouvernements s'inquiètent des crises monétaires : ils cherchent à attirer des capitaux étrangers, puis encouragent pour cela les contrats à terme sur indices boursiers, dès 1982 au Liffe[330] de Londres et au KCE américain[331]. Auparavant, la finance était « enfermée à double tour »[332] et ne vivait « aucune crise nulle part dans le Monde, sauf au Brésil en 1962 »[333]. Ensuite, « s'est produit un tournant » : la « thèse du marché efficace et capable de s'autocorriger » devient dominante[333]. En 1981, le président américain Ronald Reagan abolit les lois votées après le krach de 1929. Son souhait, favoriser l'essor de Wall Street. Cette déréglementation a été précédée par une mondialisation accrue. Dès 1971, la guerre du Viêt Nam fait gonfler les dépenses publiques des États-Unis. Le président Richard Nixon doit vendre de l'or, puis supprimer la convertibilité du dollar en or. C'est la fin des accords de Bretton Woods. Les pays producteurs de pétrole sont pénalisés car leurs recettes sont en dollars. Ils organisent une rétention du pétrole, pour faire monter les cours de 1,9 dollars le baril à 9,76 dollars en 1973[334]. Le choc pétrolier de 1973 et celui de 1980 génèrent les "eurodollars", des dépôts des pays arabes, effectués en dollars dans les banques anglaises. La City se transforme en un sanctuaire défiscalisé dès 1979, avec les réformes de Margaret Thatcher. Ces dépôts servent à octroyer des crédits, massivement, à de nouveaux pays pétroliers, dont les gisements sont devenus exploitables grâce à la hausse du pétrole : Mexique, Venezuela, Indonésie ou Nigeria, puis à d'autres pays en voie de développement. Des prêts distribués dans la précipitation, sans contrôle de leur utilisation.

Courbe de production et d'importation de pétrole des États-Unis de 1920 à 2005

Entre-temps, le second choc pétrolier a fait culminer l'inflation. Pour la stopper, Paul Volcker, le président de la Réserve fédérale américaine, remonte à 15 % les taux directeurs, déclenchant une récession mondiale dès 1982. Les pays pétroliers voient leur débouchés s'effondrer, au moment où ils venaient d'investir. Le Mexique se déclare insolvable, puis c'est une crise générale de la dette, qui amènera à parler de « décennie perdue » pour l'Amérique latine. Les créanciers refusent de prendre leurs pertes, ce qui fait traîner les choses[335]. Le PDG de Citigroup Walter Wriston déclare par exemple au New York Times qu'un emprunteur public « ne peut faire faillite[336] ». Pour sortir de la crise, il faut attendre la titrisation, via la mise en place des Brady Bonds en 1989.

Les eurodollars servent aussi à financer les déficits budgétaires, creusés par les choc pétroliers chez les pays importateurs de pétrole[337]. Les gouvernements européens recherchent des capitaux étrangers, car le Serpent monétaire européen connaît des secousses dès sa création le 10 avril 1972. Le système monétaire européen qui lui succède en 1979 fait pire : crises monétaires à répétition. Le monétarisme devient « la doctrine qui guide les politiques économiques[338] ». Il faut attirer des capitaux étrangers par tous les moyens. Les innovations financières se multiplient: création des marchés à terme comme le Liffe anglais en 1982, puis le Matif parisien en février 1986. Grâce à eux, les fonds spéculatifs peuvent plus facilement investir en actions à l'étranger, via des contrats à terme sur indice boursier ou des options. La mondialisation financière s'accélère.

Les exigences de rentabilité qui pénalisent Wall Street face à Tokyo

En sacrifiant la croissance à la rentabilité à partir du milieu des années 1970, les entreprises américaines n'obtiennent guère de récompense de la Bourse, qui préfère le dynamisme des sociétés japonaises. Jusque-là, la capacité d'autofinancement des entreprises américaines était utilisée en fonction des perspectives de rentabilité « normale ». Le cours des actions s’adaptait aux variations de cette rentabilité[339], elle-même liée à la réussite technologique ou commerciale des entreprises.

Wall Street monte trois fois moins que Tokyo dans les années 1980

Ensuite apparaissent des imperfections découlant de ce que les économistes appellent des « contrats d'agence » entre actionnaires et directions d'entreprises. Le taux de rentabilité des fonds propres ne cesse d'augmenter à partir du début des années 1980[340]. Les innovations financières (multiplication des rachats d'entreprises concurrentes, LBO et rachats d'actions) modifient les stratégies[339] d'entreprises, qui se fixent désormais des exigences de rentabilité a priori : l'emploi n'est plus le moyen de gagner ou conserver des clients, mais la seule variable d'ajustement pour maintenir un taux de rentabilité élevé. Résultat, les parts de marché des industriels américains accélèrent leur baisse dans les années 1980, face au Japon. Dans l'électronique, la part américaine tombe de 50 % à 40 % entre 1985 et 1988, tandis que les japonais passent de 21 % à 27 %. L'automobile japonaise passe même de 21 % à 35 % du marché américain entre 1987 et 1990[341]. La capitalisation boursière de Tokyo dépasse celle de New York, après des hausses respectives de 234 % et 72 % sur les années 1980. De 1959 à 1982, les investissements atteignent 10,7 % en moyenne de la valeur ajoutée brute des entreprises françaises, puis tombent à seulement 3,1 % entre 1983 et 2005[342]. Entre-temps s'est peu à peu s'est institué le théorème de Schmidt[343]: « Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain », contesté dans la pratique car une partie croissante des bénéfices n'est en fait pas réinvestie mais utilisée pour des programmes pluriannuels de rachats d'actions et des politiques consistant à "lisser les dividendes à la hausse" sur plusieurs années, même si le chiffre d'affaires ne progresse plus.

Marché mondial de l'électronique 1985 1988
Part de marché américaine 50 % 40 %
Part de marché japonaise 21 % 27 %

En France, les dividendes représentent 65 % des bénéfices en 2012 contre 26 % en 1970[344]. Dans les années 1990, c'est au tour de la Bourse japonaise d'être distancée, l'économie tentant de se remettre d'un trop-plein de spéculation. Au final, sur plusieurs décennies, de 1926 aux années 2000, le rendement moyen des actions au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis est le même, à un point de pourcentage près[345].

Premiers constructeurs auto américains Véhicules produits en 1980 Véhicules produits en 1990 Baisse sur dix ans[346] Baisse en %
Chevrolet 2 288 745 785 918 1 502 827 65,6 %
Ford 1 162 275 912 466 249 809 21,5 %
Oldsmobile 910 306 489 492 420 814 46,2 %
Buick 854 011 426 512 427 499 50,5 %
Pontiac 770 100 641 820 128 280 16,6 %

Années 1980 : écarts de performance et vogue des privatisations

La progression des années 1980 fut très variable selon les pays. En France, la dévaluation de mars 1983[347] est la dernière des 17 qui ont eu lieu depuis 1928[348], ce qui favorise l'euphorie lors du contre-choc pétrolier de 1985. Le Japon incarne lui un nouveau capitalisme, nourri par les cercles de qualité. Les États-Unis et l'Angleterre prennent du retard en 1982, quand le PIB américain chute de 2 % et la production industrielle britannique de 10 %[349].

Grands marchés boursiers Tokyo Amsterdam Francfort Paris Londres New York Zurich
Hausse de 1980 à 1990 234 % 152 % 138 % 114 % 73 % 72,2 % 72 %

La Grande-Bretagne sort d'une autre grave crise quand Margaret Thatcher devient premier ministre en 1979 : un taux d'inflation annuel de 25 % en 1975 et un marché obligataire boycotté, obligeant le gouvernement travailliste, qui n'a pas la majorité à la Chambre des communes, à demander 3,9 milliards de dollars au FMI en 1976[350], avant d'être rattrapé en octobre 1978 par des grèves générales qui durent jusqu'en janvier-février. C'est pour affaiblir les syndicats, comme le souhaite désormais une majorité de l'opinion[349], que les privatisations associent des millions de citoyens[351].

Lancée en 1979, la production en Mer du Nord double entre mai 1981 et octobre 1982, assurant la réussite de la première des grandes privatisations anglaises, celle de British Petroleum (BP)

Dès 1979, le grand public se rue sur les actions de British Petroleum, qui vient de découvrir ses premiers grands gisements en Mer du Nord, où la production britannique passe de 0,8 à 1,4 millions de barils/jour entre mai 1981 et octobre 1982[352]. British Aerospace et Cable & Wireless suivent en 1981, le pharmacien Amersham et Britoil en 1982, les sociétés portuaires et les chantiers navals en 1983, puis Jaguar, Rolls Royce, British Steel[351] et British Telecom en 1984, dont le quart des 2,2 millions d'actionnaires a déjà revendu ses parts six mois après les avoir achetées, selon une étude d'Ernst & Young[353].

La première vague de privatisation rapporte 2 milliards de livres, la deuxième cinq fois plus[354]. Les actionnaires sont 4,5 millions pour British Gas en 1986[355]. Troisième vague, la dizaine de sociétés régionales de distribution d'eau, en 1989. L'organisme "Public Services International" calculera[356] que le prix de l'eau a augmenté de 106 % entre 1989 et 1995, les bénéfices des opérateurs étant parallèlement septuplés[357], ce qui contribue à l'impopularité de John Major, tout comme les impairs de la privatisation de British Rail en 1993: matériel roulant non remplacé et trains en retards.

De nombreux pays ont suivi : le Mexique privatise son cuivre en 1988, Telmex en 1990, puis les banques BBVA Bancomer et Banco Nacional de México en 1991, respectivement rachetées par des banques espagnoles et américaines. L'Argentine privatise Entel en 1990, "Gas del Estado" en 1992 et Repsol YPF en 1993, l'ensemble de l'énergie, des télécoms et de l'eau passant sous contrôle étranger. En 1992, des privatisations ont lieu dans 50 pays, rapportant 69 milliards de dollars, soit un total de 328 milliards de dollars depuis 1985[358]. En France, Édouard Balladur, ministre des finances de Jacques Chirac lance 9 privatisations en 2 ans:

La France se découvre ainsi 8,5 millions de porteurs de valeurs mobilières en 1987, quatre fois plus qu'en 1980, dont 6,2 millions d'actionnaires[359]. Les Français détiennent 534 milliards de francs d'actions en 1988 contre 78 milliards en 1982. L'expansion de la presse économique qui en résulte suscite des convoitises. En mars 1987, Groupe Expansion acquiert La Tribune. En janvier 1988, Jacqueline Beytout revend Les Échos à Pearson, propriétaire du Financial Times et en janvier 1989 La Cote Desfossés est achetée par Georges Ghosn, qui en fait un moteur de l'histoire de La Tribune.

Le krach d'octobre 1987 et la folie des junk bonds

Échelle de notation financière selon les principales
agences de notation
Signification
de la note 
Moody’s Standard
& Poor’s
Fitch
Ratings
Dagong
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Prime
Première qualité
Aaa P-1

Prime
-1
AAA A-1+ AAA F1+ AAA A-1
High grade
Haute qualité
Aa1 AA+ AA+ AA+
Aa2 AA AA AA
Aa3 AA− AA− AA−
Upper medium
grade

Qualité moyenne
supérieure
A1 A+ A-1 A+ F1 A+
A2 A A A
A3 P-2 A− A-2 A− F2 A− A-2
Lower medium
grade

Qualité moyenne
inférieure
Baa1 BBB+ BBB+ BBB+
Baa2 P-3 BBB A-3 BBB F3 BBB A-3
Baa3 BBB− BBB− BBB−
Non-investment
grade,
speculative

Spéculatif
Ba1 Not
prime


Non
prime
BB+ B BB+ B BB+ B
Ba2 BB BB BB
Ba3 BB− BB− BB−
Highly
speculative

Très spéculatif
B1 B+ B+ B+
B2 B B B
B3 B− B− B−
Risque élevé Caa1 CCC+ C CCC C CCC C
Ultra spéculatif Caa2 CCC
En défaut, avec
quelques espoirs
de recouvrement
Caa3 CCC−
Ca CC CC CC
C C/CI/R C C
En défaut sélectif SD D RD D D D
En défaut D D

En 1985, l'Arabie saoudite ouvre les vannes du pétrole pour inonder le marché mondial. Un contre-choc succède aux chocs pétroliers de 1973 et 1980. Le pétrole brut s'effondre, l'essence aussi. L'inflation diminue, permettant une progression du cours des obligations américaines et de Wall Street. Le dollar vaut dix francs dès 1985, mais la forte volatilité sur le marché des changes, à peine tempérée par les accords du Plaza puis les accords du Louvre, provoque l'effet inverse à l'automne 1987 : chute du dollar et des obligations. Les rendements obligataires américains passent à 9,50 %[360] fin septembre contre 7 % en janvier. Ce retournement est d'abord ignoré par Wall Street, qui ensuite se réveille en sursaut: c'est le krach d'octobre 1987. La chute du Dow Jones le 19 octobre 1987 (-22,6 %) est la seconde plus importante de l'histoire. Pour remédier aux programmes informatiques vendant automatiquement des actions, des "coupe-circuits" sont créés.

Alan Greenspan, nouveau président de la Réserve fédérale, joue le pompier. Wall Street remonte en 1988, année marquée par une folle spéculation sur les OPA, financées à crédit par des junk bond. Le fonds d'investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co (KKR) utilise le LBO pour acheter le géant agro-alimentaire RJR Nabisco: 30 milliards de dollars, le plus important rachat avec effet de levier jamais réalisé. Mais dès 1989, ce marché paie ses excès : en octobre, le taux d'intérêt moyen des junk bond[361] est à 1 000 points de base (1 point de base = 0,01 %) au-dessus de celui des emprunts d'État américains contre 450 points de base 8 mois plus tôt. En août 1990, la guerre du Golfe fait flamber le pétrole et chuter encore plus les junk bonds, aggravant la crise des Saving and loans, les caisses d'épargne qui en avaient acheté sans bien comprendre leur principe spéculatif. Le « roi des junk bonds », Michael Milken, de la banque américaine Drexel Burnham Lambert, est condamné à dix ans de prison. Il avait inspiré le personnage de Gordon Gekko, joué par Michael Douglas, dans Wall Street, réalisé par Oliver Stone en 1987. Son associé Gary Winnick deviendra célèbre lors du krach boursier de 2001-2002, à l'issue duquel il doit quitter l'opérateur télécoms qu'il a fondé, Global Crossing, basé aux Bermudes et en faillite.

Nasdaq, SEAQ, Easdaq, les premières bourses délocalisées

Façade du NASDAQ, sur Times Square de nuit (New York).

Dans les années 1960, une nouvelle technologie a permis de prendre facilement connaissance d’un très grand nombre de cours boursiers à distance, en connectant un téléphone et un lecteur de bande magnétique. Le produit Telequote, de la société Bunker Ramo, perfectionne le Teleregister des années 1930. Les entreprises Scantlin Electronics et Ultronics Systems lancent des versions encore améliorées: le Quotron et le Stockmaster. La seconde s'allie à l'agence de presse Reuters, pour diffuser un panier de services: cours en temps réels, dépêches d’information, puis bases de données. Reuters, surtout présent en Europe et en Asie, s'en sert pour percer aussi aux États-Unis, lors d'une étape-clé de son histoire. Emerge ainsi une large communauté mondiale d'investisseurs, reliés par l'électronique, ce qui favorise la création en 1971 par l’association des courtiers américains d'une bourse à distance, le Nasdaq. Elle vise les jeunes sociétés misant sur des innovations technologiques pointues.

Le succès du Nasdaq incite la Bourse de Londres à créer à son tour un système électronique. Il est lui réservé aux grandes sociétés déjà cotées dans d'autres pays d'Europe. Baptisé SEAQ international, il sert surtout aux grands investisseurs à échanger des "blocs d’actions" dans la discrétion. Les autres bourses sont concurrencées, en particulier Paris, où existe depuis 1893 un impôt de Bourse. Il est supprimé en 1994 et des marchés de bloc sont créés partout en Europe. Le SEAQ perd alors de l’importance.

Le Nasdaq américain intéresse aussi les spécialistes européens du capital-risque, pour d’autres raisons. Ils créent en 1997 l'EASDAQ, une bourse paneuropéenne électronique réservée aux jeunes sociétés en forte croissance. Plus ces entreprises obtiennent de belles valorisations en Bourse, auprès d’investisseurs les comprenant et les recherchant, plus il est facile de les financer en amont par le capital risque. Le 27 mars 2001, le Nasdaq a racheté 58 % de l'EASDAQ, qui était surtout soutenu par des courtiers de la place de Bruxelles[362].

Les Bourses asiatiques portées par deux systèmes monétaires successifs

La salle des traders en 2007 à Hong Kong

Les bourses asiatiques bénéficient dans les années 1990 d'un afflux massif de capitaux étrangers qui sont protégés par un système de changes semi-fixe puis se retirent, déstabilisant la monnaie puis l'économie des pays d'Asie, et amenant la crise économique asiatique et la fin du système de change fixe. Dès la fin des années 1980, les banques européennes avaient multiplié les sicav et FCP investis en actions japonaises, pour profiter de la bulle financière japonaise, puis pour investir dans le reste de l'Asie. La Bourse de Shangai voit son indice multiplié par douze au premier semestre 1992. À l'automne 1993, Barton Biggs, président de Morgan Stanley Investment Management fait un voyage d'une semaine en Chine, avec une centaine de gérants de fonds d'investissement américains. Au retour, son rapport très optimiste, titré China !, incite à investir sur la plupart des bourses asiatiques [363]. Celle de Hong Kong double en quelques mois. La spéculation s'accentue en 1996 sur les places de Singapour, Djakarta, Bangkok, Manille, Hong Kong, Séoul ou encore Taïwan, souvent assez étroites. La Bourse de Bangkok est la première à craquer début 1997, quand le baht est dévalué. La dévaluation de la roupie indonésienne, du ringgit malais et du peso philippin puis des monnaies de Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong met fin au système de change fixe ou quasi-fixe qui régnait depuis des décennies dans ces pays. Ils entrent en crise en 1998 puis profitent les années suivantes d'un regain d'exportations permis par une monnaie sous-évaluée.

Les deux bulles financières géantes : Nikkeï en 1990, Nasdaq en 2000

Le World Trade Center d'Osaka, symbole des keiretsu
L'indice Nikkei 225 a été divisé par 3,5 en 23 ans.
Indice historique des prix du foncier du Japon (1965-2008).

Tokyo est devenue la première capitalisation au monde[364], à la fin d'années 1980 marquées par une hausse moyenne de 10 % par an des crédits, pour la plupart dans l’immobilier. Le prix des terrains est multiplié par 3 à 4 à Tokyo[365]. Les actions des grandes banques japonaises, très investies dans l'immobilier, montent parallèlement. Entre 1986 et 1990, l’indice Nikkei 225 triple, atteignant 38 151 points le 29 décembre 1989. Les investisseurs étrangers, acquis au miracle économique japonais font monter aussi le yen. Des dizaines de Sicav en actions japonaises sont créées en France. Plusieurs fonds d'investissements spéculatifs, dont celui de l'américain Georges Soros[366], pensent que le krach d'octobre 1987 aura lieu au Japon. Mais c'est seulement qu'après 1990 que les prix de l’immobilier chutent, pendant 15 ans, inspirant le film japonais de science fiction Bubble Fiction: Boom or Bust. Le dégonflement de la Bulle spéculative japonaise est considéré comme la crise financière « la plus profonde du monde contemporain » et celle qui a eu « l’effet récessif le plus marqué »[367]: le Japon cumule ensuite récession et dette publique record. En 22 ans, l’indice Nikkei 225 perd les trois quarts de sa valeur.

L’autre grande bulle boursière alimente les sociétés technologiques de la Silicon Valley américaine des années 1990. Elles profitent de la démocratisation des serveurs Internet, permise par les nouvelles puces d'Intel, dans les petites entreprises. L'un des promoteurs de la gamme Pentium Pro, le constructeur informatique Dell, passe du 7e au 1er rang mondial entre 1996 et 2000, grâce au marché des petits serveurs. Il multiplie son cours de bourse par 400. L'éditeur de logiciels de navigation Internet Netscape, entré en Bourse le 9 août 1996, dépasse rapidement la capitalisation de Delta Airlines.

Le siège d'Intel à Santa Clara, dans la Silicon Valley.

Le mouvement démarre dès 1993, quand « les commandes au secteur high-tech commencèrent à affluer[368] », profitant à l'ensemble de l'économie. Le Dow Jones atteint 6 000 points dès le 14 octobre 1996. C'est de l'« exubérance irrationnelle », commente Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, une formule qu'il affirme avoir élaborée… dans son bain et qui échoue à calmer la spéculation[369]. D'autant que l'économie américaine créé 22 millions d'emplois en huit ans[370], de 1992 à 2000, record jamais égalé, offrant aux entreprises le sentiment que leurs produits bénéficieront d'une demande solvable sur le long terme. L'indice Nasdaq, regroupant plusieurs milliers de sociétés moyennes, est multiplié par cinq entre 1998 et 2000. Il touche un pic de 5 048,62 points le 10 mars 2000. L’indice NASDAQ-100, regroupant la plupart des 100 ténors de l’informatique et des télécoms, parmi lesquels Intel, Microsoft, Oracle et beaucoup d'autres nouveaux fabricants de logiciels et matériels toujours plus pointus pour les startup, a lui progressé de 85 % en 1999. Cet envol se fait malgré une offre importante de nouvelles actions : 1 649 introductions en Bourse entre 1997 et 2000, principalement dans l’informatique, les télécoms et la biotechnologie, représentant 320 milliards de dollars[371]. Résultat, une concurrence de plus en plus vive, en particulier dans les télécoms, où les nouveaux matériels sont parfois cent fois plus puissants et deux fois moins cher. Les réseaux télécoms se multiplient, et leurs prix de vente chutent… avec des dizaines de faillites prévisibles pour ceux qui comme Worldcom ou Enron sont financés essentiellement par de la dette, dans un schéma qui rappelle le krach de 1847 ponctuant la Railway mania des années 1840. Le krach boursier de 2001-2002 inverse la vapeur : le Nasdaq baissera de 40 % en douze ans, pour s’installer sous les 3 000 points.

1997 : la miraculeuse « paix boursière » entre Apple et Microsoft

À l'été 1997, Apple n'est plus très loin de la faillite, après six trimestres consécutifs de pertes, pour un total de 1,5 milliard de dollars[372], malgré un plan social de 3 500 suppressions de postes en 1996[373]. Pour éviter une restructuration supplémentaire, trop pénalisante pour ses clients, le constructeur informatique obtient 150 millions de dollars de son vieux rival Microsoft, sous la forme d'une augmentation de capital, par la création d'actions sans droit de vote. En échange, Apple accepte de mettre fin aux poursuites judiciaires contre Microsoft qu'il accusait de l'avoir copié.

Microsoft s'engage à garder ses actions Apple pendant trois ans et à garantir que sa suite bureautique "Office" sera adapté aux produits Apple pendant les cinq prochaines années. Cette "paix des braves" inclut aussi le renoncement d'Apple au navigateur de Netscape et ainsi à l'alliance avec Sun Microsystems[374], AOL et Netscape, qui en 1997 promettaient de remplacer les PC par des « terminaux bêtes », dont tous les logiciels seraient sur des serveurs sur le réseau internet. La voie est libre pour que peu de temps après la première capitalisation boursière au monde, un honneur qu'Apple décroche à son tour quatorze ans plus tard. Le 9 août 2011, quelques mois après le lancement réussi de l'iPad 2, la capitalisation boursière du constructeur à la pomme atteint 341,5 milliards de dollars[372], dépassant celle du géant pétrolier Exxon, pourtant porté par les niveaux élevé des cours du pétrole. Grâce au succès croissant de l'iPad, ce chiffre va quasiment doubler en un an: le 20 août 2012, Apple bat le record de la plus grande capitalisation boursière de l'histoire boursière, avec 622,10 milliards de dollars, dépassant le précédent sommet, touché par Microsoft, à 620,58 milliards de dollars le 30 décembre 1999[375].

XXIe siècle

Une corrélation accrue entre les grandes bourses depuis 1996

Au fil des siècles les performances des grands marchés boursiers n'ont pas toujours été dépendantes les unes des autres, même si depuis une quinzaine d'années, elles ont eu tendance à évoluer de pair.

1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Cac +29,3 % +37,3 % +51,1 % -0,5 % -22 % -33,8 % +16,1 % +7,4 % +23,4 % +17,5 % +1,3 % -42,7 % +22,3 % -3,3 %
Dow +21,6 % +16,1 % +25,2 % -6,17 % -7,1 % -16,7 % +23,5 % +3,1 % -0,6 % +16,3 % +6,4 % -33,8 % +18,8 % +11 %
Nasdaq +21,6 % +39,6 % +85,6 % -39,3 % -21 % -31,5 % +50 % +8,6 % +1,4 % +9,6 % +9,8 % -40,5 % +43,9 % +16,9 %
SP500 +31 % +26,7 % +19,5 % -10,1 % -13 % -23,4 % +26,4 % +9 % +3 % +13,6 % +3,5 % -38,5 % +23,4 % +12,8 %

Krach de 2001 et 2002 : premières sanctions contre les analystes financiers

Le krach boursier de 2001-2002 sanctionne la fin de la bulle Internet. Le CAC 40 perd la moitié de sa valeur en deux ans : -21,9 % en 2001 et -33,75 % en 2002. D'un record historique à 6 944,77 points le 4 septembre 2000, il s'effondre à 2 401,15 points le 12 mars 2003. Les trois sociétés les plus endettées, France Télécom, Vivendi et Alcatel perdent chacune plus de 90 % sur l'année 2002. Leurs PDG se plaignent des agences de notation. Aux États-Unis, le 2 décembre 2001, le groupe de négoce et d'énergie américain Enron est mis en faillite[376].

Enron basait ses filiale aux îles Cayman

Son PDG Kenneth Lay avait créé plus de 3 000 sociétés offshores dans les îles Caïmans, les Bermudes ou les Bahamas, afin de dissimuler des risques importants de la société mère. L'opérateur télécoms américain WorldCom fait aussi faillite en 2002, en laissant 41 milliards de dollars de dette. Son PDG Bernard Ebbers, responsable de la plus importante fraude comptable de l'histoire américaine, sera condamné le 13 juillet 2005 à 25 ans de prison. L'action WorldCom avait été recommandée avec insistance par Jack Grubman, analyste de la banque Salomon Brothers, qui sera banni de la profession[377]. Pour éviter des poursuites judiciaires, dix grandes banques d'affaires de Wall Street acceptent de signer[378] l'accord amiable d'avril 2003, avec la SEC et[379], l'association des courtiers américains. Il prévoit des dédommagements de 1,4 milliard de dollars pour les victimes des recommandations d'analystes biaisées par des conflits d'intérêt, qui seront bannis de la profession pour dix ans. Parmi eux, Henry Blodget couvrait les sociétés du secteur de l'Internet pour le courtier Merrill Lynch et publiait des recommandations en contradiction avec les mails envoyés à ses amis. L'accord amiable signé sous l'égide de la justice prévoit aussi qu'une partie de la somme doit être consacrée à de l'analyse financière indépendante, produite par des cabinets d'étude se consacrant exclusivement à cette activité.

En France, les analystes se voient reprocher leur soutien excessif à Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi[380], ou d'avoir publié des objectifs de cours de 220 euros[381] pour France Télécom, dont l'action tombe début 2003 à seulement 6 euros, obligeant l’État français à donner 9 milliards d'euros pour faciliter une augmentation de capital de 15 milliards d'euros. La prise de conscience des conflits d'intérêt chez les analystes financiers déclenche celle sur l'indépendance des économistes financiers, cette fois en macroéconomie et sur l'indépendance des rédactions, après les problèmes du quotidien La Tribune.

Les géants de la bourse renoncent aux stock-options

L'impact sur les cours de bourse de la distribution de stock-options aux dirigeants de sociétés déclenche une polémique après les scandales Enron et Worldcom. Leurs détracteurs estiment qu'elles provoquent un gonflement artificiel des cours, à très court terme, suivi ensuite par une affaiblissement lorsque les promesses de forte rentabilité deviennent intenables. Selon une étude du cabinet William M. Mercer, elles représentaient la moitié des rémunérations des patrons américains en 2000[382] et des plus-values de 2,5 milliards de dollars pour la seule action Enron. Son patron Kenneth Lay engrange à lui seul 123 millions de dollars, selon la Securities and Exchange Commission, en 2001, l'année d'une pénurie d'énergie en Californie[383] orchestrée par un cartel de sociétés. Dès l'année 2000, l'espagnol Juan Villalonga se voit bouter hors de la présidence de Telefonica par ses grands actionnaires, BBVA, La Caixa, des fonds d'investissement américains et son ancien ami d'enfance, José Maria Aznar, qui lui ont demandé de renoncer à son plan de stock-options[384].

Bill Gates annonce la fin des stock-options en 2003

Le premier à s'adapter, en septembre 2003, en pleine crise boursière, est Microsoft[385], première capitalisation mondiale, qui abandonne aussi les stock-options. Les deux cofondateurs, Steve Ballmer et Bill Gates n'en détenaient pas. En Allemagne, Deutsche Telekom et DaimlerChrysler annoncent successivement en mars et avril 2004 leur abandon des stock-options. Jürgen Schrempp, le patron de DaimlerChrysler, estime que la suppression de ce système pour ses 6000 principaux cadres[386] favorisera un développement plus durable de l'entreprise. Puis c'est Shell, première entreprise britannique, qui décide en mars 2005 que le salaire des dirigeants dépendra désormais de la performance par rapport aux concurrents et plus des stock-options[387].

Les entreprises françaises suivent le même chemin, mais plus tard. Louis Gallois, le président d'EADS dénonce à son tour un "système contestable qui s'apparente à une loterie". Il décide en octobre 2007 de les remplacer par des actions gratuites, peu après le scandale boursier EADS[388]. Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet juge à son tour en 2011 que les scandales à répétitions, chez Axa, Elf ou encore Vinci, ont rendu le système des stock-options trop impopulaire. Il décide qu'elles seront remplacées par des actions gratuites, pour quelques 8500 cadres[389].

Entre-temps, le premier ministre François Fillon a décidé début 2009 que l'attribution de stock-options et d'actions gratuites sera interdite dans les grandes banques et les constructeurs automobiles aidés par l'État[390], tandis qu'au parti socialiste, le futur président de la République François Hollande estime qu'elles "n'ont aucune légitimité", sauf "pour les entreprises qui naissent"[391]. En février 2012, l'arrêt total du système de stock-options chez L'Oréal, pour tous les salariés, est décidé par Jean-Paul Agon, qui annonce aussi "renoncer à la moitié des stock-options qui (lui) ont été attribuées en 2010"[392]."

Google en 2004, la première introduction en Bourse « consumériste »

Le moteur de recherche Google n'a que cinq ans d'existence et un chiffre d'affaires de 1,46 milliards de dollars lors de son entrée sur le Nasdaq américain en mai 2004. Il choisit un système d'enchères inédit, permettant de réduire de 5,5 à 1,5 % les commissions perçues par les banques d'affaires, dans une démarche « consumériste ». Placée au prix de 80 $, l'action valait 250 $ un an plus tard, et 700 $ sept ans après. En août 2005, Google décide l'une des plus grandes augmentations de capital de l'histoire: 4,2 milliards de dollars, alors qu'émergent les projets de numérisation des fonds documentaires des universités d'Harvard, Stanford ou Oxford[393]. Google utilise cet argent pour ses activités de recherche et développement et pour dépasser le nombre d'un million de serveurs informatiques en juin 2007 contre 400 000 l'année précédente, en 2006[394]. Cet effort financier des actionnaires lui permet de creuser l'écart avec son concurrent Yahoo. Jusque là, les augmentations de capital de cette taille étaient essentiellement utilisées pour des refinancements, permettant de se désendetter, ou des acquisitions de sociétés.

Répartition des utilisateurs de Facebook suivant leur âge

Après avoir pris le dessus sur son rival Yahoo, même aux États-Unis dans le fief de ce dernier, Google doit à son tour affronter un nouveau concurrent redoutable et très bien financé. Le 17 mai 2012, Facebook lance la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire des valeurs technologiques, tant en levée de fonds qu'en capitalisation boursière[395], et au second rang historique pour l'ensemble des États-Unis derrière Visa, avec une valorisation de 104 milliards de dollars[396], supérieure à celle qu'avait obtenue Google en 2004. Facebook a lui aussi réduit les frais payés aux banques, selon la société de capital-risque Trinity Ventures, en versant seulement 1 % du montant de l'opération[397]. L'action Facebook perd ensuite la moitié de sa valeur en trois mois.

La résurrection d'Eurotunnel, grâce à la patience des petits actionnaires

Le tribunal de commerce a donné en 2007 une seconde vie à Eurotunnel, en effaçant la moitié de sa dette, vingt ans après le début du percement du Tunnel sous la Manche. Le 6 novembre 1987, une publicité financière vantait aux futurs actionnaires individuels la perspective de 30 millions de voyageurs par an. À l'ouverture du tunnel, après sept ans de chantier, ce sera trois à quatre fois fois moins : huit à dix millions de voyageurs par an. Cotée en Bourse à Paris et à Londres, Eurotunnel a aussi échoué à contrôler le coût de son investissement initial: 12,5 milliards d'euros en tout (matériel roulant inclus), soit 80 % de plus que les 7,5 milliards d'euros promis au départ. Ce dérapage des coûts, malgré la forte médiatisation du chantier, laisse les 730 000 actionnaires individuels impuissants. Ils sont majoritaires dans le capital, mais la direction ne les écoute pas.

Coupe du tunnel sous la Mer Manche montrant les couches géologiques traversées
Eurotunnel au niveau a trois tunnel, dont un de service au milieu, reliés par des rameaux de communications tous les 375 m), ce qui l'a protégé lors des incendies.

Même si la fréquentation est beaucoup moins importante que prévu, le Tunnel sous la Manche parviendra rapidement à dégager une marge de presque 40 % de son chiffre d'affaires: 375 millions d'euros d'excédent brut d'exploitation chaque année en moyenne entre 2009 et 2012. C'est environ 3 % du coût industriel du tunnel (percement et matériel roulant), soit un rendement supérieur à l'inflation. La société avait promis une rentabilité des capitaux propres de 15 %, en choisissant un financement pauvre en capitaux propres, pour faire jouer l'effet de levier du crédit. La sous-capitalisation s'est traduite par un effet de massue, la dette faisant progressivement boule de neige. Les capitaux propres ne représentent que 1,17 milliard d'euros en 1987 lors de l'augmentation de capital constitutive, alors que le coût prévu du percement du tunnel est six fois plus élevé. L'espoir d'une exceptionnelle rentabilité des capitaux propres entraîne un quadruplement de l'action en un an et demi. Placée à 35 F (7,89 €2007), elle atteint son record le 30 mai 1989 à 128 F (27,11 €2007)[398], avant d'être divisée par quinze.

D'autres augmentations de capital sont décidées, mais trop tard, à des cours très bas, obligeant à multiplier le nombre d'actions, et pour des montants insuffisants: 870 millions d'euros en novembre 1990 puis 1,07 milliard en mai 1994. La sous-capitalisation persiste. En 2003, la société croule toujours sous neuf milliards d'euros de dette, coûtant 500 millions d'euros d'intérêts par an, soit 60 % de son chiffre d'affaires. Pour espérer rembourser, elle fixe des prix de vente élevés, qui affaiblissent sa part de marché : 46 % pour les voitures et 38 % pour les camions, qui préfèrent les compagnies de ferries[399]. L'action fluctue entre 0,4 euro et 0,8 euro pendant dix ans. Une première révolte des petits actionnaires échoue en 1996, sur fond de divisions. Mais le 7 avril 2004, Jacques Maillot est élu PDG d'Eurotunnel lors d'une assemblée générale fiévreuse. Il a renversé la direction, avec le patron de presse Nicolas Miguet. En 2006, la société se place sous la protection de la justice, faute d'accord avec ses créanciers. Le tribunal annule la moitié de la dette. L'autre moitié est reprise par une nouvelle société, qui a les mêmes actionnaires: la plupart souscrivent à son augmentation de capital constitutive. Trois ans après, Eurotunnel verse son premier dividende[400], symboliquement très modeste, 4 centimes par action pour 2009. Depuis, c'est l'une des rares sociétés où l'Association de défense des actionnaires minoritaires de Colette Neuville est accueillie au conseil d'administration. Symbole de cette résurrection, Eurotunnel rachète au printemps 2012, pour 65 millions d’euros, trois bateaux et 120 salariés sur 500 de SeaFrance, la plus petite et la plus mal gérée des compagnies de ferries.

Le cas Général Motors

General Motors a vécu à l'été 2009 le même destin qu'Eurotunnel: créanciers et actionnaires évincés par les tribunaux, dette annulée et création d'un "Nouveau GM", quarante fois moins endetté, qui réussit en 2010 une introduction en Bourse de 23 milliards de dollars[401]. Après avoir pris 61 % du capital à l'automne 2009, l'état américain revient à 26 % lors de l'introduction en Bourse[402] de 2010. Les ventes sur le marché américain sont reparties dès le début de 2010, six mois le rachat par l'État. Dès 2011, elles représentent 25 % de plus qu'en 2008.

Année 1999 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Le nombre de voitures vendues aux États-Unis par General Motors s'est effondré entre 2004 et 2009[403] 5 millions 4,9 millions 4,9 millions 4,8 millions 4,7 millions 4,5 millions 4,1 millions 3,8 millions 3 millions 2,08 millions 2,2 millions 2,5 millions 3,1 millions

GM revient de loin: ses ventes de voitures aux États-Unis étaient passées de 5 à 2 millions entre 2000 et 2009. Cette "décennie perdue" de l'ex-premier constructeur mondial a contribué au vieillissement du parc automobile américain: l'âge moyen d'une voiture américaine atteint un record de 11,2 ans en 2011 contre 8,4 en 1995[404].

Les quinze années de vieillissement du parc automobile américain 1995 2000 2005 2011
L'âge moyen des voitures circulant aux États-Unis a augmenté de 3 ans 8,4 ans 9,1 ans 10 ans 11,2 ans
Concessionnaire Pontiac dans l'Oklahoma, avant-guerre. La plus importante des marques cédées en 2009 ne produisait plus que 169 000 véhicules.

La violente crise économique de l'hiver 2008-2009 voit les crédits autos divisés par six en trois mois aux États-Unis. Mais chez GM, elle est précédée par des désinvestissements massifs, qui commencent dès 2005. Les actionnaires, mais aussi les créanciers, refusent l'indispensable augmentation de capital pendant des années. Du coup, ils vont tout perdre. En 2005, GM verse encore un dividende de 2 dollars par action, aussi élevé que celui du haut de cycle en 2000[405].[406]. L'agence Standard & Poor's juge pourtant la dette de 292 milliards de dollars[407] beaucoup trop élevée: elle la place dans la catégorie "obligation pourrie". Cinq mois plus tard, en octobre, GM parvient à contourner la loi américaine sur les faillites en cédant 51 % de sa société de crédit GMAC au fonds de LBO Cerberus. Mais le groupe refuse d'augmenter ses capitaux propres, préférant supprimer 105 000 emplois entre 2004 et 2008, pour tenter se désendetter : les effectifs mondiaux tombent à 235 000 en 2008[408] contre 340 000 en 2004[409].

La conséquence est une forte baisse des ventes, mais aussi des bénéfices. En 2007[410], la part du marché américain chute à 23 % contre 28 % en 2003[411]. Cette année-là, la dette fait boule de neige, représentant neuf fois les capitaux propres[412], selon Standard & Poor's. L'effet de levier financier recherché par certains actionnaires devient un effet de massue. Le dividende n'est « suspendu » qu'en août 2008[413].

En décembre 2008, l'État prête d'urgence 17 milliards de dollars sous conditions: rémunération des dirigeants limitée et promesse de réduire la dette des deux-tiers, en la transformant en capitaux propres[414]. GM propose aussi de supprimer 20 000 emplois en trois ans. Le groupe n'employait déjà plus que 235 000 personnes[415]: il avait déjà supprimé 111 000 emplois dans le monde, le tiers de ses effectifs, entre 2005 et 2008. GM promet en particulier de vendre cinq de ses marques: Pontiac, Saturn, Hummer, Saab et Opel. Les quatre premières sont en réalité de toute petite taille et ne représentent à elles quatre que 0,27 millions de véhicules, soit 3 % des ventes de GM.

Les 4 marques que GM a dû céder après l'été 2009 Pontiac Saturn Saab Hummer
Véhicules vendus par ces 4 marques en 2009 169 890[416] 67 576[416] 20 800[417] 9 046[418]

La seule grande marque des cinq est l'allemande Opel, qui a vendu 1,93 millions[419] de véhicules dans le monde en 2008, soit huit fois plus que les quatre autres réunies. Elle sera en réalité conservée, GM décidant de ne plus la vendre quelques mois après sa mise en vente. Le groupe canadien Magna International[420] est approché mais GM se rétracte en fin d'année[421].

Entre-temps, le 30 décembre 2008, GM reconnaît rater chaque mois 45 000 à 60 000 ventes de voitures sur le marché américain, à cause de la sous-capitalisation de sa filiale de crédit GMAC, dont l'État prend 18 %, pour 5 milliards de dollars, premier pas vers la nationalisation, en prenant argument que le fonds de LBO Cerberus a échoué à convaincre les créanciers de convertir leur dette en actions[422]. l'État décide qu'il n'aura plus que 15 % des droits de vote[423].

Année fin 2003 fin 2008 Variation 2003-2008 fin 2012 Variation 2008-2012
Effectifs 340 000[424] 235 000[408] moins 115 000 215 000 (prévision) moins 20 000
Chiffre d'affaires 193 517 milliards 148 979 milliards moins 55 milliards 153,3 milliards (prévision) plus 5 milliards
Dette 288 milliards '175 milliards moins 113 milliards 5 milliards moins 170 milliards
Fonds propres 6 milliards négatifs de 39 milliards Anéantis 60 milliards (nouvelle société) plus 95 milliards

En mars 2009, Barack Obama entre à la Maison-Blanche et demande au PDG de GM Rick Wagoner de passer la main à Fritz Henderson[425]. GM se place le 1er juin 2009 sous la protection de la loi américaine sur les faillites. La dette est convertie, à prix extrêmement bas, en actions d'une nouvelle société: le "Nouveau GM", doté de 60 milliards de dollars de capitaux propres. Washington en apporte 61 %, Toronto 12 %, le fonds de couverture médicale du syndicat automobile UAW 17 % et les ex-créanciers 10 %[426],[427].

Cette fois désendetté, avec seulement 5 milliards de dollars de crédits long-terme et une charge d'intérêt divisée par dix[428], GM regagne des parts de marché aux États-Unis[429] redevient leader mondial en 2011. En conservant sa filiale Opel et en bénéficiant d'un fort rebond de sa production, le constructeur a en réalité augmenté ses effectifs après l'intervention de l'État, entre 2009 et 2012.

Les nouveaux géants boursiers russes et chinois

Une station d'essence Petrochina dans la région du Xianjiang

Le sidérurgiste indien Mittal créé la surprise, le 28 janvier 2006, par une offre publique d'achat hostile sur le leader mondial de l’acier Arcelor, pour 18,6 milliards d'euros[430]. Arcelor se défend, mettant en avant ses 17,6 milliards d'euros de capitaux propres. Il fait échec à l'OPA. Mais Mittal relève cinq mois après son offre de 44 % et l’emporte. C’est la onzième acquisition en dix ans pour Lakshmi Mittal, actionnaire à 88 % de Mittal et 6e homme le plus riche du monde. Revers de la médaille, cette pyramide d’acquisition, réalisée dans de nombreux pays d'Europe de l'Est, a généré une dette nette de 22 milliards de dollars, notée en catégorie spéculative par l'agence Standard & Poor's[431]. Autre coup de tonnerre, en novembre 2007, l'introduction en Bourse de Shanghai de 2,2 % du capital de Petrochina. Le cours flambe de 163 % en un jour, lui donnant une capitalisation boursière de 1004 milliards de dollars. C'est plus que le leader mondial ExxonMobil ! L’américain affiche pourtant un chiffre d'affaires quatre fois plus élevé : 365 milliards de dollars contre 92 milliards de dollars. La valeur de Petrochina représente 50 fois ses bénéfices attendus, contre 10 fois pour les géants du secteur. Ces chiffres ne peuvent qu'étonner, pointe alors le Financial Times dans sa Lex Column[432]. Un an et demi après, Petrochina ne vaut plus que 336 milliards de dollars, trois fois moins[433]. Malgré cette correction attendue, le prix élevé de l'action reflète les espoirs des investisseurs sur la croissance de la Chine. Le phénomène n’a rien d’une mode : en 2010, les deux premières banques au monde par la capitalisation boursière sont toujours chinoises[434].

Gazoducs russes vers l'Europe (existants, en construction ou en projet)

La spéculation sur la croissance profite à d’autres grandes ex-sociétés publiques du club des cinq superpuissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Une semaine avant l'Élection présidentielle brésilienne de 2010, le groupe public Petrobras réussit à Wall Street une augmentation de capital de 70 milliards de dollars, la plus grande de l’histoire. Sa capitalisation boursière atteint 146 milliards de dollars, la deuxième du secteur pétrolier derrière l’inoxydable ExxonMobil, qui était déjà aux premières places du palmarès en 1975[435] et en 1985. Petrobras affiche il est vrai de sérieux projets : 224 milliards de dollars d’investissements d'ici à 2014, pour les gigantesques gisements de pétrole découverts en 2007 jusqu'à 7 000 mètres de profondeur, sous une épaisse couche de sel. Petrobras prévoit de doubler sa production, à 5,4 millions de barils par jour (mbj) en 2020, contre 2,6 mbj en 2010.

Le russe Gazprom est devenu lui première capitalisation boursière européenne dès 2006[435]. Mais comme Mittal, il souffre de voir sa dette notée dans la catégorie spéculative par l’agence de notation Fitch Ratings. L'empire Gazprom contrôle un quart des réserves mondiales de gaz et pèse 8 % du PIB russe. Bâti sur des "structures de production datant de l'époque soviétique", il est « mal organisé, sous la coupe des politiques et corrompu » affirme une note diplomatique américaine obtenue par WikiLeaks et rapportée par le magazine allemand Der Spiegel. Autre géant russe, le nouveau leader mondial de l'aluminium Rusal, du milliardaire Oleg Deripaska, est également mal vu en raison d’une lourde dette : 15 milliards de dollars. Il abandonne un tiers de sa valeur dans les trois semaines qui suivent son introduction en bourse de janvier 2010, à Hong Kong[436]. "La plupart des gestionnaires de fonds n'aiment pas ce titre. Le ratio de levier est très élevé » confie à Reuters un financier. Pour que Rusal puisse respecter les conditions attachées aux refinancement de sa dette, le cours de l'aluminium doit rester élevé, à plus de 2 400 dollars la tonne, selon les analystes de BOC International[437].

Les entreprises cotées réduisent leurs capitaux propres

Dans les années 2000, de nombreuses entreprises tentent de faire monter leurs action, à court terme, en augmentant la rentabilité des capitaux propres par la réduction de ces capitaux propres, via des rachats d'actions, des dividendes supérieurs aux bénéfices ou les fusions et acquisitions à crédit. C'est la méthode de l'effet de levier, défini comme la différence entre la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité économique[438]. Revers de la médaille, la sous-capitalisation qui en résulte se traduit souvent par un effet de massue. Cette politique a pour effet d'augmenter également la volatilité de la rentabilité, et donc du cours de bourse, permettant des gains de court terme aux initiés.

Une étude a montré de manière empirique que leurs dirigeants d'entreprise privilégient les émissions de dette quand ils ont une vision optimiste des perspectives de leur entreprise, car ils connaissent le potentiel d’appréciation de l'action[439]. Inversement, en cas de vision pessimiste, ils préfèrent augmenter les capitaux propres. En France, la période 1987-1994 est marquée par une hausse très nette du taux de capitaux propres jusqu’en 1994, puis une baisse[440]. Par ailleurs, le droit fiscal a commencé à étudier le recours à l’emprunt au détriment de l’augmentation de capital, car il génère des des flux de taux d’intérêt vers des pays à fiscalité privilégiée, ce qui a rapproché les enjeux de la sous-capitalisation de ceux des déplacements de bénéfices vers l’étranger[441].

L’approche par les « capitaux propres en risque » permet au contraire une prévention des difficultés des entreprises. Les capitaux propres permettent d’absorber les pertes, en cas d’accident de parcours, et de protéger les créanciers, contribuant ainsi à une croissance durable. En cas de fusions et acquisitions à crédit, les créanciers calculent un plafond d'endettement, en principe égal 0,5 : le montant des fonds empruntés à moyen et long terme ne doit pas excéder le montant des capitaux propres[442] et donc la moitié du passif. Les règles financières veulent par ailleurs que les industries très cycliques[443] comme l'acier se contentent d'un endettement « faible, voire négatif »[443], pour limiter l'effet de levier.

Les crises des années 2007 à 2011, un goût de 1873

La crise financière de 2007-2010, causée par l'engagement de banques européennes et américaines dans les rehausseurs de crédit ayant financé les Subprimes, s'est prolongée par la crise de la dette dans la zone euro puis le krach boursier de juillet et août 2011.

Taux directeurs de la BCE (rouge) et de la FED (bleu)

Dès le début 2007, plusieurs sociétés de crédit américaine font faillite, car leurs clients peinent à rembourser des prêts à l'habitat. C'est la crise des subprimes. Les grandes banques américaines et européennes sont touchées à leur tour. Le remboursement des crédit hypothécaire était garanti par la valeur des maisons : les familles ayant emprunté doivent quitter leurs logements qui sont vendus. Mais la valeur des maisons ayant chuté, les créanciers ne parviennent pas à se rembourser. Les agences de notation sont critiquées pour leur complaisance avec les réhausseurs de crédit, des sociétés créées de toute pièce pour masquer le risque des crédits subprime, en mélangeant les obligations de crédit hypothécaire avec des obligations d’État. En 2008, la crise des subprimes s'étend.

Réhausseurs de crédit au début 2008 Ambac ACA MBIA XLCA FGIC CIFG FSA
Exposition nette aux CDO d'ABS, en dollars 29,2 mds 22,4 mds 17,3 mds 16,1 mds 10,3 mds 9,4 mds 0,4 mds

Les actions des banques s'effondrent en Europe aussi. L'une d'entre elles, Lehman Brothers, tombe en faillite le 15 septembre 2008. En France, l'indice CAC 40 a connu en 2008 la pire année de son histoire : il a chuté de 42,68 %, anticipant la récession mondiale qui a eu lieu l'année suivante, en 2009, causée par la crise bancaire et financière de l'automne 2008. Après une reprise de 22,3 % du CAC 40 en 2009, suivie d'un rebond partiel de la croissance économique en 2010, une nouvelle crise boursière démarre en juillet et août 2011. Les investisseurs craignent que l'économie mondiale entre à nouveau en récession en 2011, après seulement une année de croissance économique.

Krach boursier de l'été 2011 et performance record des obligations

Georges Soros, investisseur avisé

Le krach de l'été 2011 voit le CAC 40 perdre un quart de sa valeur entre le 30 juin et le 19 août alors que la reprise économique mondiale semblait pourtant bien enclenchée depuis un an. La crainte de la voir s'essouffler est déclenchée par des statistiques économiques mitigées, puis les tours de vis budgétaires peu à peu envisagés en Italie, Espagne, Royaume-Uni et France. Paradoxalement effectués en réaction à la baisse des bourses, ils ne font que l'aggraver, même s'ils offrent un sursis aux actions des banques. Celles-ci sont menacées d'une dégradation par l'agence de notation Moody's en raison de leur sous-capitalisation, alors que leur notation, déjà faible, est l'une ces causes du krach de l'été 2011. L'action Dexia baisse pendant tout l'été, puis tombe le 4 octobre à 0,97 euros[444], alors qu'elle valait encore 24,5 euros en mai 2007. Pour rendre les établissements de crédit plus solides, l'investisseur Georges Soros estime qu'ils ont besoin de plus de capitaux propres, car ils « sont trop fragiles (…) sous-capitalisés et détiennent beaucoup de titres de dettes européennes, jusqu'ici considérés comme des produits sans risque. En particulier concernant les titres espagnols et italiens. Il faut lever ce risque avec des euro-obligations et recapitaliser les banques », explique-t-il dans un entretien au Monde[445]. Le FMI tient le même discours dès l'automne, Christine Lagarde étant devenue sa première directrice générale le 5 juillet 2011. Mais pour se recapitaliser, les banques doivent créer de nouvelles actions, ce qui risque de faire baisser leurs bénéfices par action : la réglementation bancaire ne changera pas.

Les actions chutent, mais les marchés obligataires s'envolent : la valeur des créances sur les États français, allemands et américains ne cesse de progresser, ce qui entraîne une très forte baisse des taux d'intérêt à long terme.

Pays France Allemagne Italie Espagne Grèce États-Unis
7 avril 3,75 % 3,42 % 4,83 % 5,22 % 12,72 % 3,56 %
18 juillet 3,36 % 2,64 % 5,95 % 6,29 % 17,68 % 2,91 %
2 août 3,16 % 2,41 % 6,15 % 6,26 % 14,45 % 2,64 %
9 septembre 2,42 % 1,69 % 5,46 % 5,33 % 21,40 % 1,92 %
22 avril 2013[446] 1,70[447] % 1,23 % 3,97 % 4,49 % 11,37 % 1,67 %

En seulement cinq mois, du 7 avril 2011 au 9 septembre 2011, le rendement des obligations américaines à dix ans a été divisé par deux, passant de 3,75 % à 1,89 %. Même succès en Allemagne: il passe de 3,36 % le 7 avril à 1,69 % le 9 septembre. Cette chute signifie que le cours des emprunts d’État a doublé aux États-Unis comme en Allemagne, en seulement cinq mois, une performance jamais égalée dans l'histoire des marchés obligataires. En France, le taux d'intérêt à 10 ans avait atteint son maximum historique lors du second choc pétrolier, à 17 %[448], avec un pic à 17 %, avant de baisser régulièrement. Dès 2010, le taux d'intérêt réel, passé sous les 2 %, était inférieur des deux-tiers à sa moyenne des années 1990.

Année[449] 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 Moyenne années 80
Taux 10 ans (fr) 17,4% 14,8% 14,4% 13,4% 11,9% 9,2% 9,9% 8,6% 9,3% 10,0% 11,9%
Indice prix[450] 13,4% 11,8% 9,6% 7,4% 5,8% 2,7% 3,1% 2,7% 3,6% 3,4% 6,6%
Taux 10 ans réel 4,0% 3,0% 4,8% 6,0% 6,1% 6,5% 6,8% 5,9% 5,7% 6,6% 5,5%


Année[451] 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 Moyenne années 90
Taux 10 ans (fr) 8,6% 8,1% 5,6% 8,3% 6,6% 5,8% 5,3% 3,9% 5,5% 5% 6,3%
Indice prix[452] 3,2% 2,4% 2,1% 1,6% 1,8% 2,0% 1,2% 0,7% 0,5% 1,7% 1,7%
Taux 10 ans réel 5,4% 6,1% 3,5% 6,7% 4,8% 3,8% 4,1% 3,2% 5% 3,3% 4,6%
Année[453] 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Moyenne années 2000 2011 2012
Taux 10 ans (fr) 5% 4,3% 4,3% 3,7% 3,3% 4% 4,4% 3,4% 3,6% 3,4% 3,9% 3,2% 2,2%
Indice prix[454] 1,7% 2,1% 1,9% 2,1% 1,8% 1,6% 1,5% 2,8% 0,1% 1,5% 1,7% 2,1% 2,0%
Taux 10 ans réel 3,3% 2,2% 2,4% 1,6% 1,5% 2,4% 2,9% 0,6% 3,5% 1,9% 2,2% 1,1% 0,2%

Privatisées et fusionnées, les bourses sont les perdantes de la réforme européenne de 2007

La Palazzo mezzanotte, à Milan

Souvent dotées d'un statut mutualiste, associatif ou public, les Bourses se privatisent dans les années 2000, devenant elle-même des entreprises cotées très rentables, avant de se racheter les unes les autres. En septembre 2000, la Bourse de Paris fusionne avec Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne pour créer Euronext, puis achète la Bourse des produits dérivés de Londres, le LIFFE avant de fusionner en avril 2007 avec le New York Stock Exchange pour créer NYSE Euronext[455]. En mai 2007, le Nasdaq acquiert le suédois OMX, et ses 7 places scandinaves et baltes : Stockholm, Copenhague, Helsinki, Reykjavik, Tallinn, Riga et Vilnius[456], puis en juin 2007, le London Stock Exchange rachète la Borsa Italiana. Au Canada, la Bourse de Toronto rachète celle de Montréal en décembre 2007 pour former le Groupe TMX[457]. Certains projets échouent, comme en octobre 2010 celui de Singapour et Sydney. En février 2011, Deutsche Börse et NYSE Euronext annoncent des négociations qui n'aboutissent pas.

La Bourse de Francfort

Parallèlement, la centralisation des ordres est supprimée par la directive concernant les marchés d’instruments financiers entrée en application le 1er novembre 2007 dans le cadre du plan d’action des services financiers 2005-2010 de la Commission européenne, adopté sous l'influence des quelques grandes banques et piloté par Alexandre Lamfalussy. La directive libéralise la concurrence entre les marchés réglementés et les Systèmes multilatéraux de négociation, qui obtiennent le droit de se passer d’un carnet d'ordres centralisé. Elle a réduit les capacités de surveillance des marchés et de connaissance des ordres. En 2010, moins de la moitié d’entre-eux passent par un marché réglementé[458]. En septembre 2008, neuf grandes banques, parmi lesquelles BNP Paribas, Citigroup et Morgan Stanley, lancent "Turquoise", le premier dark pool européen. Le tarif moyen d'une transaction sur un marché réglementé a baissé de 20 % à 40 %, selon une étude Oxera-Commission européenne publiée en juillet 2009, mais le coût global d'un même ordre, désormais fragmenté, n'a pas diminué car sa taille moyenne a été divisée par trois en deux ans, selon Bertrand Patillet, directeur général adjoint de CA Cheuvreux[459]. Dans un avis d'octobre 2009, l'Autorité des marchés financiers déplore ne plus avoir les moyens de savoir ce qui se trame dans ces « bourses noires »[460]. L'opacité des dark pools, qui permettent de rester anonyme, est également critiquée par les pays du G20 lors de la crise de 2008, ce qui amène la Commission européenne à réformer à l’automne 2012 sa directive concernant les marchés d’instruments financiers de 2007[461].

Références

  1. Dictionnaire universel de France, par Robert de Hesseln, 1771
  2. Critique de La Révolution industrielle du Moyen Âge, de Jean Gimpel
  3. La première société par actions française: « La Société des moulins du Bazacle »
  4. Doris Stöckly, Le Système de l'Incanto des galées du marché à Venise (fin XIIIe-milieu XVe siècle, Brill, 1995, 434 p., (ISBN 9004100024) Google Books
  5. Louis XIV face à l'Europe du Nord : l'absolutisme vaincu par les libertés, page 17, par Hervé Hasquin
  6. D'autres berceaux de la Bourse également cités sont le Portugal, l'Italie et l'Espagne (cf. Pierre-André Julien, Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Presse de l'Université du Québec, coll. « Entrepreneuriat & PME », 2005 (ISBN 2760513297) [lire en ligne] [présentation en ligne], p. 322 )
  7. cf. Joseph Antoine, Marie-Claire Capiau-Huart, H. Olivier et H. Carpentier, Titres et Bourse, vol. 1 : Valeurs mobilières, De Boeck Université, coll. « Comptabilité, Contrôle & Finance », 1997 (ISBN 2804123456)(ISSN 13730150) [lire en ligne] [présentation en ligne], p. 22 
  8. À la Bourse. Histoire du marché des valeurs en Belgique de 1300 à 1990, sous la direction de Geert De Clercq
  9. « La Bourse : de Ter Buerse à Wall Street »
  10. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le Temps du Monde, par Fernand Braudel, page 171, Le Livre de poche
  11. Braudel, op.cit. p. 178
  12. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 26
  13. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 125
  14. Histoire de la Bourse de Paris, de 1250 à 1900, sur Edubourse.com
  15. Banque et pouvoir au XVIe siècle : la surintendance des finances d'Albisse Del Bene, par Marie-Noëlle Baudouin-Matuszek et Pavel Ouvarov, page 252
  16. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le temps du Monde, par Fernand Braudel, page 398, Le Livre de poche
  17. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le temps du Monde, par Fernand Braudel, page 180, Le Livre de poche
  18. "Bibliothèque de l'École des Chartes (Paris) Librairie Droz, page 275
  19. "Bibliothèque de l'École des Chartes (Paris) Librairie Droz, page 269
  20. a et b Kostolany, p. 92
  21. "Bibliothèque de l'École des Chartes (Paris) Librairie Droz, page 279
  22. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 93
  23. "Bibliothèque de l'École des Chartes (Paris) Librairie Droz, page 280
  24. Angleterre, volume 2, par Léon Galibert et Clément Pellé, page 267
  25. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, par Fernand Braudel, pages 439
  26. Kostolany, p. 108
  27. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany
  28. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le Temps du Monde, par Fernand Braudel, page 261, Le Livre de poche
  29. Au cours actuel de 3 600 euros, 64 tonnes d'or représentent 2,4 milliards d'euros
  30. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le Temps du Monde', par Fernand Braudel, page 251, Le Livre de poche
  31. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le temps du Monde, par Fernand Braudel, page 247, Le Livre de poche
  32. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le temps du Monde, par Fernand Braudel, page 253, Le Livre de poche
  33. Louis XIV face à l'Europe du Nord : l'absolutisme vaincu par les libertés, par Hervé Hasquin, page 27
  34. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le temps du Monde, par Fernand Braudel, page 264, Le Livre de poche
  35. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, volume 3 - Le Temps du Monde, par Fernand Braudel, page 263, Le Livre de poche
  36. a, b, c et d "Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France", par Louis Alexandre Expilly 1768 [1]
  37. Histoire de la Bourse d'Amsterdam sur le site officiel d'Euronext
  38. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 106
  39. Histoire des juifs portugais, par Carsten Wilke, page 195
  40. a, b, c et d Histoire du franc, 1360-2002, par Georges Valance, Paris, Champs Flammarion, 1998, page 71
  41. "Colbert, La Politique du bon sens", Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 357
  42. Le Siècle de Louis XIV, par Pierre Goubert, page 120
  43. De l'administration des finances de la France, volume 1, par Jacques Necker
  44. Histoire du franc, 1360-2002, par Georges Valance, Paris, Champs Flammarion, 1998, page 99
  45. Recueil Des Cours, volume 23 (1928/III, Académie de droit international de La Haye, page 245
  46. http://books.google.fr/books?id=jz1_hFntKKkC&pg=PA323&dq=%22customs+and+excise%22+indies+sugar&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=DDDrScLzNIbUM5_t2J4B#PPA30,M1
  47. The Ingenious M. Dummer: Rationalizing the Royal Navy in Late Seventeenth-Century England, par Celina Fox
  48. http://www.bl.uk/eblj/2007articles/pdf/ebljarticle102007.pdf
  49. La France au XVIIIe, par Olivier Chaline, Belin Sup, page 290
  50. Customs and excise: trade, production, and consumption in England, 1640-1845, par William J. Ashworth, page 342
  51. Histoire de l'Angleterre des origines à nos jours, par Philippe Chassaigne, page 180
  52. Civilisation matérielle, économie et capitalisme. Volume 3 Le Temps du Monde, par Fernand Braudel, page 761
  53. "Views in Edinburgh and its vicinity", Volume 1
  54. "The Rise of Economic Societies in the Eighteenth Century" par Koen Stapelbroek et Jani Marjane, page 39 [2]
  55. A History of Scotland, par J. D. Mackie et B. Lenman and G. Parker, (London: Penguin, 1991), page 296.
  56. Il y consacre trois chapitres, dans Louis XIV et son temps
  57. Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis, par Athanase Cucheval-Clarigny, page 32
  58. From strangers to citizens : the integration of immigrant communities in Britain, Ireland, and colonial America, 1550-1750, par Randolph Vigne, Charles Littleton
  59. The Guardian, par John Calhoun Stephens, Sir Richard Steele, et Joseph Addison, page 667
  60. The public prints: the newspaper in Anglo-American culture, 1665-1740 Par Charles E. Clark? PAGE 42
  61. Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis, par Athanase Cucheval-Clarigny, page 233
  62. http://www.information-britain.co.uk/famdates.php?id=501
  63. Ces messieurs de Saint-Malo, par Alain Simiot
  64. Soit entre 25 et 50 milliards d'euros.
  65. L'Économie française au XVIIIe siècle, par Paul Butel, page 261
  66. Histoire du franc, 1360-2002, par Georges Valance, Paris, Champs Flammarion, 1998, page 88
  67. Histoire du franc, 1360-2002, par Georges Valance, Paris, Champs Flammarion, 1998, page 89
  68. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 17, Éditions La Découverte 2011
  69. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 13, Éditions La Découverte 2011
  70. a et b La France au XVIIIe", par Olivier Chaline, Belin Sup, page 251
  71. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 14, Éditions La Découverte 2011
  72. Le Poids de l'État par Jean Meyer PUF, Paris, 1983, page 62
  73. Réflexions politiques sur les finances et le commerce, par Joseph Paris-Duverney et François Deschamps, La Haye, Vaillant frères et N. Prevost, 1740 [3]
  74. Ils l'avaient déjà été de 1572 à 1720
  75. "Le livre et l'art: études offertes en hommage à Pierre Lelièvre", page 42 par Thérèse Kleindienst, Somogy, 2000
  76. "Paris ancien et moderne, ou Histoire de France divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, et justifiée par les monuments de cette ville célèbre", par Jean de Marlès, Parent-Desbarres, 1838 [4]
  77. Site de la Bibliothèque nationale de France [5]
  78. "Dictionnaire topographique, historique et étymologique des rues de Paris", par J. de La Tynna Gillé fils, 1816 [6]
  79. "Le voyageur à Paris ", par Luc-Vincent Thiéry, page 46, Hardouin et Galtey, 1788
  80. "La Bibliothèque Nationale des origines à 1800", par Simone Balayé
  81. Conférence de Ph. Haudrière sur la Compagnie des Indes Orientales, 9 janvier 2007 [7]
  82. "La Contre-Révolution parisienne : la Section de la Bibliothèque (dite aussi section de 92 et section Lepeletier) (1790-1795) par Laurence Coudart, Annales historiques de la Révolution française - 1990
  83. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 18, Éditions La Découverte 2011
  84. « Paris : Deux mille ans d'histoire » par Jean Favier
  85. « L'économie genevoise, de la Réforme à la fin de l'Ancien Régime : XVIe-XVIIIe siècles », par Anne-Marie Piuz, Liliane Mottu-Weber, Alfred Perrenoud, Librairie Droz, 1990, page 605 [8]
  86. a, b et c "La Bourse de Paris et les compagnies financières, entre marché primaire et marché à terme au XVIIIe siècle (1695-1794)", par Jean-Marie Thiveaud, dans la Revue d'économie financière (1998) [9]
  87. « Les institutions financières en France au XVIIIe siècle: Tomes 1 et 2 » par Thierry Claeys [10]
  88. « La disgrâce de Calonne », par Olga Ilovaïski
  89. « État et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècles: mélanges offerts à Yves Durand », par Jean-Pierre Bardet Presses Paris Sorbonne, 2000, page 141 [11]
  90. qui seront suivis par une autre augmentation de capital de 17 millions de livres en 1787
  91. "Naissance de l'assurance-vie en France", par Jean-Marie Thiveaud, Revue d'économie financière, 1989 [12]
  92. La Compagnie des eaux de Paris et l'Entreprise de l'Yvette, et Les Faux Monnayeurs sous la Révolution française par Jean Bouchary et Paul Leuilliot (1947) [13]
  93. Civilisation matérielle, économie et capitalisme, par Fernand Braudel, page 452
  94. Britain 1750-1900, par Walter Robson, page 26
  95. The First Wall Street: Chestnut Street, Philadelphia, and the Birth of American Finance, par Robert E. Wright, University of Chicago Press, 2005, page 2 [14]
  96. a, b et c "Des bourses aux entreprises de marché : le commerce du capital dans les turbulences de l'économie de marché", par Jean-François Lemettre, page 47 Editions L'Harmattan, 2011 [15]
  97. The First Wall Street: Chestnut Street, Philadelphia, and the Birth of American Finance, par Robert E. Wright, University of Chicago Press, 2005, page 166 [16]
  98. a et b "Investissement étranger et financement de la croissance américaine (XIXe siècle-début du XXe)", par Myra Wilkins, dans la Revue d'économie financière 1990 [17]
  99. Wall Street: A History: From Its Beginnings to the Fall of Enron, par Charles R. Geisst, page 13 [18]
  100. Wall Street: A History: From Its Beginnings to the Fall of Enron, par Charles R. Geisst, page 20 [19]
  101. "Wall Street: A History : From Its Beginnings to the Fall of Enron", par Charles R. Geisst, page21 [20]
  102. Socializing Capital: The Rise of the Large Industrial Corporation in America, par William G. Roy, page 123
  103. History of Money and Banking in the United States par Rothbard, Murray N. Ludwig von Mises Institute. 2002. [21]
  104. "La Prusse de 1815 à 1848: l'industrialisation comme processus de communication", par Rachid L'Aoufir, page 152 [22]
  105. Capitalizing on change: a social history of American business, par Stanley Buder, page 108
  106. a et b Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 19, Éditions La Découverte 2011
  107. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 22, Éditions La Découverte 2011
  108. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 23, Éditions La Découverte 2011
  109. " HÔTEL DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG - Rue Saint-Marc, Paris 2e" [23]
  110. a, b et c "Le grand livre de l'économie contemporaine et des principaux faits de société", page 82, par Mokhtar Lakehal, Eyrolles, 2012 [24]
  111. "Vignobles et vignerons du Bordelais (1850-1980) ", par Philippe Roudi, page 20 [25]
  112. « Analyse stratégique des indices boursiers », par Omar Belahbib, Université Abdelmalek Essâadi TANGER MAROC [26]
  113. « Die Bank, die Goethes Reisen finanzierte », par Claudia Wanner, dans le Handelsblatt du 27 janvier 2005 [27]
  114. Toward the Century of Words: Johann Cotta and the Politics of the Public Realm in Germany, 1795-1832, par Daniel Moran, University of California Press, 1990 [28]
  115. "La Prusse de 1815 à 1848 : l'industrialisation comme processus de communication", par Rachid L'Aoufir, page 280 [29]
  116. Berlin cote deux sociétés de chemin de fer en 1840 puis 29 dès 1844, la première étant Berlin-Postdam
  117. "La Prusse de 1815 à 1848 : l'industrialisation comme processus de communication", par Rachid L'Aoufir, page 273 [30]
  118. Histoire de la Bourse - Site de la bourse suisse
  119. Histoire du TSE, sur son site officiel, avec photos
  120. « Le financement des infrastructures par la Bourse de Paris au XIXe siècle », Revue d'économie financière, no 57, pages 28 à 30, par Pedro Arbulu et Jacques-Marie Vaslin (2000), page 332
  121. Histoire économique de la France, par Jean-Charles Asselain, page 142
  122. 6 canaux et 8 assureurs pèsent le tiers d’une capitalisation boursière de 271 millions de francs
  123. « Le marché financier français au XIXe siècle : aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris », par Pierre-Cyrille Hautcœur, Georges Gallais-Hamonno, université de Paris-1 Panthéon-Sorbonne, Publications de la Sorbonne, 2007, page 388
  124. Histoire de la Franche-Comté par Claude-Isabelle Brelot, chez Privat, 1977, dans L'Industrialisation de la France au XIXe Profil Hatier page 75
  125. «Le marché financier français au XIXe siècle : aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris », par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Georges Gallais-Hamonno, page 496
  126. Le Marché financier français au XIXe siècle : aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Georges Gallais-Hamonno, page 498
  127. A history of prices, and of the state of the circulation, from 1793 to 1837, par Thomas Tooke, William Newmarch Longman, Orme, Brown, Green, and Longmans, 1838 [31]
  128. A study in trade-cycle history: economic fluctuations in Great Britain, 1833, par Robert Charles Oliver Matthews, page 193.
  129. a et b La Révolution industrielle, par Patrick Verley (2008), page 168
  130. La Révolution industrielle, par Patrick Verley (2008), page 165
  131. Le Marché financier français au XIXe siècle, par Pierre-Cyrille Hautcœur, Georges Gallais-Hamonno, université Paris I Panthéon-Sorbonne, Publications de la Sorbonne, 2007
  132. a, b et c « L'aggionarmento du système bancaire français », par Laure de Llamby dans Enjeux-Les Échos de juillet-août 2011, page 48
  133. 1864-1890, la naissance d'une banque moderne, par Hubert Bonin, page 12
  134. a et b Mars 1889, Paris se réveille avec l'annonce de la mort soudaine du directeur du Comptoir d'escompte, Eugène Denfert-Rochereau, par Pierre-Cyrille Hautcœur [32]
  135. 1864-1890, la naissance d'une banque moderne, par Hubert Bonin, page 37
  136. 1864-1890, la naissance d'une banque moderne, par Hubert Bonin, page 39
  137. « Le financement des infrastructures par la Bourse de Paris au XIXe siècle », Revue d'économie financière, no 57, pages 28 à 30, par Pedro Arbulu et Jacques-Marie Vaslin (2000), page 406
  138. La Bourse et les agents de change : études suivies d'un aperçu sur la lettre de change et d'une notice sur toutes les valeurs cotées à la Bourse de Bruxelles, volume 2, par Édouard Limauge, 1864
  139. Site très complet sur l'histoire des charbonnages du Hainaut
  140. Questions d'économie politique et de droit public, par Gustave Molinari, page 217
  141. a et b De la houille : traité théorique et pratique des combustibles minéraux (houille, anthracite, lignite, etc.), par Amédée Burat, page 476, chez Langlois et Leclercq, 1851
  142. De 2,22 francs en février 1833 à 300 francs en janvier 1834, Charbon et sciences humaines : actes du colloque du colloque organisé par la Faculté des Lettres de l'université de Lille en mai 1963
  143. Industrialisation et sociétés d'Europe occidentale, 1880-1970 par Patrick Fridenson, page 143
  144. Civilisation matérielle, économie et capitalisme. Volume 3 Le Temps du Monde, par Fernand Braudel, page 764
  145. La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 188
  146. On passe de 33 à 56 sociétés cotées, en particulier de 8 à 20 chemins de fer. Il y a toujours 8 canaux, 9 sociétés d'assurances et 5 banques
  147. Le Marché financier français au XIXe siècle : aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Georges Gallais-Hamonno, université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, Publications de la Sorbonne, 2007, page 388
  148. La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 191
  149. Chemins de fer d'Angleterre: leur état actuel, par Jean-Martial Bineau, chez Carilian-Goeury et Dalmont, 1840, page 10
  150. Chemins de fer d'Angleterre : leur état actuel, par Jean-Martial Bineau, chez Carilian-Goeury et Dalmont, 1840, page 9
  151. "Histoire de la mondialisation", par Bertrand Blancheton, page 46
  152. Journal of the Royal Statistical Society, Volume 29, page 552
  153. a et b La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 190
  154. The London Stock Exchange: its history and functions, page 107, par Edward Victor Morgan et William Arthur Thomas - 1971
  155. Provincial Stock Exchange par William Arthur Thomas, Routledge, 2012 [33]
  156. The stock exchange history, par Alan Jenkins, page 197, Éditions Heinemann
  157. The commercial crisis, 1847-1848, par David Morier Evans
  158. Railway age, Volume 78, par Simmons-Boardman (1925), page 116
  159. "Précis d'économie politique", par Auguste Murat et Henri Truchy, aux Nouvelles Éditions Latines (1953), page 418
  160. Histoire financière des chemins de fer français, par A. de Laveleye, page 39
  161. exploités par 40 compagnies.
  162. « Napoléon III, l'Empereur au service de la Nouvelle économie », par Claude Vincent, dans Enjeux-Les Échos de juillet-août 2011, page 52
  163. La Vérité sur les institutions de crédit privilégiées en France, par Raoul Boudon, page 259
  164. La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 192
  165. La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 198
  166. La Révolution industrielle par Patrick Verley, Folio-Histoire, (2008) page 197
  167. Life of Gerard Hallock: thirty-three years editor of the New York Journal of Commerce, par William H. Hallock
  168. "Framing Finance: The Boundaries of Markets and Modern Capitalism", par Alex Preda
  169. reprenant le nom de la liste de John Castaing de 1692
  170. "The Economics of Mining, Third Edition" : Value Organization Management, Stanford University Press [34]
  171. "A remarkable curiosity: dispatches from a New York City journalist's 1873 railroad trip across the American West", par Amos Jay Cummings, Jerald T. Milanich, page 149
  172. "The Balkan Railways, International Capital and Bankingfrom the End of the 19th Century until the Outbreak of the First World War", par Peter Hertner [35]
  173. Georges Roux, Thiers, Nouvelles Éditions latines, p. 157, [lire en ligne]
  174. Bibliothèque universelle et revue suisse, vol. 37, p. 420, [lire en ligne].
  175. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'histoire, Levallois-Perret, Studyrama, coll. « Studyrama perspectives » (no 621), 2005, 1 vol. : couv. ill. ; 20 cm, 341 p. (ISBN 2-84472-659-3 et 978-2-84472-659-9) (notice BnF no FRBNF40083186p) [lire en ligne], partie IV, chap. 12 (« Sedan (1er septembre 1870) »), p. 200 
  176. "Aux origines de la guerre de 1870: gouvernement et opinion publique", page 721 par Jean Stengers - Revue belge de philologie et d'histoire - 1956 - [36]
  177. Moniteur belge : journal officiel, p. 2359, [lire en ligne]
  178. "Aux origines de la guerre de 1870: gouvernement et opinion publique", page 740 par Jean Stengers - Revue belge de philologie et d'histoire - 1956 - [37]
  179. Maurice Ezran, Bismarck, démon ou génie ?, p. 122, [lire en ligne].
  180. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 47, Editions La Découverte 2011
  181. "History of the San Francisco Stock and Exchange Board", par Joseph L. King, page 34
  182. "Titans of Capitalism-James Clair Flood", dans Opportunist Magazine du 18 août 2011
  183. a et b Présentation de Richard Ward Building devant l'Université du Witwatersrand, en 1998, page 6 [38]
  184. Kostolany, p.129
  185. a et b "Jay Cooke's gamble: the Northern Pacific Railroad, the Sioux, and the Panic of 1873, par M. John Lubetkin, University of Oklahoma Press, page 284 [39]
  186. Journal de l’union des deux mers
  187. Times de Londres du 26 mai 1859
  188. « L'isthme de Suez: passage millénaire », par Mohamed Anouar Moghira, page 100 [40]
  189. Enquête sur l'histoire, no 6, printemps 1993, Le scandale du Panama, page 17
  190. Cotton and the Civil War, par Eugene R. Dattel, sur Mississippi History Now [41]
  191. Le dossier russe, sur Scripophilie
  192. 1905 – 1950 par Emmanuel Gerard, Michel Dumoulin
  193. « Petite histoire des faits économiques : des origines aux subprimes », par Jacques Brasseul [42]
  194. Le Fin Mot de l'histoire', par Daniel APPRIOU [43].
  195. http://www.jdf.com/histoire/2007/04/21/04015-20070421ARTHBD00105-le-jdf-celebre-ses-ans.php
  196. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 39, éditions Le Livre de poche
  197. Site du Ministère des Finances
  198. Le fin mot de l'histoire, par Daniel APPRIOU
  199. Journal des chemins de fer des mines et des travaux publics - Volume 70 - Page 408, 1911
  200. a, b et c "Comment le Crédit lyonnais devint sage", par Jacques Marseille, dans L'Expansion du 9 janvier 1992
  201. "La faillite de l'Union générale", dans Alternatives économiques en décembre 2005
  202. "Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences. Naissance du journalisme moderne, Éditions Aubier-Montaigne, 1983, page 214
  203. Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences. Naissance du journalisme moderne
  204. LES COULISSES DE LA FINANCE, site des familles d'Arsonval et Darsonval
  205. «L'indice Dow Jone, un centenaire bon pied bon œil», par Philippe Guillaume dans Les Échos du 28 mai 1996
  206. « Le Dow Jones par le South Daily Pipelette »
  207. "Les douze valeurs du Dow Jones en 1896"
  208. The Cornish overseas: a history of Cornwall's 'great emigration, page Philip Payton, Dundurn Press Ltd., 2005, page 359
  209. Les Richesses minérales de l'Afrique : l'or, les métaux le diamant, les phosphates, le sel, par Louis de Launay (1903)
  210. a et b The foundations of the South African cheap labour system, par Norman Levy, page 105
  211. "La France et l'Afrique du Sud: histoire, mythes et enjeux contemporains", par Daniel Bac, page 76, Éditions KARTHALA, 1990 [44]
  212. Le Marché financier en 1894-1895, par Arthur Raffalovitch (ambassadeur de Russie à Paris), page 14
  213. "Le marché financier français au XIXe siècle : Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris", page 413 Publications de la Sorbonne, 2007 [45]
  214. "Le monde de la banque et les diasporas, des années 1730 aux années 1930: des banquiers cosmopolites ?, par Hubert Bonin, professeur d’histoire économique à l’Institut d’études politiques de Bordeaux
  215. Le Marché financier en 1894-1895, par Arthur Raffalovitch (ambassadeur de Russie à Paris), page 13
  216. Le Correspondant, volume 180, Bureaux du Correspondant, 1895, page 151
  217. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 131
  218. Migrant labour in South Africa's mining economy: the struggle for the gold mines' labour supply, 1890-1920, page 36
  219. Les Richesses minérales de l'Afrique : l'or, les métaux le diamant, les phosphates, le sel
  220. Si la Bourse m'était contée, par André Kostolany, Julliard (1960), page 130
  221. The Boer War, par Carol DeBoer-Langworthy, mars 2007
  222. La France et l'Afrique du Sud : histoire, mythes et enjeux contemporains, par Daniel Bac, page 55, Éditions KARTHALA, 1990 [46]
  223. "La France et l'Afrique du Sud: histoire, mythes et enjeux contemporains", par Daniel Bac, page 78, Éditions KARTHALA, 1990 [47]
  224. 1900-2000, un siècle d'économie, page 62, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  225. Le Grand Méchant Marché : décryptage d'un fantasme français, par David Thesmar, et Augustin Landier, Flammarion, 2008, page 83
  226. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 49, Éditions La Découverte 2011
  227. a, b et c Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 52, Éditions La Découverte 2011
  228. "1900-2000, un siècle d'économie", page 33, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  229. Les Fortunes françaises au XIXe siècle, par Adeline Daumard, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 1973
  230. The great reversals: the politics of financial development in the twentieth century, par Raghuram G. Rajan et Luigi Zingales Journal of financial economics, The University of Chicago Graduate School of Business (2003)
  231. a, b et c Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 50, Éditions La Découverte 2011
  232. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 63, Éditions La Découverte 2011
  233. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, page 57, Éditions La Découverte 2011
  234. L'Avènement de la fée électricité, 1870-1900 - Chapitre 1: la dynamo et la lumière électrique, par Christine Blondel et Bertrand Wolff (CNRS) []
  235. Le 16 septembre 1885, le journaliste Pierre Giffard grand reporter au Figaro signale que la première ville éclairée à l'électricité depuis juillet 1884 est n'est ni Londres ni Paris mais Bellegarde-sur-Valserine dans l'Ain.
  236. ferro-tungstène, ferro-molybolène, ferro-uranium, ferro-tantale, et ferro-bore,
  237. Les Borel : de Neuchātel ą San Francisco. Du savetier au financier, par Antoine Wasserfallen, page 197 [48]
  238. Fonds Paul Girod, Archives de la Savoie
  239. Histoire de l'énergie hydraulique : moulins, pompes, roues et turbines de l'Antiquité au XXe siècle, par Pierre-Louis Viollet, Presses des Ponts, 2005 [49]
  240. Histoire de l'énergie hydraulique : moulins, pompes, roues et turbines de l'Antiquité au XXe siècle, page 76, par Pierre-Louis Viollet, Presses des Ponts, 2005 [50]
  241. qui s’élève à 19 800 tonnes en 1907, dont 60 % en Europe, contre 6 000 tonnes en 1899
  242. a, b et c La Vie ouvrière du 17 octobre 1909
  243. Notice de la société dans La Liberté 1908
  244. a et b “Blue Angels”, “Venture Capital”, and “Whales”: Networks Financing the Takeoff of the Second Industrial Revolution in France, 1890s-1920s, par Hubert Bonin, 2004 [51]
  245. a et b Le Financement de l'industrie électrique (1880-1980) par André Strauss, Paris PUF & AHEF, 1994,
  246. calculée d'après les chiffres donnés par François Marnata
  247. " Une grande Compagnie industrielle française : Péchiney", par Monique Périères - Revue de géographie alpine -1955- [52]
  248. A Brief History, Site de la ville de Badin
  249. Économie et politique de l'électricité à Bordeaux, 1887-1956 », par Alexandre Fernandez, page 63 [53]
  250. "Carson: The Man Who Divided Ireland" par Geoffrey Lewis, page 118
  251. "The Marconi affair", par A.N. Field
  252. "History Of The Marconi Company 1874-1965", par W. J. Baker, page 147
  253. Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957) par Pierre Frédérix, Flammarion, 1959 -page 313
  254. Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957) par Pierre Frédérix, Flammarion, 1959 -page 311
  255. « Foreign correspondence: the great reporters and their times », par John Hohenberg Foreign correspondence: the great reporters and their times Par John Hohenberg
  256. "The Struggle for Control of Global Communication: The Formative Century Par Jill Hills, page 123 [54]
  257. Foreign correspondence: the great reporters and their times, par John Hohenberg, page 133
  258. The role of Reuters in the distribution of propaganda news in Australia during World War I
  259. De 2,22 francs en février 1833 à 300 francs en janvier 1834, Charbon et sciences humaines : actes du colloque du colloque organisé par la Faculté des Lettres de l'université de Lille en mai 1963
  260. "Une entreprise face à la gestion de « risques majeurs » : la compagnie des mines de Courrières (1852-1944)" par Marie-France Conus, dans Histoire, économie et société 2006
  261. a et b "Une entreprise face à la gestion de « risques majeurs » : la compagnie des mines de Courrières (1852-1944)" par Marie-France Conus, dans Histoire, économie et société 2006, page 74 [55]
  262. a et b "Concentration dans l’industrie minière et construction de l’espace régional : le cas du Nord-Pas-de-Calais de 1850 à 1914", par Jean-Luc Mastin [56]
  263. a, b et c '"Les mines de Lens, une affaire en or aux main des grandes familles du Nord", dans la revue Histoire d'entreprises, mars 2012, page 65, par Jean-Luc MASTIN (Université de Lille 3)
  264. Lille et les Lillois, essai d'histoire collective contemporaine, page 162 par Pierre Pierrard - 1967 -
  265. Histoire de France : 1750-1995, par René Souriac et Patrick Cabanel, page 104 [57]
  266. 100 fiches d'histoire du XIXe siècle, par Sophie Kerignard, page 311
  267. Atlas du patrimoine minier français
  268. "Une entreprise face à la gestion de « risques majeurs » : la compagnie des mines de Courrières (1852-1944)" par Marie-France Conus, dans Histoire, économie et société 2006 page 63 [58]
  269. "Une entreprise face à la gestion de « risques majeurs » : la compagnie des mines de Courrières (1852-1944)" par Marie-France Conus, dans Histoire, économie et société 2006, page 64 [59]
  270. a, b et c "Le charbon français de 1914 à 1946, une modernisation limitée", par Michel- Pierre Chélini, Comité d'histoire du ministère des Finances [60]
  271. a et b Charbonnages de France "Dernière tonne" La Houve - 23 avril 2004 - [61]
  272. "Histoire de France: 1750-1995", par René Souriac et Patrick Cabanel, page 104 [62]
  273. 31930 La grande époque", site de Charbonnages de France [63]
  274. L'Information géographique
  275. CVCE
  276. "Une entreprise face à la gestion de « risques majeurs » : la compagnie des mines de Courrières (1852-1944)" par Marie-France Conus, dans Histoire, économie et société 2006, page 72 [64]
  277. Rapport André Dilligent [65]
  278. "De la « Petite Pologne » à l’intégration", sur Echo 62
  279. a et b "Dynamique des systèmes techniques et « capitalisme » : le cas de l'industrie électrique en France, 1880-1939 ", par François Caron dans Histoire, économie et société (2000) [66]
  280. "Le Crédit lyonnais: 1863-1986", par Bernard Desjardinspage, page 440
  281. André Strauss, dans « Le Crédit lyonnais: 1863-1986", par Bernard Desjardins », page 441 [67]
  282. André Strauss, dans « Le Crédit lyonnais: 1863-1986 Par Bernard Desjardins », page 441 [68]
  283. a et b La création d'un réseau national, site d'ERDF
  284. "Interconnexion des réseaux d'énergie électrique. Raisons et enjeux de l'interconnexion en France 1919-1941", page 112, par Jacques Lacoste (1986)[69]
  285. "Interconnexion des réseaux d'énergie électrique. Raisons et enjeux de l'interconnexion en France 1919-1941", page 121, par Jacques Lacoste (1986) [70]
  286. Les Constructions électriques en France financement et stratégies de six groupes industriels internationaux de 1880 à 1940, par Pierre Lanthier, 1988, thèse de l'université de Paris-X
  287. "Le Crédit lyonnais, 1863-1986: études historiques", page 475, par Bernard Desjardins - 2003 - [71]
  288. Revue du ministère de l’Écologie, du Développement durable des Transports et du Logement [72]
  289. « Schneider & Cie et les travaux publics : 1895-1949, par Agnès d'Angio », page 168 [73]
  290. Il sera achevé en 1937 par une société d’économie mixte fondée par le ministère des Travaux publics et la société des usagers de la Romanche, regroupant les industriels qui avaient installé, depuis la fin du XIXe siècle, leurs centrales hydroélectriques et leurs usines.
  291. selon l'inventaire EDF de 1946, qui surestime le nombre des filiales
  292. "D'une guerre à l'autre (1914-1949)", Institut pour une histoire de l'aluminium [74]
  293. Barrages et développement dans les Alpes françaises de l’entre-deux-guerres, par Anne Dalmasso [75]
  294. "À la botte : la Bourse sous l'Occupation" par Pauline Destrem et Dominique Destrem [76]
  295. Interconnexion des réseaux d'énergie électrique. Raisons et enjeux de l'interconnexion en France 1919-1941, page 133, par Jacques Lacoste (1986) [77]
  296. Indice boursier reconstitué par l'Insee, page 429, "1900-2000, un siècle d'économie", aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  297. Indice Dow Jones "1900-2000, un siècle d'économie", page 438, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  298. "Histoire de France : De la république à l'État français 1918-1944", par Vincent Adoumié [78]
  299. a et b "La Bourse: Rupture et renouveau", par Jean-Pierre Petit, page 63
  300. "1900-2000, un siècle d'économie", page 119, aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  301. a, b et c "1900-2000, un siècle d'économie", page 438, aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  302. "Histoire du XXe siècle: 1ères et terminales agricoles", par Florence Cattiau, Maryse Chabrillat, Annie Constantin, Christian Peltier, Gwenaëlle Lepage, chez Educagri Editions, 2001 [79]
  303. "L'économie de guerre et ses conséquences (1914-1929)", par Belisaire
  304. "1900-2000, un siècle d'économie", page 121, aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  305. Histoire du gisement de Spindletop
  306. http://penseespolitiques.over-blog.fr/article-la-voiture-electrique-une-alternative-necessaire-69066498.html
  307. "1900-2000, un siècle d'économie", page 137, aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  308. "Quand Wall Street spéculait sur la radio", par Bernard Kapp, dans Le Monde du 14 mars 2000
  309. "1900-2000, un siècle d'économie", page 129, aux Éditions Les Echos, coordonné par Jacques Marseille
  310. "L'économie de guerre et ses conséquences (1914-1929)", par Belisaire
  311. "Structures et cycles économiques" - Volume 2, Partie 1 - Page 469, par Johan Åkerman - 1957
  312. "Les hauts revenus en France au XXe siècle", par Thomas Piketty [80]
  313. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, Éditions La Découverte 2011
  314. Histoire économique et sociale de la France - Volume 4, numéro 2 - Page 647, par Fernand Braudel et Ernest Labrousse - 1980 -
  315. 1900-2000, un siècle d'économie, page 430, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  316. 1900-2000, un siècle d'économie, page 439, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  317. «L'indice Dow Jones fête 115 ans de krachs et de bulles », par Nessim Aitkacimi, dans Les Échos du 30 mai 2011
  318. 2008 L'année du krach : premiers enseignements d'une crise, par Bruno Colmant et Chantal Samson, chez Larcier, 2008, page 68
  319. En dollars de 1990, selon le tableau de "Un siècle d'économie", par le quotidien Les Échos, page 432
  320. "Analyse sectorielle: Méthodologie et application aux technologies de l'information", page 184 Christian Genthon Editions L'Harmattan, 2004 [81]
  321. "Le régime juridique des dividendes", par Amel Amer-Yahia, page 20
  322. a et b "Les années 1950 à l'italienne", par Pierre de Gasquet dans Les Échos du 04 mars 2005 * page 104 [82]
  323. "La rentabilité réelle des actifs boursiers de 1950 à 1992" par Pedro Arbulu et Georges Gallais-Hamonno, dans la revueÉconomie et Statistique (1995) [83]
  324. Indice Dow Jones "1900-2000, un siècle d'économie", page 285, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  325. Indice Dow Jones "1900-2000, un siècle d'économie", page 305, aux Éditions Les Échos, coordonné par Jacques Marseille
  326. "Politiques de change et globalisation: Le cas de l'Égypte" par Bassem Kamar - 2006 [84]
  327. "Géopolitique de l'Égypte", par Christophe Ayad, page 28
  328. "De la Mine a Mars", par Lannoo Uitgeverij
  329. a et b Dow Jones, Nasdaq, SP500, la totalité des variations (exhaustif)
  330. History of Liffe, Official website
  331. Un contrat sur indice boursier est créé en 1982, sur le Kansas Futures Exchange en 1982 [85]
  332. Jusqu'à quand, par Frédéric Lordon, page 37, éditions Raison d'agir, 2010
  333. a et b "Le Triomphe de la cupidité", par Joseph Stiglitz, page 384, éditions Les liens qui libèrent, 2010
  334. La Crise du capitalisme mondial par George Soros, page 160, Editions Plon
  335. La Crise du capitalisme mondial par George Soros, page 169, Editions Plon
  336. The alchimy of finance par George Soros, page 99, Editions Plon
  337. La Crise du capitalisme mondial par George Soros, page 159, Éditions Plon
  338. The alchimy of finance par George Soros, page 98, Editions Plon
  339. a et b « De la finance pour l’industrie à l’industrie pour la finance », par Rauf Gönenç, Revue d’économie financière, 1993
  340. "L'industrie des fonds de pension: Les Investisseurs Institutionnels américains", par Stéphanie Lavigne, page 152 [86]
  341. "L’Étreinte du samouraï : Le défi japonais", par Dominique Nora (1994) [87]
  342. « La financiarisation de l’économie », par Celia FIRMIN, économiste, 23 octobre 2008
  343. "Relance: le maudit théorème de Schmidt", par Malakine, le 9 décembre 2008 [88]
  344. "Les dividendes d'aujourd'hui empêchent la croissance de demain", dans Marianne du 26 février 2008 [89]
  345. en dollars et hors-inflation
  346. (en) James M. Flammang and the auto editors of Consumer Guide, Cars of the Sensational '70s: A Decade of Changing Tastes and New Directions, Lincolnwood, Publications International, Inc., 2000
  347. "La France doit-elle quitter l'Euro ?", par Yves Garipuy, sur Économie et société", le 28 juin 2011 [90]
  348. "Le siècle des dévaluations", article issu de la conférence de Jean-Charles Asselain, professeur à l'Université Bordeaux IV, donnée au Ministère des finances le 4 février 2002.
  349. a et b "Comment Thatcher n'a pas tué l'Angleterre", propos recueillis par MARC VIGNAUD dans le Le Point du 15 février 2012 [91]
  350. "Thatcher la Dame de fer", par André Versaille, janvier 2012,
  351. a et b Le Phénomène Thatcher, par Jacques Leruez, page 147
  352. "La Grande-Bretagne et les hydrocarbures de la mer du Nord", par Claude Moindrot Annales de Géographie (1982), page 129 [92]
  353. "THE UK’S PRIVATISATION EXPERIMENT: THE PASSAGE OF TIME PERMITS A SOBER ASSESSMENT", par DAVID PARKER [93]
  354. "Le Phénomène Thatcher", par Jacques Leruez, page 148
  355. The Thatcher revolution: Margaret Thatcher, John Major, Tony Blair, and the transformation of modern Britain, 1979-2001, par Earl Aaron Reitan, page 58, Éditions Rowman & Littlefield, 2003 [94]
  356. Étude publiée dans sa revue Privatization News de janvier 1999
  357. "L'eau, patrimoine mondial commun: Co-expertise scientifique, participative et gouvernance" page 70, par Jean-Pierre Ezin et Georges Thill (2002) Presses Universitaires de Namur [95]
  358. "Panorama des privatisations dans le monde", tiré de "Selling the State", dans The Economist du 21 août 1993 [96]
  359. Le Grand Méchant Marché : décryptage d'un fantasme français, par David Thesmar, et Augustin Landier, Flammarion, 2008, page 143
  360. Pour l'échéance à 10 ans. Quand le cours d'une obligation, son taux d'intérêt, qui est fixe chaque année, représente un rendement plus élevé car il est calculé par rapport à un cours plus bas.
  361. Mode de calcul : index Merrill Lynch des junk bonds moins le taux actuariel du Constant maturity Treasury sept ans. Source : (en) « Rising Junk Bond Yields: Liquidity or Credit Concerns? », FRBSF Economic Letter 2001-33, 16 novembre 2001.
  362. « L'Easdaq, un rêve brisé », par Ariane van CALOEN, Patrice de LAMINNE, et Patrick VAN CAMPENHOUT, dans La Libre Belgique du 26 mars 2001
  363. "The Writing on the Wall: Why We Must Embrace China as a Partner Or Face It as an Enemy", page 108, par Will Hutton, éditions Simon and Schuster, 2006 [97]
  364. avec 590 000 milliards de yen, devant Wall Street
  365. « Il n'y a pas de modèle japonais », par Sylvaine Trinh, page 52
  366. "Le défi de l'argent", par George Soros, page 89, éditions Plon
  367. selon l’économiste de BNP Paribas Jean-Pierre Petit
  368. Le Temps des turbulences, par Alan Greenspan, chez Jean-Claude Lattès (2006), page 227
  369. Le Temps des turbulences, par Alan Greenspan, chez Jean-Claude Lattès (2006), page 230
  370. "CNN Fact Check: Clinton arithmetic holds up on jobs", par l'équipe éditoriale CNN, le 7 septembre, 2012 [98]
  371. Les Introductions en Bourse, la structure de propriété et la création de valeur, par Taek Miloud, page 235, Presses universitaires de Louvain
  372. a et b Chronologie de l'histoire d'Apple sur le site ce CBC le 6 octobre 2011
  373. "Il y a 12 ans : Microsoft et Apple s’alliaient" par Christophe Auffray, ZDNet France, 6 août 2009
  374. "Microsoft to invest $150 million in Apple", par Dawn Kawamoto, Ben Heskett et Mike Ricciuti, dans CNET News du 6 août 1997
  375. "Apple, première capitalisation boursière de toute l'Histoire", par Solveig Godeluck, dans Les Échos du 21 août 2012
  376. Anne-Sylvaine Chassany et Jean-Philippe Lacour, Enron, la faillite qui ébranla l'Amérique, Paris, Nicolas Philippe, 09 octobre 2003, 279 p. (ISBN 2-7488-0057-5) 
  377. "Ex-Analyst Grubman Is Said to Sell His Townhouse", dans le New York Observer du 16 mars 2010
  378. "The WorldCom Wall Street connexion"
  379. L'accord du 28 avril 2003 entre la Justice, dix grandes banques, la SEC et la Nasd
  380. Analyste : au cœur de la folie financière, par Édouard Tétreau, 2005
  381. Le Marché aux voleurs, par Jean Montaldo, chez Albin Michel, 2003
  382. "Stock Option Madness" par ROBERT J. SAMUELSON, dans le Washington Post du 30 janvier 2002 [99]
  383. "Energy Execs Gain Millions in Stock Sales Some say they have profited from the state's crisis. Others say the practice is standard" par Jerry Hirsch dans le Los Angeles Times du 13 juin 2001 [100]
  384. "Le PDG de Telefonica, Juan Villalonga, poussé à la démission", dans Les Échos du 27 juillet 2000 [101]
  385. TECHNOLOGY"Microsoft Will Award Stock, Not Options, to Employees", par JOHN MARKOFF et DAVID LEONHARDT, dans le New York Times du 9 juillet 2003 [102]
  386. DaimlerChrysler to End Options Rewards
  387. « Royal Dutch/Shell abandonne la rémunération par stock-options », par l'AFP, le 18 mars 2005,
  388. "EADS: Louis Gallois veut la fin des stock-options", L'Express du 09/10/2007 [103]
  389. "GDF Suez abandonne les stock-options", par Hayat Gazzane, dans Le Figaro [104]
  390. "Entreprises aidées par l'État : la fin des stock-options", dans Le Parisien du 30 mars 2009 [105]
  391. "François Hollande se pose en adversaire de la finance" Reuters le 22 janvier 2012 [106]
  392. "La fin des stock-options à L’Oréal ?" par Rémi Duchemin, sur Europe1 [107]
  393. "Société de l'information: enjeux économiques et juridiques", par Philippe Barbet, page 23, éditions L'Harmattan, 2006 - 248 pages
  394. "Google a franchi le cap de 1 000 000 de serveurs", par Malek Chtiwi, le 11 juillet 2007, sur XCess Company
  395. "Facebook vaut-il 104 milliards de dollars ?", par Benjamin Gourdet, sur 01net, le 18 mai 2012 [108]
  396. "Facebook lance la deuxième plus grosse entrée en Bourse américaine", par l'AFP, le 17 mai 2012 [109]
  397. "Facebook, une entrée en bourse très chaotique", par Martin Untersinger, dans Rue89 du 22 mai 2012 [110]
  398. Le Monde [111]
  399. "SeaFrance: Les raisons qui poussent Eurotunnel à se lancer dans le transport maritime", dans 20Minutes.fr du 11 juin 2012. [112]
  400. "Eurotunnel verse le premier dividende de son histoire grâce à ses bénéfices", dans La Dépêche du 04/03/2009
  401. « GM, record mondial des introductions en Bourse », Dans Les Échos du 29 novembre 2010 [113]
  402. "General Motors - countdown to collapse", chronologie dans le Guardian du 1er juin 2009 [114]
  403. General Motors Company Statistics, sur Statistics Brain
  404. "State of the U.S. Motor Vehicle Industry: 2012", par Briefing.com, page 12 [115]
  405. GM dividend Dividata Dividata
  406. Comme Ford et Chrysler, 2/3 de ses ventes aux États-Unis viennent des camions légers "Conséquence de la crise financière ou crise d’une forme de capitalisme : la faillite des Big Three" par Michel Freyssenet et Bruno Jetin [116]
  407. "General Motors Runs Over the Experts" par Gary North, sur LewRockwell, le 30 mai 2005 [117]
  408. a et b Le « nouveau » visage de GM » par l’AFP du 11 juillet 2009
  409. "GM tests the limits of financial engineering" par Kathryn Tully, Euro Money, février 2004 [118]
  410. "State of the U.S. Motor Vehicle Industry: 2012", par Briefing.com
  411. "Marketing Case Project: General Motors" 11/08/2006
  412. Exposé de Rémy Franzoni, HEC Montréal
  413. Plan de restructuration de GM présenté le 2 décembre 2008 aux parlementaires américains, page 15 [119]
  414. « Automobile : la Maison-Blanche débloque 17 milliards de dollars », Le Figaro du 19 décembre 2008 [120]
  415. Le « nouveau » visage de GM, dans Le Devoir du 11 juillet 2009
  416. a et b "Pontiac, Saturn May Be Sold Out By the Time You Read This", sur CBS News, 2009 [121]
  417. Reuters, 15 février 2010
  418. "G.M. to Close Hummer After Sale Fails", par NICK BUNKLEY, dans le New York Times du 24 février 2010 [122]
  419. "GM sold 8.35 million vehicles globally in 2008, down 11%", par Zane Merva [GM sold 8.35 million vehicles globally in 2008, down 11 %]
  420. NOUVELOBS.cOM, « GM vend Opel à l'équipementier canadien Magna ». Consulté le 10 septembre 2009
  421. [123]
  422. "GMAC : son projet de holding bancaire s'enlise", dans Le Figaro du 10/12/2008 [124]
  423. "La filiale financière de GM placée sous perfusion", par Pierre-Yves Dugua, dans Le Figaro du 30 décembre 2008 [125]
  424. "GM tests the limits of financial engineering" par Kathryn Tully, Euro Money, février 2004 "
  425. U.S. Lays Down Terms for Auto Bailout par Sherril Gay et Bill Storberg, dans le New York Times du 30 mars 2009 » [126]
  426. "General Motors a remboursé sa dette", dans 20 Minutes du 21 avril 2010 [127]
  427. « GM rembourse 2,1 milliards de plus à l'État américain », dans L’Expansion du 29 octobre 2010
  428. Bilans comptables GM de 2009 à 2011
  429. "Les ventes de General Motors ont augmenté de 13 % aux États-Unis", par Myriam Berber sur RFI du 20/1/2102 [128]
  430. "Arcelor-Mittal, le mondial de l'acier" lexpress.fr
  431. "La note d'ArcelorMittal dégradée en catégorie spéculative" Par INGRID FRANCOIS-FEUERSTEIN, Les Échos 4 décembre 2012
  432. « Que vaut réellement Petrochina ? » par Daniel Krakja dans L'Usine nouvelle du 6 novembre 2007
  433. « PetroChina redevient le premier groupe coté mondial » dans La Tribune du 26/05/2009 [129]
  434. « La Banque en Chine (1re partie) : un secteur difficile d’accès », sur SIA conseil [130]
  435. a et b « Classement des capitalisations boursières européennes et américaines depuis 1975 » sur Vernimmen.net [131]
  436. « Controverse sur l'introduction en Bourse de Rusal, le géant de l'aluminium », par l’AFP, le 27 janvier 2010[132]
  437. « L'introduction en Bourse de Rusal tourne au vinaigre », par Reuters, le 18 février 2010
  438. Le Guide pratique du LBO : racheter une entreprise grâce à l'effet de levier, page 4, par Nicolas Boschin - 2011 - [133]
  439. Travaux de Stewart C. Myers and et Nicholas S. Majluf (1996), cités par FRANÇOIS MOURIAUX • Revue de la stabilité financière • no 8 • Mai 2006, Banque de France [134]
  440. FRANÇOIS MOURIAUX • Revue de la stabilité financière • no 8 • Mai 2006, Banque de France [135]
  441. "La sous-capitalisation : évolution des enjeux et actualité", par Annick Poumellec, Université Paris I Janvier 2011
  442. Schuman Bourse
  443. a et b Les Echos formation finance
  444. "Dexia s'effondre en Bourse, spéculations sur un démantèlement", par Reuters, le 04/10/2011
  445. "L'Europe est en danger", par Georges Soros, dans Le Monde du 17 août 2011
  446. Tableau de cotations Bloomberg [136]
  447. "France : le taux d'emprunt au plus bas", dans Lefigaro.fr le 23/04/2013 [137]
  448. TAUX A 10 ANS DEPUIS 1980 POUR LA FRANCE, sur le site France-Inflation [138]
  449. Les taux de référence des bons du Trésor et OAT, site de la Banque de France [139]
  450. Site de l'INSEE [140]
  451. Les taux de référence des bons du Trésor et OAT, site de la Banque de France [141]
  452. Site de l'INSEE [142]
  453. Les taux de référence des bons du Trésor et OAT, site de la Banque de France [143]
  454. Site de l'INSEE [144]
  455. Bref historique des fusions boursières [url= http://www.flutrackers.com/forum/showthread.php]
  456. « Le Nasdaq ambitieux après son rachat de OMX », sur Challenges.fr
  457. « Fusion TMX-LSE : une super place boursière en formation », par Lapresseaffaires [url= http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/bourse/201102/08/01-4368239-fusion-tmx-lse-une-super-place-boursiere-en-formation.php]
  458. « Vingt propositions pour réformer le capitalisme », par Gaël Giraud,Cécile Renouard [145]
  459. « Deux ans après, un bilan mitigé », par Fabrice Anselmi dans L'AGEFI Hebdo du 29/10/2009 [146]
  460. « Vous aimez la crise ? Vous adorerez les dark pools », parDavid Servenay sur Rue89
  461. « Une directive remaniée pour mieux protéger les épargnants », par Gilles Pouzin, dans Le Revenu du 7 octobre 2012.

Erreur de référence : La balise <ref> avec le nom « kostolany-129 » définie dans <references> n’est pas utilisé dans le texte précédent.
Erreur de référence : La balise <ref> avec le nom « valance-98 » définie dans <references> n’est pas utilisé dans le texte précédent.
Erreur de référence : La balise <ref> avec le nom « kostolany-108 » définie dans <references> n’est pas utilisé dans le texte précédent.
Erreur de référence : La balise <ref> avec le nom « kostolany-92 » définie dans <references> n’est pas utilisé dans le texte précédent.

Erreur de référence : La balise <ref> avec le nom « braudel-178 » définie dans <references> n’est pas utilisé dans le texte précédent.

Annexes

Articles connexes

mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimedia faire un don

Histoire des bourses de valeurs . Wikipédia


L'histoire des bourses de valeurs s'est faite progressivement, par la réunion de plusieurs conditions nécessaires: existence de sociétés par actions , connexions entre places internationales...

Histoire des bourses de valeurs . Librairie de livres numériques . Livres pour


La référence francophone du livre numérique gratuit . Plus de 5000 livres numériques à lire en ligne ou à télécharger gratuitement et légalement!, Histoire des bourses de valeurs, Plusieurs auteurs

Histoire des bourses de valeurs . Wikipédia


Histoire des bourses de valeurs. L'histoire des bourses de valeurs s'est faite progressivement, par la réunion de plusieurs conditions nécessaires: existence de sociétés par actions , connexions entre...
Plus d'infos Sur le web

  • L histoire des bourses de valeurs retrace l'évolution par grandes étapes des espaces de valorisation des actions et des obligations ...
    317 Kio (43972 mots) - 22 mai 2013 à 06:18

  • Évolution depuis 2005: Histoire des bourses de valeurs. Fichier:CAC 40 2005-2011. jpg | Le CAC 40 de 2005 à août 2011 après une hausse de 150 % en ...
    30 Kio (3851 mots) - 21 mai 2013 à 10:33

  • été l’une des entreprises capitalistes les plus puissantes qui ait jamais existé, contribuant fortement à l'Histoire des bourses de valeurs . ...
    59 Kio (8183 mots) - 5 mai 2013 à 12:53

  • L'Histoire des bourses de valeurs est jalonnée de krach. Étymologie : Krach signifie en allemand "bruit", "boucan", et de manière ...
    14 Kio (1993 mots) - 12 mars 2013 à 02:22

  • Articles connexes : Histoire des bourses de valeurs Acquisitions de titres Analyse technique Association de défense des actionnaires ...
    20 Kio (2724 mots) - 17 mai 2013 à 03:28

  • Articles connexes : Histoire des bourses de valeurs Liens externes: 40 | 42 | 23 | N | 74 | 00 | 34 | W | type:city_region:FR_scale:10000 | ...
    13 Kio (1796 mots) - 22 mai 2013 à 08:53

  • Voir aussi Articles connexes : Histoire des bourses de valeurs Euronext et NYSE Euronext CAC 40 Valeur mobilière Bourse Produit dérivé ...
    15 Kio (2000 mots) - 17 mai 2013 à 01:04

  • Exchange (NYSE), ou la Bourse de New York, est la plus grande des bourses mondiales. ... Article connexe : Histoire des bourses de valeurs ...
    10 Kio (1526 mots) - 18 mai 2013 à 07:37

  • C'est aussi le premier temps fort de l'histoire des bourses de valeurs . La création de la Banque d’Angleterre, levier des banques ...
    31 Kio (4517 mots) - 12 décembre 2012 à 08:32

  • 7 grandes mines de charbon, introduites en Bourse de Bruxelles , qui vit alors l'essor le plus rapide de l'Histoire des bourses de valeurs . ...
    139 Kio (18034 mots) - 18 mai 2013 à 10:55

  • Voir aussi Articles connexes : Histoire des bourses de valeurs Coefficient d'actualisation , Taux actuariel , Valeur nominale , Taux ...
    19 Kio (2511 mots) - 10 mai 2013 à 11:46

  • La bourse des valeurs est le lieu où s'échangent les valeurs mobilières : actions ... et les matières premières dans les bourses de commerce . ...
    27 Kio (3493 mots) - 6 mai 2013 à 09:11

  • Voir aussi Articles connexes : Histoire des bourses de valeurs Histoire économique des États-Unis Grande dépression ; Grande Dépression ...
    16 Kio (2335 mots) - 24 avril 2013 à 08:59

  • Histoire: Histoire des bourses de valeurs ... Forme des actions: Les actions sont des valeurs mobilières. Elles peuvent exister sous deux formes ...
    15 Kio (2155 mots) - 10 mai 2013 à 09:33

  • Origine de la SEC: Histoire des bourses de valeurs. La SEC a été créée par application de l’article 4 du Securities Exchange Act de 1934 voté ...
    9 Kio (1222 mots) - 27 avril 2013 à 04:21

  • Par les premières grandes émissions de titres boursiers, le Système de Law est une étape incontournable de l'Histoire des bourses de valeurs . ...
    12 Kio (1722 mots) - 12 mars 2013 à 09:43

  • et une des plus grandes bulles de l'histoire des bourses de valeurs , suivie d'un krach dans ce même secteur des nouvelles technologies ...
    59 Kio (7996 mots) - 28 avril 2013 à 11:26

  • Annexes Articles connexes: Histoire des bourses de valeurs. Liens externes : http://web. mac. com/fmorintlse/La_finance_globale/Bienvenue. ...
    45 Kio (6355 mots) - 15 mars 2013 à 04:50

  • Histoire des bourses de valeurs. Après la forte rivalité des Bourses de Londres et de Paris au s- | XIX | e au moment de la conquête ...
    21 Kio (2644 mots) - 21 mai 2013 à 04:09

  • Précédée par celle de Montréal dans l'Histoire des bourses de valeurs , la Bourse de Toronto (Toronto Stock Exchange, en anglais, abrégé ...
    3 Kio (385 mots) - 7 avril 2013 à 05:37