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Souverainisme au Québec
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| Cet article fait partie de la série sur la politique du Québec, sous-série sur la politique. |
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Le souverainisme au Québec ou l'indépendantisme au Québec désigne l'idéologie qui revendique que le Québec devienne un pays souverain. Actuellement une province au sein du Canada, le Québec devrait, selon l'idéologie souverainiste, se séparer du Canada pour devenir un pays à part entière.
L'idéologie souverainiste se fonde sur l'idée que les Québécois forment une nation et ont donc droit à l'autodétermination.
L'idéologie souverainiste s'oppose au fédéralisme québécois, puisqu'elle prône la rupture des liens entre le Québec et le Canada. Elle diffère aussi de l'autonomisme québécois puisque celle-ci, bien qu'elle souhaite une décentralisation des pouvoirs, souhaite le maintien du Québec comme province canadienne. Toutefois, plusieurs souverainistes sont aussi en faveur d'une décentralisation.
Sommaire |
Vocabulaire
En pratique, les termes « indépendantisme », « souverainisme » et « séparatisme » sont utilisés pour qualifier l'idéologie souverainiste. La différence entre les appellations peut signifier une certain différence idéologique. L'utilisation du terme « indépendantisme » est souvent employé pour désigner une idéologie plus radicale que le « souverainisme »[réf. nécessaire]. Toutefois, cette distinction est très peu faite dans la pratique. Le terme « souverainisme » est le terme le plus employé.
Toutefois, l'utilisation du terme « séparatisme » est parfois perçu comme péjoratif au Québec. De plus, la plupart des discours politiques du premier ministre du Canada utilisent le terme « souverainiste » en français afin de modérer les propos auprès de l'électorat québécois et le terme separatist (« séparatiste ») en anglais afin d'accentuer la dimension négative du projet[réf. à confirmer][1].
Historique
Origines
Les origines du souverainisme québécois remontent aux XIXe siècle.
Essor (années 1960)
Avant cette époque, ni les nationalistes traditionnels de l'Union nationale ni ceux du Parti libéral du Québec ne sont partisans de l'indépendance. Malgré des slogans électoraux tels Maîtres chez nous chez les libéraux, et Égalité ou indépendance chez les unionistes, aucun des deux principaux partis n'articule de politique qui va au-delà de simples demandes de réformes constitutionnelles.
Transformation post-référendaire (1980)
Époque moderne
Idéologie
Principes généraux
Le but de l'idéologie souverainiste est de faire en sorte que le Québec devienne un pays en se séparant du Canada. Cependant, plusieurs souverainistes proposent d'établir divers partenariats futurs avec le Canada.
L'idée de la souveraineté du Québec est fondée sur une vision et interprétation nationalistes des faits historiques et réalités sociologiques du Québec, qui, selon les souverainistes, attestent l'existence d'un peuple et d'une nation québécoise[N 1].
Les souverainistes croient que l'aboutissement normal de l'aventure collective des Québécois est l'atteinte de l'indépendance politique, chose qu'ils entrevoient comme possible uniquement si le Québec devient un État souverain et si ses habitants se gouvernent eux-mêmes par le biais d'institutions politiques démocratiques indépendantes, et s'ils sont libres d'établir des relations extérieures sur la base de traités.
Par le biais du fédéralisme canadien, les Québécois exercent actuellement un certain contrôle sur l'État québécois, cependant au sein de la du Canada tel qu'il est actuellement constitué, le Québec n'a pas tous les pouvoirs constitutionnels lui permettant d'agir en tant que pays souverain.
Bien que ce soit avant tout un courant d'ordre politique, des préoccupations d'ordre culturel et social sont également à la base du désir d'émancipation par la voie indépendantiste d'une partie de la population québécoise, lesquelles sont beaucoup plus anciennes que le mouvement souverainiste et se réfèrent proprement à la question de l'identité nationale de chaque Québécois, toutes tendances politiques confondues. L'argument culturel principal des souverainistes soutient que seule une citoyenneté nationale québécoise permettrait de résoudre le problème de l'identité culturelle québécoise dans le contexte nord-américain. En assoyant la future nationalité québécoise sur des assises juridiques, les souverainistes croient que l'identité culturelle des Québécois et ainsi leur mémoire collective, telle que définie par leurs élites intellectuelles, sera adéquatement protégée, notamment contre les récupérations par d'autres nations, tel l'hymne national du Canada, à l'origine un chant patriotique canadien-français. Une citoyenneté nationale viendrait résoudre de manière adéquate et définitive la délicate question de la langue française au Québec, langue de la majorité québécoise, cependant langue d'une minorité culturelle au sein du Canada.
Souverainisme de gauche
L'idéologie souverainiste québécoise est grandement associée à la social-démocratie et la sécularisation. Les partis politiques et les groupes qui ont fait la promotion de la souveraineté ont souvent été groupes politiquement de gauche. Il s'est donc développé au Québec un nationalisme de gauche qui associe les idées sociales-démocrates et séculières avec le nationalisme.
Souverainisme de droite
Il existe aussi un frange du souverainisme québécois associé à des idées plus conservatrices. Des penseurs comme Lionel Groulx ont souhaité créer un Québec indépendant pour y faire fleurir la langue française et la religion catholique.
Plus récemment, le sociologue Mathieu Bock-Côté prône une idéologie souverainiste ancrée dans un nationalisme-conversateur.
La rupture des liens avec le Canada
L'idéologie souverainiste la constitution d'un pays souverain pour le Québec. Toutefois, l'idéologie regroupe plusieurs franges qui accepte ou non la poursuite de certains liens avec le Canada. Ainsi, durant les années 1980, le Parti québécois prônait un projet de souveraineté-association qui comprenait certains liens avec le Canada.
De même, certains militants du Parti libéral du Québec au début des années 1990 souhaitait une forme de souveraineté québécoise à conditions qu'il subsiste un Parlement unissant le Québec et le Canada.
D'autres franges, plus majoritaire, réclament la constitution d'un pays souverain qui négocierait par la suite avec le Canada pour certaines ententes commerciales et territoriales (ex. : monnaie commune, libre circulation, partenariat économique, etc.).
Critiques
Opinion publique
Mise en œuvre
Le projet de souveraineté
Le souverainisme québécois implique l'atteinte de la souveraineté du Québec. Ce projet vise la mise sur pied d'un pays souverain.
Mode d'accession à la souveraineté
Au sein de l'idéologie souverainisme, il existe différentes visions de la mise en œuvre du projet.
L'étapisme est une doctrine qui vise à consulter les Québécois par le biais d'un référendum avant d'accéder à la souveraineté. Elle a été élaborée par l'ancien ministre péquiste Claude Morin. Il s'agit présentement de la doctrine majoritaire au sein du mouvement souverainiste. Elle a été adoptée par le Parti québécois, de même que Québec solidaire. À deux reprises, le Parti québécois a mise en œuvre la doctrine de l'étapisme en consultant les Québécois sur le projet de souveraineté. Les Québécois ont rejeté le projet, quoique que par une très faible marque lors du référendum de 1995 (49,6 % en faveur conter 50,4 % en défaveur).
À l'opposé, certaines souverainistes prônent la doctrine de l'élection référendaire. Selon ces derniers, un parti politique élu à l'Assemblée nationale du Québec et ayant pour mandat de faire la souveraineté du Québec pourrait déclarer unilatéralement la souveraineté. Cette doctrine a soulevé plusieurs critiques puisqu'un parti peut être élu majoritairement à l'Assemblée nationale sans recueillir la majorité de voix parmi la population[N 2].
Organisations souverainistes
Partis politiques
En 2011, parmi les partis politiques provinciaux actifs, six s'identifient à l'idéologie souverainiste. Le plus important d'entres eux est sans aucun doute le Parti québécois. Fondée 1968, le Parti québécois visait à unir l'ensemble des souverainistes québécois. Il a été au pouvoir durant près d'une vingtaine d'années (de 1976 à 1985 et de 1994 à 2003). Durant ses deux mandats au gouvernement, il a organisé deux référendums sur la souveraineté du Québec. Dans les deux cas, le projet a été rejeté par la population, mais avec une très faible marge lors du référendum de 1995 (49,6 % en faveur et 50,4 % en défaveur).
Les partis Québec solidaire et Option nationale sont aussi deux partis souverainistes au Québec. Tous deux sociaux-démocrates, les partis se distinguent toutefois sur la priorité à accorder au projet de souveraineté. Le premier, Québec solidaire, souhaite l'accession du Québec à la souveraineté afin de mettre en œuvre un projet social progressiste. Option nationale quant à lui place la souveraineté comme priorité.
D'autres partis québécois sont aussi souverainiste, comme le Parti indépendantiste, le Parti communiste du Québec et le Parti marxiste-léniniste du Québec
Groupes et organisations
Il existe au Québec un grand nombre de groupe de pression et d'organisations souverainistes. Le Conseil de la souveraineté du Québec est un organisation visant à faire la promotion du souverainisme. Le Mouvement national des Québécoises et Québécois regroupe quant à lui des organisations nationalistes qui vise à promouvoir le souverainisme et la défense de la langue française.
Des groupes de pressions plus radicaux existent aussi comme le Réseau de Résistance du Québécois qui organise régulièrement des manifestations pour promouvoir la souveraineté du Québec.
Le souverainisme a aussi été adoptée par le Front de libération du Québec, une organisation dont certaines cellules sont responsables des actes terroristes.
Bibliographie
- Lucille Beaudry, François Fournier et Daniel Villeneuve, Le souverainisme politique au Québec : le Parti Québécois et les courants indépendantistes, 1960-1980 : recueil bibliographique, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de science politique, 1982, 103 p. (OCLC 427261465).
Notes et références
Notes
- Le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a adopté, à 266 voix contre 16, une motion reconnaissant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ». Le 30 novembre, l'Assemblée nationale du Québec adoptait à l'unanimité une motion reconnaissant « le caractère positif » de la motion adoptée par Ottawa et proclamant que ladite motion ne diminuait pas « les droits inaliénables, les pouvoirs constitutionnels et les privilèges de l'Assemblée nationale et de la nation québécoise ».
- Ce phénomène est possible en raison du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Les résultats étant compilés circonscription par circonscription, un parti peut faire élire une majorité de député sans recueillir la majorité des voix dans l'ensemble du Québec. C'est d'ailleurs ce qui arrive fréquemment lors des élections générales québécoises.
Références
- Vincent Marissal, « Situation désespérée, stratégie du désespoir », dans La Presse, 3 décembre 2008 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2009)].
Voir aussi
Articles connexes
- Sur le débat constitutionnel en général
- Sur le souverainisme québécois
- Mouvement souverainiste du Québec (explication du mouvement qui promeut le souverainisme)
- Griefs des souverainistes québécois à l'égard du Canada
- Histoire du mouvement indépendantiste québécois
- Souveraineté du Québec (le projet, la mise en œuvre, etc.)
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