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Iznogoud
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| Iznogoud | |
| Série | |
| Scénario | René Goscinny |
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| Dessin | Jean Tabary |
| Genre(s) | Franco-Belge Humour |
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| Personnages principaux | Iznogoud Dilat Laraht Le calife Haroun El Poussah |
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| Pays | |
| Langue originale | Français |
| Autres titres | Les aventures du calife Haroun El Poussah |
| Éditeur | Dargaud BD'Star Éditions Tabary (anciennement Éditions de la Séguinière) IMAV éditions |
| Première publication | 1962 |
| Nb. d’albums | 28 |
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| Prépublication | Pilote |
| Adaptations | Série animée Cinéma |
| Site web | www.iznogoud.com |
Iznogoud est une série de bande dessinée créée par René Goscinny (scénario) et Jean Tabary (dessin) en 1962 dans Record sous le titre Les aventures du calife Haroun El Poussah. Pour ce personnage René Goscinny invente une formule désormais célèbre « Je veux être calife à la place du calife » et crée le premier personnage principal d'une BD jouant le rôle d'un méchant[1]. Après la disparition du magazine Record, les aventures de l'ignoble vizir sont publiées dans Pilote de 1968 à 1977 et puis pour certains histoires dans Pif entre 1986 et 1992. Les douze premiers albums sont publiés chez l'éditeur Dargaud. Les suivants paraissent chez d'autres éditeurs puis aux éditions Tabary pour être reprises en 2011 par les éditions IMAV.
Sommaire |
Synopsis
Au temps des Mille et une nuits, Haroun el-Poussah est le Calife bien aimé de Bagdad, et Iznogoud son dévoué vizir. Iznogoud est assisté de Dilat Laraht, son homme à tout faire. Iznogoud a une idée fixe : « devenir calife à la place du calife ! ». Si le calife est débonnaire, Iznogoud est un concentré de cruauté et d'égoïsme. Chacune de ses tentatives pour destituer le Calife se solde irrémédiablement par une catastrophe l'expédiant dans une situation inextricable, ce qui n'empêche pas de le retrouver dans ses fonctions comme si de rien n'était à l'épisode suivant[2]. Le Calife, quant à lui, ne se rend jamais compte de rien. Le contraste entre ces deux personnages ainsi que la malchance du vizir dans l'exécution de ses complots machiavéliques et retors sont les principaux ressorts comiques de la série. En outre, on retrouve dans Iznogoud la « patte » de Goscinny, mélange de références culturelles et historiques décalées (notamment les maires du palais et les rois fainéants), de jeux de mots sur les noms des personnages, et de multiples calembours.
L'expression « devenir calife à la place du calife » inventée par René Goscinny est aujourd'hui passée dans le langage courant.
Personnages principaux
- Le Grand Vizir Iznogoud : le protagoniste et héros/anti-héros de la série est le grand vizir de Bagdad. Iznogoud possède presque tous les défauts existants : cruel, avare, égoïste, colérique et hargneux. Obsédé par l'idée de devenir « Calife à la place du Calife », il tente d'y parvenir par tous les moyens[3], mais sans jamais y parvenir. De petite taille, il est la terreur de presque tout Bagdad, qui le déteste. Le nom Iznogoud est la francisation de l'expression anglophone « He's no good » (il n'est pas bon), expression qui prend tout son relief lorsque le calife qualifie son grand vizir de « Mon bon Iznogoud »
- Le Calife Haroun El Poussah : à l'origine, c'est le mène-héros de la série et l'ennemi de Iznogoud, bien qu'il y soit totalement passif. Calife de Bagdad bon, doux, paresseux et débonnaire, le Calife est adoré de son peuple. Malheureusement, sa grande bonté l'aveugle, il est en effet le seul dans tout Bagdad à ne pas savoir qu'Iznogoud est un personnage cruel dénué de scrupules qui rêve de prendre sa place. Il a au contraire toute confiance en son grand vizir, qu'il appelle « Mon bon Iznogoud », et qu'il adore. Il est cependant doté d'une chance extraordinaire, qui lui permet d'échapper à tous les plans d'Iznogoud pour le détrôner.
- Dilat Laraht : le fidèle homme de main d'Iznogoud. Dilat est un homme bedonnant d'aspect "bonhomme", généralement passif et observateur, qui s'il ne montre pas de qualités apparentes, manifeste fréquemment son esprit critique sur les initiatives hasardeuses de son maître qu'il appelle « Patron » en faisant de nombreux commentaires. Alors qu'Iznogoud le martyrise verbalement en lui hurlant ordres et invectives, Dilat essaie fréquemment de le dissuader de mettre ses plans à exécution, mais sans être écouté. On ignore s'il aime ou hait son maître, les albums se contredisant à ce sujet, mais il est certain qu'il lui est fidèle. Outre son rôle de faire-valoir d'Iznogoud, il tient dans la série le rôle du chœur antique, s'adressant au lecteur, ou parlant à sa place. C'est à lui qu'Iznogoud expose ses plans, ce qui permet, par ricochet, au lecteur d'en être informé. Il est souvent victime lui-même des plans d'Iznogoud pour renverser le Calife a également souvent pour fonction de sortir Iznogoud des situations inextricables dans lesquelles il se trouve en général à la fin de chaque histoire (voir Les retours d'Iznogoud), même si le peu de réalisme de la série ne rendait pas forcément nécessaire qu'un protagoniste repêche le grand vizir pour qu'on le retrouve avec plaisir dans l'épisode suivant. Dans la plupart des histoires dont le scénario est de René Goscinny, le grand vizir connaît une fin sans appel : disparu du monde réel, en prison ou vendu comme esclave.
Autres personnages
- Sultan Pulmankar : c'est le Souverain d'un Sultanat situé pas loin du Califat de Bagdad, et donc le voisin du Calife. Cruel, sanguinaire et extrêmement susceptible, il est réputé pour gagner toutes les guerres qu'il entreprend. En dépit de cette attitude, ses relations avec le Calife, qui est pourtant son exact opposé, sont on ne peut plus cordiales, et tous deux se rendent régulièrement visite. Iznogoud tente souvent de profiter de la susceptibilité de Pulmankar pour l'amener à se mettre en guerre contre le Calife et renverser ce dernier, mais ces tentatives échouent sans cesse, et se retournent contre lui. Pulmankar possède un harem, et en conséquence de nombreux enfants, vis-à-vis desquels il se montre, contre toute attente, un excellent père de famille. Son nom évoque une voiture confortable de chemin de fer: un Pullman-car.
- Dans le film Iznogoud de Patrick Braoudé (2005), il est interprété par Bernard Farcy.
- Le Grand Chambellan : Serviteur dévoué du calife, il devient de plus en plus important au fil des albums après la disparition de René Goscinny. Il n'aime pas Iznogoud et est l'une des rares personnes à connaître ses ambitions de devenir calife à la place du calife. Il fomente donc des complots contre lui afin de s'en débarrasser mais Iznogoud s'en tire miraculeusement à chaque fois et c'est lui qui se retrouve parfois dans des situations inextricables. Ses complots pour se débarrasser d'Iznogoud sont un peu des échos de ceux des albums co-écrits avec Goscinny, sauf qu'il ne cherche pas à prendre la place d'Iznogoud mais peut-être songe-t-il aux avantages qu'il perdrait si Haroun-El-Poussah disparaissait.
- Dans le film Iznogoud de Patrick Braoudé (2005), il est interprété par Franck Dubosc.
- Un Homme préhistorique apparaît dans certains albums. C'est une brute épaisse qui ne parle pas et n'a d'autre fonction que de faire "Glouck ! Glouck ! Glouck" et de frapper tout ce qui bouge avec sa massue. Son intervention (qui n'est pas toujours due à des voyages dans le temps) se fait toujours au détriment d'Iznogoud.
Genèse
René Goscinny raconte ainsi la genèse du personnage d'Iznogoud [4] :
« La série Iznogoud [5] est née d'une façon spéciale : elle est curieusement issue du Petit Nicolas que je faisais avec Sempé. J'avais écrit une histoire où Nicolas était en vacances dans une colonie, avec un moniteur qui racontait des histoires aux enfants. Et il leur avait raconté l'histoire d'un méchant grand vizir qui voulait toujours devenir calife à la place du calife. C'était tout. Et, lorsqu'on nous a demandé une série à Tabary et moi pour la revue Record, j'ai pensé faire une parodie des Mille et une nuits, en prenant toujours le thème du vizir qui veut devenir calife et qui n'y arrive pas. Et puis j'ai décidé que là je m'abandonnerais à mon péché mignon de trouver les calembours les plus atroces. »
La première apparition d'Iznogoud a lieu le 25 janvier 1962 dans le numéro 1 de Record[6], un hebdomadaire créé par Dargaud et la Bonne presse, s'adressant à un jeune public de 11-16 ans. Iznogoud est par la suite publié simultanément dans Record et Pilote. Le premier album est édité par Dargaud en 1966 ; la série sera ensuite éditée aux éditions BD'Star lors du décès de René Goscinny. BD'STAR avait été fondée par Jean Tabary et Francis Slomka, journaliste à Antenne 2. BD'Star devient les Éditions de la Seguinière en 1979 puis les Éditions Tabary en 1981. Francis Slomka, à qui l'on doit le scénario hommage à René Goscinny en dernière page de Je veux être calife à la place du calife, ainsi que les synopsis de L'Enfance d'Iznogoud et Iznogoud et les femmes, cédera ses parts de la maison d'édition à Murielle Tabary. Il abandonne l'édition en 1981 pour se consacrer à ses études de médecine. Il est aujourd'hui le patron de la célèbre « Clinique du genou » à Paris.
Après la mort de Goscinny, Tabary continue seul à faire vivre le personnage après le 14ème album.
Postérité
Dans le Journal du dimanche du 8 décembre 1974, alors que le premier ministre Jacques Chirac rend visite à Saddam Hussein pour vendre le procédé SÉCAM, René Goscinny imagine de remplacer l'homme d'État irakien par le personnage d'Iznogoud.
Depuis le 14 janvier 2005, Plantu caricature Nicolas Sarkozy en Iznogoud (même tunique et burnous) dans le Monde. Candidat déclaré de Jacques Chirac à l'élection présidentielle française de 2007 (« calife à la place du calife »), le ministre de l'intérieur Sarkozy s'oppose en 2005 au président de la République, refusant l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, lui valant cette caricature sous le titre « Turquie, immigration, Sarkozy défie Chirac »[1].
Albums
- Le Grand Vizir Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1966
- Les Complots du grand vizir Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1967
- Les Vacances du calife (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1968
- Iznogoud l'infâme (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1969
- Des Astres pour Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1969
- Iznogoud et l'ordinateur magique (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1970
- Une Carotte pour Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1971
- Le Jour des fous (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1972
- Le Tapis magique (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1973
- Iznogoud l'acharné (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1974
- La Tête de turc d'Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1975
- Le Conte de fées d'Iznogoud (scénario de René Goscinny), Dargaud, 1976
- Je veux être calife à la place du calife (scénario de René Goscinny), BD'Star, 1978
- Les Cauchemars d'Iznogoud (Tome 1) (scénario de René Goscinny), Éditions de la Seguinière, 1979
- L'Enfance d'Iznogoud (scénario de Jean Tabary), Glénat, 1981
- Iznogoud et les femmes (scénario de Jean Tabary), Éditions de Seguinière, 1983
- Les Cauchemars d'Iznogoud (bis) (scénario de Buhler), Éditions de Seguinière, 1984
- Le Complice d'Iznogoud (scénario de Jean Tabary), Éditions de Seguinière, 1985
- L'Anniversaire d'Iznogoud (scénario de Jean Tabary), Éditions de Seguinière, 1987.
- Iznogoud enfin calife ! (scénario de Jean Tabary), Éditions Tabary, 1989
- Le Piège de la sirène (scénario de Jean Tabary), Éditions Tabary, 1992
- Les Cauchemars d'Iznogoud (Tome 2) (scénario de René Goscinny), Éditions Tabary, 1994
- Les Cauchemars d'Iznogoud (Tome 3) (scénario de René Goscinny et Buhler), Éditions Tabary, 1994
- Les Retours d'Iznogoud (scénario de Jean Tabary et René Goscinny), Éditions Tabary, 1994
- Qui a tué le calife? (scénario de Jean Tabary), Éditions Tabary, 1998
- Un Monstre sympathique (scénario de Jean Tabary), Éditions Tabary, 2000
- La Faute de l'ancêtre (scénario de Jean Tabary), Éditions Tabary, 2004
- Les Mille et Une Nuits du Calife (scénario de Jean Tabary et Muritle Tabary-Dumas), Éditions Tabary, 2008
- Iznogoud président (scénario de Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian - Dessin Nicolas Tabary), IMAV Éditions, 2012
Hors-séries
À partir du 21 octobre 1974, Iznogoud est l'invité régulier du Journal du dimanche dans lequel il paraît sous la forme d'une planche intitulée L'Ignoble Iznogoud commente l'actualité. Iznogoud illustre les événements politiques et sociaux en faisant preuve de sa conception très personnelle du gouvernement. La série connaît un coup d'arrêt avec la mort de Goscinny en 1977 mais le journaliste Alain Buhler prend le relais jusqu'à sa fin le 17 juin 1979.
Les interventions d'Iznogoud par Goscinny seront regroupées dans un premier temps dans ces deux albums, parus en 1976 et 1977, puis sous le titre Les Cauchemars d'Iznogoud, avant d'être réédités en 1994 avec les autres dans une version couleur, en 4 tomes, et intégrés dans la série « normale » d'Iznogoud.
Reprise d'éditeur
En 2011, les éditions IMAV (fondées par Anne Goscinny) reprennent l'exploitation des derniers albums et annoncent la parution des Nouvelles aventures d'Iznogoud, dont le premier titre est Iznogoud président (21 février 2012). Le scénario est de Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian, le dessin de Nicolas Tabary. Cet album paraît à l'occasion du 50e anniversaire de la création d'Iznogoud[7],[8].
Adaptations
Série télévisée d'animation
- Une série télévisée d'animation a vu le jour en 1995, réalisée par la société Saban.
Film
- La bande dessinée a été adaptée en un film live avec Michaël Youn dans le rôle-titre qui a rassemblé plus de 2,5 millions de spectateurs lors de sa sortie en salle.
Anecdotes
Créé en 1992, le Prix Iznogoud récompensait « une personnalité qui a tenté de devenir calife à la place du calife, s’est vantée et a lamentablement échoué dans son entreprise ». Ce Prix n'a plus été décerné depuis plusieurs années.
Notes et références
- Jean-Christophe Ogier, « Iznogoud a 50 ans », La Marche de l'Histoire, 26 janvier 2012
- Interpellés sur le pourquoi de la chose, les auteurs répliquèrent en créant une série de nouvelles histoires nommées Les Retours d'Iznogoud, édité en 1994 par les éditions Tabary, sous le numéro 24.
- Dont la menace du pal envers ceux qui pensent lui désobéir ou qui échouent
- Tiré d'un entretien avec le Journal du Dimanche daté du 20/10/1974 et cité par Le Dictionnaire Goscinny, dirigé par Aymar du Châtenet, JC Lattès, Paris 2003. La scène du moniteur de colonie figure dans le recueil Les vacances du petit Nicolas.
- Le nom Iznogoud signifie He's not good, « Il n'est pas bon » en français, en référence au sale caractère du personnage.
- Record en 1962
- Iznogoud sur www.goscinny.net
- site non officiel sur www.bdcentral.com
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