Jan van Eyck

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Jan van Eyck

Description de cette image, également commentée ci-après

L'Homme au turban rouge, 1433
Autoportrait présumé de Jan van Eyck

Naissance vers 1390
Maaseik (Principauté de Liège)
Décès 9 juillet 1441
Bruges (Flandre)
Nationalité Flamand
Activité(s) peintre, enlumineur, diplomate
Élèves Lambert van Eyck
Mouvement artistique Primitif flamand
Œuvres réputées L’Adoration de l’agneau mystique
Les époux Arnolfini
La Vierge du chancelier Rolin
Mécènes Jean III de Bavière
Philippe le Bon
la Madone au chanoine van der Paele
la Vierge au Chartreux

Jan van Eyck (né vers 1390 peut-être à Maaseik et mort à Bruges le 9 juillet 1441) est un peintre né dans les territoires soumis à l'autorité du prince-évêque de Liège, Jean de Bavière (1390-1417) qui devient son protecteur. Il est célèbre pour ses portraits d’un réalisme minutieux. Ses tableaux les plus connus sont le portrait des époux Arnolfini et le retable de l'Agneau mystique, œuvre clé de la peinture occidentale. Il est l'un des premiers artistes à avoir signé beaucoup de ses œuvres.

Sommaire

Biographie

Origines et début à la cour de Hollande

La tradition qui situe à Maaseik, dans la région mosane, le lieu de naissance du peintre remonte à Lucas D'Heere (1559) et à Marcus Van Vaernewijck (1568).

Le plus ancien tableau qu’on lui connaisse se situerait entre 1417 et 1422. Il s’agit du volet gauche d’un diptyque représentant la crucifixion et conservé au Metropolitan Museum of Art de New York.

Dans les années 1422-1424, il est employé à La Haye, à la cour de Jean III de Bavière[1], comte de Hollande et de Zélande, prince-évêque élu de Liège, en qualité de peintre de la cour et varlet de chambre…. À la mort de celui-ci, en janvier 1425, il rejoint en Flandre son frère, Hubert van Eyck, également peintre. Il entre alors au service du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, le 19 mai 1425, comme peintre et « varlet de chambre »[2], avec un salaire annuel fixe qui lui fut régulièrement attribué une rente annuelle jusqu'à sa mort.

Peintre et diplomate de Philippe le Bon

Il est fixé à Lille, centre administratif du duché, avant le 2 août 1425. Le 26 août 1426, le peintre est payé pour entreprendre, au nom du duc, un pèlerinage et un lointain voyage secret et, à nouveau, le 27 octobre de la même année pour « certains loingtains voyages secrez ». En juillet et août 1427, il perçoit des rémunérations concernant, semble-t-il, une mission diplomatique à l'étranger. Ces données attestent que pendant les années 1426 et 1427, Van Eyck a fait, au moins, deux voyages lointains dont un pèlerinage. Il est possible que certains de ces paiements concernent aussi sa participation à une ambassade à Valence, en 1426. Il s'agissait de demander à Alphonse V d'Aragon la main de sa nièce Isabelle d'Urgel pour Philippe le Bon. La présence de Van Eyck y paraît vraisemblable si l'on considère l'intérêt que lui portera Alphonse V (il lui achètera des œuvres) et le fait que, de 1431 à 1436, le roi lui envoya Lluís Dalmau, son peintre attitré, perfectionner en Flandre ses connaissances de la peinture à l'huile. Le Retablo de los Concelleres de Dalmau (vers 1445, Barcelone, Museu Nacional d'Art de Catalunya) évoque indubitablement l'Agneau mystique (Gand, Cathédrale Saint-Bavon.). Le 18 octobre 1427, Van Eyck, de retour aux Pays-Bas, est invité à un vin d'honneur par le magistrat de Tournai. Il est encore signalé à Tournai le 23 mars 1428. Les négociations de Valence ayant échoué, Philippe le Bon envoie une ambassade au Portugal pour demander l'infante Isabelle en mariage (19 octobre 1428 - 25 décembre 1429). Un rapport de l'époque confirme que Van Eyck en faisait partie. En janvier 1429, au château d'Aviz, il exécute deux portraits de la princesse que des courriers portent à Philippe le Bon, le 12 février, par voie de mer et de terre. Au cours de cette ambassade, Van Eyck a peut-être visité Saint-Jacques-de-Compostelle, la cour de Jean II à Valladolid et celle de Mohammed VIII à Grenade. La présence du peintre dans la péninsule ibérique contribua à y éveiller l'intérêt pour l'art flamand.

À l’automne 1428, il est envoyé au Portugal pour certains loingtains voyages secrez par son protecteur, pour lui dire la vérité de corps et de caractère de la princesse Isabelle, la fille du roi Jean Ier. Il est chargé de peindre le portrait de la princesse. L’œuvre a disparu, mais nous connaissons l’existence d’un dessin grâce à une ancienne photo qui nous montre un portrait d’un genre tout à fait nouveau dont la pose préfigure la Joconde de Léonard de Vinci.

Le maître d'atelier à Bruges

Fixé à Bruges, il y achète une maison en 1432 et, vers la même époque, il épouse une certaine Margaretha. Il se marie, un fils naît en 1434 et un autre, peut-être en 1435 ; le duc les gratifia chacun d'un cadeau.

En 1434-1435, le magistrat de la ville de Bruges rétribue Van Eyck pour la polychromie de six statues et leur baldaquin à la façade de l'hôtel de ville. La visite que le magistrat avait faite le 17 juillet 1432 à son atelier concernait peut-être cette commande. En septembre 1434, il se produisit un incident administratif : la chambre des comptes de Lille refusa de payer Van Eyck ; le 13 mars 1435, le duc intervint personnellement en faveur de son peintre. Le 20 août 1436, il est rémunéré pour « certains voyaiges loingtains es estranges marches ». Il s'agit vraisemblablement d'une mission en terre non chrétienne, liée aux projets de croisade de Philippe le Bon. Il n'est pas à exclure que Van Eyck ait eu à faire des reconnaissances de voies et de territoires et à les porter sur une carte. Il se pourrait par ailleurs qu'il se soit rendu l'année suivante, en 1437, en Gueldre et dans le petit duché de Clèves dont le duc Adolphe avait épousé Marie de Bourgogne, sœur de Philippe le Bon. Un paiement de la ville d'Arnhem toute proche concerne cette année-là un vin d'honneur offert à un certain Jan de Eyck, donné pour originaire de Flandre. Selon un compte pour des funérailles en l'église Saint-Donatien à Bruges, compte clôturé le 23 juin 1441, il est décédé peu avant cette date. En qualité de membre de la familia ducale, il fut inhumé dans le cloître avoisinant cette église ; en 1442, à l'intervention de son frère Lambert, son tombeau fut transféré à l'intérieur de l'église. La pierre tombale au centre de laquelle étaient gravées les armes de la corporation des peintres disparut en 1800 lors de la destruction de l'église (cf. le dessin de P. De Molo vers 1785[3]. Une épitaphe en cuivre du début du XVIe siècle disparut pendant les guerres de religion. Une nouvelle épitaphe, en bois peint, fut apposée en 1768 ; elle disparut dès 1782. Lucas d'Heere et Marcus Van Vaernewijck précisent que Van Eyck est mort jeune. Le 22 juillet 1441, donc après son décès, le duc versa encore, à la veuve, une partie de sa rente annuelle et, lorsque leur fille Lievine entra au couvent Sainte-Agnès, à Maaseik, en 1449-1450, il lui attribua une gratification. Rien pratiquement ne subsiste des commandes que Van Eyck exécuta pour Philippe le Bon. Il a travaillé à la décoration des résidences de Hesdin (1431 ou 1432), de Bruxelles (1433), et de Lille (1434). On rattache généralement à ces travaux une peinture avec une fête de chasse à la cour de Philippe le Bon, copie du deuxième quart du XVIe siècle d'après une œuvre perdue de caractère eyckien évident[4]. Vers 1460, lorsque, dans son Trattato d'architettura, Filarete traite de l'ornementation des palais, il mentionne le nom de Jan van Eyck. Il a, sans aucun doute, peint des portraits du duc et de sa famille. Nombre de portraits gravés du XVIIe siècle mentionnant Van Eyck comme Inventor, peuvent en être des traces. Un dessin du XVIIIe siècle (appartenant à une collection privée allemande) porte une inscription selon laquelle il se rapporterait au portrait de l'infante Isabelle exécuté au Portugal. En 1456, Bartholomeus Facius décrit une mappa mundi exécutée par Jan van Eyck pour Philippe le Bon. Elle était très minutieuse et donnait la possibilité de mesurer les distances. Il est possible qu'il faille l'identifier à une carte du monde signalée à la Prinsenhof de Bruges. Il n'est pas exclu que le duc ait commandé à Van Eyck des œuvres décoratives à caractère héraldique[5].

L’apport technique de Van Eyck à la peinture occidentale est capital. Il a porté la technique de la peinture à l'huile à la perfection (sans pour autant la créer). Le liant utilisé par Van Eyck était à base d'huile siccative et d'un autre élément qui rendait le liant consistant, ce qui était l'une des difficultés rencontrés par les utilisateurs de la peinture à l'huile auparavant. Il a porté la technique de la peinture à l'huile et le réalisme des détails (notamment le rendu des matières) à un sommet jamais atteint avant lui, la technique flamande permettant aussi la netteté de ceux-ci.

On retrouve son effigie dans Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.

L'œuvre peint

L’œuvre de Jan van Eyck, en dehors de ce chef d’œuvre exceptionnel qu'est le retable de l'Agneau mystique, est composé surtout de représentations de la vierge Marie et de portraits. Van Eyck a ainsi été considéré comme le fondateur du portrait occidental. Ses modèles sont presque toujours représentés en buste : le visage, vu des trois-quarts, est tourné vers la gauche, et les yeux fixent souvent le spectateur, ce qui constituait à l’époque une innovation radicale.

Le retable de L'Adoration de l'Agneau mystique

Article détaillé : L'Agneau mystique (Van Eyck).
Retable de l'Agneau Mystique, Cathédrale Saint-Bavon à Gand

La paternité des œuvres de « Van Eyck » antérieures à 1426 (mort d’Hubert) est discutée et l’attribution à Hubert ou à Jan est délicate. Le retable de l'Agneau mystique (1432, à la cathédrale Saint-Bavon, Gand), a ainsi été commencé par son frère et achevé par lui en mai 1432, sans que l’on sache exactement quelle est la part de chacun des deux frères.

Le Portrait des époux Arnolfini

Les Époux Arnolfini
Article détaillé : Les époux Arnolfini.

Le Portrait des époux Arnolfini (1434, à la National Gallery de Londres) représente en pied, dans un intérieur flamand, un riche marchand établi à Bruges, Giovanni Arnolfini, et son épouse, au moment de leurs noces. Le miroir convexe au centre du tableau reflète deux personnages, peut-être les deux témoins, dont l’un serait Van Eyck lui-même. On peut alors voir dans cette œuvre un véritable certificat de mariage, d’ailleurs signé par van Eyck lui-même.

La Vierge du chancelier Rolin

Article détaillé : La Vierge du chancelier Rolin.

La Vierge du chancelier Rolin ou Vierge d'Autun est un tableau peint par le peintre flamand Jan Van Eyck pour Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne. Il est conservé depuis 1805 au musée du Louvre. Le tableau est un ex-voto, a tempera et huile sur bois de 66 cm de haut et 62 cm de large, et fut initialement présenté dans la chapelle Saint-Sébastien de l'église d'Autun. Cette œuvre respecte les innovations introduites par les primitifs italiens à la pré-Renaissance en mêlant humanisation des personnages (le chancelier et la Vierge ont la même taille), l'introduction du paysage et ses éléments terrestres dans une œuvre sacrée, et la révélation picturale de la complexité architecturale par une perspective cohérente.

Liste des œuvres attribuées au maître

Portrait de Marguerite van Eyck

Liste des œuvres attribuées à l'atelier

Influence et postérité

L'œuvre de Van Eyck a été abondamment copiée par des peintres et des enlumineurs et, au XVIe siècle encore, par G. David et Jan Gossart. Des Italiens également, comme Antonello de Messine et Colantonio, ont subi son influence. Sa renommée internationale, d'ailleurs, est attestée dans l'historiographie italienne du XVe siècle où l'on trouve des renseignements sur Van Eyck, rapportés entre autres par Cyriaque d'Ancône, Facius, Pizzicole, Filarete et Giovanni Santi.

Notes et références

  1. Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture (2 vol.), vol. 1, Paris, Larousse, 1996, 2497 p. (ISBN 2-03-750011-4), p. 705-708 
  2. (de) Katalog der ausgestellten Gemälde des 13.-18. Jahrhunderts, 1975, Gemäldegalerie, Berlin, p. 146.
  3. Bruges, Stadsarchief, ms. 595
  4. Versailles, Musée du Château
  5. Maurits Smeyers, Kirk-Irpa, 1994

Voir aussi

Bibliographie

Recouvrement de la Sainte-Croix par sainte Hélène
  • (en) Till-Holger Bochert, Jan van Eyck, éd. Taschen, 2008, 96 p.
  • (en) L. Baldass, Jan van Eyck, Londres, 1952.
  • R. Brignetti & G. Faggin, Tout l’œuvre peint des frères Van Eyck, Paris, 1969.
  • A. Châtelet, Jean van Eyck enlumineur, Presses universitaires de Strasbourg, 1993.
  • E. Dhanens, Hubert et Jan van Eyck, Albin Michel, Paris, 1980.
  • G. Faggin, Tout l’œuvre peint des frères Van Eyck, Flammarion, Paris, 1988.
  • L. Baldass, Jan Van Eyck, Londres-New York, 1952.
  • (es) C. Peman y Pemartin, Juan Van Eyck y España, Cadix, 1969.
  • C. Sterling, « Jan Van Eyck avant 1432 », dans Revue de l'art, no 33, 1976, p. 7–82.
  • (en) C. Harbison, Jan Van Eyck : the Play of Realism, Londres, 1991.

Articles connexes

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