Jean-Lambert Tallien

Tallien

Description de l'image  Jean-Lambert Tallien.jpg.
Nom de naissance Jean-Lambert Tallien
Naissance 23 janvier 1767
Paris
Décès 16 novembre 1820 (à 53 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France France
Profession Révolutionnaire, journaliste
Autres activités Député de la Seine-et-Oise à la Convention nationale

Président de la Convention

Membre du Comité de salut public
Jean-Lambert TallienSignature.jpg

Jean-Lambert Tallien, né le 23 janvier 1767 à Paris où il est mort le 16 novembre 1820, est un révolutionnaire et journaliste français.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et éducation

Sa famille descend d'un immigré italien (d'où son nom) installé dans le nord de la France au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Fils d'un maître d'hôtel du comte de Bercy, il obtient grâce à la protection de ce dernier une éducation complète.

Après ses études, il obtient de Bercy un poste de clerc chez un procureur, puis un emploi subalterne dans l’administration des finances et du commerce.

Début de carrière révolutionnaire

Enthousiasmé par les débuts de la Révolution, il participe à l’agitation populaire des rues parisiennes. Abandonnant son emploi de clerc, il devient à 22 ans secrétaire du député Jean-Baptiste Brostaret.

Comme tant d’autres, c’est dans la presse que Tallien tente de se faire remarquer. Il obtient peu après un emploi de prote à l’imprimerie du Moniteur et organise une société fraternelle au faubourg Saint-Antoine. C'est à cette époque qu'il commence à fréquenter le club des Jacobins. Il devient proche des meneurs populaires, en particulier de Danton.

Début 1792, il lance sa propre feuille intitulée l'Ami des citoyens, journal fraternel, un journal-affiche, pâle copie du journal de Marat publiée aux frais des Jacobins.

Après l’échec de la tentative de fuite du roi à Varennes, Tallien demande sa destitution et devient l’un des animateurs les plus en vue de la section des Lombards. Le 15 avril 1792, il organise avec Collot d'Herbois la « Fête de la Liberté » en hommage aux Suisses de Châteauvieux libérés.

Le 8 juillet 1792, il apparait à la barre de l'Assemblée au nom de la section de la Place royale pour demander la réintégration de Pétion et de Manuel dans leurs fonctions municipales.

Les massacres de septembre

Tallien participe ensuite au 10 août 1792 et siège à la Commune insurrectionnelle comme secrétaire-greffier. À ce poste, il montre une activité fébrile et apparaît souvent à la barre de l’Assemblée au nom de la Commune.

En septembre, il défend les tueries perpétrées dans les prisons de Paris et fait l’éloge des massacreurs ; le 3 septembre, il envoie une circulaire en province dans laquelle il recommande de faire de même. À la fin du mois, il démissionne de son poste et se présente à Paris pour les élections à la Convention, mais Marat s’oppose à lui en affirmant : « Tallien… un intrigant cupide qui cherche des places. » Résigné mais pas vaincu, il finit par se faire élire en Seine-et-Oise, le neuvième sur onze, par 422 voix sur 681 votants. Détesté par Robespierre, Tallien navigue dans l'entourage de Danton.

Débuts à la Convention

À la Convention, Tallien siège sur les bancs de la Montagne, s’opposant à la Gironde, après les attaques qu’elle a menées contre la Commune de Paris. En octobre 1792 il est élu membre du Comité de sûreté générale. Il défend la Commune de Paris, réclame la mise en jugement de Louis XVI et l'interdiction pour celui-ci de voir sa famille, s'il le faut par la force, ce pourquoi il est censuré. Au procès du roi, il vote pour la mort sans sursis.

En février 1793, il obtient un décret d'accusation contre ceux qui avaient protégé le roi le 10 août, puis défend Marat contre les attaques dont il est victime.

En mars, il est envoyé en mission en Loir-et-Cher et en Indre-et-Loire où il se contente de relâcher un nombre important de prisonniers. Un mois plus tard, on le retrouve en Vendée où il préconise l'envoi de la garnison de Mayence en renfort contre les rebelles.

Après son retour à Paris, il participe à la chute des Girondins lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793. Durant l'été, il se fait remarquer en dénonçant une conspiration visant à sauver Custine et en défendant Rossignol.

La mission à Bordeaux

Thérésa Tallien

Le 23 septembre 1793, il est envoyé en mission à Bordeaux avec Ysabeau, pour réprimer les mouvements fédéralistes. Il crée une commission militaire qui ordonne l'arrestation de près de cinq mille personnes et prononce environ trois cents condamnations à mort. Parmi les victimes on compte l'ancien maire François-Armand de Saige et le député girondin en fuite Jean Bonaventure Birotteau. Tallien taxe également les fortunes des riches et distribue des terres aux sans-culottes. Enfin il débaptise le département de la Gironde pour lui donner le nom de Bec-d'Ambes. Il favorise la déchristianisation et organise une Fête de la Raison le 20 frimaire an II (10 décembre 1793).

Tallien rencontre à Bordeaux Thérésa Cabarrus, ex-épouse d’un ci-devant emprisonnée comme suspecte, qui le séduit. Tallien la fait libérer et l’installe chez lui, où ils vivent dans un luxe insolent et « protègent » des suspects.

Au fil du temps sa situation se fragilise après qu'il est entré en conflit avec le général Brune et le ministre de la guerre Bouchotte. Dès brumaire, il est dénoncé par les autorités révolutionnaires locales au Comité de sûreté générale pour modérantisme. Il demande son rappel à Paris mais est maintenu en place par le Comité de salut public.

Tallien aggrave son cas en n'appliquant pas la Loi du 14 frimaire an II. Puis il destitue le comité révolutionnaire de Bordeaux qu'il considère comme ultra-révolutionnaire. Toutefois, Jullien de Paris, l’agent du Comité de salut public, en mission dans les départements de l’Ouest, le dénonce à Paris. Son arrêté concernant le comité bordelais est cassé et le Comité de salut public lui demande des comptes.

La lutte contre

Se sentant menacé, il retourne vers la capitale pour se justifier. Il réussit à convaincre les députés de son ardeur révolutionnaire et est même élu président de la Convention, le 1er germinal (21 mars 1794), avec le soutien des Indulgents. Au matin du 11 germinal (31 mars) ses amis dantonistes sont arrêtés. Lors de la séance du matin, il laisse Legendre occuper la tribune pour défendre les inculpés, mais ne peut pas empêcher le triomphe final de Robespierre.

Thérésa le rejoint bientôt à Paris, mais elle est arrêtée sur ordre du Comité de salut public, ce qui fragilise considérablement sa position. Pourtant, le 23 prairial (11 juin 1794), il tente avec Bourdon de l'Oise de faire ajourner la loi de prairial instaurant la Grande Terreur. Le lendemain, il revient à la charge mais est violemment tancé par Robespierre : « Tallien est un de ceux qui parlent sans cesse avec effroi et publiquement de guillotine, comme d'une chose qui les regarde, pour avilir et pour troubler la Convention nationale. » Billaud-Varenne le dénonce également en le qualifiant de conspirateur[1]. Dès lors sa tête est gravement menacée.

Sur le point de passer en jugement, Thérésa Cabarrus lui envoie ce mot : « Je meurs d’appartenir à un lâche. » Cette insulte détermine Tallien à entrer dans la conjuration contre Robespierre dont il est la cheville ouvrière avec Fouché. Il s’illustre le 9-Thermidor à la Convention où, après avoir brandi un poignard en un geste théâtral, il interrompt le discours de Saint-Just et empêche l’Incorruptible de prendre la parole. Il donne ainsi le signal de l'attaque contre les robespierristes, secondé par son ancien ennemi Billaud-Varenne.

Chef de la réaction thermidorienne

Portrait de Tallien

Dès le lendemain de la mort de Robespierre, Tallien s'affirme comme un des arbitres de la nouvelle donne politique en obtenant que le Comité de salut public soit désormais renouvelé par quart tous les mois. Deux jours plus tard il est élu à ce même comité, où il côtoie certains de ses adversaires comme Billaud-Varenne, Collot d'Herbois ou Barère.

Tallien devient l’une des principales figures de la réaction thermidorienne, avec l’aide de Thérésa, qu’il fait libérer le 26 thermidor (13 août 1794) et épouse le 6 nivôse an III (26 décembre 1794).

Le 11 fructidor (28 août), peut-être à son instigation, son collègue Lecointre dénonce comme terroristes certains des anciens membres des comités de gouvernement. Mais cette attaque échoue et Tallien se heurte ici à son ancien camarade dantoniste Thuriot, ainsi qu'aux députés montagnards. Trois jours plus tard, il démissionne du Comité de salut public mais y laisse entrer certains de ses amis thermidoriens alors que les montagnards Collot et Billaud en sortent avec lui. Le 17 fructidor (3 septembre), après une séance houleuse, il est exclu du club des Jacobins en compagnie de Lecointre et de Fréron, ce qui marque sa rupture définitive avec la Montagne. Le 23 fructidor (9 septembre) il est victime d'un attentat au pistolet dont on ne retrouvera jamais l'auteur. Si certains ont soupçonné une manipulation de sa part, cet assassinat manqué renforce sa popularité.

Dénoncé comme ancien terroriste, Tallien réussit à s’en sortir en demandant les têtes de Billaud-Varenne et de Collot d’Herbois. Relançant l'Ami des citoyens, il attaque les Jacobins, les anciens représentants en mission Carrier et Joseph Lebon, fait fermer le Club des jacobins le 24 décembre 1794 et supprimer le Tribunal révolutionnaire le 31 mai 1795. Avec Fréron, il organise des bandes de Muscadins, qui se heurtent aux Jacobins, notamment le 19 septembre 1794, au Palais-Égalité (le Palais-Royal).

Entre avril et août 1795, il est de retour au Comité de salut public où il est chargé du commerce et de l'approvisionnement. C'est alors qu'il prend ses distances avec la droite pour se rallier définitivement au camp républicain.

En juillet 1795, il se distingue, lors de l’écrasement des forces royalistes débarquées à Quiberon par l’armée républicaine, commandée par Hoche, en ordonnant l’exécution des 952 émigrés faits prisonniers.

Lors des derniers jours de la Convention, Tallien s'inquiète de la victoire des royalistes aux élections et réclame l'annulation de celles-ci, ainsi que l'élection du Directoire par la Convention elle-même. Mais sa proposition est très vivement combattue par les modérés comme Thibaudeau et est rejetée. Nommé le 30 vendémiaire an IV (22 octobre 1795) membre d'une commission de cinq membres chargés de proposer des mesures de salut public, il présente le 3 brumaire (25 octobre) un long rapport dans lequel il dénonce les nouveaux députés royalistes de Paris, mais de nouveau ne parvient pas à faire admettre l'idée d'un coup d’État républicain.

Disgrâce et fin de carrière

Avec l’instauration du Directoire, l’influence politique de Tallien décline, bien qu’il siège au Conseil des Cinq-Cents. Discrédité aux yeux des Montagnards, qui le considèrent comme un renégat, comme de la droite, qui lui reproche son passé terroriste, il est également abandonné par Madame Tallien, qui devient la maîtresse du financier Ouvrard. Cependant, il est présenté par Paul Barras au général Bonaparte, qui l’emmène avec lui dans son expédition vers l’Égypte en juin 1798. Après la prise du Caire, il édite le Journal officiel, la Décade égyptienne.

Renvoyé en France par le général Menou, successeur de Kléber à la tête de l’armée d’Égypte en 1800, son bateau est capturé par un croiseur britannique pendant la traversée. Conduit à Londres, il est reçu avec faveur parmi les Whigs et rencontre Charles James Fox.

Fin de vie

De retour en France en 1802, son épouse obtient le divorce. Sans emploi, il obtient finalement, grâce aux interventions de Fouché et de Talleyrand, d’être nommé consul à Alicante en 1804, mais il n’y reste que quatre mois. Atteint de la fièvre jaune, Tallien perd l’usage d’un œil. Rentré à Paris, il réussit à obtenir une pension, qu’il conserve après le retour des Bourbons.

En 1816, il est exempté d’exil des régicides par suite de sa mauvaise santé. Il meurt de la lèpre, dans le mépris général, le 16 novembre 1820. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 14 puis division 10).

Au cinéma et à la télévision

Tallien a été interprétée par :

Sources

Bibliographie

Notes

  1. [1] Journal des débats, séance du 12 juin 1794
Précédé par Jean-Lambert Tallien Suivi par
Philippe Rühl
Président de la Convention nationale
(21 mars - 5 avril 1794)
Jean-Baptiste-André Amar
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Jean-Lambert Tallien . Wikipédia


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