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Le Spectre de la rose
| Le Spectre de la rose | |
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Tamara Karsavina et Vaslav Nijinski à la création en 1911.
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| Genre | Ballet |
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| Chorégraphe | Michel Fokine |
| Dramaturgie | Jean-Louis Vaudoyer |
| Musique | Invitation à la danse de Carl Maria von Weber orchestrée par Hector Berlioz |
| Interprètes | Tamara Karsavina et Vaslav Nijinski des Ballets russes de Serge de Diaghilev |
| Scénographie | Léon Bakst |
| Sources d'inspiration | « Le Spectre de la rose » de Théophile Gautier |
| Création | 19 avril 1911 Opéra de Monte-Carlo |
Le Spectre de la rose est un ballet en un acte créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev le 19 avril 1911 à l'Opéra de Monte-Carlo sur la chorégraphie de Michel Fokine et la musique orchestrée par Hector Berlioz de l'Invitation à la valse de Carl Maria von Weber. Les rôles principaux étaient dansés par Tamara Karsavina et Vaslav Nijinski. Les décors et costumes furent conçus par Léon Bakst. Le livret de Jean-Louis Vaudoyer est inspiré d'un poème du même titre de Théophile Gautier.
Sommaire |
Le poème argument du ballet
L'argument du ballet est le souvenir échappé d'une rose que forme en rêve une jeune fille rentrée de son premier bal. Pour le livret, Jean-Louis Vaudoyer a tiré son inspiration d'un poème de Théophile Gautier du même titre édité en 1838 dans le recueil La Comédie de la mort[1] :
- Soulève ta paupière close
- Qu’effleure un songe virginal ;
- Je suis le spectre d’une rose
- Que tu portais hier au bal.
- Tu me pris encore emperlée
- Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
- Et parmi la fête étoilée
- Tu me promenas tout le soir.
- Ô toi qui de ma mort fus cause,
- Sans que tu puisses le chasser
- Toute la nuit mon spectre rose
- A ton chevet viendra danser.
- Mais ne crains rien, je ne réclame
- Ni messe, ni De Profundis ;
- Ce léger parfum est mon âme
- Et j’arrive du paradis.
- Mon destin fut digne d’envie :
- Pour avoir un trépas si beau,
- Plus d’un aurait donné sa vie,
- Car j’ai ta gorge pour tombeau,
- Et sur l’albâtre où je repose
- Un poète avec un baiser
- Écrivit : « Ci-gît une rose
- Que tous les rois vont jalouser »
Composition musicale et création du ballet
En 1841, Hector Berlioz avait orchestré, sous le titre Invitation à la valse, le rondo brillant pour piano, opus 65, Aufforderung zum Tanz (Invitation à la danse) de Carl Maria von Weber à la demande de l'Opéra de Paris pour servir de support au ballet, obligé dans la forme « grand opéra », du deuxième acte du Freischütz. C'est sur cette musique qu'est créé le ballet chorégraphié par Michel Fokine. Auparavant (1838), Berlioz avait déjà composé, sur le poème de Théophile Gautier qui inspirera plus tard Fokine et Vaudoyer, une mélodie pour voix et piano titrée « Le Spectre de la rose » pour son cycle des Nuits d'été, qu'il orchestrera en 1856. Ainsi, les deux œuvres, la mélodie et le ballet, portent le même titre, sont toutes deux inspirées du même poème de Théophile Gautier, toutes deux interprétées sur les musiques orchestrées par Berlioz mais si la composition originale de la mélodie est du même Berlioz, la musique originale de Weber, déjà arrangée pour un ballet, s'accordait mieux à la création de Fokine et Vaudoyer.
Le ballet a été créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev le 19 avril 1911 à l'Opéra de Monte-Carlo. Les rôles principaux étaient dansés par Tamara Karsavina et Vaslav Nijinski. Michel Fokine inventait pour ce dernier la variation masculine où le danseur montrait des ports de bras jusqu'alors réservés aux ballerines. Pour la première fois, le danseur donnait des solos alors que dans la danse classique le danseur se contente d'être un faire-valoir de la ballerine. La chorégraphie de ce célèbre pas de deux a marqué l'histoire de la danse moderne. Les décors et costumes conçus par Léon Bakst restent la référence de toutes les reprises.
Premières représentations
- Création au Théâtre de Monte-Carlo le 19 avril 1911,
- Reprise au Théâtre du Châtelet les 6, 13, 15 et 17 juin 1911,
- au Théâtre national de l'Opéra les 24, 28 et 31 décembre 1911,
- au Théâtre des Champs-Élysées le 10 juin 1913,
- au Théâtre Royal de Stockholm le 10 janvier 1914,
- au Liceo le 29 juin 1917 avec Lydia Lopokova,
- au Théâtre Mogador le 27 juin 1922 avec de nouveau Tamara Karsavina.
Reprises ultérieures
Le ballet a été dansé en 1982 par Rudolf Noureev et le Ballet du Théâtre de Nancy accompagné par l'orchestre Colonne au cours d'un hommage rendu à Serge Diaghilev au Théâtre du Châtelet. Il a été donné de nouveau du 12 au 31 décembre 2009 à l'Opéra de Paris avec Clairemarie Osta et Mathias Heymann dans les rôles principaux.
Iconographie
- Nijinski (le spectre de la création en 1911)
- Reprises
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Vera Fokina (épouse de Michel Fokine), dans le rôle de la jeune fille (1920)
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Paul Petroff[2] et Tamara Toumanova en tournée en Australie (1940)
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Tamara Karsavina fait travailler le rôle de la jeune fille à Margot Fonteyn (1960)
- Illustrations
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Affiche de Jean Cocteau pour la création (1911)
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Croquis pour le costume du spectre par Léon Bakst
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Croquis pour les décors et accessoires par Léon Bakst
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Illustration de Georges Barbier (1913)
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Illustration de Dorothy Mulock pour The Art of Nijinsky de Geoffrey Whitworth (1913)
Notes et références
- Th. Gautier, « Le Spectre de la rose », in La Comédie de la mort, pp. 145-146, E. Laurent, Paris, 1838.
- Biographie de Paul Petroff sur le site de la National Library of Australia (Lire en ligne)
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