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Liste des épouses des présidents de la République française
| Épouse du président de la République française | |
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Titulaire actuel Valérie Trierweiler[note 1] depuis le 15 mai 2012 |
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| Création | 31 août 1871 |
| Premier titulaire | Élise Thiers |
| Résidence officielle | Palais de l'Élysée Rue du Faubourg-Saint-Honoré, VIIIe arrondissement de Paris |
| Site internet | www.elysee.fr/president/la-presidence/la-premiere-dame-de-france/la-premiere-dame-de-france.117.html |
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L'épouse du président de la République française, désignée de façon générale par les médias comme la « Première dame de France », est une personnalité attirant beaucoup d'attention bien que n'ayant aucun statut officiel stipulé dans la Constitution française de 1958 ou dans un autre texte constitutionnel. Il s'agit de l'épouse ou de la compagne du chef de l'État.
Son rôle public s'est accru dans la seconde moitié du XXe siècle, depuis la création de la Ve République.
Depuis l'investiture de son compagnon François Hollande le 15 mai 2012, Valérie Trierweiler est présentée comme la Première dame de France[1], bien qu'elle ait indiqué ne pas apprécier cette appellation[2].
Sommaire |
Dénomination
Pendant longtemps, on appelait l'épouse du président « la présidente[3] », mais cet usage n'a pas résisté à la féminisation des noms de métiers qui attribue cette expression au cas où la fonction présidentielle serait exercée par une femme.
Les journalistes français utilisent depuis peu l'expression « Première dame de France », en écho à l'expression américaine First Lady, pour désigner l'épouse du président de la République française[note 2]. En français, le terme de « dame » s'applique d'ailleurs aux femmes respectables ou d’un rang social élevé, sans préjuger de leurs situations maritales[4]. Cependant cette expression est utilisée depuis longtemps en France pour désigner le premier personnage féminin dans l'ordre protocolaire, par exemple : la reine, l'impératrice, la régente ou bien la mère du régent[5],[6],[7],[8]. Elle commence à être couramment employée par la presse, au sujet de Michelle Auriol, épouse du président de la République Vincent Auriol[9].
Le problème de l'appellation d'un conjoint homme ne s'est encore jamais posé en France en pratique ; certains médias avaient proposé « Premier gentleman » dans l'hypothèse de l'élection de Ségolène Royal[10] en 2007 ou dans la fiction télévisée L'État de Grace. Le titre de « premier magistrat de France[11] » ou plus rarement « premier citoyen de France[12] » employé pour qualifier le président de la République n'est pas lié à des formes protocolaires, il s'agit du sens romain du mot « magistrat » qui s'appliquait aux titulaires des fonctions publiques ; de la même façon on dit que le maire est le premier magistrat de la commune.
En mars 2010, le nouveau site internet de la présidence de la République indique nommément la « Première Dame de France », dans une rubrique qui lui est consacrée[13].
Fonction
Le protocole
Le conjoint du président n'a jamais eu de fonction légalement établie, que ce soit sous la IIIe, la IVe ou la Ve République. En pratique, il a cependant une place dans le protocole institutionnel.
Un usage qui donne une forme de rôle coutumier d'intercession à l'épouse du chef de l'État existe depuis l'élection du président de la République au suffrage universel, usage auquel s'adaptent quelques textes réglementaires. On en trouve ainsi trace dans l’article A40 (M)[14] du code de procédure pénale, qui fixe la liste des autorités politiques et judiciaires avec lesquelles les détenus peuvent correspondre sous pli fermé, c'est-à-dire sans contrôle de l'administration pénitentiaire, dispose dans son 3e aliéna :
« Doit être assimilée à ces autorités : l'épouse du président de la République. »
Un rôle qui tend à s'affirmer avec le temps
L'épouse du président de la République est fréquemment présente lors des dîners officiels au palais de l'Élysée et lors de voyages diplomatiques à l'étranger. Même s'il n'est pas encore président, Charles de Gaulle associe en 1940, son épouse Yvonne de Gaulle — à la demande des dirigeants britanniques, dont Winston Churchill — à un reportage visant à le faire connaître au Royaume-Uni, en tant que chef de la France libre et représentant de la France qui poursuit la lutte aux côtés des Alliés[15] . Yvonne de Gaulle est la marraine, en 1960 du paquebot France, et le baptise[16]. Pour les vœux présidentiels du 31 décembre 1975, le président Valéry Giscard d'Estaing y associe son épouse Anne-Aymone[17] : il y a dans cette action, comme il le fait lors de la campagne présidentielle, une réelle volonté de mettre en avant son épouse, notamment pour s'en servir comme un atout en termes de communication ; chose que le président emprunte, sans se cacher, à son modèle en la matière, le président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy. Si chaque Première dame a fondé une association caritative, c'est réellement Danielle Mitterrand qui est la première à s'impliquer en matière de politique, en faisant part aux médias de ses vues sur le monde. Le rôle d'épouse du président de la République, s'il n'est en rien défini, est finalement adopté par chacune, en fonction de sa personnalité.
Après le rôle diplomatique joué par Cécilia Sarkozy en tant que « représentante du président de la République », alors épouse du président, dans l'affaire des infirmières bulgares, Patrick Devedjian plaide pour qu'on lui donne légalement un statut la dotant d'un pouvoir[18], comme c'est le cas dans les monarchies. Cette proposition ne fut pas suivie d'effet. Le président refusa que sa femme aille témoigner devant une commission parlementaire. Il considérait qu'elle était son émissaire spécial, et que par conséquent son impossibilité légale de témoigner devant une commission parlementaire lui était étendue.
Au sein du palais de l'Élysée, elle dispose d'un cabinet de « 4 à 6 personnes ». Celui de Valérie Trierweiler est dirigé par l'ancien journaliste Patrice Biancone[19].
Liste des épouses des présidents de la République française
Situation conjugale des présidents de la République française
À l'exception de Louis-Napoléon Bonaparte qui reste célibataire, durant tout son mandat de président de la République, de 1848 à 1852, bien qu'ayant plusieurs maîtresses successives, tous les présidents de la République française ont été mariés pendant l'exercice de leurs fonctions. Après le rétablissement de l'Empire, le 2 décembre 1852, Napoléon III épouse, les 29 et 30 janvier 1853, Eugénie de Montijo, qui sera titrée impératrice des Français.
Raymond Poincaré, marié civilement, doit régulariser religieusement sa situation maritale avec son épouse Henriette, veuve et divorcée, le 5 mai 1913. Il organise la cérémonie dans le secret, pour ne pas froisser un électorat majoritairement catholique à l'époque.
En 1924, lorsqu'il accède à la présidence de la République, Gaston Doumergue est célibataire. Douze jours avant la fin de son mandat présidentiel, le chef de l'État épousa, dans le Salon vert du palais de l'Élysée sa compagne, Jeanne Gaussal, au cours d'une cérémonie civile, en juin 1931.
En novembre 1955, plus d'un an après son entrée en fonction, le président René Coty devient veuf après le décès de son épouse Germaine, qui fut très aimée des Français. Le magazine américain Life publiera dans ses pages quelques jours plus tard une tribune consacrée à la défunte première dame.
En 2007, le président Nicolas Sarkozy divorce de sa seconde épouse, Cécilia Ciganer Albéniz, cinq mois après le début de son mandat. Il épouse Carla Bruni[note 4] le 2 février 2008, qui donnera naissance trois ans plus tard (en 2011) à une fille, Giulia, ce qui constitue une première à l'Élysée.
Jamais marié, le président François Hollande partage sa vie avec Valérie Trierweiler, qui est sa compagne depuis 2006.
Les fondations
Élise Thiers fut la première épouse d'un président de la République française à avoir pris l'initiative de diriger une association, la Fondation Thiers.
Sous la Ve République, toutes les épouses des présidents de la République, à l'exception de Cécilia Sarkozy, ont créé leur propre fondation :
- Yvonne de Gaulle : Fondation Anne-de-Gaulle ;
- Claude Pompidou : Fondation Claude-Pompidou ;
- Anne-Aymone Giscard d'Estaing : Fondation pour l'enfance ;
- Danielle Mitterrand : France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand ;
- Bernadette Chirac : Association le Pont Neuf ;
- Carla Bruni-Sarkozy : Fondation Carla Bruni-Sarkozy.
Annexes
Notes
- Elle est la compagne du président François Hollande.
- Suivant les traductions, on trouve aussi « Première Dame » avec les mêmes majuscules qu'en anglais. En effet, Lady peut aussi bien être une formule de politesse, auquel cas il se traduit par « madame » ou « dame », que le féminin de Lord (seigneur), auquel cas il se traduit par « Dame ».
- Depuis son remariage elle se nomme Cécilia Attias.
- Carla Bruni Tedeschi se fait nommer Carla Bruni en tant qu'artiste, et Carla Bruni-Sarkozy en tant qu'épouse
Références
- « La Première Dame de France », sur le site de l'Élysée
- Elle ne veut pas être "Première Dame" : Valérie Trierweiler lance son concours, La Nouvelle République, 15 mai 2012
- Rapport sur la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre - Les contraintes internes à la langue
- Définition du terme « dame » par le CNRTL.
- « Au cœur du temps », « Henri IV »
- Charles Pinot-Duclos, François Barrière (préf.), Mémoires secrets sur le règne de Louis XIV, la Régence et le règne de Louis, 1846, 425 pages, p. 303, rééd. 1865 [Lire en ligne sur books.google.fr]
- Camille Rousset, Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, 1863, p. 385 [lire en ligne sur books.google.fr]
- Émile Bégin, Histoire de Napoléon, de sa famille et de son époque, 1853, p. 228 [lire en ligne sur books.google.fr]
- Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée - Celles d'hier et de demain, Librairie académique Perrin, Paris
- « Gala joue les marieuses pour le président », sur le site marianne2.fr.
- Betapolitique, « Sarkozy, le « premier magistrat » de France essaye de contourner la censure du Conseil constitutionnel »
- « Michel Creton interpelle le premier citoyen de France », l'Humanité
- « La Première Dame de France – Le rôle de l'épouse du président de la République », sur le site elysee.fr, consulté le 30 mars 2010.
- article A40 (M)
- Jean Lacouture, Charles de Gaulle, I. Le rebelle 1890-1944, éd. Le Seuil, 1984, (ISBN 2-02-006968-7), p. 416
- « Lancé par le général de Gaulle », sur le site linternaute.com.
- « Vœux de monsieur et madame Giscard d'Estaing » 31 décembre 1975, sur le site de l'INA, ina.fr.
- « Un statut pour le conjoint du président de la République ? », 24 juillet 2007, sur le site blog-ump.typepad.fr, consulté le 28 septembre 2009.
- « Trierweiler aura son cabinet à l'Élysée », in Le Figaro, lundi 21 mai 2012, page 4.
- Le mandat de son mari a débuté en 1924.
- Le mandat de son époux prit fin en 1959.
Bibliographie
- Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée – Celles d'hier et de demain, Librairie académique Perrin, Paris, 1995, 276 p. (ISBN 2262010633 et 978-2262010638) ; rééd. 1999 (ISBN 2262016208 et 978-2262016203)
- Bertrand Meyer-Stabley, Première dame – Les femmes de président, éd. Bartillat, Paris, 2008, 228 p. (ISBN 2841004368 et 978-2841004362)
- Henry-Jean Servat, Les Premières Dames de France, Albin Michel, Paris, 2007, 238 p. (ISBN 2226159932 et 978-2226159939)
- Delphine LeGuay, Femmes de président, France-Empire, Paris, 1995 (ISBN 2-7048-0757-4)
- Eckard Presler, Europas First Ladies – Auf eigenen Füßen, Militzke, Leipzig, 1999 (ISBN 3-86189-149-2)
- Élisabeth Chavelet, Leurs Femmes – Elles aussi ont du pouvoir, Laffont, Paris, 2003 (ISBN 2-221-09904-4)
- Christine Clerc, Tigres et Tigresses, Grand livre du mois, Paris, 2006 (ISBN 978-2-286-02743-8)
- Janet Marx, Die First Ladys der Fünften Französischen Republik, von Yvonne de Gaulle bis Bernadette Chirac, Müller, Saarbrücken, 2007 (ISBN 978-3-8364-4904-5)
- Constance Vergara, Valérie, Carla, Cécilia, Bernadette et les autres, en campagne, Tallandier, 2012
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