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Mohawks
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| Mohawks, Agniers | |
| Populations | |
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| Autre | |
| Langue(s) | Mohawk, anglais |
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Les Mohawks dont la signification est « mangeur d'homme » dans la langue de leurs ennemis héréditaires, les Algonquins, mais dont le vrai nom est « Kanienkehaka » signifiant « peuple du silex », sont appelés Agniers en français et Maquas en Nouvelle-Néerlande, sont l'une des six grandes nations iroquoises, qui sont, d’est en ouest : les Tuscaroras, Sénécas, Oneidas, Onondagas, Cayugas et Mohawks. Le nom iroquois est un mot algonquin qui signifie « serpent venimeux ». Les six nations préfèrent s’appeler « Haudenausee » qui signifie « Peuple de la maison longue ».
Sommaire |
Situation actuelle
Ayant adopté la langue anglaise, ils se désignent désormais eux-mêmes Mohawks. Ils vivent principalement dans les territoires de
- Ganienkeh et Kanatsiohareke dans le nord-Est de l'État de New York
- Tyendinaga et Wahta (Gibson) dans le sud de l'Ontario
- Kanesatake, territoire réservé pour les Mohawks, mais qui ne constitue pas une réserve indienne au sens de la Loi sur les Indiens. Près d'Oka.
- Kahnawake (anciennement Caughnawaga), près de Châteauguay - réserve.
- Akwesasne (réserve aussi située partiellement au Québec en Ontario et dans l'État de New York), aussi connu sous le nom de Saint-Régis - réserve.
- Réserve des six nations, où ils forment la majorité des habitants de cette réserve mixte iroquoise, en Ontario.
Histoire
Au début de l'époque historique, les Agniers sont installés dans le Haut-New-York, dans la vallée Mohawk. L'anthropologue Pierre Lepage rappelle les premiers lieux d'occupation des Agniers en commençant par la période de la Nouvelle-France, pendant laquelle ils occupèrent successivement un lieu près de la Montagne à Montréal, ensuite Sault-au-Récollet au Nord de Montréal près de la rivière des Prairies pour enfin occuper la Seigneurie de Deux-Montagnes, situé à l'embouchure de la rivière des Outaouais.
Tous ces déplacements étaient fait à la demande de la Congrégation des pères de Saint-Sulpice qui convainquirent les Agniers que cela était pour leur bien et en dernier lieu en leur promettant des terres bien à eux au Lac-des-Deux-Montagnes. En plus de cette promesse, une thèse d'histoire sortie en 1995 propose que la présence des Agniers au Lac-des-Deux-Montagnes est bien antérieure à l'arrivée de la mission sulpicienne en 1721. (Lepage, 2009 : 121) Selon ces deux arguments, la promesse et l'occupation antérieure, les Agniers d'aujourd'hui auraient donc droit à ces terres.
Cependant, ce qui complique les choses est le changement de régime en 1760. Ce nouveau régime britannique commença par donner pleine possession de leurs terres, le libre exercice de leur religion ainsi que la libre circulation sur tout le territoire américain aux autochtones de la région, dont le peuple Mohawk, afin de récolter leur allégeance. (Johnson dans Lepage, 2009 : 122) Mais ces belles promesses ne furent respectées que pour un temps limité[non neutre].
À partir des années 1780 commence une longue résistance des Mohawks qui s'inscrit en continuité avec leur lutte contemporaine. La résistance atteint un apogée le 21 juin 1877 avec une insurrection de 250 Mohawks armés. (Lepage, 2009 : 119) Du côté des autorités, on s'éloigne de plus en plus d'une reconnaissance des revendications Mohawks, avec en 1840 l'adoption par le Parlement du Bas-Canada d'une ordonnance en appui aux droits territoriaux des Sulpiciens, et en 1912 le Conseil privé de Londres confirma derechef ces droits. En 1911, juste avant cette décision de Londres, les propos du chef Mohawk Sose Onasakenrat illustre bien le découragement et les doutes de leur lutte :
J’aimerais résumer en quelques pages l’horreur de la situation qui fut nôtre mais je ne suis pas certain de réussir... Nos pères s’étaient mis sous la protection des Français au Fort-de-la-Montagne dès 1662. Quand ils devinrent trop encombrants pour la colonie de Ville-Marie, on les déménagea à Lorette, devenu depuis le Sault-au-Récollet. Et quand on s’aperçut que les terres du Sault étaient les plus fertiles de la région, on crut bon de nous éloigner davantage pour concéder ces terres aux colons français... c’est alors en notre nom que les Messieurs se firent concéder la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. De tout temps ils ont prétendu qu’elle leur avait été donnée à condition qu’ils s’occupent de notre bien-être spirituel et matériel. Nous avons toujours prétendu la même chose et quand nous avons voulu nous émanciper, quand nous avons voulu qu’ils cessent de s’occuper de nous, nous avons à bon droit réclamé la seigneurie. Nous l’avons réclamée de 1760 à 1911 mais les tribunaux ne nous ont jamais donné raison. Quant aux messieurs, ils tenaient trop à la terre pour quitter les lieux, quelque mépris qu’ils aient entretenu à notre égard.[1]
La situation changea de nouveau en 1945, lorsque le gouvernement fédéral racheta le reste de l'ancienne Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. D'après Lepage, il s'agit simplement d'un changement de tutelle, avec peu de changement réel pour les droits des Mohawks. Le territoire autochtone n'est pas considéré comme une réserve selon la Loi sur les Indiens et donc ne bénéficie pas de la même autonomie administrative. (Lepage, 2009 : 123) En 1974, le Bureau fédéral des revendications autochtones est créé mais les revendications Mohawks sont rejetées deux fois plutôt qu'une.
C'est en 1985 et 1986 que s'établit le contexte direct à la crise d'Oka à venir. Le Regroupement des citoyens d'Oka est fondé en réaction à la mise sur pied d'un centre de désintoxication pour la clientèle autochtone. La municipalité d'Oka appuie le groupe citoyen dans ses démarches, et la chicane s'étend à des questions de zonage et de construction. (Ibid. : 125) À la fin de 1988, le Conseil de bande de Kanesatake publie une étude avançant que la communauté va doubler de population en 1996 et donc qu'elle a besoin de plus de territoire. Le Conseil cherche des terres qui rempliraient leurs besoins et propose des terres limitrophes au terrain de golf. Le conflit se déclare lorsqu'en 1989 la Mairie d'Oka annonce un projet d'expansion du terrain de golf en question ainsi que d'un projet résidentiel connexe. Lepage aborde aussi la question d'un contexte explosif des relations police-communauté autochtone dans les années précédant la crise. Seulement à Kanesatake, une opération policière d'envergure a eu lieu le 29 septembre 1989, faisant sept arrestations, et ce six mois à peine avant le début de la campagne de désobéissance civile des Mohawks en mars, qui mènera à la crise d'Oka.
Crise d'Oka de 1990
Estimant que leurs ancêtres ont été jadis spoliés par les colons qui se sont appropriés de vastes « seigneuries » pour les revendre ensuite aux Blancs, des autochtones repartent en guerre pour faire valoir leur droits territoriaux. Les Mohawks, en partie venus de Kahnawake, d'Akwasasne et d'autres provinces du Canada, armés d'armes automatiques (AK-47, M16 et mitrailleuse Browning M2) ont occupé une forêt de pins abritant un cimetière d'Oka, village proche de Montréal. Le conflit a éclaté au printemps 1990 quand la municipalité a voulu agrandir un terrain de golf ainsi que vendre une partie des terres pour un projet domiciliaire en rasant une pinède centenaire[2]. Or, cette pinède avait beaucoup de valeur pour les Agniers, l'utilisant comme terrain communautaire et ayant été plantée par leurs ancêtres cent ans plus tôt. (Ibid.) Devant le refus des Amérindiens d'évacuer le terrain, les autorités donnèrent l'assaut au cours duquel un policier fut tué. Une partie de la communauté amérindienne a apporté son soutien aux « warriors » (guerriers) d'Oka. À la fin d'août, à la demande du Premier ministre du Québec, le Royal 22e Régiment intervient et installe un véritable état de siège. Le 26 septembre 1990 les Warriors déposent les armes[3].
Expulsions des non-Mohawks de la réserve de Kahnawake
En février 2010, le conseil de bande de la réserve de Kahnawake décide d'expulser toute personne qui n'est pas Mohawk, y compris ceux qui ont un conjoint de cette nation, et interdit aux "étrangers" de s'installer sur leur territoire[4].
Notes et références
- O’NEIL, Jean, 1987 : Oka. Les éditions du Ginkgo, Montréal, p. 109
- TRUDEL, Pierre. « La crise d’Oka de 1990 : retour sur les événements du 11 juillet » Recherches amérindiennes au Québec, XXXIX, nos 1-2, 2009 , p. 129-135.
- YORK, Geoffrey et Loreen Pindera. People of the pines, the Warriors and the legacy of Oka. Little, Brown and company (Canada) Limited, Toronto : 1991,
- (fr) Si vous n'êtes pas mohawk... dehors, tous!, Cyberpresse, 4 février 2010
Bibliographie
Lepage, Pierre. « Oka, 20 ans déjà! Les origines lointaines et contemporaines de la crise » Recherches amérindiennes au Québec. Volume 39, nos 1-2, 2009, p. 119-126.
York, Geoffrey et Loreen Pindera. People of the pines, the Warriors and the legacy of Oka. Little, Brown and company (Canada) Limited, Toronto : 1991, 438 pages.
Voir aussi
Articles connexes
- Amérindiens au Canada
- Autochtones du Québec
- Iroquois - Économie des Iroquois - Langues iroquoiennes - Constitution de la nation iroquoise
- Langue mohawk
- Étymologie des prénoms nord-amérindiens
- Crise d'Oka
- Jacques Frémin
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