Montagne (Révolution française)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Montagne (homonymie).

La Montagne (ses membres étant appelés les Montagnards) était un groupe politique de la Révolution française, à la Convention nationale, favorable à la République et opposé aux Girondins.

Sommaire

Histoire

Pendant la Révolution française, les députés de l’Assemblée législative de 1791 les plus à gauche prirent le nom de Montagnards (formant le groupe de la Montagne) alors que les députés des bancs les plus modérés prenaient le nom de Plaine ou de Marais.

Si l’appellation « Girondins » pour qualifier le groupe des fidèles de Brissot renvoie à leur origine géographique bordelaise, celle de « Montagnards » continue de susciter des interrogations parmi les historiens. L'explication la plus courante est que ces députés siègent à gauche sur les bancs les plus élevés de cette assemblée, d’où la référence à la « Montagne » et à la « Plaine ». Cette opposition correspond plus généralement à la topographie politique parisienne puisque la gauche de l'Assemblée nationale était issue des milieux cléricaux des quartiers de la Montagne Sainte-Geneviève et se réunissaient au couvent des Cordeliers, tandis que la droite était issue des milieux financiers établis dans les quartiers de la plaine de la Rive droite (entre la Place Vendôme et le Palais royal) et se réunissaient au couvent des Feuillants[1]. Cette opposition se trouvait déjà dans un texte ancien que beaucoup de révolutionnaires connaissaient : la « Vie de Solon », issue des Vies parallèles, où Plutarque décrit en ces termes les divisions politiques à Athènes : « Les habitants de la montagne soutenaient avec force la démocratie, ceux de la plaine l’oligarchie ; les habitants de la côte formaient un troisième parti, favorable à une forme de gouvernement intermédiaire… ». On peut situer la naissance idéologique de ce mouvement dans son opposition à la Gironde hors des enceintes de l'assemblée nationale. Au club des Jacobins et dans la presse s'ouvre vers décembre 1791 un grand débat sur l'opportunité de déclencher une guerre contre l'Europe[2]. A Brissot, Vergniaud, Guadet, Gernsonné, Condorcet, Carra, Roederer, partisans de la guerre à outrance, s'opposent notamment Robespierre, Danton, Marat, Billaud-Varennes, Camille Desmoulins, François Anthoine, Philibert Simond, Collot d'Herbois, Fréron, Panis, Merlin de Thionville, Chabot, Basire, François Robert ; tous convaincus que la Révolution doit, pour rester elle-même face à l'Europe garder un caractère pacifique[3]. Devenus ou redevenus députés à la Convention Nationale, ils siègent alors à la Montagne.

Favorables à la République, dominés par Georges Danton, Jean-Paul Marat et Maximilien de Robespierre, les montagnards connurent leur apogée au printemps de 1793 avec 300 députés à la Convention nationale, pour la plupart élus de la Seine et des grandes villes. Hostiles à la monarchie, favorables à une démocratie centralisée, les montagnards, proches de la petite bourgeoisie, s’appuyèrent sur les sans-culottes et combattirent âprement les Girondins, représentants de la bourgeoisie aisée, qu’ils finirent par évincer du pouvoir le 2 juin 1793.

Dominant la Convention et le Comité de Salut public, ils imposèrent une politique de Terreur. Les montagnards se scindèrent alors en plusieurs courants distincts, ceux qui étaient partisans d'une alliance avec le peuple et de mesures sociales - menés par Maximilien de Robespierre - et les tenants d'une Terreur ponctuelle - menés par Georges-Jacques Danton. Par ailleurs, plusieurs députés montagnards étaient proches des Enragés de Jacques Roux ou des Hébertistes menés par Jacques René Hébert.

Les Hébertistes appelant à une nouvelle insurrection et les tentatives d'apaisement ayant échoué, le gouvernement révolutionnaire fit arrêter, dans la nuit du 3 au 4 mars 1794 (13-14 ventôse an II), Hébert et les principales figures du club des Cordeliers. Tous furent condamnés à mort et exécutés vingt jours plus tard, le 24 mars 1794. Par la suite, ce fut au tour des Indulgents, qui menaient campagne pour renverser le gouvernement, mettre fin à la Terreur et négocier une paix rapide avec les monarchies coalisées, d'être éliminés. Arrêtés, ils sont condamnés à mort le 5 avril 1794 (4 germinal an II) et guillotinés.

Après la chute de Maximilien de Robespierre et de ses partisans le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les montagnards (que l'on a pris l'habitude de qualifier de montagnards de l'an III, pour les distinguer des montagnards « dantonistes », qui s'étaient alliés aux modérés du Marais), de moins en moins nombreux et réunis dans le groupe des Crêtois, tentèrent de s’opposer à la Convention thermidorienne mais en vain. Ils furent en grande partie éliminés après les insurrections de germinal et de prairial.

Sous la Seconde République, les députés de l’extrême gauche (Armand Barbès, Alexandre-Auguste Ledru-Rollin) reprirent le nom de Montagne pour désigner leur groupe politique, tandis que les royalistes légitimistes les plus ultras, partisans de « l'appel au peuple » et convaincus que le suffrage universel aboutirait à rétablir la monarchie, adoptaient le nom de « Montagne blanche »[4].

Galerie d'images

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références

  1. Louis Maitrier, Gauche-Droite, ou la localisation urbaine et l'origine des partis politiques, Paris, La Découvverte, 1997
  2. Quentin Laurent (dir. Pierre Serna), Jacques-Pierre Brissot. Genèse et stratégie d'un projet politique et diplomatique. Du début de la Législative à la déclaration de guerre d'avril 1792, Paris, IHRF (mémoire de master 2 en Histoire), 2011, 206 p. (cote : Z 1070) [fiche sur le site de l'IHRF]
  3. jean-Daniel Piquet, "La déclaration constitutionnelle de paix à l'Europe, grand sujet de débat entre 1791 et 1794" Monique Cubells La Révolution française, la Guerre et la frontière, Paris, Édition CTHS, 2000
  4. Stéphane Rials, Révolution et contre-révolution au XIXe siècle, DUC/Albatros, Paris, 1987, p. 155, et R. Huard, « Montagne rouge et Montagne blanche en Languedoc-Roussillon sous la Seconde République », in Droite et gauche de 1789 à nos jours, Publications de l'université Paul-Valéry, Montpellier III, 1975, pp. 139-160.

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Bibliographie

  • Alphonse Esquiros, Histoire des Montagnards, Librairie de la Renaissance, Paris, 1875 (édition de), 543 p.
  • Albert Mathiez, Girondins et Montagnards, 1re édition : Firmin-Didot, Paris, 1930, VII-305 p. –  Réédition en fac-simile : Éditions de la Passion, Montreuil, 1988, VII-305 p. (ISBN 2-906229-04-0)
  • Jeanne Grall, Girondins et Montagnards : les dessous d'une insurrection : 1793, Éditions Ouest-France, Rennes, 1989, 213 p. (ISBN 2-7373-0243-9)
  • Alison Patrick, The men of the Republic, 1972.
  • Albert Soboul (dir.), Actes du Colloque Girondins et Montagnards (Sorbonne, 14 décembre 1975), Paris, Société des Études Robespierristes, 1980.
  • Françoise Brunel, "Montagne/ Montagnards" Albert Soboul (dir), Dictionnaire Historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989.
mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimediafaire un don

Montagne (Révolution française) . Wikipédia


La Montagne (ses membres étant appelés les Montagnards ) était un groupe politique de la Révolution française , à la Convention nationale , favorable à la République et opposé aux Girondins...

L'actualité et le buzz sur Montagne (Révolution française)


30 liens sur Montagne (Révolution française). Enligne a réuni 30 liens de qualité sur la thématique Montagne (Révolution française). 10 Questions Réponses avec Yahoo Answer. Warning : fopen(http://fr...

Montagne (Révolution française)


Montagne (Révolution française). Pendant la Révolution française les députés de l'Assemblée législative de 1791 siégeant sur les bancs les plus hauts de l'Assemblée (la Montagne ) prirent le nom de...
Plus d'infos Sur le web

  • La Montagne (ses membres étant appelés les Montagnards) était un groupe politique de la Révolution française , à la Convention nationale , ...
    10 Kio (1 169 mots) - 6 avril 2012 à 09:05

  • De la révolution française à Napoléon III ... Cette montagne est surmontée par un couvent, lieu de pèlerinage très fréquenté consacré à sainte ...
    234 Kio (30 856 mots) - 22 mai 2012 à 02:21

  • La Révolution française est la période de l'histoire de France comprise entre ... et de rompre l’unité de la Montagne ; à cette période, ...
    182 Kio (23 283 mots) - 24 mai 2012 à 17:50

  • d'une cluse entre le nord de la montagne du Semnoz et l'ouest du mont ... La Révolution française : Fichier:Jacques_Bertaux_-_Prise_du_palais_des ...
    162 Kio (21 102 mots) - 24 mai 2012 à 16:05

  • est une commune française située dans le département de la Seine-Saint-Denis et ... Révolution française : Plusieurs conflits au cours du XVIII ...
    57 Kio (7 483 mots) - 24 mai 2012 à 16:38

  • est une commune française , située à 747 kilomètres au sud-est de ... Révolution française : La nouvelle de la prise de la Bastille est ...
    126 Kio (16 079 mots) - 25 mai 2012 à 21:20

  • classique situé place du Panthéon sur la montagne Sainte-Geneviève , dans le 5e ... Révolution française : Les symboles religieux sont enlevés ...
    196 Kio (27 077 mots) - 23 mai 2012 à 15:03

  • Député à la Convention pendant la Révolution française , il vota la ... débaptisée et appelée Port-la-Montagne)Il rappelle Bonaparte plus tard ...
    13 Kio (1 726 mots) - 16 avril 2012 à 12:47

  • Le patrimoine religieux de Liège jusqu'à la Révolution française compte un Palais ... Rénové récemment, il est situé au pied de la Montagne ...
    142 Kio (18 861 mots) - 26 avril 2012 à 17:20

  • Châteauneuf à la veille de la Révolution française ... langFR "Il s'agit de la catastrophe de 1903 liée à l'éruption du volcan de la Montagne ...
    94 Kio (13 802 mots) - 29 avril 2012 à 15:07

  • Le Faouët est une commune bretonne de la République française , située dans le département du ... Révolution française: Bataille du Faouët ...
    37 Kio (5 372 mots) - 20 mai 2012 à 02:24

  • Révolution française : En 1789 , les 2 paroisses Paramé ... Une batterie et des tunnels sur la montagne Saint-Joseph protègent l'accès du marais. ...
    33 Kio (5 118 mots) - 28 avril 2012 à 13:14

  • Lurs est une commune française , située dans le département des Alpes-de-Haute- ... Révolution française: La société patriotique de la commune y ...
    49 Kio (5 904 mots) - 7 mai 2012 à 18:02

  • Louvigné-du-Désert est une commune française , située dans le département d'Ille- ... Histoire Révolution française: L’organisation des fêtes ...
    12 Kio (1 506 mots) - 19 mai 2012 à 16:01

  • La Révolution (1789-1799) Adversaires de la Révolution française ... auprès des membres les plus avancés de la Montagne pour désigner les proscrits. ...
    27 Kio (3 774 mots) - 5 mai 2012 à 13:27

  • La Révolution française et le Premier Empire ... dans la vallée de la Vienne et plus de 750 mètres près du lac de Vassivière , dans la montagne. ...
    68 Kio (8 412 mots) - 24 mai 2012 à 15:07

  • La Révolution française ... Le panorama de Kéraménez : ce "village de la montagne" (c'est ce que signifie son nom en langue bretonne) est situé ...
    115 Kio (16 617 mots) - 24 avril 2012 à 21:26

  • Révolution française États généraux de 1789 ... à 3, il était sur la Montagne , donnant la main à Danton, causant avec Saint-Just , et ...
    46 Kio (6 139 mots) - 22 mai 2012 à 02:12

  • Révolution française ... élevé au grade d’adjudant-général chef de bataillon et enleva aux Espagnols un poste situé dans la montagne des Alberts . ...
    14 Kio (1 824 mots) - 22 mai 2012 à 10:19

  • Le diocèse de Soissons est un diocèse de l'Église catholique romaine française ... Avant la révolution française : Si on reprend les limites ...
    23 Kio (3 107 mots) - 23 mars 2012 à 12:07