Nouveau Parti socialiste

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Le courant Nouveau Parti socialiste (dit aussi NPS) a été constitué fin 2002 et début 2003 pour le congrès de Dijon du Parti socialiste.

Sommaire

Constitution et période du congrès de Dijon

Son processus de constitution a été lancé le 9 octobre 2002 par un appel[1] lancé par Julien Dray, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon dans le quotidien Libération puis le 26 octobre 2002 par un rassemblement[2] à la Sorbonne en présence des 3 signataires de l'appel, de Benoît Hamon et de Christian Paul. La motion[3] présentée au Conseil National du 15 mars 2003 et soumise au vote des militants affirme son ancrage à la gauche du parti, critiquant le social-libéralisme et la dérive libérale de l'Union européenne, et portant un plaidoyer pour la rénovation du PS et de la démocratie avec la revendication d'une VIe République. Ce nouveau courant se prononce aussi pour une Europe sociale, fédérale et démocratique, et met au cœur de son projet la proposition d'un traité social européen qui rééquilibrerait les politiques européennes. Rapidement, des associations départementales sont créées pour préparer le congrès de Dijon. Un mois avant le Congrès de Dijon, Julien Dray, qui aurait souhaité voir le Nouveau Parti socialiste rejoindre la motion A avec un certain nombre de garanties, quitte le NPS, mais n'est pas suivi par tous ceux qui venaient de la Gauche socialiste, notamment Gérard Filoche. La motion obtiendra un score de 16,88 % et 7 élus au Bureau national, devant les autres motions minoritaires. En 2005, elle comptait le soutien de 8 députés, 3 sénateurs et 3 députés européens.

Le texte de Fouras

Le courant est occasionnellement agité par l'état des relations mêlant complicité et rivalité qu'entretiennent ses deux principaux animateurs Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. Un texte est soumis au vote de l'Assemblée Générale des militants présents en août 2005, lors de la traditionnelle assemblée d'été qui se tient à Fouras organisée par Françoise Mesnard. Ce texte propose la constitution d'une majorité alternative à gauche pour permettre le renouvellement du PS au Congrès du Mans. Il indique que la synthèse ne saurait être acquise au Congrès sans une inflexion majeure de la ligne politique du PS sur de nombreuses questions parmi lesquelles celle de l'Europe à construire, de la mondialisation et des moyens de lutter contre les excès du libéralisme, celle de la démocratie à construire (qui passe par le changement d'institutions en France, désigné sous l'objectif de 6ème République). Ce texte, adopté par l'assemblée générale des militants réunie à Fouras, est une synthèse entre une trame rédigée par Christian Paul et Thierry Mandon, amendée par Benoît Hamon, puis validée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg.

Suite à ces rencontres d'été 2005 de Fouras, Gérard Filoche a annoncé son départ pour Alternative socialiste.

Avant le congrès du Mans

Pour ce congrès, le NPS a annoncé une motion autonome se situant dans la perspective d’une alternative à la majorité sortante conduite par François Hollande. Après le ralliement de la députée européenne Béatrice Patrie et du député européen Guy Bono, c’est Michel Vauzelle, Président de la Région PACA, puis le maire de Bondy, Gilbert Roger, qui ont rejoint le NPS. Le NPS rallie donc des partisans du « oui » prenant acte du résultat du référendum français sur la constitution européenne.

Vincent Peillon qui était premier signataire de la motion à l’occasion du Congrès de Dijon l’est à nouveau au Mans après de difficiles négociations avec Arnaud Montebourg qui devient le mandataire de la motion, c’est-à-dire celui qui la représente devant les instances du PS et tranche les différends éventuels au sein des équipes NPS fédérales. Cet équilibre des « puissances » tente de mettre entre parenthèses la cassure ouverte depuis le 8 juillet précédent, date à laquelle Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont pour la 1re fois affiché publiquement leur opposition devant les cadres du courant réunis en Conseil national.

Vincent Peillon reste premier signataire car il envisage d’être candidat au poste de 1er secrétaire du PS si la motion de François Hollande n’obtenait pas la majorité. Ce souhait s’exprime publiquement dans un article signé François Bazin et publié par le Nouvel Observateur le jeudi 22 septembre 2005.

Alternative socialiste propose à plusieurs reprises une alliance, mais le NPS a toujours refusé de s’engager vers une motion commune jusqu’à la veille du conseil national d’annonce des motions, lorsque Henri Emmanuelli et ses amis ont décidé de fusionner avec le NPS et de signer un texte commun basé sur le texte du NPS auquel ont été rajoutées des propositions notamment sur les domaines économiques.

L’alliance entre le courant NPS et le courant Alternative socialiste est scellée par une fusion des deux appareils sous le sigle unique « NPS : pour une alternative socialiste », et la signature en cinquième position de la motion NPS par Henri Emmanuelli, après Vincent Peillon, Yvette Roudy, Arnaud Montebourg et Françoise Castex.

Scission au sein du courant

La motion NPS réunit 23,6 % des suffrages au congrès, se plaçant en deuxième position.

Au congrès du Mans, la motion 1 intègre des amendements du NPS sur les questions européennes (traité social, salaire minimum européen, tarif extérieur commun), sur les questions sociales et sur la rénovation du parti. Sur les questions institutionnelles, la synthèse parle de « République nouvelle, plus démocratique et plus parlementaire », mais n’utilise pas le terme de VIe république.

Considérant le compromis satisfaisant, une large majorité (20 sur 25) de membres NPS à la commission des résolutions, dont Henri Emmanuelli, Vincent Peillon, Benoît Hamon, Christian Martin et Michel Vergnier, décide de voter la synthèse générale. Arnaud Montebourg et quatre autres membres de la commission des résolutions refusent de voter cette synthèse jugée factice et obtenue « à vil prix ».

François Hollande accepte l’entrée de plusieurs des dirigeants du NPS dans le secrétariat national du parti (Europe avec Benoît Hamon, Services Publics Christian Martin, Rénovation du Parti avec Barbara Romagnan, Etats Généraux du projet avec Henri Emmanuelli...), ainsi qu’à la commission du projet.

Après le congrès du Mans

Au conseil national du 26 novembre 2005, Arnaud Montebourg quitte le NPS. Il appelle ceux qui le soutiennent à le suivre et à fonder un nouveau courant (Rénover maintenant). Quelques proches comme Thierry Mandon, Christian Paul, Françoise Mesnard et Yvette Roudy le suivent.

D'anciens fidèles comme le sénateur David Assouline s’alignent derrière Vincent Peillon. Réunis à Saint-Nazaire pour l’université de rentrée, Ils essayaient d'imposer une candidate pour l'investiture de la présidentielle. Ce choix avait pourtant été refusé par les militants qui avaient clairement exprimé leur volonté de ne pas s'aligner derrière un candidat à l'investiture. D'autres, tels que Benoît Hamon, animateur du groupe « Nouvelle gauche », ou encore Michel Vauzelle, font également le choix de rester au Nouveau Parti socialiste.

Après une période d’incertitude, le courant s’organise à nouveau autour de Vincent Peillon, Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, parallèlement au rapprochement des réseaux « jeunes » d’ Alternative socialiste et de nouvelle gauche, notamment au sein du MJS. Des sessions de formation sont organisées en Ile de France par le courant, une lettre hebdomadaire élaborée, tandis que les animateurs du courant parcourent les fédérations pour expliquer aux sympathisants du nouveau parti socialiste les raisons de la synthèse et ses premières conséquences sur le fonctionnement du parti socialiste. Le fait qu’un partisan du Non au référendum sur le TCE puisse s'occuper de l'Europe au PS est révélateur du changement que pourrait entraîner la participation du NPS à la direction du parti socialiste.

Bibliographie

Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoît Hamon, Au cœur de la gauche, Éditions Le Bord de L'eau, 2004.

Notes et références

Liens externes

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