Royaume du Ouaddaï

(Redirigé depuis Ouadaï)
Ruines de Ouara (ancienne capitale)

Le royaume du Ouaddaï est un ancien État localisé dans l'État actuel du Tchad. Il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, mais seulement comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Sommaire

Historique

Origine

Le prince Abd al-Karim peut être considéré comme le fondateur du royaume Ouaddaï, au début du XVIIe siècle[1]. Le Royaume a existé jusqu'en 1912.

Guerre du Ouaddaï

Sa conquête par les forces françaises entre 1904 et 1911 fut difficile. La pénétration française au Tchad se heurte à l'opposition des souverains locaux, qui voient leurs souverainetés et leurs prérogatives écornées voire contestées. Si certains d'entre eux finissent par s'accommoder de cette situation, d'autres en revanche la combattent farouchement. C'est notamment le cas de Doudmourrah (Muhammad Da´ud Murra ibn Yusuf), sultan du Ouaddaï dont la population est estimé à 500 000 habitants, qui refuse de se soumettre et en particulier de céder son trône à son rival Acyl, soutenu par les Français.

L'installation en 1908 par ces derniers d'un poste à Ati provoque le casus belli. Une guerre féroce s'engage, qui tourne au désavantage des Ouaddaïens, battus à Dokotchi le 29 mars puis à Djouah le 16 juin par les troupes du capitaine Jerusalemy et du commandant Julien. L'année 1909 est encore pire pour Doudmourrah : son armée est une nouvelle fois défaite à Djohamé (1er juin) par le capitaine Fiegenschuh, dont les forces sont appuyées par les partisans d'Acyl, et sa capitale Abéché est capturée le lendemain, après une nouvelle bataille.

Doudmourrah s'enfuit mais ne renonce pas. Il cherche de l'aide et en obtient auprès des sultans du Dar Masalit et du Darfour ainsi que de la Sénoussiya. Désireux d'en finir avec lui, Fiegenschuh s'enfonce en territoire massalit à la tête d'une colonne de 200 hommes environ. Le 4 janvier 1910, il tombe dans une embuscade tendue sur l'oued Kadjia, à Bir Taouil, par le sultan du Masalit Tadj ed Din, et y est massacré avec la quasi-totalité de ses soldats.

À l'annonce du désastre, le lieutenant-colonel Henri Moll, commandant le territoire tchadien, prépare une expédition de revanche. Pendant ce temps, Doudmourrah reprend l'offensive et tente de reconquérir son royaume mais, le 17 avril, il est battu à Biltine par Segheiram, l'un des frères d'Acyl, et il est rejeté une fois de plus au Masalit. Début octobre, les préparatifs de Moll sont achevés et, le 26, une force de 600 hommes se dirige vers le Masalit. Elle est battu lors du combat de Doroté le 9 novembre 1910 et perd 44 hommes dont son chef.

Le 20 novembre, les restes de la colonne arrivent à Abéché où la nouvelle de ce nouveau désastre provoque la consternation. Le combat suscite également un grand retentissement en France. Le lieutenant-colonel Largeau est désigné en remplacement de Moll et envoyé au Tchad avec des moyens puissants qui viennent à bout du Masalit l'année suivante.

Doudmourrah, admettant sa défaite, se rend au commandant Hilaire en octobre 1911. Il est assigné à résidence à Fort-Lamy. Il ne règnera plus jamais sur le Ouaddaï. Acyl ne profite pas longtemps de son trône : trois ans plus tard, il est déposé par les Français au profit d'Ourada, neveu de Doudmourah.

La presse française rendra hommage au courage et à l'énergie du sultan vaincu : le journal 'L'Illustration lui consacrera un article intitulé: "un chevalier noir"[2].

Les pertes humaines durant cette guerre sont estimés à 4 000 morts dans les rangs français - comportant essentiellement des africaines - et 8 000 morts dans les rangs du Ouaddaï[3].

Organisation politique et administrative

Le Kam Kallak

Le roi du Ouaddaï est appelé Kam Kallak, qui signifie Le grand dans la langue des Maba, les habitants du Ouaddaï. Du fait de l'islamisation du royaume, il porte le titre officiel de Amir Al Mouminine, qui signifie Commandeur des croyants en arabe.

Les notables étrangers à la famille royale

Il y a beaucoup de notables étrangers qui ont contribuer au développement du royaume du Ouaddaï surtout après le transfert de la capitale à Abéché. Il s'agit des populations de l'Afrique de l'Ouest notamment des Peuls, Haoussa, Bornous. Aussi des populations venus de la Libye sans compter l'apport très important fourni par la communauté soudanaise appelée par les autochtones Djallaba.

La contribution et l'apport de cette communauté est extrêmement significatif et sans commune mesure dans des domaines divers : le premier tchadien ayant obtenu son doctorat en théologie à l'université Al Azhar est l'imminent Dr Cheikh Oulech Aouda, qui a enseigné beaucoup des ressortissants de la région, il a créé en 1935 l'Institut Islamique d'Amsiogo qui sera dirigé son disciple et cousin Salah Idjémy, imam de ladite qui a été inaugurée vers les années 1900 est spécialiste en Charia, lui aussi a étudié à AL Azhar en Égypte.

Cheikh Ahmat Taha chef de canton d'abéché rural est un excellent leader, étonné par sa gestion, les colons ont proposé de le nommé Sultan même mais fort de sa culture de personnalité et de la famille qui a été bien accueilli par les autochtones a décliné l'offre.

Dans le commerce, la famille Cheikh Hissein a brillé voire excellé dans ce domaine à Abéché sans compter les richissimes Abdel Madjid Taha et Moussa Abdel Mouti qui ont migré vers fort Lamy dans les années 40.

Organisation territoriale

Notes et références

  1. http://www.universalis.fr/encyclopedie/T301723/OUADDAI.htm
  2. Jean Malaval, Essai de chronologie tchadienne (1707-1940), Éditions du CNRS, Paris, 1974.
  3. Wadai War 1909-1911, sur On War. Consulté le 30 juin 2011

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

Bibliographie

  • Annie M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad (Nord du 10e parallèle), L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 2-296-00447-4)
mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimedia faire un don

Royaume du Ouaddaï . Wikipédia


Le prince Abd al-Karim peut être considéré comme le fondateur du royaume Ouaddaï , au début du XVII e siècle [ 1 ] . Le Royaume a existé jusqu'en 1912.. Guerre du Ouaddaï. Sa conquête par les forces...

Charaf-al , le plus célèbre Bideyate du Royaume du Ouaddai . Le blog de


le plus célèbre Bideyate du Royaume du Ouaddai.Durant le règne du sultan Muhammad Sharif, un enfant Bideyate a été capturé dans l'Ennedi par l'aqid des Mahamid. Amené à Abeché& Hébergé par OverBlog

Histoire du royaume du Ouaddai . XibniY


Murs du palais de OuaraLe Sultan du Dar Ouaddai Al-Hadj Mahamat Ourada ..Le prince Acyl, Fils du Sultan Ouaddaien "Mahamat Saleh".Image d'une maison en "poto-poto" prise a l'époque des colons a Goz-B&...
Plus d'infos Sur le web

  • Le royaume du Ouaddaï est un ancien État localisé dans l'État actuel du Tchad . Il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique ...
    7 Kio (979 mots) - 11 juin 2013 à 12:54

  • 1635 | L'État du Ouaddaï prend la place de celui du Birgu avec une nouvelle dynastie | Kolak (ou Sultan) | Dynastie al-‘Abbasi | ...
    4 Kio (282 mots) - 12 mars 2013 à 07:08

  • livré le 9 | novembre | 1910 au Tchad , en pays Masalit , pendant les opérations de conquête du royaume du Ouaddaï par les troupes françaises. ...
    8 Kio (1057 mots) - 31 mai 2013 à 11:57

  • Le combat de Djoua ou Djouah est livré le 16 | juin | 1908 au Tchad , pendant les opérations de conquête du royaume du Ouaddaï par les ...
    2 Kio (167 mots) - 13 mai 2013 à 08:56

  • Elle est le chef-lieu de la région du Ouaddaï et du département de ... d'un sultanat indépendant et, au XIXe siècle, celle du royaume ouaddaï. ...
    5 Kio (589 mots) - 12 mars 2013 à 08:17

  • Le Ouaddaï est une des 23 régions du Tchad , dont le chef-lieu est Abéché . ... Histoire: Elle a fait partie du royaume du Ouaddaï . ...
    3 Kio (306 mots) - 31 mai 2013 à 06:51

  • Le combat de Dokotchi est livré le 29 | mars | 1908 au Tchad , pendant les opérations de conquête du royaume du Ouaddaï par les troupes ...
    2 Kio (204 mots) - 13 mai 2013 à 08:56

  • grands royaumes sahéliens : le Kanem-Bornou , le Baguirmi et le Ouaddaï . ... Le royaume du Ouaddaï : Le royaume du Ouaddaï émergea du Darfour ...
    17 Kio (2360 mots) - 6 juin 2013 à 02:05

  • Le combat de Djohamé ou de l'oued Chauk est livré le 1 | juin | 1909 au Tchad , pendant les opérations de conquête du royaume du Ouaddaï ...
    2 Kio (184 mots) - 10 mai 2013 à 09:01

  • Le royaume du Baguirmi est un ancien État localisé au sud-est du lac Tchad dans ... se trouva sous la menace militaire du royaume du Ouaddaï . ...
    2 Kio (288 mots) - 9 mai 2013 à 08:08

  • De plus, entre le onzième et le quinzième degré de longitude , la frontière passera entre le royaume du Ouaddaï , qui sera français, et le ...
    20 Kio (2514 mots) - 20 mai 2013 à 10:43

  • Voir aussi : Liste des souverains du royaume du Ouaddaï Liste des souverains du royaume moundang de Léré Liste des souverains du royaume sar ...
    8 Kio (1036 mots) - 10 mai 2013 à 02:11

  • D'après l'ancienne capitale du royaume du Ouaddaï Nom des villes : Am Timan : Nom d'origine arabe: Autre forme : Amm et Timan (forme ancienne): ...
    2 Kio (309 mots) - 20 août 2012 à 11:41

  • Rahman Gawrang II sultan du royaume du Baguirmi, qui constitue avec celui du Kanem-Bornou et celui du Ouaddaï ; les bases fondatrices du Tchad. ...
    4 Kio (519 mots) - 16 mars 2013 à 02:52

  • En politique, un royaume est un pays dont le régime est la royauté et le chef de ... Afrique : Royaume du Ouaddaï Royaume du Kanem-Bornou ...
    4 Kio (433 mots) - 5 juin 2013 à 01:13

  • Voir aussi : Royaume du Ouaddaï Royaume toupouri de Doré Royaume du Baguirmi Anthropologie politique : Les sociétés à chefferies ...
    2 Kio (225 mots) - 9 mai 2013 à 04:00

  • Pendant son règne, le cheikh Fadil s'est opposé au royaume du Ouaddaï. Il se procura des armes à feu auprès de la mission française de ...
    8 Kio (1298 mots) - 28 mars 2013 à 11:51

  • début des agressions subies par ces populations du Sud : royaume du Kanem, du Bornou , Kanem-Bornou , du Baguirmi puis du Ouaddaï au XVI | e. ...
    11 Kio (1637 mots) - 25 mars 2013 à 04:52

  • un royaume entre les bassins de l'Oubangui et du Nil (pays des Kreich et du Dar Banda , au sud du Ouaddaï , où il fait un véritable désert). ...
    12 Kio (1761 mots) - 4 juin 2013 à 06:42

  • transférés au Royaume-Uni qui fonde la Côte de l'Or (colonie en 1874 ). ... L’armée d’Ali, roi du Ouaddaï (Soudan central), défait celle du ...
    21 Kio (2608 mots) - 28 mai 2013 à 02:57