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Peinture française au XVIIe siècle

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La Peinture française au XVIIe siècle est marquée par l'influence du Grand Siècle, période florissante pour toutes les branches de la culture en France (Littérature française du XVIIe siècle…), dont la peinture. Depuis le début de la Renaissance, c'est l'Italie qui était le centre de l'art, dans la seconde moitié du XVIIe siècle on assiste à un détournement vers la France (même si Rome garde son prestige). Deux des plus grands artistes du XVIIe siècle, célébrés de leur vivant, sont français : Nicolas Poussin et Claude Gellée. D'autres comme Georges de La Tour et les frères Le Nain ont été oubliés après leur mort et progressivement redécouvert au XIXe et XXe siècle et reconnus comme des peintres majeurs du siècle.

Sommaire

Le début du siècle

Le maniérisme

Dans le début du siècle, la peinture a eu peu de prestige à Paris, et il est difficile d'entrevoir celui dont elle jouira ainsi que le soutien de l'État qu'elle va acquérir.

Nicolas Poussin quitte sa Normandie natale en 1613 pour aller à Paris, la peinture française y étant plutôt médiocre, comme tout jeune peintre un peu ambitieux, il part pour Rome.

En France, dans le premier quart du XVIIe siècle, il existe un maniérisme tardif, syncrétisme du maniérisme italien (Pontormo, Le Parmesan…), flamand et de l'école de Fontainebleau. Cette peinture était caduque au regard des innovations des deux révolutions de la peinture qui avait eu lieu en Italie : Michelangelo Merisi dit Le Caravage et des frères Carrache qui dans un style différent avait inventé des propositions picturales foncièrement anti-maniéristes. L'atelier le plus important de Paris était celui du maniériste Lallemant (v.1575-1636) (souvent cité comme premier maître de Poussin). On peut citer aussi comme maniériste à Paris, Quentin Varin (v.1570-1626) et Ambroise Dubois (1523-1614).

Le naturalisme

Valentin de Boulogne, Les quatre âges de la vie, National Gallery, Londres.

La peinture de genre a eu beaucoup d'importance pour les artistes français du début du XVIIe siècle. Le « naturalisme » (selon une expression du XVIIe siècle) prend sa source chez le Caravage et une certaine extension avec le peintre hollandais Pieter Van Laer (1592-1642) dit Bamboccio. Celui-ci donna naissance au style de peinture appelé bambochade.

Ce genre de peinture était à l'époque considéré comme secondaire et convenait plus à des commandes d'amateur qu'aux commandes officielles. Le style même de Caravage et l'étude directe de modèle étaient assez critiqués à l'époque. Malgré cela Valentin de Boulogne (1591-1625) réussit une carrière à Rome dans un style résolument caravagesque (il reçut par exemple une commande pour la basilique St Pierre à Rome en 1630 : Le Martyre des St Processe et Marticien) ; il sut surtout donner à son style naturaliste toutes les subtilités de l'expression cohérente (nécessaire à la peinture d'histoire).

Le succès du naturalisme en France fut favorisé par un retour de la religion et d'une certaine spiritualité. Le baroque italien fut considéré en France comme le « style jésuite » (mouvement pas très apprécié en France), au contraire le naturalisme par sa simplicité entretenait un rapport étroit avec le jansénisme (mouvement religieux de grande aura en France).

Les Frères Le Nain arrivent de Laon à Paris vers la fin des années 1620, ils commencèrent à peindre des sujets religieux (v. Bacchus et Arianne v. 1630) mais s'orientent assez vite vers la peinture de genre (ce changement est sans doute dû à la concurrence). On peut observer cette transition dans : Venus dans la forge de Vulcain de 1641. Les deux chefs-d'œuvre des "Le Nain" sont : La Famille de paysans (v. 1647) et Le Repas des paysans, ils sont ici au sommet de leur art en soulignant la dignité et la simplicité des paysans avec un certain caractère religieux.

Enfin, celui qui a donné sa marque au naturalisme français est Georges de La Tour (1593-1652). Il donna à son œuvre une sensibilité très particulière, on parle « d'abstraction soustractive » pour qualifier l'aspect rigoureux et simple de ses compositions qui ont toujours comme préoccupation principale l'expression d'un sujet religieux. Son œuvre est divisé en deux périodes : les tableaux diurnes et les tableaux nocturnes ; ses plus grands chefs-d'œuvre appartenant à la seconde, par exemple : Le Nouveau-né, v.1648.

Les artistes français à Rome

Crucifixion, S.Vouet

Il est de tradition depuis le début du XVIe siècle pour les peintres français d'aller faire leur formation a Rome. Dans un contexte de réaction au maniérisme, les peintres vont en Italie pour y étudier l'art antique, les artistes de la Renaissance et les peintres contemporains.

À Rome à partir du deuxième quart de siècle, il existait des goûts fondamentalement différents. D'un côté le baroque ou « grand style » (Pierre de Cortone, Le Bernin…) de l'autre « le classicisme » (Sacchi, Carrache…). Le classicisme prend la peinture d'histoire au sérieux : l'invention est considérée comme le départ de la peinture et l'expression comme principe essentiel (associé à la convenance du lieu, clarté de la composition, netteté de la couleur et de la couleur). Le baroque accorde aussi de l'importance à l'expression mais celui-ci est soumis à des intérêt psychologiques, mais surtout décoratifs. Les baroques accaparaient les grandes commandes officielles préférées par les grands commanditaires. On retrouvera cette opposition en France quelques décennies plus tard.

La formation italienne de Simon Vouet

Le voyage de Simon Vouet débute en 1612, il se rend à Venise où il étudie Véronèse puis rejoint Rome en 1614. Là Vouet multiplie les expérimentations picturales, il se tourne en particulier vers Venise, on parle de néo-vénétianisme. Par exemple : La Circoncision est une synthèse entre Caravage (pour le clair-obscur) et la peinture d'histoire vénitienne (pour le chromatisme riche). Vouet rentre en France en 1627, après être passé par Venise en 1625.

Carrière romaine de Poussin

Les Israélites recueillant la manne, N. Poussin, 1638

Nicolas Poussin s'installe à Rome en 1624, comme Vouet il est marqué par le néo-vénitianisme. Il va beaucoup étudier Titien et la sculpture grecque antique. Petit à petit il se fait un nom et en 1626 il reçoit une commande du cardinal Francesco Barberini : La mort de Germanicus, lequel commande aussi une œuvre à Valentin de Boulogne : Allégorie de Rome (1628). Le cardinal, content de cette mise en compétition, réitérera avec une commande pour chacun pour la basilique Saint-Pierre : Le Martyre de saint Érasme de Poussin (1629) et le Martyre de saint Procès et saint Martinien (1630). Cette compétition déplaît beaucoup à Poussin, qui les évitera dorénavant. Poussin pour garder son indépendance essaya de ne répondre qu'a des commandes provenant d'amateurs éclairés, pour des gens sachant apprécier le travail du peintre et sa réflexion : il dit à ce propos « la délectation constitue la plus haute finalité de la peinture ».
Durant les années 1630, il adopte un langage de plus en plus classique (il suit la voie ouverte par les Carrache en peinture d'histoire) c'est-à-dire en privilégiant la clarté et la convenance de la représentation. Poussin peint alors des œuvres importantes de sa carrière :La peste d'asdod v.1630 ou L'Empire de florev.1631.
On peut remarquer que Poussin utilise des cette période les modes (adéquation de la facture picturale avec le sujet). À l'idéalisation que les Carrache avait remis au goût du jour (inspiré de Raphaël), Poussin ajoute un pouvoir fort de l'expression, du sens de l'œuvre. En 1637 Paul Fréart de Chantelou lui commande un tableau important intitulé: Les israélites recueillant la manne.
En 1640, Poussin rentre à Paris pressé par le Roi, il retourne a Rome en 1642.
À son arrivée à Rome il reçoit deux grandes commandes de cycle, une de Cassiano dal Pozzo et l'autre de Chantelou.

Carrière romaine de Claude Lorrain

Ulysse remet Chryséis à son père, v. 1644, Musée du Louvre, Paris
Énée à Délos, 1672, National Gallery, Londres

Claude Gelée, dit Claude Lorrain, (1604-1682) est après Poussin l'artiste français le plus important installé à Rome. Il s'y établit en 1626 définitivement jusqu'à la fin de sa vie en 1682.
Claude Lorrain est le peintre qui sut développer l'art du paysage à une dignité jamais atteinte. Il obtient très vite une indépendance financière ce qui lui permit de ne plus dépendre des commanditaires. Et pour éviter les contrefaçons, il consigna dans un album des reproductions de tout ces tableaux : Liber vertitatis à partir de 1637.
Claude Lorrain utilise l'idéalisation qu'il emprunte à la peinture d'histoire pour ses paysages, il n'imagine pas un paysage fantaisiste (attitude maniériste) mais il ne copie pas non plus directement la nature (attitude naturaliste), au contraire il construit un ensemble dont les parties s'accordent entre elles et qui sont elles idéalisées à partir d'étude d'après nature. Il fait donc une large part à l'expression générale de ses œuvres. On peut dire qu'il donne au paysage la dignité de la peinture d'histoire. Mais c'est la nature qui prend la place d'honneur au sujet, c'est une nature bucolique, arcadienne, une nature qui détient une intensité religieuse.
Même si, comme Poussin, Claude n'a pas de successeur direct, il contribua au développement du tableau en France.

« Ses images sont de la vérité la plus haute, sans montrer le moindre soupçon de réalité (…) tel est le véritable idéalisme. »" Citation de Goethe sur Claude Lorrain.

Vouet et l'atticisme

Simon Vouet, a Rome était l'un des peintres les plus en vue, il était Principe de la guilde des Peintres.
En Italie Poussin malgré sa renommée ne fait pas école, seul Claude Lorrain le suit dans son classicisme (il faut préciser ici que le grand style romain domine la scène romaine).

Le retour de Vouet à Paris

Article détaillé : Simon Vouet.
La Présentation de Jésus au Temple, 1641

Vouet rentre a paris sur ordre du Roi, en 1627; à cette occasion il est sacré premier peintre du Roi. Vouet réalise alors peut de peintures pour des commandes officielles, il peint essentiellement pour des églises et des commandes privées.
Il apporte à Paris une vision cohérente de la peinture d'histoire telle qu'elle avait été systématisée par les frères Carrache. Sa manière peut être qualifier de « brillante ». C'est grâce à cette manière, syncrétisme de sa formation Italienne, que Vouet impose son hégémonie sur la peinture française pendant 20 ans.

Le retour de Poussin a Paris

En 1640 Poussin rentre a Paris où, comme Vouet, il obtient le titre de premier peintre du Roi. Certes l'accueil de Poussin a Paris fut chaleureux, il obtient une forte rémunération et est logé au Palais des Tuileries. Mais les commandes qu'il reçoit ne lui convenait guerre, François Sublet des Noyers lui commande le maître-autel (miracle de Saint François) et commande en plus deux retable pour les chapelles latérales, une a Vouet et l'autre a Stella (La vierge et Joseph retrouvant Jesus). Cette mise en compétition ne plut pas a Poussin, hormis que le format soit trop grand pour lui, cela lui rappelait peut-être l'expérience désagréable contre Valentin de Bolougne.
Poussin rentre à Rome en 1642, mais il laissa une emprunte dans l'art français, sans former école, de nombreux artiste l'étudièrent pour son sens de la composition et de l'expression.

L'atticisme

L'œuvre qui est en partie à l'origine du classicisme rigoureux en France, que l'on appelle atticisme est La vierge et Joseph retrouvant Jésus parmi les docteurs de Jacques Stella en 1642. L'atticisme est le terme proposé par Jacques Thuillier pour qualifier le classicisme français, en opposition à l'asiatisme qui qualifie le style de Vouet. On parle essentiellement de l'atticisme sous la régence d’Anne d’Autriche, ce classicisme typiquement français était le plus épuré et élégant.

Les principaux représentants de l'atticisme sont :

Article détaillé : Jacques Stella.
Article détaillé : Philippe de Champaigne.
Article détaillé : Laurent de La Hyre.

La Hyre (1606-1656) ne se rendit pas en Italie pour sa formation. On peut citer comme œuvre de jeunesse : La conversion de St Paul de 1637. Il adopte un style vraiment classique en atteignant sa maturité picturale dans les quinze dernières années de sa vie :La mort des enfants de bételde 1653 ou L'apparition du Christ au pèlerin d'Emmaüsde 1656. Il connut un certain succès de son vivant.

Article détaillé : Eustache Lesueur.
Article détaillé : Sébastien Bourdon.

Le Brun et l'académie de peinture et de sculpture

Création de l'académie

La Guilde ou Maitrise de peinture, institué au Moyen Âge, régissait l'apprentissage et l'emploi dans les métiers de la peinture; seul un maître (ou son atelier) avait le droit de travailler à Paris. La Guilde des peintres tenait fermement son monopole, mais depuis le renouveau des arts en France des années 1620-1640, les peintres pouvaient échapper à la Maitrise, en logeant dans un palais royal ou dans une institution religieuse. Durant la régence d'Anne d'Autriche la Guilde essaya de briser les privilèges; les peintres répliquèrent en fondant l'Académie royale de peinture et de sculpture, au mois de janvier 1648.

Carrière de Le Brun

Le chancelier Séguier, v.1661
Article détaillé : Charles Le Brun.

Le Château de Vaux-le-Vicomte et le Château de Versailles

Article détaillé : Château de Vaux-le-Vicomte.
Article détaillé : Château de Versailles.

Fin de siècle

Bibliographie

Ouvrage sur la période:

  • Guillaume Janneau, La Peinture française au XVIIe siècle, P. Cailler, 1965, 499 p. 
  • Alfred Leroy, Histoire de la peinture française au XVIIe siècle (1600-1700), A. Michel, 1935, 350 p. 
  • Pierre Rosenberg, « La Peinture française du XVIIe siècle dans les collections américaines », dans Petit Journal des grandes expositions, Éditions de la Réunion des musées nationaux, no 116, 1982, p. 397 (ISBN 2711801977) 
  • C.Allen, Le Grand Siècle de la peinture française, Thames et Hudson, 2004 
  • André Chastel, L'Art français III : ancien régime 1620-1775, Flamarion, 1994 
  • Alain Mérot, La Peinture française au XVII eme, Gallimard, 1994 
  • Jacques Thuillier, La Peinture française :XVII eme, Skira, 1992 

Sur Claude Lorrain:

  • Werner Schade, Claude Lorrain, 1999 

Sur La Hyre:

  • Jacques Thuillier et Pierre Rosenberg, Laurent La Hyre 1606-1636, Skira, 1988 

Sur La Tour:

  • Pierre Rosenberg et J-P Cuzin, Georges de la Tour, R.D.M.N, 1997 

Sur Le Brun:

  • Jacques Thuillier et Jennifer Montagu, Charles Le Brun 1619-1690, Château de Versailles, 1963 

Sur Le Nain:

  • Joël Cornette, 'Le repas des paysans' des frères Le Nain, Armand Colin, 2008 

Sur Le Sueur:

  • Alain Mérot, Eustache Le Sueur, 1616-1655, 1987, éd. Arthéna

Sur Poussin:

  • Anthony Blunt, Les Dessins de Poussin, Hazan, 1988 (The Drawings of Poussin, Yale University Press, 1979)
  • Pierre Rosenberg et L-A Prat, Nicolas Poussin 1594-1665, Réunion des musée nationaux, 1994 

Sur Stella:

Sur Vouet:

  • Jacques Thuillier, Vouet, R.D.M.N, 1990 
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