Philippe Robrieux

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Philippe Robrieux, né le 20 janvier 1936 à Paris, et décédé le 1er octobre  2010[1],[2], est un historien français, spécialiste du Parti communiste français. Il a aussi été secrétaire général de l'Union des étudiants communistes (UEC) en 1959-61.

Sommaire

Biographie

Fils d'un couple que la réussite sociale et professionnelle permet de situer dans "la classe moyenne"[3], Philippe Robrieux, lycéen à Paris, adhère en classe de quatrième à l'Union des jeunesses républicaines de France, proches du PCF, puis en classe de seconde à la cellule communiste du lycée Buffon, où il côtoie Gabriel Cohn-Bendit et Laurent Terzieff. Après la refondation de l'Union des étudiants communistes en 1956, il ne déroge pas de la ligne politique "orthodoxe" de la direction du PCF et est promu secrétaire général de l'organisation étudiante en 1959[4].

Secrétaire national de l'UEC, il intervient à la tribune du XVe Congrès du Parti communiste, tenu à Ivry en juin 1959[5]. Il participe durant plus d'un an, à des réunions du Comité central du PCF, dont il n'est pas officiellement membre[6]. Philippe Robrieux, qui n'est pas réélu au secrétariat général de l'UEC, lors du 4e Congrès de cette organisation (décembre 1960)[7], a été l'une des victimes de l'« affaire Servin-Casanova » en 1961. Il est ensuite l'un des animateurs du « courant italien » de l'UEC. Il quitte définitivement le parti en 1968. Cette partie de sa vie, fondatrice de sa personnalité, puis de son activité d'historien, est racontée dans l'ouvrage autobiographique Notre Génération communiste, qu'il publie en 1977.
Sa mise à l'écart politique lui fait poursuivre ses études qu'il achève par l'agrégation d'histoire. Il fait ensuite "carrière" d'historien au CNRS.

Historien du communisme

Ayant acquis tôt le goût de l'histoire, sous l'inflence de ses professeurs de lycée, en particulier Jean Dautry, historien social et militant, son métier lui permet de plonger dans ce pourquoi il ne s'est jamais dépris, l'histoire contemporaine et singulièrement celle du communisme français. La publication de son premier ouvrage, consacré à Maurice Thorez, en 1975 suscite une polémique[4] puisqu'il montre combien la direction du PCF et son secrétaire général firent tout pour "désamorcer" la publication du "rapport Khrouchtchev" (février 1956) au 20ème congrès du PCUS. Le processus de remise en question du stalinisme mettait en cause directement les personnalités les plus importantes du PCF dont Thorez et Duclos. L'ouvrage suggérait un possible rapprochement entre direction du PCF avec le Parti communiste chinois au début des années 60. De même L'Histoire intérieure du parti communiste constitue à sa publication (étalée sur plusieurs années, de 1980 à 1984) un ouvrage d'importance qui permet au plus grand nombre d'avoir enfin un travail historique n'étant pas soit l'œuvre d'historiens officiels du PCF, soit d'adversaires résolus (encore que Philippe Robrieux fasse incontestablement partie des seconds). Seul peut-être auparavant l'ouvrage d'Annie Kriegel paru en 1964 (Aux origines du communisme français 1914-1920) était dans le même esprit, mais il concernait une période plus restreinte qui par son éloignement temporel était moins sujet "passion"[8]. Malheureusement pour Robrieux, en voulant comprendre les "zones d'ombres " qui existent dans les mémoires ( 1983 La part des hommes tome 1 ) de Jean Jérôme (de son vrai nom, Mikhaël ou Michel Feintuch) et notamment la période entre mai 43 et août 44, il émet l'hypothèse que ce dernier a été, à la suite de son arrestation, "retourné" par les Allemands et qu'il aurait été responsable de l'arrestation du groupe Manouchian, voire qu'il aurait facilité celle-ci pour le compte des Russes, ces derniers suspectants Manouchian et certains de ces camarades de sympathie "trotskiste" ! En s'enferrant dans cette voie, Robrieux commet un énorme erreur ! Plus par passion de recherche historique certes, mais son entêtement lui vaut alors d'être désavoué par d'autres historiens (Annie Kriegel et Courtois entre autres), dans des articles de presse ou lors de la parution d'ouvrages tels que Le sang de l'étranger (1989) co-écrit par Stéphane Courtois, Adam Rayski, ancien responsable de la section juive de la MOI, resté fidèle au PCF et Denis Peschanski, historien spécialiste de Vichy, de l'Institut de l'Histoire du Temps Présent. La polémique est également "violente" avec l'historienne Lilly Marcou. Il fut donc, à la fin des années 80 et au long des années 90, en conflit avec son employeur le CNRS à cause de son attitude obstinée sur ce sujet ! Par ailleurs, il était passionné de football et écrivit un ouvrage sur les grands Goals de l'Histoire.

Bibliographie

  • Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique, Paris, Fayard, 1975.
  • Notre Génération communiste (1953-1968), Robert Laffont, 1977.
  • Histoire intérieure du Parti communiste, 4 tomes, Paris, Fayard, 1980-1984.
  • La Secte, Stock, 1985.
  • L'Affaire Manouchian, Fayard, 1986.

Source

Notes et références

  1. [1]
  2. Dépêche du Figaro, http://www.lefigaro.fr/politique/2010/10/04/01002-20101004ARTFIG00570-deces-de-philippe-robrieux.php
  3. Renseignements autobiographiques donnés dans Notre génération communiste, page 17 : père "cadre supérieur", mère "exportation des articles de haute-couture".
  4. a et b Philippe Robrieux, rubrique Disparitions, Le Monde, 8 octobre 2010, page 23
  5. Compte-rendu du XVe Congrès du Parti communiste français, N° spécial des Cahiers du communisme, juillet-août 1959, pages 379-384.
  6. Ibid. liste des des membres du comité central élu par le XVe Congrès, pages 558-559
  7. Philippe Robrieux, Notre génération communiste 1953-1968, pages 245-254. La non-réélection du secrétaire général de l'UEC, ne tient pas à des divergenges politiques, mais à la rotation des activités au sein de la fédération de Paris du PCF. Lors de l'affaire Servin-Casanova, Robrieux est membre du Bureau national de l'UEC et permanent appointé de la Fédération de Paris. Cf page 252 de ses "mémoires"
  8. Marc Lazar, Le communisme une passion française, Perrin, Paris, 2002.
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