Picardie

49° 30′ N 2° 50′ E / 49.500, 2.833 / 49.500; 2.833

Picardie
Détail
Détail
Administration
Pays Drapeau de la France France
Préfecture Amiens
Départements Aisne (02)
Oise (60)
Somme (80)
Chefs-lieux Laon
Beauvais
Amiens
Arrondissements 13
Cantons

Communes
129

2 292
Conseil régional Conseil régional de Picardie
Président Claude Gewerc (PS)
2010-2015
Préfet Jean-François Cordet
ISO 3166-2 FR-S
Démographie
Gentilé Picard
Population 1 914 844 hab. (2010)
Densité 99 hab./km2
Langue
régionale
Picard
Géographie
Superficie 19 399 km2
Localisation
Localisation de Picardie
Liens
Site web http://www.picardie.fr

La Picardie (prononcé [pi.kaʁ.ˈi]) est une région administrative du nord de la France qui regroupe trois départements : l'Aisne, l'Oise et la Somme. Son chef-lieu est Amiens. Cette région littorale (Manche orientale) est séparée du Nord-Pas-de-Calais par le fleuve Authie.

Sommaire

Étymologie

L’étymologie du mot Picardie est géographique et historique. Le mot apparaît une première fois sous la plume de Nicolas de Bray dans sa Gestes de Louis VIII à propos de Philippe Hurepel devenu en 1216 par mariage comte de Boulogne puis en 1218 par apanage comte de Clermont, qualifié d'« honneur de la Picardie ». Ces deux villes en sont effectivement les portes nord et sud. Quelques années plus tard, en 1248, il réapparait sous la plume de Guillaume de Nangis. Le terme devait être entré récemment dans l'usage et était dérivé du mot « picard », popularisé par la révolte des étudiants de 1229. C'est ainsi que Matthieu Paris qualifie en effet dans sa Chronica Maiora écrite vraisemblablement entre 1236 et 1248, les étudiants originaires de la région « voisine de la Flandre » dans son récit concernant cette année. Le mot signifie en picard « piocheur », au sens de laboureur. Les Parisiens appelaient « piocheurs » tous les agriculteurs vivant au nord des zones forestières du Senlisis et du Valois (où les paysans étaient bûcherons), et dans le Nord on appelait « Picards » tous ceux qui ne parlaient pas le flamand : Arras, Boulogne, Calais, Tournai étaient des villes « picardes ». À Paris, le néologisme fit florès parce qu'il associait en un jeu de mots la pique et une province réputée pour sa hardiesse militaire (sa milice s'était illustrée à Bouvines en 1214, quelques années avant l'apparition du mot). Il perdura dans ce sens les siècles suivants à cause du caractère montré par les Picards, du genre « tête de pioche », dans leur attachement aux libertés communales acquises par les villes drapières défendues par une milice bourgeoise. Les étudiants des diocèses de Beauvais, Noyon, Amiens, Laon, Arras, Thérouanne, Cambrai, Tournai, ainsi qu'une partie des diocèses de Liège et d'Utrecht formaient à Paris, Orléans et Boulogne la « Nation Picarde ». Celle-ci représentait les domaines linguistiques picard et flamand.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Picardie.

Les délimitations de l'ancienne Picardie ne correspondent pas à celles des trois départements composant l'actuelle Picardie administrative (voir Anciennes provinces de France). Seuls la totalité de la Somme, le Nord de l'Oise et le Nord de l'Aisne constituaient l'ancienne Picardie (qui intégrait aussi la partie côtière du Pas-de-Calais, le Boulonnais). En effet, la majorité de l'Oise faisait partie du domaine royal du roi de France, c'est-à-dire l'Île-de-France. On y trouvait alors le Vexin français au sud-ouest (en opposition au Vexin normand), le Valois (au sud-est) et le comté de Clermont (au centre). Dans l'Aisne, le Soissonnais appartenait aussi à la couronne. Le reste était mouvant du duché de Champagne. Reste le nord-est de l'Oise qui était l'évêché de Noyon.

Résumé historique

Ce qui est aujourd'hui la Picardie vit au IIIe siècle av. J.-C. s'imposer par les armes la domination des cités belges (cf. sanctuaire de Ribemont) sur les armoricains refoulés dans ce qui deviendra la Lyonnaise III puis la Normandie. Sur ce territoire, vivaient des peuples belges de premier plan pendant la guerre des Gaules (Beauvais et Soissons). Le territoire de la Picardie et de la Flandre constituait ce qui est désigné[1] par certains auteurs sous le nom de Belgium[2], cœur[3] de la future province de la Belgique Seconde, étendue jusqu'à la Meuse, et noyau de l'alliance anti monarchiste[4] avec les Eduens[5] plus ou moins en rivalité pour la suprématie (cf. Diviciac) avec l'état des Suessions associés[6] aux Rèmes, lesquels étaient peut être, compte tenu de l'ancienneté de leur implantation, non des Belges mais des Celtes. La seule cité des Bellovaques, le Beauvaisis, composait en effet au temps de César, si on se réfère à l'effectif militaire, un tiers de la population totale de la future province de Belgique[6].

À la fin de l'Empire ou au début du haut Moyen Âge, la future Picardie fait plus ou moins partie (les sources sont tenues) du duché de Dentelin dont le centre se trouvait[7] dans l'actuel région Nord-Pas-de-Calais.

Au traité de Verdun de 843, la Picardie est placée dans le royaume de France. Plus tard, le Nord est occupé par la Bourgogne (entrevue de Péronne) puis, avec le Comté de Flandre, par l'Espagne.

Le premier témoignage du XIIIe siècle sur les Picards nous vient de Mathieu Paris. Celui-ci semble avoir toujours vécu au monastère de Saint-Albans, en Angleterre, où il termina sa chronique en 1235. À propos de l’année 1229, il rappelle les actes de violence impliquant des étudiants, qui ont conduit à la première grève de l’université [de Paris]. Il en désigne les responsables comme étant : « de partibus conterminis Flandriae, quos vulgariter Picardos appellamus ». Nous devons à Barthélemy l'Anglais (franciscain anglais qui étudia à Paris vers 1220-1230), la première description un peu précise de la Picardie dans son De proprietatibus rerum[8] qu’il termina vers 1240. Le livre XV (consacré à la géographie) décrit une grande diversité de régions selon l’ordre alphabétique des toponymes. La Picardie y est présenté comme une province de la Gaule belge comprenant les villes de Beauvais, Amiens, Arras, Thérouanne et Tournai, et elle s’étend depuis le Rhin jusqu’à la mer. Elle se subdivise en deux : la haute Picardie qui jouxte la France, et la basse qui touche la Flandre et le Brabant. Il note comme dernière caractéristique que ses habitants parlent un « idiomatis grossi magis aliarum Galliae nationum », une langue plus rude que celle des autres nations de France[9]. Il dit que d'après la description des pays par Erodoc (parfois orthographié Erodocus ou Erodoccs) la picardie est « une province de la Gaule Belgique, qui tire son nom d'un certain bourg ou château, jadis appelé Ponticon[10] ou a aussi pu désigner le fruit d'un arbre, « assez semblable à une fève », dont se nourrissait les Argippéens évoqués par Hérodote[11], et qui se nomme aujourd'hui Pichen. on assure qu'il commandait autrefois tout le pays jusqu'à la mer Britannique, et que c'est de lui que le peuple de cette contrée a tiré son nom. Le territoire de la Picardie est très-fertile en grains et en fruits ; il est arrosé par un grand nombre de fontaines et de rivières : il est très-peuplé, et couvert de grandes villes, de châteaux et de bourgs remarquables et très forts ; tels que Belgis ou Beauvais, Amiens, Arras, Morite (Terouenne) et Tournai ».

Au moment du massacre de la Saint-Barthélemy (août-octobre 1572), le gouverneur Longueville y empêche le massacre des protestants[12]. Au début de la guerre de la Ligue, l’exemple de Montmorency-Thoré qui prend Senlis (1589), pousse les nobles picards à s’engager dans l’armée royale[13], alors que le roi Henri III n’a pratiquement plus de soutiens.

La fidélité des Picards à la famille régnante sera notamment récompensée dans le cadre des défilés militaires où le régiment Royal Picardie est en première place.

Jusque sous Louis XIV, la Picardie constitue les limites nord du Royaume de France. Le Roi Soleil étendra jusqu'à Lille les nouvelles frontières avec la prise de Lille en 1667.

La Picardie, de par sa situation géographique, fut souvent une terre de champs de bataille et le chemin des invasions.

Les deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945 y laissèrent de nombreuses traces qui constituent désormais un patrimoine historique parcouru par les touristes du monde entier (notamment : australiens et anglais pour la Grande Guerre de 1914-1918).

Comtes de Crécy et Gouvernement général de Picardie : d'or à trois bandes d'azur
Comtes de Vermandois : échiqueté d'or et d'azur
Abbeville : d'azur à trois bandes d'or, bordé de gueules et au chef de France
Le blason de la « Nation Picarde » au sein de l'université de Paris après 1670.
Le Royal Picardie : de gueules à la croix d'argent traversante

Blasons

La devise de la Picardie est celle de la ville d'Abbeville, « très fidèle »[14], sous entendu « à la France ». La Picardie n'ayant pas été un fief, aucun seigneur de Picardie n'ayant jamais existé, la Picardie n'avait pas au Moyen Âge comme d'autres provinces un blason propre. Les armes du seigneur local le plus puissant du moment ont toutefois occasionnellement été utilisées, et finalement l'or à trois bandes d'azur.

Brisure capétienne

En 1118, la maison de Vermandois, soutenue par le roi de France dans sa politique de protection des libertés communales, acquiert, aux dépens du comte de Boves opposé aux libertés d'Amiens, le comté d'Amiénois par mariage et prend ainsi la prééminence en Picardie. En 1185, l'ensemble tombe dans le domaine royal de sorte que le blason de Vermandois servira, quelques siècles plus tard, à marquer la possession royale de la région. Son échiqueté d'or et d'azur, qui sont une brisure reprenant le métal et l'émail des capétiens dont elle est une branche cadette, a ainsi été repris à plusieurs occasions pour la Picardie comme par exemple vers 1610[15]. De fait, ce blason correspond plutôt à la Haute-Picardie.

Monnaie anglaise

En 1254, Édouard Plantagenêt épouse l'infante d'Espagne, héritière du comté de Ponthieu. Ce comté, qui inclut celui du Boulonnais, et formera au XVIe siècle la Basse Picardie, devient alors la tête de pont des prétentions anglaises, en particulier de souveraineté monétaire, sur le continent et donne son blason apparu sur les monnaies d'Abbeville au XIIIe siècle[15], d'or à trois bandes d'azur, à une Picardie revendiquée au cours de la guerre de Cent Ans. C'est probablement, bien qu'aucune documentation ne permet de le confirmer, une autre brisure des lys capétiens adoptée par les héritiers de la fille d'Hugues Capet, Gisèle de Ponthieu. Ce sera le blason qui sera reconnu au gouvernement de Picardie jusqu'à la Révolution tel qu'il apparait dans un armorial publié en 1750[15].

Le 12 avril 1361, le traité de Brétigny signé quelques mois plus tôt contraint le roi de France à rendre le Ponthieu au roi d'Angleterre. Les habitants d'Abbeville refusèrent cet abandon à un seigneur qui se comportait en étranger. En juin 1369, pour remercier les abbevillois de cette fidélité, Charles V accorda à la ville d'ajouter à son blason un chef de France[16], c'est-à-dire d'azur aux lys d'or. Une devise « fidelissima » apparut ultérieurement[16]. C'est ce même chef, en version moderne de trois lys à la place de l'ancien semé, qu'on voit aujourd'hui sur le blason de la région reproduit ci contre en quartiers opposés aux lionceaux.

Nation picarde

Quand en 1513 la nation picarde de l'université de Paris eut à choisir un nouvel emblème, non plus allégorique mais conforme aux règles de l'héraldique, elle adopta cette devise « fidelissima » et ce blason de Ponthieu au chef de France mais comme elle accueillait en son sein, en plus des étudiants francophones de Picardie, huit tribus (c'était le terme employé) d'étudiants venant des diocèses néerlandophones des Pays-Bas et de Frise, elle remplaça, apparemment, car tout cela est déductif, le chef en quartiers et Ponthieu en huit lions[16] . En effet les huit diocèses de Flandre, Brabant, Namur, Limbourg, Hainaut, Luxembourg, Gueldres, Frise (diocèse d'Utrecht, Nederland actuel) ont tous un lion dans leur blason. Le choix de l'argent répond, selon la grammaire héraldique, à l'or des lys de France, de même que la couleur de gueules des lions répond à l'azur de l'écu de France. C'est ce blason qui apparait sur les sceaux de l'Université pour représenter la Picardie à partir du XVIe siècle.

Le blason actuel en est une altération qui a perdu deux lions de deux diocèses des Provinces-Unies, peut être à la suite des guerres de Louis XIV. L'écartelé des fleurs de lys et des lions exprime la position frontalière entre la France et les Pays-Bas, position qui valait à la nation picarde d'accueillir des étudiants des deux zones linguistiques. Il représente donc la Picardie étendue à toute la zone picardophone, Boulonnais, Artois, Flandre française (Lille) et Hainaut compris, et à l'actuelle Belgique bilingue.

« Non » très militaire aux Anglais

Les nations et les provinces avaient un blason civil de leur seigneur et souvent une bannière militaire. Par exemple la Bourgogne avait en plus de son blason, la croix de Saint André de geule comme bannière, la Bretagne en plus de son semé d'hermines, la Croix Noire, l'Écosse en plus du lion de gueules, la Croix de Saint André sur champ d'azur, le Pays de Galles, en plus Dragon de gueules, la Croix de Saint David, etc.

Dans le gouvernement de Picardie, soit approximativement l'actuelle région et le département du Pas-de-Calais, l'armée était représentée par le régiment de Picardie, qui avait été institué en 1558, après la prise par les Espagnols de la ville d'Amiens, par Henri II à partir d'une légion créée en 1534 par son père. Ce régiment portait, lui, de gueules à la croix d'argent, symbole se référant plutôt à l'opposition à l'Angleterre au XIIIe siècle, quand le nom de Picardie a été inventé, qu'à l'Espagne au XVIe siècle. Il s'agit en effet d'une inversion de la croix de Saint Georges, blason de l'Angleterre, ce qui veut tout dire.

La croix de l'archange militaire Saint Georges portée par Angleterre est en fait la « Vera Crux » défendue par le bras armé de l'Église, l'empereur, dont elle a la couleur de la pourpre romaine. C'est cette prétention à l'Empire qui la fit adopter à l'imitation de l'empereur romain d'Orient tant par les Plantagenêt que par les Hasbourg. À la bataille de Laupen en 1339, l'armée insurrectionnelle des Helvètes arbora la même inversion que la croix de Picardie, de gueules à la croix d'argent, face aux troupes impériales des Habsbourg. La Savoie, également jalouse de son indépendance, l'arborant également, la Suisse adopta au moment de sa fondation, en 1815, une croix alésée, c'est-à-dire que l'écu est bordé de sa propre couleur. La croix d'argent traversante sur écu de gueules, apparue de ci de là occasionnellement et en particulier en Savoie, a été adoptée définitivement par cette dernière, abandonnant son écu d'or à l'aigle de sable originel, au début du XIVe siècle, ce qui semble lui donner une petite antériorité sur la Picardie, dont le régiment remonte aux bandes du XVe siècle, et vraisemblablement à des traditions relatives aux guerres franco-anglaises de la fin du XIVe siècle[17]. Les miliciens bourgeois d'Arras par exemple portaient en ceinture une écharpe rouge.

Débat sur les frontières de la Picardie

La région Picardie actuelle ne correspond pas à la région historique (voir Anciennes provinces de France), ce qui a pendant longtemps alimenté le débat sur les « frontières » de la région. La Picardie incluait à la fin du XVIe siècle le Boulonnais et le Ternois, détachés du diocèse de Thérouanne, et ne comprenait ni le Laonnois, ni le Soissonnais, ni le Valois (Compiègne et Senlis), qui sont le cœur du domaine mérovingien à l'origine de l'Île-de-France capétienne. Les premiers témoignages écrits, au XIIIe siècle, concernant cette zone sud est du département de l'Aisne montre un français proche, certes par destination, des habitudes de Paris, mais en tout état de cause sans les caractéristiques les plus nettes du picard[18]. Cependant, Amiens (Somme) et Saint-Quentin (Vermandois/Aisne), sont toujours les plus grandes villes de la région actuelle, comme naguère de la région historique et ont une riche culture picarde.

À la suite de la Révolution française, les Provinces furent démantelées, et le territoire de la France fut partagé en départements de tailles plus ou moins équivalentes.

La région actuelle a été créée avec le décret[19] du 2 juin 1960 (voir Région française) qui a délimité les circonscriptions régionales. La Picardie regrouperait désormais les départements de l'Aisne, l'Oise ainsi que la Somme.

En 2009, le débat est ravivé, suite à la publication des travaux du Comité pour la réforme des collectivités locales, qui proposait de réduire le nombre de régions françaises, notamment en favorisant leurs regroupements. L'idée de faire disparaître la région Picardie en tant que telle a alors été soulevée ; le département de l'Oise aurait rejoint l'Île-de-France, et la Somme aurait intégré la région Nord-Pas-de-Calais. L'Aisne quant à elle, aurait été rattachée soit à la région Champagne-Ardenne, soit au Nord-Pas-de-Calais. Suite à cette annonce, une partie des élus locaux et de la population s'est mobilisée contre ce projet. D'autres voix de leur côté, prônaient la fusion de l'ensemble de la région Picardie avec le Nord-Pas-de-Calais, évitant ainsi son démantèlement. D'autres encore, se déplaçant à Paris quotidiennement pour aller y travailler, encourageaient ce projet. Face à cette si importante polémique, l'idée semble avoir été enterrée.

Administration

Article détaillé : Conseil régional de Picardie.

Politique

Article détaillé : Politique de la Picardie.

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Picardie.

La région Picardie regroupe administrativement trois départements : Aisne, Oise, Somme. Elle a pour régions limitrophes le Nord-Pas-de-Calais au nord, la Haute-Normandie à l'ouest, l'Île-de-France au sud et la Champagne-Ardenne à l'est. La préfecture est Amiens.

La Picardie s'étend aussi en Belgique aux villes de Tournai et Mouscron où l'on parle le picard tournaisien et non le ch'ti, ce dernier étant un des dialectes du picard à proprement parler.

Environnement

La Picardie bénéficie d'un riche environnement littoral (dont l'estuaire de la Somme), de quelques grandes forêts, mais, probablement en raison d'une agriculture parmi les plus intensives du monde, elle est la région où le rythme de disparition des espèces végétales, enregistré par les conservatoires botaniques nationaux a été la plus rapide dans les 30 dernières années. Cependant, un vaste programme de plantation de haies et le nombre croissant de domaines utilisant l'agriculture biologique sont en train d'inverser cette tendance. Un réseau de réserves naturelles et de sites protégés est mis en place pour la gestion, restauration et protection de la biodiversité, objectifs confirmés par le Grenelle de l'Environnement. Une aire marine protégée (parc marin) est également en projet dit « parc marin des trois estuaires » piloté par l'Agence des aires marines protégées.

Cette région, bien ventée, fait partie de celles qui ont le plus développé leur parc éolien, avec des retombées fiscales (impôts fonciers, taxe professionnelle) intéressantes pour les communes rurales. un investissement éolien de 2,8 millions d’euros génère un produit de 18 800 euros par an pour la commune qui a fait cet investissement[20].

Transports

Article détaillé : TER Picardie.

Économie

Article détaillé : Économie de la Picardie.

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Picardie.

Culture

Panneau routier, sortie d'Y, Somme - Picardie - 1968.
Article détaillé : Culture de la Picardie.

On y parle, sauf dans sa partie sud, une langue régionale : le picard. Cette langue, que l'on différencia du « francien » que l'on sait maintenant être une exagération de linguiste d'Île-de-France, connaît son apogée au XIIIe siècle : elle est parlée alors dans toute la Picardie actuelle (sauf dans les franges sud-est, le Valois, et Sud-Ouest de l'Oise, partie du Vexin, ainsi que le Sud de l'Aisne, Laonnois et Soissonnais hormis l'ancienne forêt de Cuise entre Soissons et l'Oise), dans les départements actuels du Pas-de-Calais, du Nord (sauf le Westhoek), une partie du Hainaut belge (région de Mouscron et de Tournai).

La langue picarde a été durant tout le bas Moyen Âge jusqu'à la Renaissance la langue officielle des municipalités et des offices notariés et ecclésiastiques du Nord de la France et des Pays-Bas (Belgique actuelle). C'était une langue écrite mais le développement de l'imprimerie, partant de la littérature, lui a été moins favorable qu'à la langue de la Cour. Elle constituait avec le français, l'anglais, l'allemand et le néerlandais une des langues vulgaires d'enseignement ou du moins d'explication de l'université de Paris en complément du latin, d'où son nom de collège des Quatre Nations (France, Normandie, Picardie incluant les étudiants des Pays-Bas et de Frise, Angleterre renommée Allemagne après la guerre de Cent Ans et regroupant tous les autres étudiants du nord de l'Europe), par opposition aux collèges royaux, comme celui de Robert de Sorbon, ou épiscopaux, comme par exemple le collège de Tréguier.

À partir du début du XIXe siècle, le picard perd de sa vivacité au sud de Beauvais, Noyon, Vervins. Il demeure cependant encore très vivace jusque dans les années 1970-1980, même en ville. Aujourd'hui, dans l'usage et en pratique, tous connaissent au moins quelque mots ou expressions en picard, ce malgré :

  • la modernisation et la mécanisation (l'agriculture ayant besoin de moins de bras) ;
  • le développement des moyens de locomotion ;
  • la scolarité rendue obligatoire jusque 16 ans (avec cycle scolaire terminé ou suivi en collège au lieu d'être très majoritairement dispensé exclusivement localement, ce qui provoqua un brassage ou un nivellement linguistique) ;
  • l'élévation du niveau de vie, avec la facilité plus grande de partir en vacances ou en week-end ;
  • l'intrusion systématique de la télévision dans les foyers.

Malgré cela la langue picarde est l'une des langues régionales de France la mieux maintenue avec 500 000 locuteurs actifs et un peu plus d'1 500 000 capable de comprendre un ou plusieurs mots de cette langue, telle que le rapporte la mission Cerquiglini en 1999[21].

Les sports issus du jeu de paume sont encore très présents sur les places de Picardie. On peut citer la balle à la main, le ballon au poing, la longue paume et la balle au tamis. Le grand rassemblement de ces sports picards a lieu depuis 200 ans à Amiens au parc de la Hotoie, tous les 15 août.

Tourisme

Comité régional du tourisme de Picardie

Le Comité régional du tourisme de Picardie est composé d'une équipe d'une vingtaine de personnes au service du développement de l'économie touristique.

En Picardie, la Délégation régionale au Tourisme, les Comités départementaux et régional du Tourisme, ainsi que les offices de tourisme et syndicats d'initiative ont mis en place le label Tourisme et Handicap depuis 2003. En leur apportant la garantie d'un accueil adapté, le label Tourisme et Handicap répond à la demande des personnes à besoins spécifiques qui veulent pouvoir choisir leurs vacances, se distraire, partir seules, en famille ou entre amis, où elles le souhaitent et comme tout le monde. Plus de cent-quarante structures touristiques et de loisirs sont labellisées en Picardie en 2010.

Article détaillé : Liste des châteaux de Picardie.
Article détaillé : Catégorie:Cathédrale de Picardie.

La Picardie compte 72 parcs et jardins ouverts au public. Le Comité régional du tourisme a développé une série d'outils[22] pour assurer la promotion de cette filière ainsi qu'un festival[23].

Sciences

Personnalités liées à la Picardie

Notes et références

  1. F. Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, p. 211, Hachette, Paris, 1934.
  2. I. Caesar, De bello gallico, V 12.
  3. M. Rat, La Guerre des Gaules, p. 231, Garnier Flammarion, Paris, 1964.
  4. E. Thévenot, Histoire des Gaulois, p. 108 à 113, Que sais je PUF, Paris, 1976.
  5. E. Thévenot, Histoire des Gaulois, p. 48 & 115, Que sais je PUF, Paris, 1976.
  6. a et b I. Caesar, De bello gallico II 4.
  7. Ch. Meriaux, « Thérouanne et jusqu'à la fin de l' carolingienne de diocèse de fils d'époque » in Tome 158, p. 384, Bibliothèque de l'école des Chartes, Paris, 2000.
  8. livre XV Des Propriétés des choses (« Liber de proprietatibus rerum », écrit de 1230 à 1240
  9. Serge Lusignan, Diane Gervais, « Picard » et « Picardie », espace linguistique et structures sociopolitiques, août 2008.
  10. Rem : En latin, « Ponticum » désigne habituellement la mer Noire (source)
  11. Guillaume-Thomas-François Raynal, Histoire des turcs et des tartares, dans Histoire universelle, depuis le commencement du monde jusqu'à présent, vol 13
  12. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p 287
  13. Miquel, op. cit. p 353
  14. M. Tallet de Virivillé, Lettre à M. Ch. Dufour, membre de la Société des antiquaires de Picardie, « Armoiries de la Province et de la Nation de Picardie », novembre 1858, in Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. XVII, p. 329, éditées par M. Peigné-Delacourt Librairie J.B. Dumoulin, Paris, sans date.
  15. a, b et c M. Tallet de Virivillé, Lettre à M. Ch. Dufour, membre de la Société des Antiquaires de Picardie, « Armoiries de la Province et de la Nation de Picardie », novembre 1858, in Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. XVII, p. 322, éditées par M. Peigné-Delacourt Librairie J.B. Dumoulin, Paris, sans date.
  16. a, b et c M. Tallet de Virivillé, Lettre à M. Ch. Dufour, membre de la Société des Antiquaires de Picardie, « Armoiries de la Province et de la Nation de Picardie », novembre 1858, in Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. XVII, p. 315, éditées par M. Peigné-Delacourt Librairie J.B. Dumoulin, Paris, sans date.
  17. Le Danebrog, qui est la bannière rouge des normands surchargée d'une croix d'argent et non une inversion de la croix de Saint Georges, est presque identique mais sa croix est pattée. C'est improprement qu'elle est représentée aujourd'hui, par simplification et ignorance, droite. En outre le pal de la croix est sur le drapeau danois décalé vers la hampe, ce qui est aussi une fantaisie moderne.
  18. D. Coq, Deux chartes originales en français de la Picardie orientale (1260, avril; 1267, juillet?), t. 142-2, p. 314, Bibliothèque de l'École des Chartes, Paris, 1984.
  19. Il s'agit du décret 60-516 du 2 juin 1960, publié au Journal officiel du 3 juin, p. 5007 et disponible en ligne[PDF].
  20. source : Yves Daudigny, 5e colloque national éolien: L’éolien, un atout pour les territoires (voir sous-chapitre « L’éolien : une source de retombées fiscales », p. 20/41)
  21. Les Langues de France : rapport au ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie et à la ministre de la culture et de la communication de Bernard Cerquiglini, 1999
  22. Le site des passionnés des fleurs et des jardins en Picardie
  23. Festival jardins en fête.

Voir aussi

Bibliographie

  • P. Lami, (Résumé de) l'histoire de la Picardie, 326 pages (1825, reprint Les Éditions du Bastion 1998)
  • P. Lando et J. Marival, Picardie, 128 pages (Éditions Déclics 2008, ISBN 978-2-84768-145-1)

Articles connexes

Liens externes

mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimedia faire un don

Gérard 2012 : Laurence Ferrari, Audrey Pulvar, Jean-Luc Delarue nommés

Gérard 2012 : Laurence Ferrari, Audrey Pulvar, Jean-Luc Delarue nommés


2012-11-22 17:09:00
... (France 2) Audrey Pulvar dans Le Grand 8 (D8) Gérard "nos régions ont du talent" : La Picardie, fournisseurs d'obèses dépressifs pour Tellement Vrai (NRJ 12) Le...

Elodie Gossuin se lève à 4 heures du matin !

Elodie Gossuin se lève à 4 heures du matin !


2011-09-04 15:23:00
... aussi bien à la télévision et à la radio comme animatrice, qu'au Conseil régional de Picardie en tant qu'élue. Dans une interview accordée au quotidien France-Soir, elle a...

Elodie Gossuin débarque à la radio !

Elodie Gossuin débarque à la radio !


2011-02-25 17:51:00
Après s'être essayée à la politique en Picardie, à la télé réalité dans la 'Ferme Célébrités' et à l'animation sur la chaîne France 4 avec Cyril Hanouna, Élodie Gossuin investit la radio....

Découvrez Mister France 2011 !

Découvrez Mister France 2011 !


2011-02-25 10:33:00
Les Picards peuvent être à la fête ! Jonathan Duforestel, Mister Picardie, a été élu Mister France ce jeudi 24 février, sur NRJ 12 (qui a réalisé une belle audience en diffusant le...

Elodie Gossuin commentatrice du Dakar 2011

Elodie Gossuin commentatrice du Dakar 2011


2010-12-09 17:16:00
... a également fait parler d'elle dans le milieu politique puisqu'en 2004, elle est devenue conseillère régionale de Picardie dans la liste menée par Gilles de Robien. (Photo © Abaca)

Jay-Z et Beyoncé : amateurs de champagne

Jay-Z et Beyoncé : amateurs de champagne


2010-06-09 09:29:00
Dimanche 5 juin, le producteur Jay-Z et son épouse, la ravissante chanteuse Beyoncé Knowles, étaient à Roland-Garros, à Paris, où ils ont assisté à la victoire du tennisman Rafael Nadal. Et...

Miss France : Sylvie Tellier et ses 33 Miss

Miss France : Sylvie Tellier et ses 33 Miss


2010-06-03 14:32:00
... Miss France. La région Normandie, par exemple, sera tenue par Cindy Fabre, quand la Picardie sera aux mains de Rachel Legrain-Trapani. Geneviève de Fontenay ne sera pas...

Geneviève de Fontenay : la lutte continue

Geneviève de Fontenay : la lutte continue


2010-05-18 12:49:00
... 2002, fait également partie de cette nouvelle aventure. Avec Marc Santerre du comité de Picardie, elle a rallié Geneviève de Fontenay, à qui elle montre une dévotion sans faille....

Elodie Gossuin perd les Régionales

Elodie Gossuin perd les Régionales


2010-03-23 14:57:00
... pour la jolie blonde, cette année, elle ne siègera pas au conseil régional de Picardie. Tout comme le monsieur Météo Patrice Devret, qui s'est engagé au côté de...
Plus d'infos People

Conseil régional de Picardie


Retrouvez sur notre site toutes les informations sur la Région Picardie : institution, compétences, actualités, aides...

Picardie . Guide Touristique . Guide voyage Picardie . Voyages Orange


Découvrez Picardie sur Orange Voyages! Retrouvez le guide touristique Picardie de geo.fr pour partir bien informé: monnaie, langue, météo, culture, gastronomie...

Orages: la Picardie en vigilance orange


Votre actualité quotidienne locale, régionale et nationale
Plus d'infos Sur le web

  • La Picardie (prononcé. p | i | . | k | a | ʁ | . | ˈ | d̪ | i est une région administrative du nord de la France qui regroupe trois ...
    40 Kio (5438 mots) - 16 juin 2013 à 09:24

  • Le TER Picardie est le réseau de lignes TER de la région administrative Picardie . Il a représenté, en 2010 , environ voyages quotidiens ...
    79 Kio (8944 mots) - 14 juin 2013 à 10:14

  • Le conseil régional de Picardie est l'assemblée délibérante de la région Picardie , collectivité territoriale décentralisée . ...
    7 Kio (648 mots) - 12 mars 2013 à 06:36

  • Le Tour de Picardie est une course cycliste française créée en 1936 par le Cyclo Club Creillois sous le nom de Tour de l'Oise et de la ...
    12 Kio (1023 mots) - 13 mai 2013 à 11:51

  • La Ligue de Picardie de football est un organe fédéral dépendant de la Fédération française de football créé en 1967 et chargé ...
    25 Kio (2662 mots) - 14 juin 2013 à 06:38

  • Il appartient à la région Picardie . L'Insee et la Poste lui attribuent le code 02. Gentilé: Les habitants du département de l'Aisne sont ...
    15 Kio (1812 mots) - 12 juin 2013 à 10:45

  • Deux régiments du royaume de France ont reçu la dénomination « régiment de Picardie » : Fichier:1558 Régiment de Picardie. svg | 40px ...
    1 Kio (92 mots) - 24 mars 2013 à 11:40

  • Liste des anciennes provinces de France: Picardie (Amiens ) : (1482 ) Anjou (Angers ) : (1482 ) Comté de Provence (Aix ) : (1482 ) ...
    25 Kio (2991 mots) - 14 avril 2013 à 02:56

  • Les bandes françaises également appelées bandes de Picardie , Bandes picardes ou bandes en deçà des monts sont, en France, les premières ...
    11 Kio (1297 mots) - 24 mars 2013 à 11:40

  • France 3 Picardie est une des vingt-quatre antennes métropolitaines de proximité de France Télévisions , émettant sur la région Picardie , ...
    12 Kio (1495 mots) - 17 mai 2013 à 11:14

  • L Armorial des familles nobles et notables de Picardie recense les armoiries, sous forme de figures et de blasonnements, ainsi que les ...
    109 Kio (12905 mots) - 9 juin 2013 à 08:46

  • Le vignoble de Picardie a été florissant du Moyen Âge jusqu'au milieu du XIX siècle, après une quasi-disparition au XX siècle, il se ...
    10 Kio (1410 mots) - 11 mai 2013 à 11:18

  • Au 2006 , le nombre d'habitants de la région de Picardie était estimé à 1 886 000 habitants, soit 3,2 % de la population de la France ...
    22 Kio (2193 mots) - 3 mars 2013 à 09:20

  • L histoire de la Picardie est très ancienne puisque d'importants vestiges des époques les plus reculées de la Préhistoire y ont été ...
    7 Kio (879 mots) - 17 mars 2013 à 09:35

  • La bataille d'Amiens ou bataille de Montdidier a lieu du 8 au 15 août 1918, pendant la 3e bataille de Picardie sur le front occidental, en ...
    10 Kio (1287 mots) - 14 mars 2013 à 02:20

  • Picardie | 50.179167 | 2.075833 | Commanderie d'Aimont-Aimont | Ville | 6 | e Picardie | 49.319722 | 3.401944 | Commanderie d'Ambrief ...
    9 Kio (817 mots) - 25 février 2013 à 07:27

  • La rue de Picardie (en néerlandais : Picardiëstraat) est une rue bruxelloise de la commune d'Evere qui va de la rue du Tilleul à la ...
    1 Kio (108 mots) - 30 mars 2012 à 09:39

  • Le régiment de Picardie est un régiment d’infanterie du Royaume de France créé en 1776. Lignage : partir de 2 bataillons du régiment de Picardie ...
    2 Kio (233 mots) - 21 avril 2013 à 10:31

  • La liste (encore incomplète) ci-dessous recense les oiseaux observés en Picardie . départements de la Picardie, soit l'Aisne , l'Oise , et la Somme . ...
    20 Kio (2025 mots) - 15 mars 2013 à 03:38

  • Éterpigny est une commune française , située dans le département de la Somme et la région Picardie . Géographie : Histoire : Administration ...
    2 Kio (225 mots) - 30 mai 2013 à 02:44