
- Dans l'Antiquité, le peuplement de la contrée est multiple : Ligures, puis Celtes, et au IIIe siècle av. J.‑C. des Belges, dont la tribu méridionale sous égide des Trévires, les Leuques rivalisent avec les gaulois Séquanes. Les Romains s'alliant tantôt avec l'un tantôt avec l'autre les soumettent et laissent des traces spectaculaires en plaine tel le sanctuaire ou l'amphithéâtre de Grand, plus modeste en montagne avec des sites de hauteurs camp celtique de la Bure, …
- Les divisions administratives restent inchangées au rythme des invasions rapides. La première Gaule belgique est dévastée, parfois occupée par des Burgondes, des Alamans, des Francs. Après la bataille des Champs catalauniques en 455, les modestes Francs ripuaires sont autorisés par l'Empire romain à avancer dans cet immense espace dévasté à l'est qu'ils nomment Austrasie.
- Le christianisme primitif en plaine et mérovingien en montagne laissent une empreinte durable : saint Mansuy, saint Élophe, saint Romaric, Amé de Remiremont, Leudinus Bodo, Gondelbert, saint Dié, Hydulphe, …
- Pépin le Bref impose une restauration autoritaire du fisc royal. Les bans chrétiens pillés sont soumis et les groupes d'hommes vaincus autrefois libres réduits au servage. Quelques décennies plus tard, Charlemagne semble vouloir apaiser les mesures sévères de son père, songeant à la stabilité de ce qui est au cœur de son grand royaume, il chasse dans les forêts vosgiennes et ses enfants le font aussi : Champ-le-Duc, Cornimont…
- À la mort de Louis le Pieux, la contrée fait partie de la Francie médiane dont le territoire se morcelle au fil des siècles : Lothaire Ier, Lothaire II, Saint-Empire romain germanique, liste des rois et ducs de Lotharingie.
- L'évêque de Toul reprend le contrôle temporel au XIe siècle à l'initiative saint Gérard.
- Gérard d'Alsace, qui a des domaines au Xaintois près de Châtenois, reçoit de l'empereur germanique le duché de Lorraine et fonde une lignée fidèle qui sert le saint Empire tout en accroissant ses terres : liste des ducs de Lorraine. Parmi ses vassaux : maison de Ribeaupierre, comté de Salm qui se scinde en comté de Badonviller et principauté de Salm.
- Le Bourguignon Charles le Téméraire cherche à prendre pied en Lorraine mais il est battu par René II. La Lorraine autonome s'émancipe de l'Empire romain germanique avec la bienveillance de la puissance française.
- Mais le Saint-Empire s'effondre et sombre dans une guerre civile, la guerre de Trente Ans sévit. Richelieu soutient financièrement les protestants, puis décide d'intervenir. La Lorraine, catholique, est envahie par les deux alliés. De nombreux massacres sont perpétrés et la destruction de toutes les places fortes est recommandée : Beaufremont, Châtillon-sur-Saône, forteresse de Châtel-sur-Moselle, Fontenoy-le-Château, Beauregard, Spitzemberg, château du Bonhomme... La plupart des villages sont pillés voire détruits par les mercenaires.
- Les Français occupent le duché. Au retour de la paix en 1648, ils annexent l'Alsace, aussi prennent-ils tous les prétextes pour contrôler et au besoin occuper temporairement les terres ducales. Les militaires à la fleur de lys y font construire des routes et ne le rendent qu'à contre-cœur. Le roi de France finit par négocier son achat en 1734 à son duc héritier François II.
- Pour faire accepter la transition aux Lorrains, Louis XV place son beau-père Stanislas à la tête du duché. La réalité du pouvoir est entre les mains du chancelier français De La Galaizière. Une administration quasi-militaire se met en place, elle est efficace en dépit de la lourdeur des prélèvements fiscaux.
- La Lorraine devient un État du Grand Royaume en 1766. Le sentiment patriotique s'y développe fortement dans les classes populaires alors que une large fraction de la vieille noblesse choisit de servir et parfois de s'établir dans le Saint-Empire. La Lorraine méridionale connaît une croissance heurtée à l'image du Royaume.
- Les Vosges se mobilisent pour la défense de la République menacée en l'an II. Département ayant donné le plus de soldats révolutionnaires par rapport à sa population et premier département à avoir versé l'impôt révolutionnaire, on donne en 1848 à l'ancienne place Royale de Paris le nom de place des Vosges. Voir aussi : Nom des communes des Vosges sous la Révolution.
- Pendant l'Empire et la Restauration, le département reste une contrée rurale, assez isolée, qui préserve ses vieilles activités traditionnelles, travail du fer à la frontière de la Haute-Saône et dans la montagne vosgienne, en particulier Senones et Rothau exploitant la mine de Framont, art de la faïence à Épinal et Rambervillers, et un peu partout en appoint, travail du bois et métiers du textile.
- Sous la monarchie de Juillet, l'essor démographique vigoureux du département se poursuit, culminant pour nombre de communes vers 1845. Celles qui en étaient dépourvues se dotent d'une église, d'une mairie et d'une école.
- Au milieu du XIXe siècle, abandon des vieilles activités et formes nouvelles d'industries influencées par le pôle mulhousien commencent à chambouler la répartition de la population ouvrière en forte croissance. Le premier désenclavement routier et ferroviaire consolide les activités des cantons les plus entreprenants. L'exode rural lui est concommitant.

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