Pouvoir (sociologie)

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Cet article concerne le pouvoir tel que perçu dans la relation entre les individus.

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Pouvoir (sociologie)

Le pouvoir est souvent considéré comme une relation entre des acteurs sociaux (des individus, des groupes sociaux ou classes sociales). Comme le disait Max Weber[1] à la fin, la relation de pouvoir s'observe quand un individu accomplit (ou s'abstient d'accomplir) conformément à la volonté d'un autre individu, une action qu'il n'aurait pas accomplie (ou aurait accomplie) spontanément. Il définit en effet le pouvoir comme "toute chance de faire triompher, au sein d'une relation sociale, sa propre volonté, même contre des résistances ; peu importe sur quoi repose cette chance". J-M Denquin dit que pour avoir du pouvoir il faut savoir commander, se faire respecter et se faire obéir. Mais le critère de pouvoir se trouve dans la tête de celui qui obéit, est censé ou parait obéir. Lui seul sait ce qu'il aurait fait si aucun ordre ne lui avait été donné. Tous les observateurs extérieurs y compris celui qui a donné l'ordre ne peuvent émettre à son sujet que des conjectures[réf. nécessaire].

C'est pourquoi l'on distingue deux sortes de pouvoir :

  1. Le pouvoir d'injonction reposant sur la coercition, c'est-à-dire la contrainte. L'injonction suppose l'emploi possible de la force.
  2. Le pouvoir d'influence reposant sur le consentement du gouverné. C'est la capacité d'offrir à un individu des gratifications matérielles (salaire, récompense…) ou symboliques (au niveau de l'estime de soi) en contrepartie du comportement suggéré.

Deux sources du pouvoir sont envisageables :

  1. La première concerne les caractéristiques intrinsèques des acteurs, par exemple les dons exceptionnels que Max Weber appelle charisme ou plutôt les qualités supérieures à la moyenne d'un individu qu'il a acquises grâce à des exploits, des idéologies qui ont bouleversé la société, une forte personnalité qui selon Pareto, autorisent l'appartenance à l'élite.
  2. La seconde source se trouve dans les structures de la société : économiques (par exemple la propriété du capital), culturelles (valeurs et normes) et politiques.

On dira qu'un individu a du pouvoir sur un autre individu non pas en vertu de ses qualités personnelles mais en fonction du poste attribué.

Le pouvoir qu'un acteur a dans une organisation est intimement relié à la défense de sa propre cause dans l'organisation. C'est donc dire que la principale source de pouvoir pour un acteur organisationnel est la conservation et le maintien de son interprétation, donc, de son organisation. Cette même organisation étant soumise à des contingences (le pouvoir d'un autre, l'organisation d'un autre) doit inévitablement répondre à cette pression pour conserver l'intégralité de son construit organisationnel, voire peut-être l'améliorer. Le pouvoir est donc une action concrète posée par un acteur organisé sur un autre acteur organisé, qui transpose le changement que la contrainte impose à l'un en perturbation organisationnelle pour l'autre.

Pouvoir politique

Article détaillé : Pouvoir politique.

En politique, le pouvoir est la capacité à obtenir des choses et surtout des individus qu'ils se comportent comme on le souhaite.

Le terme démocratie signifie étymologiquement « pouvoir du peuple ». La question de savoir qui détient le pouvoir (individu, classe sociale, groupe d'individus constitué de différentes manières, ensemble de la population), comment il l'a obtenu et comment il peut le perdre, détermine le niveau démocratique d'un régime politique - pouvant aller de la dictature à la démocratie directe.

Dans un système simple, le pouvoir ne peut être que rapport de forces (force morale ou force physique). Mais les sociétés humaines sont complexes, et il existe tout un réseau d'obligations réciproques qui lient les gens, et les obligent à (ou les empêchent de) se comporter d'une certaine façon quand ils sont placés dans certaines conditions, au risque, sinon, de tout perdre ou d'être emprisonné.

Il y a donc de nombreuses situations de pouvoir, et de multiples façons de classer l'exercice du pouvoir :

  • par son mode d'action (moral, physique, etc.)
  • par sa cible (la personne, ses biens, ses relations, ses déplacements, ses communications, etc.)
  • par son canal (presse, parole directe, audio-visuel, etc.)
  • par son mode (conviction, contrainte, négociation, etc.)
  • par sa portée (proposition, ratification, veto, etc.)
  • etc.

Autorité selon Max Weber

Selon Max Weber, l'autorité d'un individu sur un autre reposerait sur sa légitimité. Il met en évidence les différentes sources de la légitimité, celles-ci correspondant au caractère d'une autorité qui est acceptée et reconnue par les gouvernés. Il distingue trois types de légitimité :

  • la légitimité charismatique est fondée sur la reconnaissance par la société du caractère exceptionnel du chef qui lui permet de se distinguer des autres individus de la société. Cette légitimité repose sur la reconnaissance des gouvernés aux qualités supérieures à la moyenne d'un individu qui selon Pareto, autorisent l'appartenance à l'élite. Cette légitimité a toujours existé que ce soit dans la société féodale ou la société contemporaine et les individus qui l'incarnent sont le plus souvent des fortes personnalités qui vont acquérir par la suite une légitimité légale comme Napoléon, Charles De Gaulle et d'autres ;
  • la légitimité traditionnelle repose sur le caractère obligatoire de la règle coutumière (selon les coutumes, les traditions). Dans la société féodale on obéit par tradition au roi, au seigneur, au chef de tribu. La volonté du changement est difficile car elle rencontre de l'opposition. Les limites de ce type de pouvoir sont définies par la coutume elle-même. Lorsque la coutume n'a pas fixé de limites, le chef possède le pouvoir absolu, soumis à ses limites ;
  • la légitimité légale se fonde sur la compétence et la validité du statut. On l'appelle également légitimité rationnelle ; la légitimité s'appuie sur des lois et des règles impersonnelles. Elle organise le fonctionnement du pouvoir politique. Cela conduit à une domination de l’État et celle de l'organisation bureaucratique. Cet ensemble est cohérent et logique. La personne a du pouvoir grâce à sa fonction qui représente l'autorité légale et non grâce à sa personnalité (légitimité charismatique). Ces représentants de l'autorité légale reçoivent une partie du pouvoir politique donc leur autorité est légitime. La séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) a été instaurée pour qu'aucun individu ne puisse posséder tous les pouvoirs.

Nous pouvons observer que ces trois types de légitimité peuvent se combiner et évoluer d'un type à l'autre. Les monarchies européennes par exemple sont passées de la légitimité du pouvoir traditionnel (pouvoir du roi) à la légitimité du pouvoir légal. Dans la société démocratique les gouvernements fondés sur la légitimité du pouvoir légal laissent une forte place à la légitimité du pouvoir charismatique du président ou du premier ministre (par exemple) en grande partie grâce à l'intervention des médias dans le domaine politique.

Notes et références

  1. Max Weber, Economie et Société [1922]

Voir aussi

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Bibliographie

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