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Première République française
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République française
Première République
1792 – 1804
11 ans, 7 mois et 27 jours
Drapeau
Devise : Liberté, Égalité, Fraternité
La Première République française et son territoire
| Statut | République |
|---|---|
| Capitale | Paris |
| Langue | Français |
| Monnaie | Franc français |
| Population 1795 | 28 103 000 hab. |
|---|---|
| 1801 | 29 361 000 hab. |
| 10 août 1792 | Prise des Tuileries et chute de la monarchie : suspension de Louis XVI. |
|---|---|
| 20 septembre 1792 | Bataille de Valmy |
| 21 septembre 1792 | Abolition de la royauté. La Convention nationale fonde la Première République. |
| 21 janvier 1793 | Exécution de Louis XVI |
| 5 septembre 1793 | Début de la Terreur |
| 5 octobre 1793 | Entrée en vigueur du Calendrier républicain. L'an I de la République correspond au 22 septembre 1792. |
| 27 juillet 1794 | 9 thermidor : fin de la Terreur avec la chute de Robespierre. |
| 26 octobre 1795 | 4 brumaire : Directoire |
| 9 novembre 1799 | Coup d'État du 18 brumaire : début du Consulat. Met fin à la Révolution initiée en 1789. |
| 18 mai 1804 | Proclamation de l'Empire |
| 1792 – 1793 | Girondins : Brissot, Vergniaud Condorcet, Isnard, Roland... |
|---|---|
| 1793 – 1794 | Montagnards : Robespierre, Danton, Desmoulins, Marat... |
| 1794 – 1795 | Thermidoriens : Carrier, Fouché, Barras, Fréron, Tallien... |
| 1795 – 1799 | Barras et 4 autres Directeurs |
|---|
| 1799 – 1804 | Napoléon Bonaparte |
|---|
Entités précédentes :
Monarchie constitutionnelle
Principauté de Liège
Pays-Bas autrichiens
Duché de Savoie
Principauté de Montbéliard
Comté de Nice
Comtat Venaissin
Principauté de Salm-Salm
République de Mulhouse
Comté de Sarrewerden
Principauté de Monaco- République rauracienne
République cisrhénane
République de Genève
Entités suivantes :
La Première République, officiellement nommée République française, est le régime politique ayant dirigé la France entre septembre 1792 et mai 1804. Amenée par la Révolution française, elle annonça une nouvelle ère d'exercice du pouvoir en Europe.
Le 21 septembre 1792, les députés de la Convention, réunis pour la première fois, décident à l'unanimité de l'abolition de la monarchie absolue en France[1].
La République ne fut jamais officiellement proclamée. Le 22 septembre 1792, la décision est prise de dater les actes de l'an I de la République. Le 25 septembre 1792, la République est déclarée « une et indivisible »[2]. De 1792 à 1802, la France est en guerre avec le reste de l'Europe. Elle connaît également des conflits intérieurs, avec les guerres de Vendée.
La Première République passa par trois formes de gouvernement :
- La Convention nationale, entre le 21 septembre 1792 et le 26 octobre 1795, incluant la période dite de la Terreur (1793-1794), durant laquelle l'essentiel du pouvoir réside dans le Comité de Salut Public dominé par les Montagnards (6 avril 1793 - 27 juillet 1794). À partir du 5 octobre 1793, le Calendrier républicain est officiellement utilisé. Le 6 messidor an I (24 juin 1793) est proclamée la Constitution de l'an I, qui se substitue à la Constitution de 1791 : elle ne sera jamais appliquée. La chute de Robespierre, le 8 thermidor an II (26 juillet 1794), amène à la fin de la Terreur.
- Le Directoire, entre le 26 octobre 1795 et le 9 novembre 1799, fondé par la Constitution de l'an III.
- Le Consulat, entre le 10 novembre 1799 et le 18 mai 1804. Issu du Coup d'État du 18 brumaire et défini par la Constitution de l'an VIII, il prend fin à la suite du couronnement de Napoléon Ier et de l'instauration du Premier Empire. Dans la Constitution de l'an XII, il est précisé que le gouvernement de la République est confié à un empereur héréditaire. L'usage du nom de République tombe ensuite en désuétude. En particulier, les pièces de monnaie frappées sous l'Empire eurent pour légendes NAPOLEON EMPEREUR à l'avers et REPUBLIQUE FRANÇAISE au revers jusqu'en 1808. À partir de 1809, la mention REPUBLIQUE FRANÇAISE fut remplacée par EMPIRE FRANÇAIS.
Sommaire |
Vocabulaire
Les partisans de la Première République furent nommés les « republicains » ou « patriotes »[3], leurs adversaires (notamment les chouans en Vendée) les nommant « patauds »[4].
La fin de la monarchie absolue
Sous l'Assemblée nationale législative, qui détient alors le pouvoir, et ceci bien avant la proclamation de la République, la France est engagée dans une guerre qui l'oppose à la Prusse et à l'Autriche. En juillet 1792, Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick, général des armées austro-prusiennes, fait publier le Manifeste de Brunswick, dans lequel il fait peser la menace d'une destruction de Paris en cas d'atteinte à Louis XVI ou à la reine. Cette déclaration provoqua des effets inverses à ceux escomptés. En effet, la menace étrangère qui pèse alors sur la France ne fera qu'exacerber les troubles politiques issus de la Révolution et augmentera le ressentiment des différentes factions politiques vis-à-vis de l'Europe anti-révolutionnaire. Durant les violences du 10 août 1792, une foule d'émeutiers parisiens prend d'assaut le palais des Tuileries, tuant près de 600 gardes suisses, et appelle à la chute de la monarchie, alors que la famille royale est contrainte de se réfugier dans la salle du Manège, qui abritait alors l'Assemblée législative. La peur d'un nouveau mouvement anti-révolutionnaire fît éclater de nouvelles violences. Pendant la première semaine de septembre 1792, des foules de parisiens s'introduisirent dans les prisons de la ville pour en tuer plus de la moitié des prisonniers, dont des nobles, des hommes du clergé, des prisonniers politiques, mais aussi des criminels de droit commun, comme des prostitués, des voleurs, des meurtriers, etc. Ces épisodes tragiques sont connus sous le nom de massacres de Septembre.
La Convention Nationale
En raison de cette flambée de violence et de l'instabilité politique de la monarchie constitutionnelle, six membres de l'Assemblée législative sont chargés de la surveillance de futures élections. La Convention qui en résulte est fondée sur la double idée d'abolir la monarchie et de rédiger une nouvelle constitution. La première action de la Convention sera de proclamer la Première République et d'officiellement retirer ses pouvoirs politiques au roi. Ce dernier devient alors un citoyen ordinaire, auquel est donné le nom de "Louis Capet"; nom sous lequel il sera jugé dès décembre 1792 pour crime de haute trahison, reconnu coupable le 16 janvier et guillotiné le 21 janvier 1793.
Durant l'hiver 1792 et le printemps 1793, Paris fut durement touchée par la famine. La nouvelle Convention fit peu pour remédier à ce problème jusqu'à la fin du printemps 1793, plutôt occupée par la guerre toujours en cours. Finalement, le 6 avril 1793, la Convention crée le Comité de salut public, dirigé par Maximilien de Robespierre, et à laquelle ont confie une tache monumentale : "Remédier au mouvement radical constitué par les Enragés, aux pénuries alimentaires et aux émeutes, aux révoltes de Vendée et de Bretagne, aux récentes défaites des armées révolutionnaires, et à la désertion de son commandement général." Le Comité de salut public institue en fait une politique de terreur, la guillotine étant réservée à toute personne perçue comme ennemie de la République. Cette période est connue sous le terme de "Terreur".
Malgré un mécontentement grandissant à l'égard de la Convention Nationale en temps qu'organe dirigeant du pays, celle-ci rédige la Constitution de 1793, elle-même ratifiée par un vote populaire au début du mois d'août. Cependant, l'importance accordée au Comité de Salut Public et ses pouvoirs vont grandissant. Les droits garantis par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et par la nouvelle Constitution sont alors suspendus. Le Comité procède à des milliers d'exécutions contre les ennemis supposés de la jeune République, au point que l'on surnomme la guillotine : "le rasoir national", entre autres surnoms.La politique et les lois du Comité amène la Révolution à un niveau alors jamais atteint. Le calendrier révolutionnaire est introduit, des églises dans et autour de Paris sont fermées pour continuer la déchristianisation de la République, Marie Antoinette est jugée et exécutée, la loi des suspects est instaurée, etc. Sous la coupe de Robespierre, la France bascule dans la "paranoïa révolutionnaire". Des membres de plusieurs factions et groupes révolutionnaires sont exécutés, notamment des Hébertistes et des Dantonistes, dont beaucoup étaient des amis personnels de Robespierre.
Beaucoup de membres de la Convention Nationale appelent alors à un retour à la normale, ce que refuse Robespierre. Entre les exécutions de masse, la peur du peuple et l'institution de la Fête de la Raison, il y a au milieu de l'année 1794, un enthousiasme commun pour que cesse la Terreur, mais personne ne sait alors comment y parvenir. Le seul moyen alors envisagé pour cela est de faire tomber Robespierre. Il est arrêté le 27 juillet 1794 et guillotiné sur la Place de la Révolution le 28 juillet, sans procès.
Articles connexes
- Révolution française - La République
- Deuxième République française
- Troisième République française
- Quatrième République française
- Cinquième République française
Notes et références
- Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 70
- Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 71
- Roger Dupuy, Les Chouans.
- Origine et signification du blason de la Vendée
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